PARASITES ET COMMENSAUX
On ne connaît jusqu’à présent qu'un Cestode et un ver rond qui peut être un Nématode ou un Échinorhynque ; le premier est un Phyllobothrium agame, que le professeur Hæckel a trouvé dans l’épaisseur de la peau.
Le second est un ver très long, logé dans l'estomac d’un Ziphius échoué sur les côtes de Suède en avril 1867 (Malm). Le professeur Sir Turner suppose que c’est un Échinorhynque; un nouvel examen est indispensable. Nous ne savons si cet animal a été conservé.
MICROPTERON SOWERB Y1I.
LITTÉRATURE
Sowerby, Brilish Miscellany, t. 1, 1806.
Rafinesque, Précis des découvertes somiologiques. Palerme, 1814.
Blainville, Mouv. Bullet. des sciences. Septembre, 1825, p. 159, (Bull. Soc. Philom., IV.)
Risso, ist. nat. Eur. mér., t. I, pl. 2, 1826. Fred. Cuvicr, De l’histoire naturelle des Célacés. Paris, 1856.
Du Mortier, Mémoire sur le Delphinorhynque microptère. (Nouv. Mém. Acan. Roy. DE BruxELLEs, t. XII, 1859.)
Huxley, Proc. Geol. Soc., 1846, p. 588.
Eschricht, Unters. über d. nordischen Wallthiere. Leipzig, 1849.
3. E. Gray, The Zoology of the Voy. of H. M. S. Erebus and Terror, PAZ plV, fig. 5.
Paul Gervais, Zoologie et paléontologie francaises. Paris, 1859.
Van Beneden, Sur un Dauphin nouveau et un Ziphioide rare. Mémoires couRoNNÉS Er AUTRES Mémoires publiés par l’Académie royale de Belgique. Coll., in-8e, t. XVI, 1865.
W. Andrews, On Ziphius Sowerbiensis, captured in Brandon Bay, coast of Kerry, on the 91% of March, 1864.
Eug. Deslongchamps, Observalions sur quelques Dauphins appartenant à la section des Ziphiïdés. Buzz. Soc. Linx. de Normandie, 1866.
Agassiz, Boston Sociely of nat. hist., novembre, 1867.
Julius von Haust, On a new Ziphioid Whale. Proc. Zool. Soc. 1876, p. 7.
Flower, « À further contribution to the knowledge of the existing Ziphioïd Whales of the genus Mesoplodon, containing a description of a Skelelon and Sevcral Skulls of Cetaccous of that genus from the Scas of New-Zealand.» Proc. Zool. Soc., novembre 6, 1877, et Trans. Zool. Sociely, vol. X, 1878.
3. ERcinhardé, Mesoplodon bidens en tilvæxt til den danske Havfanna. Copenhague, 1880.
Mali. On Micropteron bidens, o° Gôteborys Naturhist. Mus., WE, Arsskr., 1881, p. 52.
Malm, Gôleborgs naturhistoriska Museum. Gôtcborg, 1882, p. 52.
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Prof. W.'Turner, Ze index of the pelvic brim.… The analomy of a second specimen of Sowcrby’s Whale. JourxAL 0F ANATOM. AND Puysioz., octobre, 1855.
Br Carl Aurivillius, 7he os{cology and extlerior conformation of Sowcerby's Whule (Micropteron bidens Sow.), Stockholm, Académie des sciences, octobre 14, 1885.
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©. El. Malm, On Sowerby’s val. (Mesoplodon bidens) Stockholin. Ofr. Vct.-Ak., 1885.
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de]
HISTORIQUE
- C’est au commencement du siècle que Sowerby, le célèbre conchyliologiste anglais, fit connaître, sous le nom de Physeter bidens, un curieux Cétacé mâle, échoué sur la côte d’Elginshire, en Écosse, près de Brodie-House. Sowerby l'a fait figurer dans ses British miscellany.
Après une visite faite en Angleterre, Blainville décrivit ce même Cétacé sous le nom de Dauphin de Sowerby, Delphinus Sowerbiensis.
Lesson en a fait mention dans son histoire naturelle des Cétacés 1.
Un Cétacé, échoué sur les côtes de Sicile vers 1790, attira en 1814 l'attention de Rafinesque, qui le fit connaître sous Île nom d’Epiodon urganautus ?. Il a plusieurs dents à la mâchoire supérieure, dit Rafinesque, aucune dent à linférieure, et pas de nageoire dorsale. Nous avons tout lieu de croire que c’est une femelle de cette espèce, dont la nageoire dorsale rudimentaire, ainsi que la dent du maxillaire inférieur, n’ont pas été aperçues. Les dents de la mächoire supérieure dont Rafinesque parle, sont des dents rudimentaires caduques sans aucune constance, ni dans leur nombre ni dans leur volume.
Fréd. Cuvier fait mention de ce nouveau Cétacé dans Ja 33e livraison de l'Histoire naturelle des Mammifères, et en 1829 son frère, G. Cuvier, le cita dans le règne animal sous le nom de Microptère proposé par A. Wagner.
En 1895, un Cétacé extraordinaire se perdit à l'embouchure de la Seine; c'était une femelle également. Blainville eut l’occasion de l’étudier et le fit connaître sous le nom de Delphinorhynchus Dalei. La peau en a été empaillée pour les galeries
1 Œuvres compl. de Buffon. Paris 1828, p. 127. 2 RAFINESQUE. Précis des découvertes somiologiques. Palerme, 1814.
Tone XLI. fl
de zoologie du Muséum de Paris, et la tête a été conservée dans les galeries d'anatomie comparée.
La même année, un autre individu vint échouer à la pointe de Sallenelles, embouchure de l'Orne, côte du Calvados; son squelette fut préparé pour le Musée de Caen.
Le 22 août 1528, une femelle de 11 pieds se fit prendre vivante au Havre, et on la tint en vie pendant deux jours.
En 1849, Eschricht publia ses Untersuchungen über Nordische Walthiere et adopta également le nom de Micropteron, proposé par À. Wagner.
Le nom générique a souvent été changé depuis, mais c'est le plus ancien, celui proposé par A. Wagner ct adopté par Cuvier et Eschricht, que nous devons conserver.
Le 81 août 1835, une jeune femelle est venue à la côte près d’Ostende et a fait le sujet d’un mémoire de feu B. Dumortier. Le squelette a été heureusement conservé par Paret et se trouve aujourd’hui au Musée de Bruxelles.
En 1863, nous avons publié une notice sur ce squelette, dont nous avons figuré les principaux os.
Duvernoy, comparant la tête du Physeter bidens mâle, de Sowerby, qui est au Musée d'Oxford, avec la tête du Muséum de Paris, provenant de la femelle du Havre décrite par Blainville, a cru devoir en faire deux espèces. (Mesodiodon Sowerbyi et Micropteron). I ne s’est pas douté que le mâle a une forte dent au milieu de la longueur de la mandibule et la femelle une très petite.
Depuis lors, un mâle a été capturé sur les côtes d'Irlande, dans la baie de Brandon, comté de Kerry, le 9 mars 1864. En 1869, M. Andrews a publié un mémoire sur cet animal qui est désigné sous le nom de Ziphius Sowerbiensis. M. Andrews fait remarquer qu’un autre mâle a été capturé déjà sur les mêmes côtes d’'Elginshire.
Ce mémoire est accompagné d’une planche fort intéressante reproduisant une photographie de la tête avec sa forte dent et le sillon en V sous la mâchoire inférieure.
Eug. Deslongehamps a publié quelques observations sur un
Hyperoodon qui flottait à l'entrée de la mer de la Manche ct dont la tête est conservée au Musée de Caen. Cette même notice renferme des remarques sur le Micropteron de Sowerby, dont le squelette presque complet est conservé au Musée de Caen.
L'auteur ajoute également une note sur le Dioplodon Gervaisti 1.
En 1870, un autre individu de cette espèce a échoué à la même baie de Brandon, dont nous avons parlé plus haut, et le professeur Sir Turner l’a fait connaître dans les Transactions de la Société royale d'Édimbourg. II fait aussi mention d’un squelette entier et adulte qui est conservé au Musée de la Société royale de Dublin. Le savant professeur d'Édimbourg résume dans ce mémoire tout ce qui est connu de cette espèce.
Dans une visite faite au Musée de Christiania, nous avons trouvé une mandibule de femelle, sans aucune indication d’origine, mais qui a probablement été recueillie sur les côtes de Norwège. Nous en avons fait mention dans les Bulletins de l'Académie ?.
Une capture faite en 1869 rend probable l’origine scandinavienne de la mandibule de Christiania. Au printemps de la susdite année, des pêcheurs suédois ont rencontré en mer un animal de cette espèce à Nordjän (Kattegat). II flottait à la surface; ils l'ont remorqué et le squelette en a été heureusement conservé au Musée de Gôthebourg. M. Malm en a fait mention dans sa notice sur les squelettes conservés dans les Musées de Suède.
Il est venu encore un Microptéron à la côte dans ces mêmes parages septentrionaux à l’est de Jutland, le 3 février 1880; c'était un jeune mâle.
Reinhardt a publié sur cet animal une notice, qu’il a accompagnée d’un tableau des captures connues avec l'indication des lieux et des sexes; il reconnaît cinq mâles et quatre femelles
* Euc. DesLoxccuamps, Observations sur quelques Dauphins zyphidés, 1866. Bu. Soc. Lixx. DE NORMANDIE, 1ome X.
2 2e sér., 1. XXII, 186€,
qui ont péri sur les côtes de France, des îles Britanniques, de la Scandinavie et de Belgique.
Un exemplaire de cette espèce a fait son apparition en 1885 à Saltô près de Lysekil (Bohuslän), et a été l’objet d’une étude de la part de M. Carl Aurivillius. Il a été capturé vivant.
Nous avons trouvé, au Musée de Saint-Pétersbourg, un crâne fort incomplet, dont l’état de conservation nous fait croire qu'il provient d’une ancienne collection; il n’y a aucune indication sur son origine.
Nous avons reconnu également le crâne d'une femelle au Musée d'anatomie d'Édimbourg.
Le Micropteron Sowerbyi n’est évidemment pas un animal des mers d'Europe seulement; il est cosmopolite comme la plupart des Ziphioïdes.
Sur les côtes des États-Unis d'Amérique, à l'île Nantucket, on a capturé un individu qui mesurait 16 pieds de longueur et dont le crâne est conservé au Muséum de Zoologie comparée de Cambridge.
En 1867, Agassiz a montré la tête de cet animal au congrès de Boston. Il le regardait comme nouveau pour les côtes des États-Unis d'Amérique.
Une autre observation en faveur de son cosmopolitisme a été fournie récemment par Léon Stejneger, qui a été à la mer de Behring; il en a rapporté une tête qui a été décrite sous le nom de Mésoplodon. M. Fréd. True en a communiqué une description et une figure dans les Proceedings du Musée national des États-Unis. Les légères différences signalées par M. True nous semblent des différences individuelles ou locales plutôt que spécifiques.
Capellini a décrit et figuré des ossements de Mésoplodon ou Microptéron qu’il serait sans doute diflicile de séparer de l'espèce vivante 1.
Le Microptéron qui nous occupe, est également représenté
1 CaPELLini. Resti [ossili de Dieplodon e Mesoplodon. Bologna, 1885. Men. R. Acan, n1 BoLocxa. 1885.
dans les eaux de nos antipodes; nous en avons vu un squelette complet au Muséum d'histoire naturelle de Paris sous le nom de Oulodon Grayi, qui est si semblable à celui du Micropteron de nos mers que nous croyions avoir l'espèce ordinaire sous les yeux. Les affinités de l'Oulodon avec le Wesoplodon Sowerbyi sont remarquables, disait Paul Gervais, en parlant du squelette provenant d’un mâle assez jeune qu’il venait de recevoir de M. von Haast, de Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Le nom d’Oulodon a été proposé à cause des dents fort petites de la mâchoire supérieure, qui se trouvent également dans les individus d'Europe. Depuis longtemps, Paul Gervais a reconnu ces petites dents non alveolées, indépendamment de la grande, dans la femelle qui a échoué au Havre-de-Grâce.
Depuis cet envoi au Muséum, un second individu de la mème espèce est allé échouer à Little Bay entre Botany-Bay et Long-Bay, à une petite distance de Sydney. Ce second individu a été signalé par M. Kreft. Le professeur Flower pense que ce dernier est plutôt un Mesoplodon Layardi.
Sous le titre de À further contribution to the knowledge of the existing Ziphioid Whales, Genus Mesoplodon, qui est synonyme de Micropteron, M. W. Flower passe en revue les différentes espèces établies par les auteurs, et compare entre eux les nombreux et intéressants matériaux que les Musées de Londres ont reçus de leurs correspondants en Australie.
M. Flower fait remarquer que les Mésoplodons, échoués il y à quelques années sur nos côtes, étaient considérés comme les seuls survivants des nombreux Ziphioïdes fossiles de nos sables d'Anvers; mais, si ces animaux sont devenus rares aujourd'hui dans nos mers d'Europe, des travaux récents nous ont appris qu'ils se trouvent en abondance dans la mer de nos antipodes ; ces Cétacés sont représentés par différentes espèces, dont quelques-unes vivent par gammes assez nombreuses, puisque, comme nous le verrons plus loin, on en à vu échouer jusqu’à vingt-cinq à la fois sur la même côte.
Dans l'Ostéographie des Cétacés, mon collaborateur P. Gervais, chargé de la rédaction des Ziphioides, consacre un
chapitre au Mésoplodon qui nous occupe et s'étend sur la partie historique, la synonymie, le squelette et le système dentaire. Il consacre les pl. XXII et XXVI à la représentation du squelette et des dents.
A. H. Malm a publié depuis une notice sur cette espèce dans le Bulletin de l'Académie royale à Stockholm. [1 donne la description des divers os des deux squelettes qui sont conservés au Musée de Gôteborg, et il accompagne sa notice d’une planche représentant le crâne, la mandibule, los hyoïde et les os du membre du Mesoplodon, à côté de celui de l'Hyperoodon.
Le dernier travail sur ce Cétacé est dû à la plume si exercée du professeur Sir Turner. Il à reçu, en 1885, par un de ses élèves, un mâle adulte en chair, capturé aux îles Shetland, et à l’aide duquel il a fait connaître plus en détail le squelette et les parties molles encore fort incomplètement étudiées. I a fait part de ses observations à l'Association Britannique, à Aberdeen, le 11 septembre 1885 !. Le travail a été inséré dans le Journal of anatomy and physiology, October, 1885.
La dernière notice sur cet intéressant Cétacé est celle de Th. Southwell et de W. E. Clarke sur l'apparition d’un individu du sexe mâle, échoué vivant à marée basse sur les côtes du Yorkshire, à l'entrée de la rivière Humber. On a reconnu trop tard l'importance de cet échouement; on n’a recueilli que l'huile et on a abandonné le cadavre à la mer, croyant que c'était un Hyperoodon.
Cet échouement eut lieu le même jour que le professeur Sir Turner fit sa communication à l'Association Britannique, à Aberdeen, sur le mâle capturé aux îles Shetland.
Au cap de Bonne Espérance, un Microptéron a reçu le nom de M. Layardi et le D' v. Haast a donné le nom de M. Floweri à celui de la Nouvelle-Zélande. Nous avons comparé à Londres une belle photographie du D" v. Haast, avec la tête du Cap, et il ne nous à pas paru, ni à M. Flower, ni à moi, que ces Ziphoïdes appartinssent à une espèce distincte. L’habitat de ces
? Report of The British Association, 1885, Aberdcen, page 1057.
deux Ziphioïdes n’est pas une raison de croire à une différence spécifique, dit M. Flower; au contraire : 1l n’y a pas de barrière pour les Cétacés entre la mer du Cap et celle de la Nouvelle-Zélande.
SYNONYMIE
Plhyseter bidens, Sowerby, British Miscellany, t. [, 1806.
Delphinus edentulus, Schreber.
Delphinus Sowerbyi, Dauphin épiodon, Desmarets, mammif., p. 21, 1820.
Delphinorhynchus Dalei, Blainville, Bull. Soc. philom. septembre, 1895.
Delphinorhynchus micropterus, Cuv. Règne animal, 1829.
Dauphin de Sowerby, Fr. Cuvier, de l'Hist. nat. des Célacés, 1836, p. 218.
Dioplodon Sowerbiensis, Gervais. Zool. et Paléontol. franc. tab. 30, fig. 1, 1859.
Mesoplodon Sowerbiensis, Gervais, Ostéographie des Cétacés, p. 399, tab. 99 et 33, 1880.
Mesoplodon Sowerbiensis, Van Ben. Mém. Acad. Bruxelles, vol xt. NE
Ziphius Sowerbiensis, Gray, Catalog. of Seals and Whales, p. 00.
Ziphius Sowerbiensis, Gray, Supplément, p. 101.
Delphinorhynchus micropterus, Dumortier, Mém. Acad., Bruxelles, 1839.
Diodon de Sowerby, Lesson, Cétacés, p. 127.
Aodon de Dale, Lesson, Cétacés, p. 155.
Mesodiodon Sowerby, Duvernoy, Ann. sciences natur. 1851, vol. XV, p. 55.
Mesodiodon Micropteron, Duvernoy, Ann. se. natur., p. T.
Micropteron, Eschricht, Ann. May, nat. hist. 1852.
Ziphius bidens, Lilljeborg, Sveriges och norges Ryggradsdjur, 2 vol., in-8°, Upsala, 1874.
re
Micropteron bidens, Malm. Güteborgs naturhiska Museum, IL Arsskrift, p. 32, 1881.
Mesoplodon bidens, Flower, À further contribution, 1878.
Oulodon Grayi, v. Haast. Proc. Zool. Soc., London, 1876, DEAE
Micropterus et Micropteron sont les plus anciens noms génériques et c’est définitivement le nom de Microptéron proposé d’abord par Wagner que nous adoptons.
Dans le complément des œuvres complètes de Buffon, R. F. Lesson a fait mention de lAodon de Dale !, et considère comme synonymes le Delphinus edentulus de Schreber et le Dauphin de Dale, de Blainville et de Fr. Cuvier.
Le Dauphin de Desmaret, que Risso a mentionné le premier, est désigné sous le nom de Diodon Desmarest, dans le complément; c'est le même animal.
Le Diodon de Sowerby du même auteur est également synonyme, de manière que la même espèce figure sous trois noms différents.
Desmarest cite également sous trois noms différents le même animal.
Fr. Cuvier parle du Dauphin de Sowerby, puis du Dauphin épiodon qui est la même espèce.
L'animal de la Nouvelle-Zélande auquel on a donné le nom de Oulodon Hectori, comme celui du nord du Pacifique et que M. True a dédié à Steyneger, se rapportent l’un comme l’autre à une même espèce, celle qui nous occupe.
Le Mesoplodon Floweri, dont le D' von Haast a envoyé une photographie, n’est autre chose que le M. Sowerbiensis.
M. Flower a eu à sa disposition le crâne du Hesoplodon Hectori, de CookStrait, le squelette d’un adulte capturé dans Lyall Bay, le squelette du Mesoplodon Grayi, de la Nouvelle- Zélande, le rostre et la mandibule d’un vieux mâle; et il trouve encore ces matériaux insuflisants pour se prononcer sur leurs caractères spécifiques.
* Escuricur, Untersuch. p. 50.
CARACTÈRES
À l’état adulte, la mandibule ne porte qu'une seule dent de chaque côté; elle est aplatie, logée dans une profonde alvéole vers le milieu de la longueur de l’os. Cette dent est beaucoup plus forte dans le mâle que dans la femelle.
La longueur du mâle, depuis le bout du museau jusqu’au milieu de la nageoire caudale, est de 15 à 16 pieds (anglais). La largeur de la queue a 3 pieds 10 pouces.
La nageoire pectorale mesure, depuis la tête de lhumérus, 1 pied 10 pouces et son plus grand diamètre est de 6 1/; pouces.
On a vu des jeunes de 7 pieds de longueur accompagner leur mère.
Le Micropteron Sowerbyi mâle a, sous la gorge, deux sillons qui s'unissent en avant et forment un V. M. Andrews représente très bien cette disposition dans la figure 2 qui accompagne son mémoire.
DESCRIPTION
Comme dans tous les Ziphioïdes, la nageoire pectorale est fort petite; elle ne dépasse pas la longueur de quatre vertèbres lombaires.
L’humérus n’a pas la grosseur d’une vertèbre lombaire et ne dépasse pas sa longueur.
L'avant-bras est long comme le bras et comme la main, y compris la région carpienne.
Le premier rang des os carpiens a trois os dont le médian est le plus volumineux. Le second rang en a également trois.
Le pouce ne compte qu’un seul os, un métacarpien; les métacarpiens des quatre autres doigts diffèrent peu entre eux.
L'index et le médian ont quatre phalanges, l’annulaire trois et le petit doigt, un.
Le premier squelette de cet animal a été décrit par Dumortier ; il était mal monté par Paret. Plusieurs pièces n'étaient
pas à leur place. C'était le squelette de la femelle venue à la côte d’Ostende.
Dans la notice que nous avons publiée sur cette espèce, nous avons dessiné comparativement l'ouverture du canal des vertèbres dans les différentes régions du corps !.
Nous trouvons dans la colonne vertébrale : sept cervicales, neuf ou dix dorsales, dix ou onze lombaires et dix-neuf ou vingt caudales, en tout 46.
Les deux premières cervicales sont soudées dans l’Oulodon du Muséum de Paris; dans le squelette d’une vieille femelle du Musée de Christchurch, les trois cervicales antérieures sont réunies.
J. Murie a représenté l'estomac; nous avons fait dessiner la poche du larynx et ses rapports avec la trachée-artère. Le professeur Sir Turner a publié depuis lors un bon dessin de cette même poche, d’après un fœtus de Balænoptera Sibbaldii que l'on peut comparer avec celle-ci.
MM. Ray Lankester et Turner ont fait connaître la structure de la dent qui est implantée dans une alvéole vers le milieu de la longueur de la mandibule; elle est remarquable chez le mâle par sa forme et son grand développement.
M. C. Aurivilliers a étudié avec soin le point de réunion des deux lobes de la nageoire caudale, caractère qui n'avait guère ctüré l'attention; généralement il y a une échancrure au milieu, tandis qu’au contraire ici c’est une saillie.
Nous avons eu l’occasion de voir quelques parties molles que Paret avait desséchées, et dont les principaux caractères étaient encore conservés. Ainsi les intestins montraient, à leur face interne, les mêmes alvéoles à peu près que l’on observe dans lHyperoodon, et qui s'étendent sans doute sur toute la surface interne de la muqueuse intestinale; c'est, croyons-nous, une disposition commune à toute cette famille.
La trachée-artère a le caractère général de la trachée-artère des Cétacés, c’est-à-dire, elle se bifurque, mais avant la bifur-
! Loc. citat., p. 44.
cation elle fournit une bronche latérale, qui compte les mêmes cercles cartilagineux que les deux troncs principaux.
Depuis le larynx jusqu’à l’origine de cette bronche supplémentaire, nous comptons dix-sept cercles. Plusieurs d’entre eux se divisent à leur tour et s’élargissent au point de prendre le double des autres.
Comme nous l’avons dit plus haut dans la partie historique, à la section de biologie de Association Britannique à Aberdeen, le professeur Sir Turner a entretenu ses confrères de l’organisation du Microptéron dont il a disséqué deux individus.
MOEURS
Nous ne croyons pas que la visite de l'estomac ait fait connaître la pâture habituelle de ce Cétacé, mais nous avons tout lieu de penser que ce sont, comme dans les autres Ziphoïdes, les Céphalapodes qui forment leur nourriture ordinaire.
On possède un trop petit nombre d'individus pour savoir s'ils vivent par couples ou par schools. On ne peut rien conclure de la capture isolée de quelques animaux. Tous ceux que l’on a observés en Europe étaient isolés, tandis qu’on en a vu échouer plusieurs à la fois dans les eaux de nos antipodes.
M. Malm fils reproduit le tableau des individus connus échoués ou capturés et sur treize d’entre eux il y a six mâles, quatre femelles et deux dont les sexes sont inconnus; on peut supposer que ces animaux vivent par couples, puisqu'il y en a à peu près un nombre égal de l’un et de l’autre sexe.
La femelle qui s’est perdue sur les côtes d’Ostende était seule ; elle a été surprise par la marée descendante. Les pêcheurs du port la trouvèrent échouée vivante et, d’après le rapport de Paret, qui a recueilli l'animal sur la plage, elle poussa des mugissements pendant les deux jours qu’elle a vécu ; il parait que sa voix sourde et caverneuse avait des rapports avec le beuglement de la vache.
La femelle qui a péri le 9 septembre 1895, à un quart de lieue au-dessus du Havre, était dans le même cas; elle est venue à la côte en plein jour et vivait encore quand on la découverte. |
Ces Cétacés sont plus connus en Australie, et les naturalistes de la Nouvelle-Zélande nous rapportent que l’on en a vu échouer sur les îles Chatam vingt-cinq individus ensemble; une autre fois quatre ont échoué à la fois sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. Ceci ferait croire que ces animaux vivent plutôt par schools, au moins dans ces parages et à une ccrtaine époque de l’année.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Le plus anciennement connu est celui qui a échoué dans la Méditerranée en 1790, sur les côtes de Sicile, et dont Rafinesque a fait mention ; nous n’en connaissons pas le sexe.
Le second cas connu est celui d’un mâle qui a péri en 1800 ou 1804 sur les côtes d’Elginshire, en Irlande.
Nous connaissons ensuite une femelle qui est venue à la côte en 1825, au Havre-de-Grâce, et dont Blainville a donné la description.
La même année un mâle a péri sur les côtes du Calvados (Salenelles). Il n’est pas impossible qu'il formât un couple avec la femelle du Havre.
Dix ans plus tard, le 21 août 1835, nous avons vu périr une femelle à l’ouest du port d'Ostende; Dumortier en a fait la description.
En 1864, le 31 mai, un second mâle a péri sur les côtes d'Irlande (Brandon Bay, Coast of Kerry); c'est celui dont M. William Andrews a reproduit la tête d’après une photographie.
Plus au nord nous voyons ensuite périr un autre mâle, le 15 juin 1869, à Nordsjän, sur les côtes du Kattegat ou du Skager-Rak.
Cette même année 1869, une femelle périt sur les côtes des États-Unis d'Arnérique, la dernière à Rhode Island.
Les côtes d'Irlande {Brandon Bay, Coast of Kerry), voient de nouveau périr un mâle en 1870, le 31 mai.
Une autre capture est celle d’une femelle qui a péri le 3 février 1880 sur les côtes de Danemark, à Hevringholmstrand (Jutland).
Un mâle a péri l’année suivante, en octobre 1881, sur les côtes de Suède, près de Marstrand.
Le 93 mai 1884, un mâle a été vu sur les côtes nord-est de Shetland (in Voxter Voe). Un jeune de sept pieds l’accompagnait. Les marins l’ont attaqué et il est venu ensuite échouer sur la plage. C’est à peu près la même place où un individu a été capturé en avril 1881. Le professeur Sir Turner a reçu l’animal en chair et a fait connaître le résultat de ses observations anatomiques à l'Association Britannique à Aberdeen, comme nous l’avons déjà dit dans la partie historique.
Le 6 août 1885, un jeune mâle a été pris vivant sur les côtes de Salto (Bohuslän).
Nous trouvons ce Microptère également hors des mers d'Europe.
Il visite les côtes de l'Amérique septentrionale : d’après un crâne trouvé dans les parages de Nantucket, on estime que l'animal mesurait 26 pieds de longueur. Agassiz a fait part de cette découverte à l'Académie de Boston en 1866.
On trouve également ce Microptère au nord du Pacifique : l'Institution Smithsonienne a reçu de l’ile de Behring une tête recueillie dans ces parages par Stejneger, qui avait été chargé de collectionner des objets d'histoire naturelle dans ces contrées.
Le professeur Sir Turner reconnait treize captures ou échouements de cette espèce, sur le continent d'Europe ou des États-Unis d'Amérique, dont trois sur les côtes d'Écosse et deux sur les côtes d'Irlande.
Depuis lors on a vu encore un individu sur la côte d'Écosse et un sur les côtes d'Angleterre; MM. Southwell et Clarke ont signalé ces apparitions.
Le dernier échouement est celui d’un mâle adulte, qui a