‹ Histoire naturelle des balénoptèresChapitre 3 sur 20 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

Guläberg, La Nature, novembre 1885.

Alfr. 83. Cocks, Notes on the Finwhale fishery of the north European Coast. Tae ZooLocsr, vol. 9, p. 107, 1886.

Bunker, Bal. borealis at goole. NaruraListe, Londres, vol X; ZooLo-

cisr, vol. VIII.

mobert Collett, On the External Characters of Rudolphis Rorqual

(Balænoptera borealis). Proc. zoo. Soc., march and april 1886.

HISTORIQUE

Cette espèce à été longtemps confondue avec les autres : sa petite taille, comparativement à celle du Musculus et du Sibbaldii, Va généralement fait prendre pour un animal incomplètement développé. Grâce aux recherches de M. Guldberg, faites sur les côtes de Finmark, cette espèce est établie aujourd’hui sur des caractères aussi certains que les autres Balénoptères.

Cuvier, comparant le squelette décrit et figuré par Rudolphi avec celui de la Balénoptère de la Méditerranée, crut que ce squelette provenait d’un animal qui fréquente seul la mer du Nord, et proposa de lui donner le nom de Rorqual du Nord, par opposition au Rorqual qui fréquente la Méditerranée.

Lesson, dans son histoire naturelle des Cétacés {1828), admet les trois espèces de Cuvier, et donne le nom de Balænoptera borealis au Rorqual du Nord.

C'est ce même animal que Gray proposa, dans le Voyage d'Erebus and terror, de désigner sous le nom de laticeps. Ce nom n’est pas heureux, puisque le rostre est moins large que celui des autres espèces ; mais Gray avait en vue les os nasaux qui, en effet, sont plus larges que dans la Balænoptera physalus, cest-à-dire du Musculus. On se figure naturellement que le mot laliceps s'applique à l’ensemble de la tête, et par conséquent au rostre.

Quelques années avant sa mort, V. Baer m'écrivait de Dorpat (14-26 juin 1869) : « Dans votre distribution géographique des Balénoptères, je n'ai pas trouvé l'espèce qui est si commune au Cap Nord et au nord de la mer Glaciale. J'ai rapporté moi-même à Saint-Pétersbourg une tête de cette Balénoptère à travers la Laponie. Je vais la faire dessiner et vous envoyer le dessin. Peut-être connaîtrez-vous l'espèce d’après le dessin ».

Cette tête appartient sans aucun doute à l'espèce qui nous

Tone XLI. 4

occupe; malheureusement je n'ai pas reçu le dessin que V. Baer me promettait, et Je n'ai pu découvrir la tête au Musée de Saint- Pétersbourg. Il paraît que depuis longtemps l’espace faisait défaut dans le Musée de l’Académie, et les pièces de grande dimension recevaient difficilement une place convenable. C’est ainsi que le superbe squelette de Balænoptera Sibbaldii, connu sous le nom de Baleine d’Ostende, dont un magnat avait fait cadeau à l’Académie, a été relégué au Jardin zoologique, où tout est exclusivement organisé pour l’amusement du publie.

En 1876, M. Menge a fait un travail sur le squelette d’une femelle échouée le 23 août 1874 dans la baie de Dantzig; il la désigne sous le nom spécifique de laticeps. M. Menge donne une description détaillée du squelette et accompagne sa notice de quatre photographies représentant fort bien le squelette.

Le professeur Zaddach de Kônigsberg en a donné une description dans les Archives de Wiegmann, avec une figure de l'animal, vu de profil et vu en dessous; mais il ne partage pas l'avis de Menge, qui considère cet animal comme appartenant à l'espèce Borealis.

A propos d’un animal capturé dans le Firth of Forth, le professeur Sir Turner a publié, dans les Proc. roy. Soc. d'Édimbourg (1881-82), un mémoire comprenant la partie historique complète.

Le professeur Flower a communiqué a la Société zoologique de Londres (20 novembre 1883) des observations sur une Balænoplera borealis capturée en novembre 1883 dans Crouch-River (Essex) !. Le savant directeur du British Museum a publié un dessin du sternum de cet animal, qui présente un haut intérêt. L'animal est encore jeune. Le squelette en est destiné au British Museum.

Une nouvelle capture d’un individu de cette même espèce a été faite, en septembre 1884, sur les côtes de Lincolnshire et, en décembre de la même année, un mâle a été pris aux Orcades.

J. Muller avait attiré l’attention sur la bifidité de la première

1 Proc. Zoo!, Soc., novembre 18835.

côte du squelette de Berlin, disposition à laquelle plus tard le Dr Gray avait attaché tant d'importance. On peut dire que dans cette espèce la première côte a une tendance particulière à devenir double ; mais on ne peut pas faire un caractère spécifique de cette disposition anormale et en tout cas accidentelle. Nous avons montré que, dans plusieurs Cétacés, la côte de la septième cervicale correspond avec labsence de lapophyse transverse inférieure de cette vertèbre. Le professeur Sir Turner a publié une notice fort intéressante sur ce sujet f.

MM. Chr. Aurivillius et C. Forsstrand sont allés, pendant l'été de 1877, étudier les Cétacés à l’établissement de M. Sven Foyn ; ils en ont rapporté beaucoup de matériaux.

Celui qui a le plus contribué à nous faire connaître cette espèce, c’est M. Guldberg, conservateur au Musée zootomique de l’Université de Christiania. M. Guldberg a communiqué à l'Académie de Bruxelles, pendant son séjour à Liège pour ÿ suivre les travaux du Laboratoire de zoologie, une notice, renfermant plusieurs observations précieuses qu'il a recueillies sur les côtes de Finmark, pendant les mois d'été de 1853.

M. Guldberg croit que c’est seulement en 1878 que l'attention a été fixée sur la Balænoptera borealis, et que les premiers travaux sur cette espèce n’ont été publiés qu’en 1881. Nous ferons remarquer que, déjà du vivant d'Eschricht, notre attention a été fixée sur cette Balénoptère; Eschricht m'avait cédé un squelette vers 1858, squelette que j'ai abandonné à mon tour à M. Du Bus, pour le Musée royal d'histoire naturelle de Belgique 2.

Tandis que la pêche au nord de la Norwège a principalement en vue la Balænoptera Sibbaldii, elle s’est exercée en 1885

{ Cervical ribs, and the so-called bicipital ribs in man, in relalion Lo corresponding structures in the Cetucea. JOURNAL OF ANATOMY AND Puysio- LOGy, vol. XVII.

3 Nous avons fait mention, en 1868, de ce squelette, à cause de la curieuse conformation de sa première côte, Bullet. de l'Acad. royale de Belg, 2° série, t. XXVI, 1868.

presque exclusivement sur la Balænoptera borealis. La B. Sibbaldii n°y a paru qu'en fort petit nombre cette année. On a capturé presque exclusivement des Borealis, et un établissement est aujourd'hui érigé à Drammen, par la Christiania preserving C, pour la préparation de la chair de cette espèce comme aliment {. On tire également partie des mandibules, dont on fait des aiguilles à tricoter.

M. Robert Collett a publié, en 1886, un travail intéressant sur les caractères extérieurs de la Balænoptera borealis, et a accompagné sa Notice de deux planches représentant le mâle et la femelle 2.

Après l'exposé des caractères extérieurs, R. Collett décrit sommairement les caractères distinctifs des quatre espèces de Balénoptères qui hantent le nord de l'Atlantique.

Ce travail renferme des détails fort intéressants sur les caractères distinctifs propres à cette espèce; il fait connaître ses parasites et ses commensaux, sa capture, ses habitudes, son âge adulte et fœtal, et même ses monstruosités.

SYNONYMIE

Balænoptera borealis, Lesson.

Balæna rostrata, Rudolphi.

Rorqual du Nord, Cuvier.

Sibbalilius laticeps, Gray.

Langrür où Saaiwahl, Scichval, Seje, Cadwhale, Sildehval, des pêcheurs

finmarkois.

CARACTÈRES

Les individus qui échouent atteignent communément de 50 à 40 pieds; cette dernière longueur est même rarement atteinte.

* Les Chinois aiment la chair des Cétacés à fanons, et préfèrent la chair des Baleines véritables à celle des Balénoptères.

2 On the External Characters of Rudolphÿs Rorqual (Balænoptera borealis). Proc. Zoo. Soc., 1886, p. 245.

Les fanons sont noirs avec les barbes blanches et soyeuses. La nageoire dorsale est élevée, courbée et pointue. La nageoire pectorale est noire à sa face externe, blanche à sa face interne, pointue à son extrémité.

En 1885, on a fait l’observation que les nombreux individus capturés sur les côtes de Finmark, ont les nageoires pectorales noires des deux côtés.

Les flancs sont couverts de taches blanches (spotted with while) et le dessous blanc (wüh a faint reddish tinge).

Si l’on tient compte de la taille, du nombre de vertèbres (55 ou 56), de la couleur des fanons, de la forme de l’atlas et des autres cervicales, on ne peut confondre cette espèce avec aucune autre Balénoptère. La Balænoptera rostrata a quarantehuit vertèbres, les fanons jaunes, et ne dépasse guère 30 pieds; la Balænoptera musculus à plus de 40 pieds et a toujours les fanons foncés avec des stries blanches, et près de soixante vertèbres. La Balænoptera Sibbaldii a plus de 80 pieds, des fanons noirs et fort larges à la base.

La Balænoptera Schlegelii des îles de la Sonde, ainsi que la Balénoptère qui a été envoyée du Japon, ont si bien les caractères de notre Balænoptera borealis, que MM. Flower, Turner et Paul Gervais ont été frappés tous les trois de cette ressemblance.

R. Collett donne la mesure en longueur de divers individus : les six individus qu’il a mesurés ont de 43 à 49 1, pieds. Il signale même un individu de la longueur de 52 pieds.

Il donne de 35 à 37 pieds aux plus petits individus qu’il a vus pendant l’été 1885 sur les côtes de Finmark (14.7 mètres).

Le squelette de Berlin n'indique qu’une longueur totale de 31 à 32 pieds; celui de Leyde, de 32, comme le squelette du cap Nord, qui est à Bruxelles. Sars en a même vu aux Îles Loffoden dont la taille varie entre 20 et 30 pieds; mais ce sont de jeunes individus 1.

# G.O. Sars, Om individuelle variationer hos Rorhvalerne. Vidensk. Selsk. Forhandlinger for 1868.

M. Flower a étudié le squelette de Leyde, et trouve une longueur de 29.7 pieds, en ne tenant pas compte de l’espace intervertébral. Il provient de animal capturé au Moniken-Dam dans la Zuyderzée.

La longueur moyenne des individus capturés pendant le mois de juin sur les côtes de Finmark en 1885, était de 45 pieds.

Il faut conclure de cette différence detaille, ou qu'il y a deux races, qui prennent peut-être chacune une direction différente, ou, ce qui paraît plus probable, que les individus qui viennent se perdre dans la mer du Nord, sont tous jeunes.

ORGANISATION

M. Collett a compté dans une femelle adulte, de chaque côté, le long de la mandibule, onze bulbes pileux avec des poils de 40 millimètres, et derrière eux encore deux autres, ce qui fait vingt-six en tout,

Dans un fwtus de 1 1/3 mètre, il existait de nombreux poils, mais très courts. Dans un autre fœtus de 2.50 mètres, les poils formaient trois rangs le long de la mandibule, la supérieure et l’inférieure comprenant trois poils, celle du milieu, onze, ensemble dix-sept poils de chaque côté.

A la mâchoire supérieure d’un fœtus, il n’y avait que sept poils placés sur un rang, les deux premiers plus éloignés Pun de l’autre que les suivants.

Les fanons de l'animal dont le squelette est à Edimbourg et qui a 37 pieds de long, were black, striped with grey and white, andthe hairs projecting from the lower free border were greyish white (Turner).

M. Collett a publié des détails fort intéressants sur les fanons qu'il a observés sur les lieux de la capture de ces animaux.

Les deux rangées de fanons s'unissent en avant sur la ligne médiane ; Gaimard avait déjà figuré cette disposition.

Les fanons sont noirs comme ceux de Sibbaldii, mais, en dedans et en avant, ils sont d’un jaune pâle. Les barbes sont extraordinairement fines et toutes blanches. La forme des

(55) fanons, surtout des derniers, les rapproche de ceux des vraies Baleines par leur longueur et leur étroitesse à la base. À ne considérer que les fanons, cette espèce se trouverait entre les Baleines et les Balénoptères.

Les fanons frais ont une couleur jaunâtre (horngelb), dit Zaddach, mais desséchés, ils sont en partie d’un gris bleuâtre et même noirs.

Si nous passons en revue les os du squelette, nous remarquons que cette espèce se distingue par la largeur des os nasaux ; par l'os frontal, qui n’est pas plus large à sa base qu’audessus des orbites; par les vertèbres, qui sont proportionnellement petites et au nombre de cinquante-cinq ou cinquantesix; par les os en général, qui sont délicats et moins spongieux que dans Îles autres espèces; enfin par la première côte qui a, comme nous l'avons déjà dit, une tendance particulière à la bifidité, Cette observation, faite d’abord par J. Muller, a conduit plus tard le docteur Gray à établir des subdivisions multiples, tant parmi les Baleines que parmi les Balénoptères.

La caisse tympanique a la plus grande ressemblance avec celle de la Balænoptera museulus, en différant toutefois par sa forme aplatie et par ses extrémités pointues.

L'individu dont parle Zaddach a la troisième vertèbre cervicale unie à la quatrième; ce n’est guère que dans la Balænoptera rostrata que lon a vu jusqu’à présent ces coalescences.

La réunion de certaines vertèbres cervicales a été observée également par Guldberg. Par cette tendance des cervicales à la soudure, comme par les fanons, cette Balénoptère se rapproche des vraies Baleines.

Dans un squelette du Musée de Leyde, provenant d’un animal échoué près du Moniken-Dam {Zuyderzée), et qui a été décrit par Schlegel, nous trouvons la colonne vertébrale divisée en : sept cervicales; treize dorsales; seize lombaires, et vingt caudales ; en tout : cinquante-six.

Nous avons trouvé, dans lexemplaire qui est à Bruxelles, à droite, une côte supplémentaire, attachée par des parties molles à la première côte dorsale, et à gauche, une côte

soudée. Le squelette provient d’un jeune animal { capturé sur les côtes de Finmark, et dont les ligaments étaient encore tous en place au moment de son arrivée à Louvain.

La première côte est également bifide des deux côtés dans le squelette de Leyde, provenant du Moniken-Dam, et elle s'articule avec la dernière cervicale et la première dorsale,

La Balænoptera borealis, de la côte d’Essex (1883), a la première côte bifide des deux côtés, une partie articulée à la première dorsale, l'autre aux apophyses de la dernière cervicale.

La bifidité de la première côte a été reconnue dans presque tous les individus, excepté dans celui qui a été décrit par le professeur Sir Turner (Journ. anat. et physiol., avril 1889).

Le squelette de Dantzig, décrit par Menge et par Zaddach, montre une petite côte rudimentaire de forme triangulaire.

M. Flower a observé sur un Tursiops tursio deux côtes, chacune de 52 millimètres de long, articulées aux apophyses transverses de la septième cervicale.

Nous connaissons aujourd’hui le sternum de quelques squelettes, ainsi que les dernières vertèbres, qui manquaient à celui dont nous avons donné la description dans notre ostéographie.

Le sternum est élargi comme celui du Musculus, mais l’'atlas et le bassin ont des caractères particuliers et ressemblent beaucoup à latlas et au Bassin de la Balénoptère de Scheveningen, qui est au Musée royal de Bruxelles.

Dans le squelette de Leyde, le sternum est plus large que long et affecte la forme d’un disque à contour irrégulier.

M. Flower a publié une figure intéressante du sternum de animal qui a échoué en 1883 (Proc. de la Société zoologique de Londres). 11 est petit, en partie cartilagineux, long de 7 pouces et un peu moins large que long. La première côte de ce squelette est également biceps.

Les deux os du bassin ne se ressemblent pas, dit Guldberg; celui de droite à 0,950 de largeur ; l'autre est renversé en S et un peu tordu ; la largeur est de 0,220.

‘ Bullet. de l'Acad. roy. de Belq., 2° série, t. XXVI, pl. E

D’après le professeur Struthers, le {rapezoide du carpe manque dans la Balænoptera borealis, tandis qu’il existe dans la Balænoptera musculus 1.

On connaît quelques fœtus de cette espèce. En 1885, le 28 juin, on a trouvé une femelle pleine avec un fœtus de D 1) pieds anglais (Cocks).

Le marquis de Wavrin a rapporté de Vadsô, en 1885, trois fœtus, un de 1,96, un autre de 1,87 et un troisième de 1",97.

M. Guldberg fait mention de quatorze fœtus, presque tous recueillis au mois de juillet ; ils ont de 1,550 à 3,034.

Si l’on en juge par la taille des adultes, le Baleineau doit avoir 4 mètres en naissant.

La taille moyenne de l’adulte complètement développé est, comme nous l’avons dit plus haut, de 15 mètres environ.

MOEURS

En général cette espèce est rare et, dans les eaux visitées par les Balénoptères, on n’en trouve qu’en très petit nombre au milieu des autres.

Dans les individus capturés sur les côtes de Finmark, on a trouvé l'estomac plemm de Crustacés, comme celui de la grande espèce.

Nous supposons qu'il y a une erreur dans l'observation de Pindividu qui aurait renfermé 600 gades (Dorsche).

Il se nourrit, comme nous l'avons dit déjà, d’un Thysanopode (Euphausia inermis); en 1885, M. Collett n’a trouvé dans l'estomac que le Copépode connu sous le nom de Calanus finmarchicus, Mull.

La chair de cette espèce est si différente de celle des autres Balénoptères, dit M. Guldberg, qu'on la conserve pour la table; il y a une pêche particulière près du cap Nordyd’où l’on expédie la chair sous forme de boudins. Les mandibules sont travaillées sur les lieux en aiguilles à tricoter, dit M. Cocks.

! Report, Brinash Association, 1885, p. 1056.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La Seichwal n'arrive qu’en juin sur les côtes de Finmark. Le meilleur moment de la pèche de cette espèce est du milieu de juin jusqu’à la première moitié de juillet (Guldberg).

Plusieurs baleiniers assurent qu’habituellement elle disparait quand les autres espèces se montrent.

Le dernier individu de la saison exceptionnelle de 1885 a été tué le 28 août. Collett dit qu'on en a vu encore le 8 septembre.

D’après les observations recueillies sur les lieux de la pêche, cette Balénaptère fait ordinairement son apparition à la fin du mois de mai, à la distance de 10 à 15 lieues des côtes de Finmark, et n'entre dans les baies que pendant le mois de jum et de Juillet,

Son apparition correspond avec celle du Gadlus virens, ce qui lui a fait donner le nom de Seichval (Guldberg).

Elle arrive périodiquement au cap Nord venant de l’ouest, et, jusqu’en 1885, elle n'avait guère dépassé le cap Nord. Cette année, les Balænoptera Sibbaldii faisaient défaut, et les Balænoplera borealis sont arrivées en grand nombre, continuant leur route jusqu'au Varanger-Fiord.

Malmgren cite cette espèce sur les côtes ouest du Spitzberg et à la Nouvelle-Zemble; Brown ne croit pas à sa présence sur la côte ouest du Groënland.

Elle fréquente aussi la mer Blanche. L’illustre V. Baer en a envoyé un squelette à St-Pétersbourg. Der von Baer mityebrachte Schädel gehürt Balænoptera laticeps zu, n'écrivait Brandt, le 2 janvier 1872.

M. True signale la présence de la Balænoptera borealis, sous le nom de laticeps, sur les côtes des États-Unis d'Amérique.

Le capitaine Scammon distingue trois Balénoptères dans le Pacifique, l’une sous le nom de Balænoptera sulfureus, c’est notre grande espèce, la Balænoptera Sibbaldü; l'autre la Balæ-

noptera veliferu, est bien notre Musculus, et sous le même nom il réunit sans doute aussi la Borealis.

La troisième espèce, à laquelle il donne le nom de Balænoptera Davidsonii est notre Rostrata.

La Balænoptera borealis est également représentée dans la mer du Japon. Le Muséum d'histoire naturelle de Paris en a reçu un squelette complet, accompagné de ses fanous.

Le Musée de Leyde en a reçu un squelette des îles de la Sonde. Il a été rapporté à une espèce nouvelle sous le nom de Balænoptera Schlegelii.

M. Flower, en étudiant les Cétacés du Musée de Leyde, a parfaitement reconnu les affinités de cette nouvelle espèce avec la Balænoptera borealis. Si ce n’était l’origine de ce squelette, je croirais avoir affaire à une Balænoptera borealis, dit-il. Le professeur sir Turner fait remarquer que les côtes de ce squelette des Iles de la Sonde correspondent à celles de la Balænoptera borealis.

Paul Gervais avait reconnu également que le squelette du Muséum, provenant de la mer du Japon, ressemble beaucoup à celui de Leyde, connu sous le nom de Balænoptera Schlegelii.

Nous ne serions pas surpris de voir un des squelettes, envoyés de l’île Formose par le consul anglais, M. Swinhoe, rapporté également à cette espèce.

Nous venons de voir que pendant longtemps la Balænoptera borealis ne dépassait pas le cap Nord; c'était done à l’ouest qu’on péchait principalement cette espèce. En 1855 c’est la Balænoptera borealis qui a été le plus abondante sur toute la côte de Finmark. Les baleiniers prétendent que le Crustacé qui forme la pâture ordinaire des Sibbaldii faisait défaut cette année. En 1883 il y avait à l'Ouest cinq baleiniers qui n’ont guère capturé que des Balænoptera borealis ; cette même année dix-neuf baleiniers ont capturé à l’est de ces mêmes parages 406 Balénoptères de différentes espèces, dont 50 Megaptera,

90 Borealis, et le restant, moitié Balænoptera Sibbaldii et moitié Balænoptera musculus. Le nombre le plusélevé par bateau était de 40.

Guldberg pense que la Borealis est plus méridionale que les autres espèces ; nous pensons, au contraire, que les Balænoptera musculus et rostrata sont les plus méridionales et que les deux autres sont au contraire les plus boréales. Les Balænoptera musculus et rostrata sont les seules espèces que l’on ait vues jusqu’à présent dans la Méditerranée.

Ce n’est qu'en 1878 que l'attention des baleiniers fut attirée sur cette espèce, dit Guldberg, et il pense que c’est en 1881 que les premiers exemplaires furent pêchés.

Depuis 1882, on en a pris tous les ans à la station de Sôrvär (10° 1/9 N.-E.), près de Hammerfest.

L'année 1884, sur 35 Balénoptères de différentes espèces, on a compté, d'après un relevé, 3, d’après un autre relevé, » Borealis.

En 1885 leur abondance a été telle qu’on en a capturé 750, pendant la campagne de l’année 1; pendant le mois de juin, on en a capturé jusqu’à 4 par Jour.

M. Guldberg nous apprend que, en 1886, il y a eu peu de Balænoptera borealis, mais plus de Balænoptera Sibbaldii que l’année précédente. On a pris en tout 932 Balénoptères et Mégaptères, la plupart des Balænoplera musculus.

On connaît plusieurs individus qui sont venus échouer sur les côtes des mers d'Europe : un des premiers dont les annales fassent mention, est celui qui est venu à la côte en 1811, dans la Zuyderzée, près de Moniken-Dam, et dont le squelette est conservé au Musée de Leyde. Van Breda en possédait le dessin.

1 O0. H, Cocxs, The Finnwhale fishery of 1835 on the North european coast. Tue ZooLocisr, april, 1886,

En 1816 un autre à pénétré également dans la Zuyderzée.

Le 21 février 1819, une Balénoptère a échoué sur la côte du Holstein et son squelette est conservé au Musée de Berlin.

Rudolphi a décrit ce squelette sous le titre : Einige anatomische Bemerkungen über BALÆNA ROSTRATA 1.

Cest cet animal que Cuvier a regardé ensuite comme Balénoptère du Nord et auquel il a donné le nom de Rorqual du Nord, par opposition à la Balænoptera musculus, qu’il croyait propre à la Méditerranée. C’est le type de la Balænoptera borealis. Les individus qui se sont perdus n’ont guère plus de 28 à 29 pieds de longueur, mais on compte au moins 54 vertèbres.

C'était sans doute une Balænoptera borealis qui est venue échouer près de Rugen en 1825, et que Rosenthal a nommée Rostrata species major.

Le 5 avril 1826, les pêcheurs de Wyk-aan-Zee trouvèrent en mer, flottant à une lieue de la côte, le corps d’une Balénoptère femelle, dont Schlegel a donné une description, accompagnée de deux planches représentant ce Cétacé, vu par ses trois faces ?.

En 1840, un individu a été capturé à Charmouth, Dorsetshire. Etait-ce un Borealis où un Musculus? Le squelette est perdu.

En juin 1861, à l’ouest de Finmark, dans Altenfiord, un individu de 30 pieds a échoué; son squelette est au Musée de Bergen.

Entre Bidart et Biarritz (Basses-Pyrénées), un jeune mâle de 7 à 8 mètres a échoué le 29 juillet 1874. Son squelette est conservé au Musée de Bayonne 3.

Près de Bergen, dans Skogsvaag, a échoué en juillet 1885 un

! Mém. de l’ Acad. des sciences de Berlin, 18 *0/,..

? SGHLEGEL, Verhandeling over eenen, in het jaar 1826, aan de Noordhollandsche kust gestranden vinvisch.

5 Fiscuer, Comptes rendus de l’Acad. des sc., décembre 1876. — Revue scientifique, janvier 1877, p. 688.

animal, apparemment de cette espèce, dont le squelette n’a pas été préparé f.

Le professeur Sars fait mention d’une Balénoptère de cette espèce, ayant 30 pieds de long, et qui s’est fait capturer le 45 juin 1865 aux îles Loffoden ?.

Dans ces dernières années, trois individus ont été capturés sur les côtes d'Angleterre ; le premier dans le Firth of Forth en septembre 1872; son squelette est conservé au Musée anatomique de l’Université d'Édimbourg.

En novembre 1883 une autre capture est faite sur les côtes d'Essex; M. Flower en a fait part à la Société zoologique de Londres. Le squelette a été acheté pour le British Museum 3.

On vient de voir échouer au mois de septembre dernier (1884) un autre individu sur les côtes de Lincolnshire, et dont le squelette est destiné à un Musée d'Australie.

En septembre 1884, on en a vu périr un à embouchure du Humber.

Un mâle de 36 pieds a été capturé en décembre, également en 1884, dans la baie de Widewall (Orcades). Le squelette a été exhibé à l'Association Britannique de 1886, à Aberdeen #.

Le 93 août 1874 a péri, dans la baie de Dantzig, une Balénoptère dont M. Menge a fait connaître le squelette. Du 17 au 48 août on avait vu l'animal dans la baie; les trois derniers coups de lance, donnés dans les poumons, le foie et l'estomac, l'ont achevé. M. Menge a accompagné sa notice de quatre photographies, représentant le squelette complet et les divers os séparément. La longueur est de 34 pieds 10 pouces. Il reste aux yeux de quelques naturalistes, des doutes sur la nature de cette Balénoptère.

Nous trouvons aussi quelques exemples de captures faites de l'autre côté de PAtlantique. Dans la baie de MobJack (Virginie),

1 Lettre de Koren à Lilljeborg.

2MBeskrivelse.…., p.20:

5 Proc. Zool. Soc., novembre 1885.

4 Report of the british Association, 1886, p. 1053.

en mai1866,on a pris un Mysticète qu’on a désigné sous le nom de Sibbaldius tuberosus, et qui parait appartenir à cette espèce. Je crois que les os en sont conservés au Musée de Philadelphie. L'animal a été décrit par le professeur Taliaferro. M. Cope croit que ce Cétacé est une Balænoptera de lPespèce qui nous oceupe Î.

MUSÉES

Le squelette de cette espèce était encore excessivement rare, il y a quelques années; il sera bientôt aussi répandu que celui de la petite espèce, grâce à la pêche des Balénoptères sur les côtes de Finmark et de leur extrême abondance pendant lété de 1885.

La tête de Balænoptera, rapportée par v. Baer de la mer Blanche pour le musée de S'-Pétersbourg, appartient, d’après le Dr Brandt, à la Balænoptera borealis.

Le Musée de l’Université de Berlin possède depuis longtemps le seul squelette connu, provenant de l’individu échoué en 1819 sur les côtes du Holstein et décrit par Rudolphi.

Le Musée de Leyde possède le squelette de l'animal échoué à Moniken-Dam. On fait aussi mention d’un squelette au Musée de Leyde, provenant d’un jeune individu échoué dans la Zu yderzée, vers 1816, et qui a été acheté par un marchand d’huile d'Amsterdam. Les deux apophyses transverses de l’axis ne sont pas jointes. La première côte est biceps. Les caractères de ce squelette ont été donnés par le professeur W. Flower ?.

Le Musée de Bergen possède deux squelettes, un des îles Loffoden, donné par le D' Daniellsen, l’autre d’un animal échoué dans le voisinage de Bergen, en juillet 1863.

Le Musée royal de Bruxelles a fait l'acquisition d’un squelette préparé au cap Nord et que Eschricht nous avait cédé.

2 Proceed. -. \. . Acad., 1866, p. 8.

2 Traduction du mémoire de Lilljeborg sur les Cétacés des côtes scandinaves.

Nous avons vu, au Musée anatomique d'Édimbourg, des ossements fort intéressants d’un animal capturé dans le Firth of Forth.

Le Musée du Collège royal des chirurgiens à Londres renferme divers os d’un animal de taille ordinaire, provenant des côtes d'Angleterre; parmi eux nous avons remarqué une première côte bifurquée, fort large, du côté du sternum surtout, ainsi qu'un atlas et un axis provenant d’un animal bien adulte.

Au British Museum on conserve le squelette de lPanimal qui a été capturé dans la rivière Crouch, en 1883 1.

Si je suis bien informé, le squelette de l’animal capturé vers la même époque, également sur les côtes est d'Angleterre, a été acheté pour un musée d'Australie.

Le Musée de Leyde possède un squelette envoyé de Java et que M. Flower n'aurait pas hésité à rattacher à lPespèce qui nous occupe, s’il ne venait pas de ces parages. Il est connu sous le nom de Balænoptera Schlegelii.

Le Muséum de Paris a reçu un squelette du Japon qui se rapproche, par tous les caractères tirés des os, de la Balænoptera qu'on a nommée Schlegelii. Il a de 11 à 12 mètres de longueur, et la tête a la même dimension que celle de notre Balænoptera borealis.

Au Musée de Christania, M. Guldberg a déposé un fœtus de 40,355, dont il a donné la description dans les Bulielins de l'Académie de Bruxelles (janv. 1884).

Le même Musée renferme un crâne, une omoplate, une troisième cervicale, les os du bassin, l'os tympanique.

M. Guldberg est en possession des trois premières cervicales d’un animal très vieux, capturé près du cap Nord (Fufjord). Ces trois vertèbres sont soudées par leur bord inférieur, tout en laissant un certain espace entre le corps des vertèbres.

Nous trouvons un squelette complet au Musée de Dantzig

1 List of Lie specimens of Cetacea in the Zoological department of the British Museum. London, 1885.

dont le crâne est photographié. Il provient d’un animal échoué dans la Baltique.

A Bayonne on trouve le squelette de l’animal capturé à Biarritz, en juillet 1874; il a été signalé par le D' Fischer 1,

M. Gerrard, à Londres, est, au moment de mettre cette page sous presse, en possession d’un squelette provenant d’un animal qui a échoué dans la Tamise, près de Tilbury, au mois d'octobre dernier (1887).

Le Musée de Cherbourg est en possession de sept fanons d’un animal de cette espèce, que je croyais d’abord devoir rapporter à la Balænoptera Sibbaldii à cause de leur couleur noire luisante; je n’avais pas remarqué d’abord les barbes blanches. On ne connaît rien de positif sur leur origine. Peut-être ont ils été apportés par un des navires de l’État, qu’on envoie au Nord protéger la pêche d'Islande : la corvette La Recherche à été envoyée en 1834 à la recherche du brig La Lilloise.

Plusieurs Musées du Nord ont des fanons de cette espèce; nous en avons à Louvain d’un jeune animal et d’un animal adulte que nous devons à M. Guldberg, et nous en possédions un depuis longtemps, qui nous avait été envoyé par le capitaine Jouan.

DESSINS

Cette espèce a été rarement représentée; nous en trouvons un dessin dans Brandt, Medicinische Zoologie (1827-1834), planche XV, figure 3, dessin qui a été exécuté par Von Mathiesen en 1819, à Hambourg, d’après l’animal échoué sur les côtes du Holstein; le squelette est au Musée de l'Université de Berlin. C’est la même Balénoptère qui a été décrite par Rudolphi et que Cuvier avait confondue avec les autres espèces sous le nom de Balénoptère du Nord.

i Comptes rendus, 27 décembre 1876. et Journal de Zoologie, vol. V, p. 462, 1876.

Tone XLI. >

Le professeur Van Breda possédait le dessin de l'animal qui a été capturé en 1811 dans la Zuider-Zee. Nous ne savons entre les mains de qui il se trouve aujourd’hui.

Le D° Fischer a publié un croquis, fait par MM. de Folin et E. Moreau, d’un jeune mâle qui est venu à la côte, entre Bidart et Biarritz (Basses-Pyrénées), en 1874.

Sars en a publié un dessin d’après un animal des iles Loffoden.

Le D' Guldberg m'a montré un dessin fait grossièrement sur place au cap Nord; il reproduit la forme du corps, mais sans la queue.

R. Collett vient de publier un beau dessin du mâle et de la femelle encore en chair.

L'individu échoué dernièrement dans la Tamise a été photographié.

Le squelette et la tête surtout ont été dessinés plusieurs fois. Nous trouvons d’abord l’un et l’autre dans le Mémoire de Rudolphi, et Cuvier n’a fait que reproduire le dessin de la tête, dans ses Recherches sur les ossements fossiles.

Brandt et Ratzeburg ont ensuite reproduit le dessin du squelette de cette espèce, comme plus tard Pander et d’Alton.

La même tête avec la première côte ont été reproduites encore par Gray et plusieurs autres naturalistes.

Nous avons inseré un dessin du squelette dans lOstéographie que nous avons publiée avec la collaboration de Paul Gervais, planche X et X[, sous le nom de Balænoptera laticeps.

PARASITES

Les fanons, surtout ceux du milieu, se couvrent de Crustacés Copépodes en prodigieuse quantité. On trouve d’un côté des jeunes en voie de développement, et de l’autre côté des adultes, parmi lesquels nous avons vu des femelles portant leurs œufs dans des ovisaes de forme ovale. Ce parasite ou, pour mieux dire, ce commensal, puisqu'il ne peut se nourrir aux dépens

de son hôte, a été décrit et figuré dans les Mémoires de l’Académie de Stockholm {1879)sous, le nom de Balænophyllus unisetus, par M. Aurivillius. Nous l’avons trouvé en abondance sur des fanons que M. Guldberg a bien voulu nous donner.

Ce même Balænophyllus vit aussi sur les fanons de la Balænoptera Sibbaldii.

M. R. Collett a trouvé dans l'intestin de tous les individus qu'il a ouverts, des milliers d'Échinorhynques, qu'il rapporte à deux espèces différentes : l’une à l’EÉchinorhyneus porrigens, l’autre à une espèce voisine de l’Echinorhyncus brevicollis, décrite par Malm en 186%. M. Collett suppose que ce dernier Échinorhyncus est nouveau, qu'il est introduit par une pâture que la Balénoptère prend dans une autre saison et probablement dans d’autres parages. M. R. Collett lui donne le nom de Æchinorhyncus ruber ; il publie une bonne figure de l'animal, de grandeur naturelle, et du rostre grossi.

M. le marquis de Wavrin a arraché de la peau d’une Balænoptera fraîchement capturée sur la côte de Finmark, que nous supposons être la borealis, un parasite qui ne peut être qu'une Penella, d'après la description qu'il nous en a donnée.

BALÆNOPTERA MUSCULUS.

LITTÉRATURE

Van Beneden, Votice sur une Baleine prise près de l’ile Vlicland, et dont le squelette est monté au Jardin royal de zoologie d’ Anvers. BuLLer. DE L'ACAD. ROYALE DE BELGIQUE, t. XXIV, 1857.

Paul Gervais. Sur La Baleine de la Méditerranée. BuLLET. DE L’Acan. ROYALE DE BELGIQUE, 2° série, t. XIV.

D' Murice, On the anatomy of Physalus antiquorum. Procerp. ZooL. Soc., 1865, p. 206.

WW. H. Flower, Observations upon a Fin-whale(Physalus antiquorum,

Gray) recently stranded in Pevensey Bay. Proc. Zoor. Soc. of London, novembre 1865,

G. ©. Sars, Beskrivelse af en ved Lofoten indbjærget Rohrval Balæ-

noplera museulus. SOERSKILT AFTRYKT AF ViD-SELSKABETS FORHANDLINGER for 1865.

Chev. Prof. w. biorio, Z! Cetaceo di S. marinclla. ATTI DELL’ ACCADEMIA PONTIFICA DEI NUOVI LINCEI, A866.

Malm, Om elt à Zoologiska Ricksmuseum Skelett af Balænoptera mus-

culus frän Finmarken. OFvErsiGT AF KonGL. VETENSK. AKAD. FGRH: NDL.,

W. H. Flower, noles on four specimens of the common Fin-Whale (Physalus antiquorum, Gray; Balænoptera musculus, Aucr.), stranded on the south coast of England. Proc. Zooz. Soc. or Lonpown, december

Doùmet-Adanson, ÂVote sur le Rorqual, capturé aux environs de Palavas, le 25 septembre 1870. AN. Soc. D'HORTICULTURE ET D'HIST. NAT. pe L'HérauLr, Montpellier, 4870.

Van Boneden, Mémoire sur une Balénoptère, capturée dans l’Escaut. Mém. Acap. ROYALE DE BELGIQUE, 1871.

Thom. Dwight, Description of the Balænoptera musculus. ME. oN TUE Boston SOCIETY OF NATUR. HISTORY, Vol. 1, part. II, ne 41, 4871.

Fried. Bracutigam, Eïinige Zoologisch-Zootomische Bciträge zur Walthicrkunde. Inauc. DissertarTion, Berlin, 1874.

Van Bencden, Une nouvelle Balœænoptera rostrata dans la Méditerrance. BULLETIN DE L'ACADÈMLE, t. VIII, 1884.

Yves de Lage, Histoire de la Balænoptera musculus, échouée sur la plage de Langrune. ARCHIVES DE ZOOLOGIE EXPÉRIMENTALE, 1886.

HISTORIQUE

La Balænoptera musculus est la Balénoptère la plus commune : elle échoue sur les côtes d'Europe depuis la Laponie Jusqu'au fond de la Méditerranée. Elle est aussi la plus anciennement connue : Aristote parle d’elle sous le nom de Mysticetus ; 11 lui met dans la bouche des poils qui rappellent, dit-il, les soies du porc, ce qui ne peut s'appliquer qu’à un Cétacé à fanons.

Pline cite les paroles d’Aristote et donne à l’animal le nom de Musculus, nom que cette espèce porte généralement aujourd'hui.

Dans son Systema naturæ, Linné a réuni les observations faites sur ces animaux tant par les naturalistes que par les baleiniers et les voyageurs. Mais comme on ne possédait point de squelettes dans les Musées et que les descriptions laissaient beaucoup à désirer sous le rapport de l'exactitude, il n’est pas possible de dire si le naturaliste suédois a appliqué le nom de Musculus à l'espèce de Balénoptère qui nous occupe. D'ailleurs, si Linné s'était rendu au Groënland, il aurait eu de la peine à reconnaître lui-même les animaux auxquels il avait donné des noms.

Un élève de Linné, Fabricius, a eu l’occasion d'étudier les Cétacés qui vivent sur les côtes de Groënland ; mais trop confiant dans la science de son maître, il a voulu se servir des noms Jinnéens pour désigner les animaux qu'il connaissait. Il en est résulté une certaine confusion, qui heureusement touche à son terme. On connaît aujourd’hui positivement les espèces que Fabricius a dû voir sur place; mais on est loin d'être d'accord sur celles que Linné n’a connues que par des descriptions incomplètes et souvent erronées.

Ce qui montre combien nos connaissances sur la structure des Cétacés étaient peu avancées, c’est que,.en 1835, Vrolik disait, dans sa Notice sur l'anatomie d’une Balénoptère, « si on

examine attentivement les ouvrages antérieurs de Hunter, de Camper et de Cuvier, il ne peut y avoir de doute que tout notre savoir ne va quère plus loin que le squelette, le larynx, l'œil et l'oreille. » Ce sont en effet les parties que Pierre Camper avait étudiées.

Les naturalistes sont d'accord aujourd’hui pour conserver le nom de Musculus à l'espèce de Balénoptère qui atteint une longueur moyenne de 60 pieds, qui a les fanons d’un gris verdâtre, rayés de blanc, soixante-deux vertèbres, un sternum court et large en avant, et dont le fœtus à terme atteint le quart de la longueur de la mère.

C'est le Cétacé à fanons qui pénètre le plus souvent dans la Méditerranée.

Ce n’est que depuis peu que lon connaît deux exemplaires de Balænoptera rostrata, un de Balæna biscayensis et un de Megaptera boops, qui ont pénétré accidentellement dans cette mer intérieure, tandis que la Balænoptera musculus y est assez fréquente, au point que Cuvier la croyait propre à la Méditerranée; aussi, pour le grand naturaliste du Muséum, c'était le Rorqual de la Méditerranée, tandis que les autres espèces n'étaient que des âges différents du Rorqual de la mer du Nord.

Nous lavons déjà répété, toutes les Balénoptères qui pénètrent dans les mers intérieures d'Europe sont propres à Atlantique, et nous pouvons même ajouter à l'Atlantique septentrionale.

Il est vrai, on a capturé dans ces derniers temps un Musculus assez Jeune (5", 25) pour supposer qu'il est né dans la Méditerranée; mais quand cela serait vrai, il n’est pas démontré que ce n’est pas une mère grosse, qui, approchant des côtes pour chercher une baie propice à la parturition, a penétré accidentellement par le détroit de Gibraltar et dont le baleineau à peine né a été capturé.

On a d’ailleurs capturé dans la Méditerranée d’autres femelles accompagnées de leur baleineau ou qui y ont mis bas.

En 1583, on en a vu une avec son jeune, au Nord-Ouest du

cap de Creux, et le 3 septembre 1870 une femelle, presque à terme, a été capturée sur les côtes du département de l'Hérault.

On cite encore la capture d’une autre femelle accompagnée d’un Baleineau de 6 mètres.

Sur la plage de Monte-Rosso une femelle, en état de gestation, a été trouvée morte en 1878.

. La taille des deux baleineaux (5". 25 et 6.) indique à peu près leur âge : le jeune musculus a tout au plus à mètres en venant au monde.

Schlegel a publié différents mémoires sur les animaux qui nous occupent; pour le directeur du Musée de Leyde, il n’y avait qu'une Balénoptère pour tout l'hémisphère arctique, et la Megaptera du Japon passait pour la Balénoptère antaretique ; il n’y avait également pour lui qu'une seule espèce de Baleine dans chaque hémisphère.

Lorsqu’en 1834, Paul Gaimard rapporta de son voyage en Islande quelques caisses tympaniques de Balénoptères, il ne nous fut pas difficile de reconnaitre l'identité de ces os avec ceux de la Balénoptère qui fréquente la Méditerranée; confiant dans la science de Cuvier, le Rorqual s'étend, disions-nous, jusqu'en Islande, tandis qu'en réalité cette espèce est un animal boréal qui va se perdre quelquefois dans cette mer.

Ce n’est pas moins Cuvier qui a établi la cétologie sur sa véritable base, en n’admettant que ce que les squelettes ou les crânes connus lui avaient appris; et, de son côté, Holbôll, gouverneur du Groënland, faisait des observations sur les Cétacés qui fréquentent ces côtes; il recueillait en même temps tout ce que les pêcheurs lui rapportaient, et envoyait à son ami Eschricht squelette, fœtus et toutes les parties qui pouvaient être conservées. Il existe, en dehors des Baleines, cinq espèces de Cétacés à fanons, disait Holbôll ; une est connue aujourd’hui sous le nom de Megaptera, et les quatre autres sont les Balénoptères des naturalistes actuels. Celle qui nous occupe était connue des pêcheurs sous le nom de Keporkarnak.

Eschricht a mis à profit tous ces matériaux, et on peut dire que c’est lui qui a fondé la Cétologie des naturalistes.

Le professeur O0. G. Sars, de son côté, a beaucoup contribué à étendre nos connaissances sur ces animaux, ayant passé plusieurs années aux Iles Loffoden, il a fait des observations intéressantes sur la Balænoptera musculus, comme sur les autres espèces, et il a comparé avec soin les divers os de leurs squelettes. Son travail spécial sur la Batœnoptera musculus est accompagné de trois planches qui reproduisent fidèlement leurs caractères extérieurs.

Le professeur de Christiania a publié ensuite, en 1868, une notice sur les variations des Balénoptéres, une autre en 1874 sur la Balænoptera Sibbaldii, en 1878 une nouvelle sur les caractères des diverses espèces de ce genre.

Le professeur Flower a beaucoup contribué à faire connaître l'espèce qui nous occupe, en publiant divers mémoires, parmi lesquels nous pouvons citer surtout celui qui a pour objet Pindividu qui a péri dans la baie de Pevensay (Sussex) en 1865. C'était un mâle de 67 pieds de longueur, dont l’état de conservation laissait beaucoup à désirer. C’est dans ce cadavre que le directeur du British Museum a reconnu la véritable composition du bassin des Balénoptères. Le savant directeur du British Museum a eu l’occasion d'étudier également deux autres individus capturés, l’un à Margate, l’autre à Falmouth, et le superbe squelette conservé à l'Ile de Wight (Blac Gang Chine) provenant d’un animal échoué près de Ventnor.

On à beaucoup écrit sur cette espèce, comme nous venons de le voir; on a donné des détails sur son organisation; on s’est occupé de ses caractères extérieurs, du nom qu'elle doit porter, des parages qu'elle fréquente, des lieux où des individus sont venus échouer; mais ce n’est que depuis la pêche des Balénoptères, organisée sur une grande échelle sur les côtes de Finmark, que l’on a commencé à la reconnaître définitivement.

Parmi les auteurs qui ont le plus contribué à éclaircir l'histoire de cette espèce, nous devons citer, par ordre de date, Knox, Schlegel, Vrolik, Eschricht, Flower, Sars, et, dans ces derniers temps, Yves Delage et Guldberg.

SYNONYMIE

Cette Balénoptère a été désignée sous un grand nombre de noms, et il y a lieu d'espérer que le nom de Balænoptera musculus lui restera.

Nous croyons que la science n’a rien a gagner à former une liste complète de tous les synonymes; il est préférable, pensonsnous, de faire un choix et de ne donner des synonymes que pour éviter la confusion.

Mysticetus, Aristote

Musculus, Pline.

Rorqual de la Méditerranée, Cuvier.

Physalus antiquorum, Gray.

Pierobalæna communis, Eschricht.

Le Tunnolik ou Keporkarnak des Groënlandais.

Le Sildreki des Islandais.

Le Razorback des baleiniers américains.

Le Finnfisch et Vinwall des baleiniers en général. Le Rohrval des Norvégiens.

On l'appelle encore Lodde et Capelan Whale.

La Balénoptère que James Hector fait connaître sous le nom de Physalus australis, Gray, correspond parfaitement, d’après les fanons, à notre Balænoptera musculus ; elle a aussi 60 pieds de long. Les vertèbres sont au nombre de 62, divisées en 7 cervicales, 45 dorsales, 15 lombaires et 95 caudales.

La Balænoptera Patachonica de Burmeister doit aussi être assimilée au Musculus.

CARACTÈRES

La face inférieure du corps est blanche; les fanons sont d’un gris pâle verdâtre, souvent parcourus dans leur longueur par des stries blanches ; les vertèbres sont au nombre de 62 et les côtes de 15 paires; le sternum est large en avant et terminé en pointe.

La nageoire dorsale est placée au-dessus de l'anus, vers les trois quarts de la longueur du corps { ; elle est assez grande.

Le corps est mince et allongé comme s’il était appauvri, très comprimé au-devant de la nageoire caudale 2.

Il y a une sorte de pleuronectisme dans la Balænoptera musculus, dit M. G. Pouchet 3, en ce que la face du corps est souvent plus pâle d’un côté que de l’autre. Cette observation a d'abord été faite par Sars 4; Guldberg ÿ croit que cette couleur blanche d’un côté se trouve tantôt à droite, tantôt à gauche.

Les fanons n’ont jamais cette couleur noire de la grande espèce, ni la couleur jaune de paille de la petite espèce ; ils sont généralement verdâtres et portent des stries; ils ont moins de valeur que ceux de la Balænoptera Sibbaldiü. Cependant ils n'ont pas toujours la même couleur : l'individu échoué à Palevas avait les fanons blancs, nuancés de vert, teinte qui passait même au noir sur le bord concave ou interne.

La longueur moyenne de l’animal complètement adulte est d'environ 60 pieds. M. Guldberg leur donne de 60 à 70 pieds.

Le professeur Sars pense de même que leur longueur peut atteindre jusqu’à 70 pieds, mais on peut se demander s’il n’y a pas confusion avec la B. Sibbaldii.

La femelle est plus grande que le mâle. M. A. Cocks a mesuré à Vardô un mâle qui avait 64 pieds 6 pouces (anglais).

M. Cocks a vu à Vardô, au mois d'avril, un fœtus de 1 pied 41/9 pouces, et le 13 juin, à Eretiki, un autre de 4 pieds 6 pouces.

Mais c’est surtout à Guldberg que nous devons des renseignements intéressants sur la taille des femelles, sur les fœtus, et sur leurs mesures aux divers mois de l'été.

1 Dans la Balænoptera Sibbaldii, la nageoire dorsale est placée sur les quatre cinquièmes de la longueur du corps et elle est encore plus élevée.

? Ce animal est si mince, si allongé et si tranchant en arrière, que les marins Anglais l'ont appelé Razorback.

5 G. Poucuer, De l'asymétrie de la face chez les Cétlodontes, Paris, 1880:

“ Vidensk., Fôrhandl., 1880.

° Bullet. de l'Acad. royale de Belgique, avril 1884.

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