‹ Histoire naturelle des balénoptèresChapitre 4 sur 20 · EP · texte numérisé non relu

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La plupart des mères mesuraient de 65 à 68 pieds, et dépassaient donc la moyenne que nous avons donnée. Les mères, pendant la gestation, sont recherchées par les baleiniers, à cause de la graisse qu’elles ont au cœur, au mésentère et aux reins.

La mesure des fœtus, trouvés dans le sein de mères capturées depuis le mois de mars Jusqu'en août, et observés pendant quatre ans, présente une certaine régularité. En mars, M. Guldberg a mesuré un fœtus qui avait 126%; en avril, quatre avaient de 300 à 787mm, et un 2,510; en mai cinq fœtus avaient de 325 à 975%"; en juin, six avaient de 1,135 à 2,037; en juillet, quatre mesuraient de 1,100 à 3,100; à la fin de juillet, deux jumeaux atteignaient chacun 2 mètres.

On n’a pas capturé de Balénoptère à terme.

Les nouveau-nés sont estimés à 6 mètres ou 18 pieds, et peut-être faut-il réduire cette taille à 16 pieds.

M. Guldberg a vu également des baleineaux accompagnant leur mère : au mois d'avril, un avait de 18 à 19 pieds; un second, 18 pieds; un troisième, 21 pieds, et, au commencement de mai, il en a vu un quatrième de 40 pieds.

En 1883. à la fin de mai, les pêcheurs ont observé pendant deux à trois jours, à l'Est de Finmark, une gamme de baleineaux, dans le Voranger-fiord, sous la conduite d'individus adultes : les plus jeunes avaient 20 pieds. En juin on a aperçu encore d’autres petites gammes de baleineaux, accompagnées d'individus adultes.

Le 24 juillet 1883, une femelle, accompagnée de son baleineau, y fut encore tuée; ses mamelles contenaient plusieurs litres de lait. On n’a pas indiqué la taille du jeune.

ORGANISATION

Il existe une poche du larynx comme dans la Balénoptère de Sibbald, et sans doute dans les diverses espèces du genre. Du

Hamel la connaissait : on m'a assuré, dit-il !, que les Baleines ont au-dessous du gosier un grand réservoir d'air, qui équivaut aux petites vessies à air.

Cette poche a fait commettre bien des erreurs. Ainsi F. Cuvier 2, qui n'avait sans doute Jamais vu de cadavre de Balénoptère, parle d’une vessie qui, après la mort, remonte dans la bouche de lanimal et force les mâchoires à s’écarter Pune de lautre.

W. Vrolik s’est trouvé en présence d’un cadavre de cette espèce sur les côtes de la Hollande et a confondu cette poche avec un intestin, qui va, d’après lui, du menton jusqu’à l’ombilie 3. Au lieu de se trouver dans la cavité abdominale, comme chez les autres mammifères, les intestins sont placés, dit-il, en dehors. On ne dira pas cependant que W. Vrolik, comme son père, nétait pas un véritable anatomiste.

Pour expliquer la présence des sillons dans les Balénoptères, Vrolik suppose qu’il sont en rapport avec la nécessité de dilatation de l’œsophage, quand l’animal avale de gros poissons, comme il a habitude de le faire, dit-il. — Jamais on n’a trouvé, que je sache, des restes de gros poissons dans l'estomac des Balénoptères; ce sont des poissons comme les harengs, les capelans ou les petites espèces de gades dont elles se nourrissent.

Nous avons fait dessiner cette poche et ses rapports avec le larynx dans les Bulletins de l'Académie, 3° sér. t. Il, 1881. Le professeur Sir Turner a fort bien représenté cette même poche en place dans un fœtus de Balænoptera Sibbaldii.

Le Dr Ravin a publié quelques observations anatomiques sur les fanons d’un animal de 41 pieds de long, échoué en 1829 sur la côte du département de la Somme #.

L'étude du fœtus a fait connaître que l'intestin grêle et le

1 Traile des Pêches, vol. IV, p. 6.

2 Hist natur. Célacés, p xv.

Ann. Sc. nat., 1858.

Ann. Sc. nat., 1856, p. 266, pl. 11.

ot

de

gros intestin sont séparés l’un de Pautre, et qu'il existe un eœæcum peu développé.

Le professeur Struthers a publié une notice intéressante sur quelques faits d'anatomie de cette espèce : il fait connaître avec soin la composition de la nageoire pectorale avec ses muscles fléchisseurs et extenseurs. Il décrit et figure en même temps le bassin, composé de l'os ischion et d’un rudiment de fémur avec des cartilages et des ligaments, le sternum et la manière dont il s'articule avec la première côte .

La découverte du fémur rudimentaire dans les Balénoptères à été faite en premier lieu par le professeur Flower 2. Il parait qu'il reste toujours rudimentaire dans cette espèce.

Le squelette de l'individu échoué à Pevensey-Bay, en 1865, a une apophyse transverse inférieure fort courte à la sixième cervicale et une seizième côte supplémentaire.

Le professeur Struthers a fait connaître également l'existence d’une petite côte supplémentaire dans un mâle de cette espèce.

Nous avons publié la description du squelette dans lOstéographie des Cétacés.

Malm donne la description du squelette et la figure des principaux os, sauf la tête, d'après un squelette de Finmark.

MOEURS

La Balénoptère qui nous occupe est ichtyophage; au Nord ce sont surtout les Loddes, Mallotus, c'est-à-dire, Osmerus arcticus qu’elle poursuit.

Ce poisson apparaît surtout en abondance au printemps autour de l'Islande et au nord de la Norwège.

Des pêcheurs assurent en avoir trouvé jusqu’à huit cents dans un seul estomac de Balénoptère.

1 Joux STRUTHERS, On some points in the anatomy of a great Fin-wahle (Balænoptera musculus); on (he cervical verlebræ and their articulations. JOURNAL OF ANATOMY AND PHYSIOLOGY, vol VI, novembre 1871 et vol. VII, 1872.

3 Proc. Zoo!. Soc. of London, novembre 1865, p. 704.

Sur les côtes d'Islande, d'Écosse et de Norwège, ce sont surtout les bancs de harengs que cette Balénoptère accompagne.

On cite encore parmi les animaux dont elle fait sa pâture : les Gades (Small cod, disent les pêcheurs) et au besoin des Schrimps.

Les Balénoptères que l’on capture sur les côtes de Finmark ont toujours leur estomac plein, tandis que les individus échoués ont ordinairement l'estomac vide. J. Murie a trouvé dans un animal échoué des débris de Méduses et des restes d’Entomostraces !. On a trouvé aussi, dans le premier estomac, des algues qui avaient sans doute été avalées à défaut de proie.

Cette espèce souffle très haut, comme le Slätbak ( Balæna biscayensis), dit M. Malmgren,; elle n’est pas farouche et approche des chaloupes en les côtoyant pendant des heures. C’est l'espèce la plus facile à observer.

Elle est sans doute moins farouche parce qu’on ne la poursuit guère.

D’après Guldberg, la fécondation et la mise bas ont lieu en hiver; la gestation est de dix à douze mois; le jeune accompagne sa mère jusqu’à ce qu’il ait atteint la moitié de sa taille.

PÉCHE

Les baleiniers qui allaient jadis à la pêche de la Baleine franche dédaignèrent souvent de harponner la Musculus.

Fred. Martens aperçut en 1671, le 9 mai, une Baleine, à laquelle il aurait fait la chasse, dit-il, s’il n'avait pas aperçu sa nageoire dorsale.

R. Brown la considère encore comme sans importance à cause du peu de lard et de la difliculté de la capturer. Il se rappelle que les baleiniers trouvant un jour un cadavre flottant, qu'ils avaient pris pour un Mysticetus, l’abandonnèrent

1 Proc Zool. Soc., fur. 1865, p. 211.

aussitôt qu'ils aperçurent que c'était un Finfish; d’autres l'avaient également abandonné. Aujourd’hui on leur fait régulièrement la chasse; avant la découverte des bateaux à vapeur on ne pouvait y songer.

Une Société anglo-américaine a organisé cette industrie dans les eaux d'Islande en 1863; elle a cessé ses opérations en 1867.

C'est au commencement de 1870 que Svend-Foyn a commencé la chasse avec des steamers et des canons chargés de bombes-lances et de harpons.

Il existe aujourd'hui une pêche de Balénoptères, régulièrement organisée, sur les côtes de Finmark, et parmi les espèces que l'on capture, pendant l'été, figure la Balænoptera musculus.

La saison de cette pêche commence au mois de mai et finit au commencement d'août.

Nous avons fait remarquer plus haut que c’est la Balænoptera musculus qui arrive la première dans ces parages, et la Balænoptera Sibbaldii, la dernière.

Le dernier animal capturé à Vardô en 1884 était une Musculus ; le 22 août on en vit encore une à Eretiki; le 24 août on captura la dernière à 36°30"

M. A. Cocks n’a pas vu de Balénoptère dans la mer Blanche.

En partant d'Arkhangelsk le T septembre, il a aperçu des Balænoptera musculus à Gorodetsk Point.

Après la Balænoptera Sibbaldii c'est la Musculus qui est généralement la plus abondante sur la côte de Finmark. En 1885 néamoins c'est la Borealis qui a été la plus commune dans ces parages.

Les principales factoreries sont à Vardô, à Vadsô, à Bôle, et à Far-Fyord.

Dans ces dix dernières années, on en a pêché sur les côtes de Finmark, en 1878, quarante; en 1879 également, quarante; en 1880 et en 1881, cinquante; (capitaine Sôrensen, Guldberg.) Depuis 1881, on en a tué tous les ans plusieurs centaines. En 1886 on a capturé au moins cinq à six cents individus. Le plus grand nombre ont été péchés aux mois d'avril et de mai.

Tone XLI. (ÿ

(82) DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La Balænoptera musculus habite à l’est et à l’ouest du Groënland, visite périodiquement l'Islande, les Loffoden, double le cap Nord, pénètre même dans la mer de Kara; elle arrive régulièrement, avec d’autres espèces, dans ces parages aux mois de mai et de juin, et passe de nouveau le cap Nord au mois d'août ou de septembre, pour se rendre de l’autre côté de J'Atlantique ou à l’ouest du Groënland.

Partout sur ce passage on a vu échouer, tantôt des mâles, tantôt des femelles, sans qu’on ait pu remarquer aucune périodicité dans leur apparition.

En partant d’Arkhangelsk, M. A. Cocks a vu des Balænoptera museulus à Gorodetsk Point, le 2 septembre, la dernière Megaptera boops le 16, la dernière Balænoptera Sibbaldii le 18, à Eretiki.

On en voit parfois se rendre au sud vers la mer du Nord, pénétrer dans le Kattegat ou bien entrer dans la Manche, longer les côtes ouest de France, les côtes d'Angleterre, d'Espagne et de Portugal, pénétrer même dans la Méditerranée : et parcourir toute cette mer intérieure jusqu’au fond de Adriatique, sans dépasser toutefois le détroit des Dardanelles : elle ne pénètre jamais dans la mer Noire et bien rarement dans la Baltique.

Il est probable que c’est la température de l’eau et la pâture qui déterminent ces animaux à se rendre, à l'approche de l'été, de l’ouest à l’est, et, en automne, en sens opposé.

Les individus qui visitent nos parages ou qui se rendent dans la Méditerranée sont des animaux dévoyés ou blessés, ou affolés par la poursuite des harponneurs.

L'animal qui est venu se perdre, il y a quelques années, à l'entrée de l’Escaut, avait reçu dans la nageoire pectorale une balle explosible qui lui avait fracturé complétement les os de lavant-bras.

En décembre 1870, un officier de garde d’une corvette de guerre (Prinz Frederic Karl) dans la mer du Nord, crut aper-

cevoir la nuit une torpille; mais on découvrit ensuite que c'était un corps de Balénoptère commune, flottant à la surface de la mer. Le docteur Fr. Braeutigam a eu l’occasion d'étudier ce cadavre et en a fait le sujet d’une dissertation inaugurale.

Nous avons publié un plan des côtes des mers d'Europe et marqué les lieux où des individus avaient échoué. Tout ce que lon peut en tirer, c'est que des individus de cette espèce sont allés mourir à peu près sur toutes les côtes des mers d'Europe.

La Balænoptera musculus forme à peu près le quart des Balénoptères qui échouent dans les mers d'Europe.

Nous voyons assez souvent des individus d’une quarantaine de pieds; ce sont sans doute de jeunes Balénoptères qui ont quitté leur mère depuis peu de temps; le plus grand nombre n’atteignent pas 60 pieds; comme nous avons vu plus haut c’est à peu près la taille ordinaire de l’adulte.

Nous pouvons faire remarquer qu'il n’y a guère, parmi les Balénoptères échouées, des individus véritablement adultes. On avait même soupçonné que dans cette espèce les épiphyses des vertèbres ne se soudaient pas complètement.

Nous allons faire l’'énumération, par dates et par lieux, de quelques individus dont l’échouement a été signalé de manière à ne laisser aucun doute sur la détermination de l'espèce.

Du Hamel, Bonnaterre et Lacépède parlent d’une vraie Baleine, qui fut jetée sur le littoral de la Corse, en 1620; à en juger par la taille considérable et le nombre de barils d'huile qu'elle a fournis, le D' Fischer pense que c'était la Balænoptera musculus ; la Balænoptera Sibbaldii n’a jamais été vue dans la Méditerranée.

En 1624, le 28 janvier, un individu est venu à la côte de S. Marinella, et, au mois de février suivant, un autre à S. Severa.

En 1789, une Balénoptère de 60 pieds s’est perdue sur le ttoral de la Méditerranée (sans indication de lieu).

Le crâne du Muséum de Paris, dont parle Lacépède, provient d’une femelle capturée à l'Ile Sainte-Marguerite, arrondissement de Cannes (Var), en mars 1797 ou 1798.

En décembre 1827, un individu a péri sur les côtes de Corse. (Paul Gervais).

Un autre individu a péri dans la Méditerranée, le 27 septembre 1828, dans les environs de Saint-Cyprien; il a été décrit par Companyo et plus tard par Farines et Carcassonne. Il avait 15,60. Son squelette est conservé au Musée Saint-Pierre, à Lyon. Il était mentionné d’abord sous le nom de Balænoptera aragous. Le squelette n’a que 53 vertèbres, T cervicales, 14 dorsales, 15 lombaires et 17 caudales. Il y en a donc 9 qui manquent.

En août 1829, il échoue à l’Escale, tout près du golfe de Rosas, un animal de 15°,50 en pleine putréfaction ; la mâchoire inférieure a été conservée, dit M. Campanyo, qui la désigne sous le nom de Balænoptera Jubarte 1.

La même année, dans le même golfe, une Balænoptera musculus a échoué, dont le squelette est conservé au Musée de Madrid. Il n’est pas monté, m’écrit M. Mar. G. Graells.

En 1833, un individu a été capturé à Civita-Vecchia.

La même année, un autre individu de la même espèce a été capturé, dit P. Gervais, près de Saint-Tropez (Var).

Le 21 mai 1840, une Balænoptera musculus a été capturée dans une madrague à Thone, près de Saint-Tropez, à la suite d'un coup de vent de N.-0. 2.

* Companyo, Histoire naturelle du Département des Pyrenées orientales, tome III, p. 81.

? Nouslisons dans les Annales maritimes et coloniales, t. 1, 1840 : « Par le coup de vent de N.-0. du 21 mai, une Baleine s’est introduite dans les filets de l’une des madragues de Saint-Tropez (Var). Comme c’est la première fois qu’un Cétacé de cette espèce a été pris dans notre golfe, et peut-être même dans la Méditerranée, du moins depuis plusieurs siècles, l’affluence des curieux de la ville et des environs a été prodigieuse. Pendant quelques heures, nous avons été dans l'incertitude de savoir si c'était réellement une Baleine, attendu que quelques braves marins, habitués à ne voir que des Baleines franches, soutenaient que ça n’en était pas une; mais, après un mür examen, il a été reconnu que c'était la Balænoptera physalus, d'après la classification de Lacépède. »

Au Muséum à Paris se trouve un squelette d’un animal de 149, qui a péri en 1847 sur les côtes de Saint-Vigor.

Le 10 novembre 1854, un animal de 19,40 a été pris à Bordigliera. Son squelette est conservé à Turin.

Une femelle de 20 mètres, accompagnée de son Baleineau, a été capturée près de Port-Vendres, en 1859, après avoir essuyé plusieurs coups de feu. La mère avait 20 mètres, le petit 6.

Un squelette, conservé à l'hôpital de Saint-Mandrier, à Toulon, provient d’un animal capturé en décembre 1860 (Gervais).

Gervais cite également une capture faite sur la côte de la Catalogne, en 1862 1. Nous pensons que c’est son squelette que nous avons vu à l’Université de Barcelone et au sujet duquel nous n'avons pu avoir aucun renseignement sur les lieux.

Le 17 juin 1863, une femelle de 19,50 a fait son apparition au nord-ouest du cap de Creux (au delà du département des Pyrénées-Orientales, côtes d'Espagne). Elle était accompagnée de son petit et, pendant plus d’un mois, elle est restée en vue de la côte. Elle a été capturée dans la suite et le corps a été remorqué à Llanza.

En 1864, un animal a été capturé près de Cannes. Son squelette incomplet est conservé au Musée de Grenoble.

Le 4 mars 1866, une femelle de 22 est venue à la côte de Civita-Vecchia. Le squelette est conservé à Rome (chev. v. Diorio). Il a, en tout, 58 vertèbres, 15 côtes, et les deux doigts externes ont cinq phalanges, les deux internes, six 2.

Le 235 septembre 1870, des pêcheurs de Thons des environs de Palavas, département de l'Hérault (Méditerranée), relevant leurs filets par le travers du Grau de Palavas, ne furent pas peu surpris de trouver dans un d’eux un Rorqual vivant du sexe femelle de 19,40 de longueur. Amarré par la queue, il a été

! Gervais, Mém. Acad. royale de Belgique.

3 Prof Vincenzo Diorio, {1 Cetaceo di S. Marinella, ATTI DELL’ ACADEMIA PONT. DEI NUOVI Lincer. Marzo, 1866.

remorqué vivant dans le port de Cette, où l’on a pu s'assurer pendant plusieurs jours que les jets lancés par l’expiration sont formés d'air et d’eau pulvérisée. L'appareil est disposé comme un vaporisateur.

C'était une femelle qui a mis bas un fœtus de 2»,95. Comme les Cétacés avortent facilement par la moindre commotion, cette fausse couche a été causée évidemment par la capture 1.

L’Illustration de Paris (ASTO, n° 1424) fait mention d’une Balénoptère prise à Marseille, aux environs du château d’If, 26 mai 1870, et en publie un dessin.

On fait mention d’un individu capturé en décembre 1879, à Solenzana (Corse).

Un animal a échoué près d’Ajaccio, à la fin de l’année 1877 ou 1878; son squelette est conservé.

En octobre 1878, une Balænopteri musculus à été trouvée morte sur la plage de Monte-Rosso, à une petite distance entre Spezzia et Levanto; c'était une femelle de 22 mètres de longueur, en état de gestation. Le fœtus est conservé à Gênes.

Dans les derniers jours de novembre 1884, une Balénoptère a été capturée dans le golfe de Cavalaire, quartier de Giova, près de St-Tropez ‘département du Var) par les douaniers du poste de Cavalaire; ils l'ont tuée en mer, à une distance de 600 à 700 mètres ; une seule balle, qui à pénétré dans la tête, a suffi pour la tuer : c'est le jeune individu dont nous avons déjà parlé. Il ny avait rien dans les intestins, et M. Beauregard soupçonne que c’est un jeune animal qui n'avait pas plus de vingt jours d'existence. L'animal a été dépecé et tout a été envoyé au Muséum à Paris.

MM. Pouchet et Beauregard en ont fait connaître les particularités de structure 2. Nous en avions parlé dans les Bulle-

1 Notice publiée à l'occasion de la réunion de l'Association pour l'avancement des sciences, DoumEt-Anaxson, Ann. de la Soc. d'horticulture et d’hist. nat. de l'Hérault.

? Poucuer, Acad. des sciences, séance du 2 février 1885 (Revue scientifique, 7 février 1885, p.188). Compte rendu, Societe de Biologie, t. 1], janvier 1885.

tins de l’Académie d’après des renseignements incomplets. Ce n'est pas la Balænoptera rostrata, comme nous l’avions soupçonné, puisqu'elle a soixante-deux vertèbres, mais une jeune -Balænoptera musculus, comme M. Beauregard l’a dit.

Cornalia fait connaître one cas d'échouements sur les côtes d'Italie, dont un dans l’Adriatique et un sur les côtes de Sardaigne.

On na guère tenu note des nombreux échouements qui ont eu lieu sur la côte d'Espagne. On cite seulement une Balænoptera musculus, de grande taille, échouée au cap de Ras, entre Calère et Lianza, dont nous avons parlé plus haut.

En 1811 une Balénoptère fut jetée à la côte près de Bayonne.

Au Muséum à Paris on voit le squelette d’un jeune animal qui a péri, en 1893, devant l'embouchure de l’Adour, près de Bayonne.

On a signalé plusieurs exemples sur les côtes ouest de Ja France.

On en cite deux d’abord au XVIF siècle : le premier est une Balénoptère de 47 pieds, capturée ou échouée en 1680 près de la Rochelle; le second est un individu, dont on ne donne pas la taille, qui est venu à l’île Sainte-Anne le 5 octobre 1682.

A Boulogne sont conservés des fragments de erâne d’un animal qui a péri, le T février 1812, à l'embouchure de la Somme; d’un autre qui a péri, en 1827, à la même embouchure 1.

L'année 1812 une femelle de 56 pieds est venue se perdre également sur les côtes ouest (Souty).

Le 16 août 1829, un mâle de A pieds a échoué prèsde Cayeux. Ravin en a fait mention dans les Annales des sciences naturelles, mai 1836. Le squelette est conservé à Rouen ?2. Un dessin accompagne cette notice.

1 G. Poucuer, Des derniers échouements de Cétacés sur la côte française, Comptes rendus... 2 février 1885.

2 F. Ravix, Observations anatomiques sur les fanons, ANN. Sc. NATUR, 1 À mai 886.

En janvier 1842, on a vu à Berg (Pas-de-Calais) un cadavre flottant en mer (Blainville et Gervais).

En 1845, un individu a échoué sur la côte de Saint-Malo, et en 1847, un autre au Havre, dont la peau bourrée est conservée au Muséum de Paris.

A Saint-Brieux nous avons vu un squelette de mâle de 51 pieds, monté sous la direction de M. Nimier.

Un animal de 43 mètres est capturé à Saint-Vigor, à l’embouchure de la Seine, en 1847 ; la même année un jeune, mais de grande taille, échoua à Barre-des-Monts (Vendée); une Balænoptera musculus de 12 mètres de longueur a échoué près du Havre le 11 octobre 1852, sur la plage de l'Eure. La peau a été préparée et exposée au public.

Le 10 février 1857, les pêcheurs de Tréport ont trouvé, à l'entrée de la Manche, une Balénoptère de 60 pieds, en pleine putréfaction.

Le Dr Fischer parle d’un mâle de 7 à 8 mètres capturé en 1874 sur les côtes de Bayonne.

Le 6 janvier 1877, un individu de 15 mètres sans la tête est venu dans le golfe de Gascogne. Nous en faisons mention sans pouvoir assurer qu’il appartient à cette espèce.

Le 10 février 1878, les pêcheurs de Dunkerque ont QUE un mâle de 23 mètres, dont le squelette est conservé à Lille, au Musée de l’Université catholique.

Une femelle pleine, de 20,80 de longueur, a été trouvée morte en mer, au large de l'ile de Groix (à 12 miles sud-ouest), le 29 juillet 1879. Le fœtus avait 1,20. Le squelette de la mère est au Musée de Bordeaux, celui du fœtus au Muséum à Paris.

Le 21 décembre 1881, la mer a rejeté sur la côte de Porge, au nord du bassin d'Arcachon, un Cétacé de 15,20 ; le bout du rostre avec les fanons sont conservés au Muséum à Paris. Les fanons ont, paraît-il, la couleur de ceux de Rostrata.

Une femelle, à l’état de cadavre, a été amenée à l’île de Sein le 19 août 1881. Elle avait 14 mètres de longueur. Le corps flottait dans le Ras-de-Sein.

Une autre femelle, de 9,50, a échoué à Seignasse, près du

cap Breton (Landes), le 25 juin 1884. Le squelette est conservé au Muséum à Paris.

Dans la nuit du 13 au 14 janvier 1885, un mälce est venu échouer sur la plage de Langrune. M. Yves Delage en a publié la description, dans les Archives de Lacaze-Duthiers. Le professeur de la Sorbonne a étudié avec beaucoup de soin la structure et la formation des fanons f.

Le corps de cette Balénoptère a été vendu. D’après une ordonnance de Colbert (1681), les poissons à lard, c’est-à-dire les Cétacés, doivent, dans certains cas, être vendus publiquement. On s’est conformé à cette ordonnance, ce qui a empêché de commencer la dissection le jour même de l’échouement. L’animal a été mis aux enchères le 20 janvier; de la mise à prix de 5 francs, on est monté à 1,101 francs, et il a été adjugé à la ville de Caen pour le Musée. Dans l'intérêt de la Caisse des gens de mer, On avait poussé jusqu’à 1,100 francs.

L'observation rigoureuse de ce règlement pourrait avoir comme conséquence, dans le cas qu’une espèce rare vint échouer sur les côtes de France, qu'un Musée étranger pourrait venir faire une concurrence aux naturalistes français et faire prendre à l’animal le chemin de l'étranger.

L'Association française a accordé, en 1885, 1,200 francs à M. Yves Delage, pour subvenir aux frais de la reproduction héliographique des parties intéressantes de cette Balénoptère.

Le 5 février 1885, une barque, montée par des pêcheurs de Gravelines, a rencontré, en face de Douvres, à une assez forte distance au large, le cadavre flottant d'une Balénoptère, qui a a été remorquée jusqu’à Ostende. C’est un mâle de Balænoptera musculus, dont le squelette est aujourd’hui au pensionnat de Melle. Les journaux de la localité l’avaient désigné sous le nom de Cachalot. Le corps en chair a été exposé quelque temps au public.

Nous pouvons citer plusieurs exemples d’échouements sur les côtes britanniques.

1 Comptes rendus, 6 juillet 1885. Archives de Zoologie expérimentale.

On en cite deux d’abord dans je Firth of Forth dans le XVIE siècle, l’un, le 17 septembre 1690, l’autre, en septembre également, en 1692; Sibbald en parle dans sa Phalainologia.

Scoresby en cite un dans le Humber, en septembre 1750, et un en 1752, de 52 pieds, sur la côte de Berwickshire.

Walker en cite un autre, le 10 juin 1761, de 48 pieds, dans le Firth of Forth.

Sur les côtes de Cornouailles, on en cite un, le 18 juin 4797, de 70 pieds.

Le 28 octobre 1808, une femelle, de 43 pieds, a échoué dans le Firth of Forth (Pat. Neill,.

En 1830, un animal de 63 pieds est venu à la côte à Brighton.

Un autre, de 38 pieds seulement, a été capturé dans le canal Saint-Georges; le corps a été remorqué à Liverpool. Son squelette est au British Museum, à Londres. Cest de lui que Gray avait fait le genre Benedenia.

En février 1840, une femelle de #1 pieds a péri sur les côtes de Yarmouth 1.

Sweeting fait mention d’un animal de 43 pieds, capturé sur les côtes d'Angleterre, à Charmouth, en 1840.

En 1842, un individu très adulte a été capturé à Pile de Wight; son squelette est conservé dans l’île.

Le 28 décembre 1850, une Balénoptère a été capturée à Margate ; son squelette est en partie à Londres et en partie à Cambridge.

On mentionne aussi une femelle de 50 pieds qui est venue à la côte aux Orcades, en mars 1856 (Heddie).

On possède à Londres un crâne d’une Balénoptère, capturée à Yarmouth, en 1857.

Un mäle de 60 pieds s’est perdu dans la Tamise, en 1859; le squelette est conservé à Rosherville garden (Murie).

Une Balænoptera musculus, échouée en novembre 1865 sur la côte de Sussex, a été l’objet d’une notice fort importante

1 Proc. Zool. Soc. 1810.

dans laquelle M. Flower décrit le squelette avec l’os du bassin et le rudiment de fémur {.

En 1869, M. Flower communique des notes à la Société de Zoologie sur quatre Balénoptères de cette espèce, échouées sur les côtes sud de l'Angleterre. Il accompagne cette notice d’un dessin représentant un mâle de Balænoptera musculus de 61 pieds 2.

Une Balénoptère a échoué dans Pevensey-Bay, en 1865 3.

Le 20 novembre 1869, un mâle à été trouvé mort dans la Manche, près de Portsmouth. Le corps était en pleine putréfaction. Il avait 61 pieds de longueur 4.

Le 1 mars 1875 et le 9 août suivant, on a trouvé sur les côtes de Happisburg (Norfolk), un animal mort (in the Lynn Roads), dit M. Southwell.

En avril 1880, une femelle de forte taille a ne sur les côtes d'Écosse (Baie de Forth).

Une autre a été trouvée morte en mer le 30 août 1884 (.. floating in the sea off Bervic\ 5.

Sur la côte de Kerry, une Balénoptère de 63 pieds a été capturée par les gardes des côtes.

Un mâle de 50 pieds a échoué à Nairn (côtes d'Écosse) en décembre 1884; son squelette a été exhibé en 1886, à l’Association britannique à Aberdeen 6.

Une femelle de Balænoptera musculus est venue morte à la . côte, le 15 janvier 1885, à Littleton Pill, sur la Severn; le corps a été acheté par un fabricant et le squelette a été préparé pour le Musée de Bristol T,

Sous le nom de Common Rorqual, M. Blakwill signale une

1 Proc. Zool. Soc., novembre 1865.

* Proc. Zool Soc., décembre 1869

5 FLower, Observations upon a Fin-Whale recently strandedin Pevensey- Bay. Proc. Zoo. Soc., novembre 1865.

# Proc. Zoo!l. Soc., décembre 1869.

5 Penny illustrat. paper, 50 aoùt 1884,

5 Report of the British association, 1888, p. 1 053.

7 The Zoologist, 1X, p. 107.

jeune Balænoptera musculus, de 47 pieds, qui a péri le 3 avril 1887 à Skegness 1.

Les échouements sur les côtes de Belgique et des Pays-Bas sont assez fréquents.

On cite un échouement dans l’Escaut, le 2 juillet 1577, d’une Balénoptère qui appartient probablement à cette espèce. On fait mention d’une autre de 42 pieds, qui aurait péri également dans l’Escaut, le 13 décembre 1603.

Le 14 mai 1869, on a vu paraître à l’entrée de l’Escaut, vers le milieu de la nuit, un énorme Cétacé qui a jeté l’épouvante dans l’esprit de tous ceux qui l’ont aperçu. Un habitant des côtes lui a envoyé une balle, puis l’animal a disparu. On la trouvé, peu de temps après, échoué sur la plage dite Calloot, à Borselaer, près de Flessingue 2.

Le cadavre a été vendu publiquement et un industriel de Terneuzen l'a acheté par spéculation. Il a été exposé à Terneuzen ; le squelette est conservé au Musée de l’Université de Liège.

Un individu non adulte, puisqu'il n'avait que 52 pieds, échoua, en 1595, à Zantvoort; un autre le 2 février 1598, à Bergey, entre Katwyk et Scheveningen (Clusius).

En 1601 il en échoua un à Beverwyk et un en 1629 à Noortwyk.

Le 18 novembre 1791, une femelle de 52 pieds est venue échouer à Katwyk-aan-Zee; c’est la femelle que Blumenbach a décrite et figurée.

Un squelette du Musée de Leide provient d’un animal capturé, en 1811, dans la Zuyderzee. Il a été préparé par Reinwardit.

Il y a eu encore une femelle perdue sur ces mêmes côtes, le 47 septembre 1835, et dont Vrolik a fait l'anatomie 3.

1 The Zoologist, mey, 1887.

3 Van BENEDEN, Mémoire sur une Balénoptère caplurée dans P'Escout en 1869. MÉn. AcaADE., 1871.

5 VROLIK, Note sur nice d’une Balénoptère, 1835, échouée près de Wyk-1an-Zee. ANx. Sc. NAT., 1858.

En septembre 1836 et en septembre 1840 échouèrent deux femelles, la première de 51 pieds, la seconde de 65 pieds, toutes les deux à l'embouchure de la Meuse (Schlegel).

En décembre 1841, un mâle de 40 pieds est venu à la côte à Katwyk-aan-Zee; il a été acheté d’abord par un particulier de Scheveningen; son squelette est conservé aujourd’hui à Leyde. Il a été étudié par Schlegel et Flower.

Un autre mâle de 40 pieds est venu se perdre sur les mêmes côtes en 1844 (Schlegel).

Un mâle, dont le squelette est au Jardin Zoologique d'Anvers, a échoué à l’île Vlieland, le 93 novembre 1851.

En 1862, un individu de 50 pieds est venu à la côte à Wick.

En mars 1866, une Balénoptère de cette espèce a été capturée au Nieuwen-Dam, et, en avril 1866, une autre de 47 pieds au Texel.

En novembre 1866, une femelle de 47 pieds a été trouvée flottante en mer par les pêcheurs de Scheveningen; le squelette est au Musée de Bruxelles.

Sur les côtes d'Allemagne, les échouements paraissent être moins nombreux.

Une Balænoptera musculus de 60 pieds a échoué en janvier 1721, pas loin de Brême; on l’a désignée sous le nom de Palmfisch.

En décembre 1870, un cadavre flottait dans la mer du Nord et fut pris, comme nous l'avons dit plus haut, pour une torpille.

Nous trouvons aussi quelques exemples d’échouements sur les côtes de Danemark, de Suède et Norwège.

Une femelle de 32 pieds est venue se perdre sur les côtes du Holstein en 1819.

Le 21 septembré 1841, un mâle de 61 pieds a été capturé sur les côtes de Nord-Zélande; le squelette en est conservé à Copenhague. (Baers Bazar, 1874.)

En 1836, un individu de grande taille a échoué sur les côtes du Jutland; tout le squelette était ensablé quand on l’a décou-

vert. Son crâne seul est retiré. Il est à Louvain, grâce à Eschricht.

Un autre individu, de 68 pieds, échoua sur les côtes de Norvège, en 1837; son squelette est à Christiania.

Le 21 septembre 1841, un mäle pourri est venu échouer dans le Kattegat.

Au printemps de 1846, un mäle de 62 pieds est capturé à Farsund.

En novembre 1858, un mâle de 56 pieds périt sur la côte de Norvège; son squelette est au Musée de Bergen.

En 1872 un autre a péri sur les côtes de Norvège; le professeur Struthers en possède l’atlas et l’axis.

En février 1867, on en a vu dans le Fiord de Christiania.

On signale la présence de Balénoptères et de Mégaptères dans la Baltique, mais s’il faut en croire le professeur Münter, la Balénoptère qui nous occupe ne pénètre pas, comme nous l'avons déjà dit, dans cette mer intérieure. En tous cas, elle y est rare.

Nous sommes en droit de citer un animal de ce genre qui y a péri en août 1874, près de Dantzig. Le professeur Zaddag en à publié une description 1. fl suppose que cet animal a pénétré dans la Baltique à la poursuite des harengs; son estomac était plein de poissons.

Il y a aussi quelques observations faites en mer sur cette espèce : le professeur Sars en a vu pendant tout l'été autour des îles Loffoden.

M. A. H. Cocks raconte que, le 15 août, il a vu prendre à Vardô la dernière Balénoptère, un mäle de Balænoptera musculus, de 64 pieds.

Le 22 août, il a vu plus à l’est un Musculus et un Sibbaldii ; après le 2 septembre il a aperçu à Eretiki le dernier Musculus de la saison, en mème temps que la Balænoptera Sibbaldii et la Megaptera boops.

1 Zapvacn, Peschreibung einer Finwaler, Balænoptera musculus. Ertcxson’s ARCHIV, 1879.

En 1883, sur 406 Balénoptères capturées sur les côtes de Finmark, il y avait 90 Balænoptera musculus.

M. Brown fait mention de cette espèce dans sa faune des mammifères du Groënland ; il cite les endroits où elle stationne et indique les Gades (Cod) comme leur nourriture.

Ce n’est pas seulement sur les côtes d'Europe que l’on voit de temps en temps échouer des Balénoptères qui ont les caractères de l’espèce qui nous occupe; divers auteurs en ont signalé à la Nouvelle-Angleterre; on en voit aussi sur les côtes est et ouest, tant de l'Amérique septentrionale que de l'Amérique méridionale. Le Musée de Stuttgard en a reçu une tête de la Guyane, et le Musée de Buénos-Ayres en possède des ossements provenant de la République Argentine.

Burmeister ! désigne sous le nom de Balænopterapatachonica une Balénoptère des côtes du Brésil, qui correspond à notre Balænoptera musculus.

Le Muséum de Paris a reçu des squelettes incomplets de la côte de Patagonie : le sternum d’un de ces squelettes et les os naseaux sont semblables aux mêmes os de notre Musculus ; mais l’omoplate est beaucoup plus allongée que celle de notre espèce commune. — C’est bien l’omoplate la plus éloignée par sa forme de celle des Mysticètes ; les deux premières côtes sont toutes les deux franchement bifides. Les marins qui ont rapporté ces ossements prétendent que les Italiens ont séjourné dans ces parages avant eux et qu’ils ont emporté plusieurs os de ces squelettes 2.

1 Dans les Proc. Zoo!. Soc. feb. 1865, Burmeister publie une notice « On a New-Whale » sous le nom de Balænoptera patachonica. I reproduit un dessin de l’atlas, axis, 4e et 6: cervicales, côle omoplate et mandibule.

? L'expédition de la Romanche à rapporté deux squelettes de Balénoptères; l'un d'un aaimal trouvé échoué au Neutv Yeor Sound, l’autre était abandonné sur la plage; le premier a été préparé avec soin à bord. Parmi les ossements nous avons vu au Muséum deux vertèbres de la région lombaire, qui ne semblent pas appartenir à ces deux squelettes. Il a été question de la mission scientifique aù Cap Horn dans la Revue Scientifique, décembre 1855.

Nous croyons aussi reconnaître cette espèce parmi les Balénoptères signalées par le capitaine Scammon, dans l'océan Pacifique. Cet habile baleinier y a distingué trois espèces de ce genre et on ne peut pas ne pas reconnaitre leur ressemblance avec les nôtres.

Le British Museum possède un squelette de l’île Formose qui a tous les aractères d’un Musculus.

Cette espèce vit aussi dans la mer des Indes ; elle y est connue sous le nom de Balænoptera Blythü ; elle ne semble pas y dépasser 60 pieds.

M. Heuglin écrit du Caire, le 30 septembre 1851, qu'il a découvert une mandibule de Balænoptera dans la mer rouge. — Dans l'archipel de Dahlak, dit-il, se trouve ce cétacé, qui se tient dans les profondeurs et qui se nourrit de poisson. — Quelquefois un poisson scie pénètre dans sa gueule et le blesse mortellement. Le cadavre est jeté sur la côte d’Abyssinie. Les habitants ne le chassent pas, mais quand il y en a qui échouent, les habitants des côtes tirent parti de leur graisse. — La mandibule a 13 pieds de longeur 1.

Dans l’océan Austral cette même espèce porte le nom de Balænoptera antarctica.

Parmi les Balænoptères d'Australie j'ai signalé : {°, un animal de 67 pieds, possédant 62 vertèbres, un sternum de musculus, capturé le 20 avril 1881 à 5 milles de Christ-Church; le squelette ressemble si complètement dans toutes ses particularités ostéologiques à celui de la Balænoptera musculus, que ce serait extraordinaire si les deux n’appartenaient pas à la même espèe, dit Jul. von Haast 2. 2, un autre avec 64 vertèbres, de New Brighton; ce doit être notre Sibbaldü; enfin 3, une autre forme dont le squelette est à Londres et qui a tous les caractères de la Balænoptera rostrata.

1 Sitzungsberichte der Math.-Naturw. Classe d. k. Akademi: d. Wissensch. 8ter 1851. Ce Poisson-scie. Schwerd-fish, est sans doute un Orque.

2? Prof. JuLius vox Haasr, Notes on a skeleton of Balænoptera australis, Proc. Zooz. Soc. 1885, p. 292.

Une Balænoptera du sexe mâle, de 67 pieds de long, le côté et le dos of a thush-back tint, dont la colonne vertébrale est formée de 62 vertèbres, qui a 15 côtes, le sternum semblable à l'espèce commune d'Europe, ainsi que le bassin, capturée dans les eaux de la Nouvelle-Zélande, a tous les caractères de l’espèce qui nous occupe 1.

En résumé, au sud comme au nord de l'Atlantique, dans le Pacifique, dans l’océan Austral comme dans la mer des Indes, on signale plusieurs Balénoptères, différant entre elles de taille, et parmi lesquelles il n’est pas difficile de reconnaître une espèce qui correspond parfaitement à notre Balænoptera musculus.

La Balænoptera borealis n’a été reconnue définitivement en Europe que dans ces derniers temps. Partout ailleurs, comme en Europe, il paraît que c’est aussi la plus rare des quatre, et, par conséquent, la dernière à être reconnue.

MUSÉES

C’est l'espèce dont le squelette est le plus commun dans les Musées. Un des plus beaux, par son développement complet, est celui du Musée de Stockholm, provenant d’un animal capturé sur les côtes de Finmark; celui de l’île de Wight (Black Ging Chine), échoué au nord de cette île, est fort intéressant aussi par son état adulte.

Nous allons énumérer, par ordre alphabétique, les villes où l’on conserve des squelettes ou des os séparés.

A Aalesund (Norvège), on possède un atlas, un axis, une omoplate, un radius et un maxillaire inférieur d’un animal échoué sur ces côtes en 1872.

À Aberdeen, on voit le squelette d’un mâle de 65 pieds, capturé, en juin 1869, près de Wick (Caithnesshire); il appar-

! Parker, T. Serrery, Notes on a skeleton and Baleen of a Fin-Whale (Balænoptera musculus), recently acquired by the Otago University Museum. New ZEALAND Jourx. Sc., vol. II, n° 7, p. 351.

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