‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 15 sur 51 · OSSEMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

OSSEMENTS DIVERS

On possède des ossements séparés dans plusieurs Musées.

A Bordeaux on voit au Musée plusieurs ossements de vraie Baleine (omoplate, humérus, radius). Nous ne savons si l’origine en est bien connue.

Nous avons vu deux vertèbres lombaires au Musée de Gand, une adulte et une autre jeune, qui appartiennent à une Baleine peut-être à l'espèce des régions tempérées. La première a été . trouvée dans les décombres d’une abbaye des environs d’Alost; nous avons reçu une omoplate qui avait été conservée dans une autre abbaye et que nous avons attribuée à la Baleine des Basques.

Le Musée de Stockholm possède, indépendamment d’un beau squelette, une région cervicale, des vertèbres, des omoplates, des côtes et des os de membres, qui ont été rapportés par Nordenskjôld et Smith en 1868. Ce Musée possède, en outre, une côte de Baleine de l’époque glaciale provenant de Halland et une mandibule recueillie dans le sable du fond de la Baltique, à Arnäs.

Le Musée de Lund renferme également deux omoplates.

Rathke parle aussi d’une omoplate, appartenant sans doute au Musée de Kônigsberg, de 4 pieds 1 1} pouce de largeur, de 3 pieds à pouces de longueur { et qui ressemble à lomoplate de la Baleine australe. Aug. Muller attribue avec raison cet os à l’espèce qui nous occupe.

1 RaTuxe, Preuss. Prov., BI. 18, Bd. 1837, p. 562.

Au Musée de Carolinska-Institut de Stockholm se trouvent une omoplate et une vertèbre lombaire qui ont été déterrées dans une église; ces deux os sont fort intéressants : l’omoplate indique un animal de très grande taille et ce qui la distingue surtout c’est sa grande largeur en dessous de l’acromion, ainsi que sa longueur dans sa partie supérieure. L’épaisseur de Pos est fort grande, tant sur son bord libre supérieur qu’à son bord

antérieur et à son apophyse. Cet os mesure d’un angle à l’autre

de sa plus grande largeur 1,23. Du bord supérieur à la base de l’acromion 1",03. Cette partie inférieure de los est couverte d’une couche de couleur. On dirait au premier abord que cette partie de l'os est artificielle. La surface articulaire mesure d'avant en arrière 0,35. Cet os est sans doute de Baleine franche. La vertèbre ne présente pas moins d'intérêt : Le corps mesure en hauteur 0",30, en largeur 0,36 et il n’a que 0",18 d'épaisseur, avec une apophyse épineuse fort élevée, des parapophyses fort larges et distinctes. Or, si nous comparons cette vertèbre à une caudale de Mysticetus, nous trouvons que les vertèbres chez lesquelles les apophyses sont encore si développées, l'épaisseur du corps, c’est-à-dire le diamètre antéro-postérieur, est au moins le double. Cela revient donc à dire que les vertèbres de la région lombaire et caudale sont fort peu épaisses dans la Baleine qui nous occupe. Le canal vertébral de cette vertèbre a encore en hauteur 0,07.

Si cette vertèbre appartient au même animal que l’omoplate, nous avons ici deux os d’une espèce bien différente de toutes celles que nous connaissons et qui se rapprochent plus des Baleines australes ou de la Biscayensis que de la Baleine du Groënland. Nous ne connaissons aucune Baleine qui ait une vertèbre aussi courte avec une apophyse supérieure aussi longue et des zygapophyses aussi développées.

Au Congrès de l'Association britannique, à Brighton, le professeur Struthers a exhibé deux sternum-énormes et un ischion provenant de l’espèce qui nous occupe et qui appartient, si je ne me trompe, à l’Université d’Aberdeen. Ces deux sternum montrent combien ces os peuvent varier d’un individu à l'autre

dans une seule et même espèce. On voit également au Musée d’Aberdeen onze bassins avec fémur et tibia, de quatre mâles et de sept femelles, et plusieurs régions cervicales.

Le Muséum de Paris a reçu en 1877 une région cervicale de la mer de Bering, que nous avons tout lieu de croire de Balæna Japonica.

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