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dans laquelle M. Flower décrit le squelette avec l’os du bassin et le rudiment de fémur 1.
En 1869, M. Flower communique des notes à la Société de Zoologie sur quatre Balénoptères de cette espèce, échouées sur les côtes sud de l'Angleterre. Il accompagne cette notice d’un dessin représentant un mâle de Balænoptera musculus de 61 pieds 2.
Une Balénoptère a échoué dans Pevensey-Bay, en 1865 3.
Le 20 novembre 1869, un mâle a été trouvé mort dans la Manche, près de Portsmouth. Le corps était en pleine putréfaction. Il avait 61 pieds de longueur #.
Le 4e mars 1875 et le 9 août suivant, on a trouvé sur les côtes de Happisburg (Norfolk), un animal mort (in the Lynn Roads), dit M. Southwell.
En avril 1880, une femelle de forte taille a péri sur les côtes d'Écosse (Baie de Forth).
Une autre a été trouvée morte en mer le 30 août 1884 (.. floating in the sea off Bervic) 5.
Sur la côte de Kerry, une Balénoptère de 63 pieds a été capturée par les gardes des côtes.
Un mâle de 50 pieds a échoué à Nairn (côtes d'Écosse) en décembre 1884; son squelette a été exhibé en 1886, à l’Association britannique à Aberdeen 6.
Une femelle de Balænoptera musculus est venue morte à la côte, le 15 janvier 1885, à Littleton Pill, sur la Severn; le corps a été acheté par un fabricant et le squelette a été préparé pour le Musée de Bristol 7.
Sous le nom de Common Rorqual, M. Blakwill signale une
1 Proc. Zool. Soc., novembre 1865.
* Proc. Zool Soc., décembre 1869.
“ FLower, Observations upon a Fin-Whale recently strandedin Pevensey- Bay. Proc. ZooL. Soc., novembre 1863.
# Proc. Zool. Soc., décembre 1869.
5 Penny illustrat. paper., 30 août 1884,
$ Report of the British association, 1888, p. 1033.
7 The Zoologist, IX, p.107.
jeune Balænoptera musculus, de 47 pieds, qui a péri le 3 avril 1887 à Skegness 1.
Les échouements sur les côtes de Belgique et des Pays-Bas sont assez fréquents.
On cite un échouement dans l’Escaut, le 2 juillet 1577, d’une Balénoptère qui appartient probablement à cette espèce. On fait mention d’une autre de 42 pieds, qui aurait péri également dans l’Escaut, le 13 décembre 1603.
Le 14 mai 1869, on a vu paraître à l’entrée de l’Escaut, vers le milieu de la nuit, un énorme Cétacé qui a jeté l’épouvante dans l'esprit de tous ceux qui l'ont aperçu. Un habitant des côtes lui a envoyé une balle, puis l'animal a disparu. On la trouvé, peu de temps après, échoué sur la plage dite Calloot, à Borselaer, près de Flessingue 2.
Le cadavre a été vendu publiquement et un industriel de Terneuzen l'a acheté par spéculation. Il a été exposé à Terneuzen ; le squelette est conservé au Musée de l’Université de Liège.
Un individu non adulte, puisqu'il n'avait que 52 pieds, échoua, en 1595, à Zantvoort; un autre le 2 février 1598, à Bergey, entre Katwyk et Scheveningen (Clusius).
En 1601 ïl en échoua un à Beverwyk et un en 1629 à Noortwyk.
Le 18 novembre 1791, une femelle de 52 pieds est venue échouer à Katwyk-aan-Zee; c’est la femelle que Blumenbach a décrite et figurée.
Un squelette du Musée de Leide provient d’un animal capturé, en 1811, dans la Zuyderzee. Il a été préparé par Reinwardt.
Il y a eu encore une femelle perdue sur ces mêmes côtes, le 17 septembre 1835, et dont Vrolik a fait l'anatomie 3.
1 The Zoologist, mey, 1887.
3 Van BENEDEN, Mémoire sur une Balénopière caplurée dans l'Escaut en 1869. MÉu. AcADÉM., 1871.
5 Vrouix, Note sur l'anatomie d’une Balénoptère, 18355, échouée près de Wyk-aan-Zee. ANx. Sc. NAT., 1858.
En septembre 1836 et en septembre 1840 échouèrent deux femelles, la première de 51 pieds, la seconde de 65 pieds, toutes les deux à l’embouchure de la Meuse (Schlegel).
En décembre 1841, un mâle de 40 pieds est venu à la côte à Katwyk-aan-Zee; il a été acheté d’abord par un particulier de Scheveningen; son squelette est conservé aujourd’hui à Leyde. Il a été étudié par Schlegel et Flower.
Un autre mâle de 40 pieds est venu se perdre sur les mêmes côtes en 1844 (Schlegel).
Un mäle, dont le squelette est au Jardin Zoologique d'Anvers, a échoué à Pile Vlieland, le 23 novembre 1851.
En 1862, un individu de 50 pieds est venu à la côte à Wick.
En mars 1866, une Balénoptère de cette espèce a été capturée au Nieuwen-Dam, et, en avril 1866, une autre de 47 pieds au Texel.
En novembre 1866, une femelle de 47 pieds a été trouvée flottante en mer par les pécheurs de Scheveningen; le squelette est au Musée de Bruxelles.
Sur les côtes d'Allemagne, les échouements paraissent être moins nombreux.
Une Balænoptera musculus de 60 pieds a échoué en janvier 1721, pas loin de Brême; on l’a désignée sous le nom de Palmfisch.
En décembre 1870, un cadavre flottait dans la mer du Nord et fut pris, comme nous l’avons dit plus haut, pour une torpille.
Nous trouvons aussi quelques exemples d’échouements sur les côtes de Danemark, de Suède et Norwège.
Une femelle de 32 pieds est venue se perdre sur les côtes du Holstein en 1819.
Le 21 septembré 1841, un mâle de 61 pieds a été capturé sur les côtes de Nord-Zélande; le squelette en est conservé à Copenhague. (Baers Bazar, 1874.)
En 1836, un individu de grande taille a échoué sur les côtes du Jutland; tout le squelette était ensablé quand on l’a décou-
(236) vert. Son crâne seul est retiré. Il est à Louvain, grâce à Eschricht.
Un autre individu, de 68 pieds, échoua sur les côtes de Norvège, en 1837; son squelette est à Christiania.
Le 21 septembre 1841, un mâle pourri est venu échouer dans le Kattegat.
Au printemps de 1846, un mâle de 62 pieds est capturé à Farsund.
En novembre 1858, un mâle de 56 pieds périt sur la côte de Norvège; son squelette est au Musée de Bergen.
En 1872 un autre a péri sur les côtes de Norvège; le professeur Struthers en possède latlas et l’axis.
En février 1867, on en a vu dans le Fiord de Christiania.
On signale la présence de Balénoptères et de Mégaptères dans la Baltique, mais s’il faut en croire le professeur Münter, la Balénoptère qui nous occupe ne pénètre pas, comme nous l'avons déjà dit, dans cette mer intérieure. En tous cas, elle y est rare.
Nous sommes en droit de citer un animal de ce genre qui y a péri en août 1874, près de Dantzig. Le professeur Zaddag en a publié une description 1. [l suppose que cet animal a pénétré dans la Baltique à la poursuite des harengs; son estomac était plein de poissons.
Il y a aussi quelques observations faites en mer sur cette espèce : le professeur Sars en a vu pendant tout l’été autour des îles Loffoden. s
M. A. H. Cocks raconte que, le 15 août, il a vu prendre à Vardô la dernière Balénoptère, un mâle de Balænoptera musculus, de 64 pieds.
Le 22 août, il a vu plus à l’est un Musculus et un Sibbaldiü; après le 2 septembre il a aperçu à Eretiki le dernier Musculus de la saison, en mème temps que la Balænoptera Sibbaldii et la Megaptera boops.
1 Zapoacn, Beschreibung einer Finwaler, Balænoptera musculus. Ericason’s ARCHIV, 1879.
En 1883, sur 406 Balénoptères capturées sur les côtes de Finmark, il y avait 90 Balænoptera musculus.
M. Brown fait mention de cette espèce dans sa faune des mammifères du Groënland ; il cite les endroits où elle stationne et indique les Gades (Cod) comme leur nourriture.
Ce n’est pas seulement sur les côtes d'Europe que l’on voit de temps en temps échouer des Balénoptères qui ont les caractères de l'espèce qui nous occupe; divers auteurs en ont signalé à la Nouvelle-Angleterre; on en voit aussi'sur les côtes est et ouest, tant de l'Amérique septentrionale que de l'Amérique méridionale. Le Musée de Stuttgard en a reçu une tête de la Guyane, et le Musée de Buénos-Ayres en possède des ossements provenant de la République Argentine.
Burmeister ! désigne sous le nom de Balænopterapatachonica une Balénoptère des côtes du Brésil, qui correspond à notre Balænoptera museulus.
Le Muséum de Paris a reçu des squelettes incomplets de la côte de Patagonie : le sternum d’un de ces squelettes et les os naseaux sont semblables aux mêmes os de notre Musculus ; mais l’omoplate est beaucoup plus allongée que celle de notre espèce commune. — Cest bien l’omoplate la plus éloignée par sa forme de celle des Mysticètes ; les deux premières côtes sont toutes les deux franchement bifides. Les marins qui ont rapporté ces ossements prétendent que les Italiens ont séjourné dans ces parages avant eux et qu’ils ont emporté plusieurs os de ces squelettes 2.
? Dans les Proc. Zoo!. Soc., feb. 1865, Burmeister publie une notice « On a New-Whalei» sous le nom de Balænoplera patachonica. I reproduit un dessin de latlas, axis, 4e et 6° cervicales, côte omoplate et mandibule.
? L'expédition de la Romanche a rapporté deux squelettes de Balénoptères ; l'un d’un animal trouvé échoué au Neutw Yeor Sound, l'autre était abandonné sur la plage; le premier a été préparé avec soin à bord. Parmi les ossements nous avons vu au Muséum deux vertèbres de la région lombaire, qui ne semblent pas appartenir à ces deux squelettes. Il a été question de la mission scientifique aë Cap Horn dans la Revue Scientifique, décembre 1855.
Nous croyons aussi reconnaître cette espèce parmi les Balénoptères signalées par le capitaine Scammon, dans l’océan Pacifique. Cet habile baleinier y a distingué trois espèces de ce genre et on ne peut pas ne pas reconnaître leur ressemblance avec les nôtres.
Le British Museum possède un squelette de l’île Formose qui a tous les aractères d’un Musculus.
Cette espèce vit aussi dans la mer des Indes ; elle y est connue sous le nom de Balænoptera Blythiüi ; elle ne semble pas y dépasser 60 pieds.
M. Heuglin écrit du Caire, le 30 septembre 1851, qu'il a découvert une mandibule de Balænoptera dans la mer rouge. — Dans l'archipel de Dahlak, dit-il, se trouve ce cétacé, qui se tient dans les profondeurs et qui se nourrit de poisson. — Quelquefois un poisson scie pénètre dans sa gueule et le blesse mortellement. Le cadavre est jeté sur la côte d’Abyssinie. Les habitants ne le chassent pas, mais quand il y en a qui échouent, les habitants des côtes tirent parti de leur graisse. — La mandibule a 13 pieds de longeur 1.
Dans l'océan Austral cette même espèce porte le nom de Balænoptera antarctica.
Parmi les Balænoptères d'Australie j'ai signalé : 1°, un animal de 67 pieds, possédant 62 vertèbres, un sternum de musculus, capturé le 20 avril 1881 à 5 milles de Christ-Church; le squelette ressemble si complètement dans toutes ses particularités ostéologiques à celui de la Balænoptera musculus, que ce serait extraordinaire si les deux n’appartenaient pas à la même espèe, dit Jul. von Haast ?. 2, un autre avec 64 vertèbres, de New Brighton; ce doit être notre Sibbaldü; enfin 3, une autre forme dont le squelette est à Londres et qui a tous les caractères de la Balænoptera rostrata.
1 Sitzungsberichte der Math.-Naturw. Classe d. k. Ahkademi? d. Wissensch. 8'er 1851. Ce Poisson-scie. Schwerd-fish, est sans doute un Orque.
2? Prof. Juzius vox Haasr, Notes on a skeleton of Balænoptera australis. Proc. Zoo. Soc. 1885, p. 592.
Une Balænoptera du sexe mâle, de 67 pieds de long, le côté et le dos of a thush-back tint, dont la colonne vertébrale est formée de 62 vertèbres, qui a 15 côtes, le sternum semblable à l'espèce commune d'Europe, ainsi que le bassin, capturée dans les eaux de la Nouvelle-Zélande, a tous les caractères de l’espèce qui nous occupe 1.
En résumé, au sud comme au nord de l'Atlantique, dans le Pacifique, dans l’océan Austral comme dans la mer des Indes, on signale plusieurs Balénoptères, différant entre elles de taille, et parmi lesquelles il n’est pas difficile de reconnaitre une espèce qui correspond parfaitement à notre Balænoptera musculus.
La Balænoptera borealis n’a été reconnue définitivement en Europe que dans ces derniers temps. Partout ailleurs, comme en Europe, il parait que c’est aussi la plus rare des quatre, et, par conséquent, la dernière à être reconnue.
MUSÉES
C’est l’espèce dont le squelette est le plus commun dans les Musées. Un des plus beaux, par son développement complet, est celui du Musée de Stockholm, provenant d’un animal capturé sur les côtes de Finmark; celui de l’île de Wight (Black Ging Chine), échoué au nord de cette île, est fort intéressant aussi par son état adulte.
Nous allons énumérer, par ordre alphabétique, les villes où lon conserve des squelettes ou des os séparés.
À Aalesund (Norvège), on possède un atlas, un axis, une omoplate, un radius et un maxillaire inférieur d’un animal échoué sur ces côtes en 1872.
À Aberdeen, on voit le squelette d’un mäle de 65 pieds, capturé, en juin 1869, près de Wick (Caithnesshire); il appar-
ParkER, T. Serrery, Notes on a skeleton and Baleen of a Fin-Whale (Balænoptera musculus), recently acquired by the Otago University Museum. New ZEALAND Journ. Sc., vol. Il, n° 7, p. 351.
tient à la collection du professeur Struthers; puisqu'il a plus que la taille moyenne de l’espèce, on ne peut pas dire qu’il provient d’un jeune animal.
Le Jardin royal de Zoologie d'Anvers possède le squelette complet d’un animal échoué à l’ile Vlieland (23 novembre 1851).
A Barcelone, au Musée de l'Université, on conserve le squelette de l’animal échoué le 11 juin 1863, à l’est de la ville. Au cabinet d'histoire naturelle de l’Académie des sciences et arts de la même ville, existent les restes d’un animal très jeune, qui a péri en Juillet 1835 à la plage de la Barcelonet (M. P. Graells).
A Bergen, on conserve plusieurs squelettes complets d’individus échoués dans les fiords des environs.
A Berlin, le Musée anatomique de l’Université possède un squelette complet des côtes de Norvège ; un autre, provenant d’un mâle de 45 pieds, échoué à l'embouchure de lElbe en novembre 1824. Un troisième d’une femelle trouvée morte en mer, en décembre 1870, et qui avait été prise d’abord pour une torpille.
Au Musée de Bristol se trouve le squelette d’une femelle qui a échoué dans la Savern, en janvier 1885.
A Bordeaux, on conserve le squelette d’une autre femelle de 20",80, qui a été capturée au large de l’île de Groix, le 17 juillet 1879. Cette femelle portait un fœtus de 1,20, qui est conservé au Muséum, à Paris.
A Bologne, on possède un squelette non monté.
A Boulogne-sur-Mer, on voit, au Musée, des ossements séparés qui ont été trouvés dans les fondations du bassin du Chatillon.
A Saint-Brieuc (France) on conserve un squelette d’un animal d’une quarantaine de pieds, qui a été capturé dans la baie de ce nom.
Le Musée royal de Bruxelles possède le squelette d’une jeune Balénoptère qui est venue à la côte, à Scheveningen, en avril 1860.
A Buenos-Avyres, on conserve le squelette d’un animal recueilli à 10 milles de cette ville, le 3 février 1867.
Le 14 janvier 1885, un mâle de 18",85 a péri sur les côtes du Calvados, à Luc-sur-Mer, dont le squelette est conservé au Musée de Caen.
À Cadix on possède un squelette monté.
Le Musée de l'Université de Cambridge renferme le squelette d’un mâle de 67 pieds, qui est venu à la côte dans la Manche, à Pevensay-Bay, en 1865; la moitié d’un autre squelette, dont le restant est au Collège royal des chirurgiens, à Londres, et une tête avec ossements divers provenant de Margate.
A Calcutta, au Musée de la Société asiatique, on conserve également un squelette qui a tous les caractères de cette espèce.
À Christ-Church, Canterbury Museum (Nouvelle-Zélande), on possède un squelette complet.
A Christiania, on voit, au Musée anatomique, des ossements de trois ou quatre individus différents. Un de ces squelettes provient d’un animal capturé dans Christiania-Fiord, en février 1867.
Au Musée de l’Université de Copenhague, il y a un squelette complet d’un mâle de 65 pieds, qui a été capturé, le 21 septembre 1841, à Nord-Zeland.
Dantzig possède le squelette d’une femelle prise en 1874 près de la ville, et dont Zaddach a donné une description.
Un squelette complet avec bassin, étudié par le Dr Knox, en 1831, se trouve au Musée d’Édimbourg. Il a été longtemps exposé au Jardin Zoologique. Plusieurs caisses tympaniques, recueillies dans l'argile, à Stirling, sont conservées dans le même Musée par les soins du professeur Sir Turner.
A Gênes se trouve le fœtus d’une femelle qui a échoué entre la Spezzia et Levanto.
À Gloucester, on conserve le squelette d’une Balénoptère, capturée près de la côte, le 15 octobre 1870.
Gothenbourg possède un squelette complet provenant de la
côte de Finmark.
Le Musée de Grenoble renferme le crâne et quelques vertèbres d’une Balénoptère échouée près de Cannes le 44 avril 1864.
Au Musée du Havre, on voit un squelette de femelle provenant d’un animal capturé en 1885 par les pêcheurs de Fécamp.
Le Musée de l’Université de Kiel possède aussi un squelette.
Le Musée royal de Leyde possède une tête et des squelettes d'individus échoués sur les côtes des Pays-Bas.
À Leeuwaerden (Friesland) on voit, au cabinet provincial, des vertèbres et divers os recueillis dans lalluvium.
Liège possède, au Musée de l’Université, le squelette d’un jeune animal échoué à l'embouchure de l’Escaut, en mai 1869, et un autre fort adulte des côtes de Norvège.
À Lille on conserve, au Musée de la Faculté catholique, le squelette d’un mäle de 23 mètres, trouvé en mer par les pêcheurs de Dunkerque en février 1878.
A Londres, au Collège royal des chirurgiens, on conserve la tête d’un individu qui est venu à la côte à Yarmouth en 1857; on y conserve en outre un demi-squelette dont l’autre moitié est à Cambridge.
Au British Museum on voit le squelette d’un jeune animal qui à péri dans le canal Saint-Georges en 1846; un autre squelette, d’un animal remorqué à Plymouth en 1831. On y conserve aussi plusieurs caisses tympaniques et des vertèbres cervicales séparées.
A Londres encore, a été exposé à Alexandra Park le ‘squelette d’un animal qui a été capturé en 1863 près de Falmouth ; au Rosherville garden, on possédait le squelette d’un mâle, de 60 pieds, qui a péri en mai 1859 à Gravesend.
Nous possédons au Musée de l’Université de Louvain la tête d’un animal, estimé à 70 pieds, qui a échoué en 1863 sur les côtes du Jutland et dont le restant du squelette est resté enseveli.
On conserve à Lyon, au Musée d'histoire naturelle, le sque-
lette très adulte de la Balénoptère qui a été capturte à Saint- Cyprien le 27 novembre 1898 1, et un autre, provenant d’Ajaccio, d’un animal capturé à la fin de 1877 ou au commencement de 1878 ; le premier a été exposé à Barcelone par M. Companyo, m'écrit M. P. Graells. Il a 60 vertèbres; c’est le premier squelette de Balénide que le sénateur de Madrid ait vu.
Le Musée de Madrid possède le squelette, non monté, d'un animal échoué le 28 juin 1832 sur la plage du port de l’Escala, Golfe de Rosas.
Au Musée de la ville de Marseille, on conserve un squelette dépareillé qui a été longtemps exposé au Jardin Zoologique. On y voit, en outre, des os provenant au moins de quatre individus différents.
A Melle, près de Gand, on possède le squelette de l'animal rencontré en face de Douvres, le 5 février 1885. Il a été exposé à Ostende où les pêcheurs avaient conduit le corps.
À Milan on conserve au Musée un squelette qui n’est pas monté.
À Munich, on conserve au Musée la tête d’un animal capturé en 1831 dans l’Adriatique, près d’Ancone, et divers ossements séparés.
A Paris, il existe au Muséum la tête de l'animal échoué en 1797 à l’île Sainte-Marguerite, en face de la ville de Cannes ; le squelette provenant d’un animal capturé à l'embouchure de l'Adour en 1893; un autre, d’un exemplaire échoué en 1827, à l'embouchure de la Somme; un troisième, d’un individu échoué en 1847 à l'embouchure de la Seine, et un squelette d’origine inconnue. Il s'y trouve en outre des os séparés, parmi lesquels ceux d’un animal qui a échoué le 21 décembre 1881 dans le voisinage d'Arcachon. Le squelette de la jeune femelle (5,30) qui a été capturée dans la Méditerranée, dans le golfe de Cavalaire, le 28 novembre 1884, y est également conservé.
{ Companyo, Histoire naturelle du Dép. des Pyrénées-Orientales,t. WT, p. 81.
Au Muséum à Paris, on conserve également un beau squelette des côtes de Patagonie, et une tête de Balænoptera reçue du Japon; cette dernière a tous les caractères de notre Balénoptère ordinaire. Nous avons cru d'abord devoir la rapporter à la Balænoptera borealis, mais les os nasaux surtout indiquent une affinité plus grande avec la Balænoptera Musculus 1.
Nous ignorons ce que le squelette de la femelle capturée aux environs de Palavas est devenu. M. Doûmet-Adanson dit qu'il est entre les mains de M. Demay.
Pise conserve le squelette d’un animal capturé sur la côte de l’île d'Elbe.
À Pontevedra (Espagne) se trouve un squelette non monté.
A Rome on conserve le squelette de la Balénoptère de S. marinella.
À Rennes on conserve une tête trouvée dans la tourbe du marais de Dol. Elle a de 5 à 6 mètres de longueur (Cap. Jouan).
À La Rochelle on voit la peau d’un jeune animal capturé dans le golfe de Gascogne.
Rouen possède le squelette complet d’un animal échoué au Tréport.
Le Musée de l’Académie de Saint-Pétersbourg conserve des os séparés de cette espèce, dont nous ignorons l’origine.
À Santiago (Galice) on conserve le squelette de l'animal que l’on avait pris pour une Baleine ; il a un peu moins de 60 pieds de longueur. On en conserve aussi à Séville.
Le Musée de l’Académie de Stockholm possède un superbe squelette d’un mâle de 58 pieds, des côtes de Finmark.
Le Carolinska Institut de Stockholm possède un autre sque-
lette.
Le Musée de Stuttgard a reçu la tête d’un animal qui a
1 Le Museum a reçu, en même temps que la tête, une série de fanons qui ne sont pas éliquetés et que l’on croyait devoir attribuer au borealis. Ils sont verdâtres et striés de blane. Paul Gervais a publié le dessin de la tête, vue debout, la mandibule et la caisse tympanique, dans sou Journal de Zoologie vol. V, (18761 pl, ft et 11.
échoué, en 1877, sur les côtes de la Guyane hollandaise, à l’embouchure du fleuve Maroni.
A Turin, on voit au Musée le squelette monté, de 19 à 20 pieds, d’un animal échoué, en novembre 1844, sur la plage de Bordighera (côtes de Ligurie).
A Toulon, on voit le squelette d’un animal qui a échoué près de la ville en décembre 1860.
A Toulouse se trouve un beau squelette bien conservé d’un individu échoué près d'Alger en 1883.
L'Université de Valence possède le squelette monté d’un animal trouvé le 17 février à la plage de Burriana 1.
A l’île de Whigt (Black Ging Chine) on conserve le squelette monté d’un animal très adulte échoué sur les côtes de l’île.
DESSINS
Comme cette Balénoptère a été souvent capturée, elle a été aussi très souvent figurée.
Il existe un grand nombre de planches représentant, sous le nom de Baleines, des Balénoptères et des Cachalots. Une des plus anciennes reproduit un animal qui a péri dans l'Escaut le 5 juillet 1577; une autre date de 1595, d’après un animal échoué à Zandvoorde; puis une de 1598 représentant un animal échoué entre Scheveningen et Katwyk, et une de 1601, d’après un animal échoué sous Beverwvk 2.
Il y a encore deux Balénoptères figurées, une de 1629, près de Noortwyk, et une de 1791, entre Wyk-aan-Zee et Zantvoorde. On lit le nom de Vinvis sur la dernière.
Martens donne une figure de cette Balénoptère, mais il ne
? Les renseignements sur les squelettes conservés en Espagne m'ont été donnés'par le sénateur Mariano P. Graells.
* Ces diverses planches ont fait partie d’une collection appartenant à feu le Dr Huurkamp van der Vinne. Biblioth. Ichtyol. et piscatoria. Haerlem. 1873.
reproduit pas les replis sous la gorge, ce qui est évidemment le résultat d’une négligence. Brandt et Ratzeburg ont reproduit ce dessin, pl. XV, fig. 1, sous le nom de Balænoptera physalus.
On en voit un dessin dans Lacépède 1, qui a proposé le nom générique de Balænoptera, pour les Baleines à aileron.
On voit, dans les Vélins du Muséum à Paris, le dessin d'un animal qui a échoué au Havre en 1852.
Blumenbach à fait graver le dessin d’un animal de 52 pieds qu’il avait vu en Hollande 2. Un dessin de cette même Balénoptère a été vendu à Leeuwaerden et acheté par Van Breda. C’est probablement le dessin de lPanimal qui a échoué le 48 novembre 1791, entre Katwyk-aan-Zee et Zandvoorde ; une gravure, portant Vinvisch, est conservée à la Bibliothèque royale de Belgique.
Schlegel a publié dans ses Abhandlungen, pl. IX, le dessin d’un mâle de 40 pieds, capturé en 1841; d’une femelle de d1 pieds échouée en 1836 également sur les côtes des Pays-Bas, et un autre d’une femelle de 37 pieds échouée le 5 avril 1826 à Wyk-aan-Zee dans ses Nieuwe Verhandlungen 3:
Nous en trouvons encore un dessin dans Zaddach # et dans Rosenthal 5.
Un dessin médiocre du même animal a été publié par Van Breda 6.
Ravin a publié la figure du mâle qui a échoué sur la côte du département de la Somme, en 1829 7.
1 LacÉPÈDE, Hist. nat. des Célacés, pl. 1, fig. 2, et pl. IV, fig, 2.
3 BLumensaca, Abbildungen naturhist. Gegenstaende , 8t:r Heft ; Güttingen, 1805.
5 SCHLEGEL, Abhandlungen . .... , Pl. VI, fig. 1. Nieuwe Verhandlungen nederl. Institut, 1818, IN, pl. I et II, et 1898, II, pl. [, I et IX.
4 Zanpacx, Beschreibung eines Finwales.
5 FR, RosENTHAL, Ein. naturh. Bemerkung. tiber die Walle, Greifswald, 1827 (Balæna rostrata, Fabr. var, major).
6 Alg. Kunst en Letterkunde, 1827. L'animal est placé sur le dos.
1 Ann. Sc. natur., 2° sér., 1. V, 1856.
M. le professeur Flower a publié un très bon dessin d’un mâle sous le nom de Physalus antiquorum 1.
M. Sars figure un mâle, de 40 pieds et demi de long, capturé dans les eaux de Lofoden en 1865 2, et un autre mâle adulte de Varanger Fiord, pl. I 3.
M. Braeutigam publie le dessin de ia femelle trouvée morte, en pleine mer du Nord, en décembre 1870 #.
M. Southwell a également reproduit un dessin de cet animal.
Le professeur Yves Delage vient de publier l’histoire de la Balænoptera musculus échouée sur la plage de Langrune, et un atlas de 23 planches, dans les Archives de zoologie expérimentale de Lacaze-Duthiers.
Il existe une photographie du squelette de Santiago, qui avait été pris pour celui d’une Baleine.
Le professeur Giglioli a publié différents dessins de Balénoptères qu’il a aperçues pendant son voyage.
Nous trouvons aussi quelques bons dessins de Balénoptères dans l’intéressant livre du capitaine Scammon, sur les animaux marins de la côte Nord-Ouest de l'Amérique du Nord.
Jul. von Haast a reproduit le dessin du sternum et du bassin de la Balénoptère qui a été capturée à peu de distance de Christ-Church (nouvelle Zélande.)
COMMENSAUX ET PARASITES
Le professeur Sars et Sophus Hallas ont trouvé des Penella Balænopteræ, enchassées par la tête, dans l'épaisseur de la peau ;
? FLower, Notes on four specimens of the common Fin- Whale (Physalus antiquorum), Proc. Zoo. Soc., pl. XLVII, 1869,
? Sars, Beskrivelse af en ved Lofoten indb. Rohrval Balænoptera musculus. AFTRYKT AF Vip-SELSKABETS FORHANDL., for 1885.
5 Fortsaste (1880), pl. I,
# FR. BRAEUTIGam, Ein. Zool.-Zoot Beiträge zur Walthierkunde. IxAu- GURAL-DISSERTATION, 29 juli, 1874.
ils les ont observées aux îles Lofoden et sur les côtes d'Islande. Sars a vu des Penella d’un pied, avec la partie antérieure du corps plongée dansla couche graisseuse ; sur la partie extérieure ‘du corps vivait un cirripède, Cineras vittata.
Le D: Murie signale des Echinorhynchus en abondance dans l'intestin. Il reste à déterminer s'ils se rapportent à l’Echinorhynchus porrigens de Rudolphi, ou à l'espèce de la Balænoptera Sibaldii, que Malm a désignée sous le nom spécifique de brevicollis.
BALÆNOPTERA SIBBALDII.
LITTÉRATURE
Sibbald, Phalainologia nova, Edinburgh, 1692.
Rosenthal und Hornschuch, £pist. de Balænopteris quib. Gryphiæ, 1825.
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P.-L. Vanderlinden, Votice sur un squelette de Balénoptère, exposé à Bruxelles en juin ct juillet 1828. Bruxelles, 1828.
Ch. Morren, Over de Balænoptera rostrata van Fabricius en beoordeeling des werken, welke over een dier dezer soort, den 4 november, ter oosten van de haven van Oostende gestrandt, uitgeyeven zyn. BYDRAGENTOT
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P.-L. Vanderlinden, Quelques observations en réponse à un article de M. Ch. Morren, sur la Balénoptère échouée près d’Ostende.. Messager
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HISTORIQUE
Le terme générique de Balénoptère est de Lacépède. Il est généralement adopté aujourd’hui pour les Baleines qui ont une nageoire sur le dos. Les baleiniers les désignent sous le nom de Finnfish.
Le mot spécifique de Sibbaldü, proposé par Gray pour la plus grande espèce animale, c’est-à-dire pour la Balénoptère, qui dépasse parfois 80 pieds en longueur, a été introduit par le savant directeur du British Museum, en 1847. Il est à regretter qu'il n'ait pas toujours été aussi heureux en proposant des noms nouveaux.
Gray a proposé ce terme spécifique de Sibbaldii en voyant le jeune squelette de 4T pieds de long qui est conservé au Musée de la Société philosophique de Hull; on doit lui rendre cette justice que, s’il n’a pas connu les caractères distinctifs ou spé-: cifiques de l’animal, il a reconnu au moins ses aflinités avec les autres Balénoptères, que Sibbald avait décrites à la fin du XVIIe siècle.
En effet, en 1692, sir R. Sibbald avait fait connaitre deux alénoptères échouées sur les côtes d'Écosse; l’une, un mâle, de 18 pieds de long, l'autre, un animal de 46 pieds de long; tous les deux s'étaient perdus dans la même baie de Forth. La première se rapporte sans aucun doute à l’espèce que nous désignons sous le nom de B. Sibbaldü.
Sous le nom de Physalus, Pallas avait déjà parlé de Balénoptères de 84 pieds, qu'il avait observées dans les mers du Nord en 1740. Il n’est pas douteux que la Balæna physalus de Pallas, qualifiée de vulgatissima species, in mare boreo et oceano orientali, ne soit l'espèce qui nous occupe, car c’est la seule qui atteigne cette taille !. Du reste, les caractères des fanons indiqués par l’illustre voyageur, sufliraient pour la reconnaitre.
1 PazLas, Zool. Ross. 4s., p. 290.
Le même naturaliste fait mention également d’un squelette de Finnfish, c'est-à-dire de Baleine à nageoire dorsale, rapporté par Petrus Kargin au Musée de St-Pétersbourg. L'animal a 84 pieds anglais de longueur, dit-il, des fanons d’un noir bleuâtre; mais il accorde à ceux-ci une longueur de 10 à 12 pieds. Il y a évidemment une erreur à ce sujet, puisqu'il ny a pas de Baleine à nageoire dorsale avec des fanons de plus de 4 ou 5 pieds. Cette Balénoptère de la mer glaciale, à en juger par la taille ainsi que par la couleur des fanons, est, sans aucun doute, de la même espèce; les Islandais la connaissent sous le nom de Steypireydr.
Mais on a cru longtemps, avec Cuvier, que toutes ces différences de taille devaient être attribuées à des différences d’âge. Le célèbre naturaliste du Muséum admettait un Rorqual de la Méditerranée, dont l'individu de Pile S't-Marguerite était le type, et un Rorqual de la mer du Nord, dont le squelette de Berlin était l’autre type.
Le 4 novembre 1827, les pêcheurs d'Ostende rencontrèrent en mer le corps flottant d’une grande Balénoptère dont les fanons étaient enlevés. [ls remorquèrent l'animal jusque dans le port d’Ostende. Un particulier en fit l’acquisition ; l'animal fût dépecé, le squelette monté et exhibé à Ostende, à Bruxelles, à Paris, à Londres, à S'-Pétersbourg, ensuite dans d’autres villes de l'Europe. Il échoua à la fin à Kazan; un magnat l’acheta et en fit don à l’Académie des sciences de St-Pétersbourg. Le Musée de l’Académie n'ayant point de place, la fait mettre au Jardin Zoologique où il se trouve encore.
Au milieu des festivités, célébrant l’heureux échouement de la Balénoptère, à Ostende, au milieu de laffluence de milliers de visiteurs venant contempler le squelette du géant des mers, la science ne fut pas négligée : Dubar, chirurgien à Ostende, publia une description du squelette et figura les principaux ossements.
Divers naturalistes cherchèrent à déterminer l'animal : Van Breda, Vanderlinden, Morren, s'en occupèrent et Vanderlinden émit l’avis que cet animal n’était pas connu; il proposa de
le nommer la Balénoptère d’Ostende. Vanderlinden avait raison.
Si l’on suivait les errements généralement adoptés aujourd’hui, cette espèce devrait porter le nom de Balénoptère d'Ostende, ce nom ayant la priorité sur celui de Gray, qui n’a été proposé qu'en 1847.
Si l’échouement d’Ostende a fait progresser l’ostéologie des Balénoptères, il a peu servi à la connaissance des espèces, faute surtout de matériaux de comparaison dans les Musées.
Aussi en 1841 Schlegel ne reconnaissait parmi les Finnfische 1 que la Balæna sulcata arctica et la Balæna sulcata antarctica.
En 1847 Gray fit part, à la Société Zoologique de Londres, de ses observations sur un squelette de Balénoptère qu'il avait observé au Musée de la Société philosophique de Hull; ce squelette provenait d’un jeune animal, qui n’avait pas moins de 50 pieds de longueur, et qui ne se rapportait pas à une espèce connue. Il provenait d’un animal échoué dans le Humber, Yorkshire. Gray proposa de Le désigner sous le nom spécifique de Sibbaldii, pour rappeler le nom du naturaliste Écossais qui avait écrit sur ces animaux à la fin du XVII: siècle.
Plusieurs cétologistes remarquaient, à cette époque, que certains os de Balénoptères dépassaient considérablement les dimensions des mêmes os dans l’espèce ordinaire (Balænoptera musculus). Le Musée de Copenhague possédait une nageoire pectorale des côtes du Groënland à dimensions extraordinaires. De mon côté J'avais observé quelques os extraordinaires par leur dimension, et ces ossements provenaient-ils d’une espèce nouvelle ou appartenaient-ils à une Balænoptera musculus géante? Les cétologistes étaient dans le doute. Pendant un voyage que je fis à Copenhague en 1856, il nous parut, à Eschricht comme à moi, que ces os ne pouvaient provenir que d’une espèce distincte, de grande taille, et qu'il fallait la nommer Balænoptera gigas.
1 Abhandlungen ...., Leyden, 1841.
Dans le ‘courant de l’année 1825, une Balénoptère pénétra dans la Baltique et fut capturée le 5 avril sur la côte occidentale de l’île de Rügen; elle avait 44 pieds 10 pouces de longueur. Rosenthal et Hornschuch nous en ont laissé une description 1.
En 1862, une seconde Balénoptère, morte dans le Kattegat, fût entrainée par le courant dans la Baltique jusqu’à la côte ouest de lile de Rügen, où les pêcheurs la découvrirent à la fin du mois de Juillet.
Le professeur Jul. Muntér eut l’occasion d'étudier les squelettes de ces animaux à Greifswald. Il était d'accord avec Sigism. Schulze sur leur identité spécifique, mais, ne sachant à quelle espèce il fallait les rapporter, il fit une visite au Musée
de Leyde; 1l se persuada bientôt que cette Balénoptère était nouvelle pour la science et proposa, à la réunion des naturalistes allemands, en 1865, à Stettin, de la désigner sous le nom de Balænoptera gryphus 2. Plus tard, le professeur de Greifswald visita les musées de Hull et d'Édimbourg et il s’assura que sa Balænoptera gryphus ne différait pas de l’espèce que Gray avait désignée sous le nom de Balænoptera Sibbaldii.
Ces Balénoptères ne furent décrites, sous leur vrai nom, par Jul. Münter, qu’en 1877 3.
Il est à remarquer que la Balénoptère de Hull avait à peu près le même âge que les deux individus de la Baltique, à en juger par leur taille, qui ne dépassait pas cinquante pieds.
En 1863, le professeur Flower, visitant la collection de Lidt de Jeude, à Utrecht, fût frappé de la largeur du rostre d’une tête de Balénoptère, provenant d’un animal capturé sur les côtes de Hollande; il n’hésita pas de la rapporter à une espèce nouvelle pour la science et il proposa de la désigner
? RosexrnaL et Hornsenuca, Epistola de Balæropteris quibusdam, Gryphiæ, 1825.
? Tageblatt der 58 Versammlung deutscher Naturforscher und Aerlzle, in Stellin, 1865.
\ % Juz. Müxter, Uber Zwei im 19-Jahrhunderte bei Greifsiwe'dménnlihe Individuen von Balænoptera Sibbaldii, Greifswald, 1877.
sous le nom de Balænoptera latirostris, nom qui aurait dû lui rester 1.
Peu de temps après, M. Flower reconnut que la tête d'Utrecht appartenait à la même espèce que le squelette de Hull, et il abandonna le nom qu'il avait proposé 2.
Le 29 octobre 1865, une nouvelle jeune Balénoptère, luttant, pour se sauver, sur les côtes de Suède, près de Gôteborg, fut heureusement capturée; elle a été l’objet d’une monographie illustrée, avec dix-huit planches, contenant vingt-neuf photographies, deux planches lithographiées et trois gravures en bois dans le texte. L'auteur, A.-W. Malm, a décrit cet animal dans tous ses détails et, comme il lui paraissait nouveau pour la science, il a proposé de le nommer Balænoptera Caroline. Le terme spécifique était le nom de madame Malm.
L'année suivante, M. Flower publia une note : On the probable identity of the Fin-Whales described as Balænoptera Carolinæ. M. Flower avait parfaitement reconnu lespèce 3.
En 1868, on commence à faire la pêche aux Balénoptères dans les eaux d'Islande.
Hallas, médecin à bord d’un des baleiniers, qui y a fait la chasse à ces Cétacés durant deux ou trois ans, est un des premiers qui ait bien fait connaitre l’espèce que Pon chasse; il a envoyé une tête et des ossements à Copenhague, et Reinhardt a publié les documents et la description des principaux os du squelette. Il a figuré la tête, l’atlas, les os nasaux et los hyoïde #.
A la même époque, le Musée de Leyde reçut du capitaine Bottemanne plusieurs pièces importantes du squelette dun individu de cette espèce, capturé dans les mêmes eaux, parmi
4 Notes on the Skeletons of Whales in the principal Museum of Holland and Belgium, Proc. Zoo. Soc., november, 1864 p. 410.
? On Physalus Sibbaldii, Proc. Zoo. Soc., june, 1865, p. 470.
5 Proc. Zool. Soc. of London March, 1866.
# J. ReinaaroT, Nogle Bemaærkninger om Islændernes Steypireydr., Copenhague, 1868. Videnskab. Meddels. fra den naturhistoriske Forening for 1867.
lesquelles se trouvent un sternum, des vertèbres cervicales et d’autres ossements. Bottemanne dit que les Islandais connaissent cet animal sous le nom de Steypireydr, et qu'il n’atteint pas moins de 80 pieds de longueur ; sa coloration est foncée, dit-il.
Le 3 novembre 1869, une Balénoptère femelle pleine, de espèce qui nous occupe, vint échouer dans la bâie de Forth ; elle fut l’objet d’un travail fort intéressant de la part de Sir W. Turner, professeur d'anatomie à l’Université d'Édimbourg. Le fœtus mâle avait 19 pieds 6 pouces. Il s’étendait dans le corps de Ja mère en avant Jusque tout près des condyles du maxillaire inférieur. Pour avoir une idée de l’organisation de la Balénoptère qui nous occupe, il faut recourir à ce beau mémoire.
Le professeur Sars, fils, pendant un séjour de plusieurs années aux iles Lofoten, a fait de son côté des observations intéressantes sur les différentes espèces de Balénoptères, et 1l distingue parfaitement la grande espèce. En 1874, il publia également une notice sur cette même Balénoptère, d’après des matériaux recueillis sur les côtes de Finmark. Cette notice est accompagnée d’un bon dessin, représentant un fœtus, d’un pied et quelques pouces de longueur.
En 1873, le D' Otto Finsch se rend à Vadso pour assister à la pêche des Balénoptères, et 1l en rapporte une tète de fœtus, conservée dans la liqueur. D’après les notes et les dessins faits sur les lieux par le savant naturaliste de Brême, nous avons décrit les caractères extérieurs de l’animal dans les Bulletins de l'Académie 1.
Dans la suite la tête du fœtus a été étudiée avec un soin particulier par M. l'abbé Gérard Smets; 1l a fait connaître toutes les particularités des os, du crâne et de la face ?.
Le professeur Môbius a publié une notice sur une Balænoptera Sibbaldii, échouée, le 26 juin 1881, entre les îles Sylt et Führ (mer du Nord, côte occidentale du Jutland). L'animal était encore en vie quand il est venu à la côte.
1 Notice sur la grande Balénoptère du Nord, Bulletins de l'Académie, 1875, ? Ann. Soc. scientif. de Bruxelles, 1885.
Plusieurs naturalistes se sont rendus dans ces dernières années au nord de la Norwège, pour y assister à la pêche des Balénoptères; 1ls en ont rapporté de précieux matériaux pour l’histoire de la grande espèce : en 1877, MM. Aurivillius et Forstrand, et depuis, MM. Tycho-Tollberg, Éd. Van Beneden, Pouchet, Guidberg et, en dernier lieu, M. O0. Cooks.
M. Tycho-Tollberg à publié un travail intéressant sur la structure et le développement des fanons de la grande espèce. Ils sont larges à la base, noirs comme du jais avec un teint bleuâtre.
Des expositions, comme celle qui vient d’avoir lieu à Hambourg (1884), ont, dans une large mesure, contribué au progrès de la cétologie. Ce n’est que dans des occasions pareilles qu’on peut comparer les squelettes de ces grands mammifères, dont on trouve bien rarement plus d'un exemplaire dans un musée. M. Guldberga rendu compte de cette exposition dans le journal anglais Nature 1, et, à cette même occasion, le D' H. Balan a publié une notice sur les Baleines principales de locéan Atlantique et leur distribution dans cette mer 2.
Ce qui a le plus contribué à nous faire connaître les diverses espèces des Balénoptères, et surtout celle qui nous occupe, ce sont les pêcheries que l’on a établies d’abord dans les eaux d'Islande et que l’on a continuées ensuite sur les côtes de Finmark, où elies ont pris une grande extension dans ces dernières années.
SYNONYMIE
Comme nous venons de le voir, c’est le même animal qui est désigné sous le nom de Balæna physalus, par Pallas; Cuvierius et Physalus Sibbaldii, par Gray; Pterobalæna gigas, par Eschricht; Plerobalæna gryphus, par Jul. Münter; Balænoptera lalirostris, par Flower ; Balænoptera Cuvierius ou Carolinæ, par Malm.
1 No 599, 19 fév. 1885.
2 Segelhandbuch für den Atlantischen Ocean. XIV kapitel.
Les Groënlandais le connaissent sous le nom de Tunnolik ; les Islandais sous celui de Steypireydr ; les Norwégiens sous celui de Blaahval.
Sars avait attribué le nom de Hushvai à la Balænoptera Sibbaldii. M. Guldberg, conservateur du Musée zootomique de l'Université de Christiania, croit que Sars s'est trompé; le Hushval ferait son apparition dans ces régions à une autre époque que le Sibbaldii, qui ne se montre qu'en été.
Dans notre mémoire sur la Baleine des Basques 1, nous avors d’ailleurs dit que ce nom était donné à la Balæna biscayensis.
Le Physalus antarcticus de Malm, dont nous avons vu des vertèbres au Musée de Stockholm, provenant du détroit de Magellan, représente sans doute le Sibbaldii dans l'hémisphère austral.
Parmi les ossements provenant de l'expédition française au Cap Horn et qui sont conservés au Muséum à Paris, il yen a sans doute qui se rapportent à cette même espèce.
Les baleiniers américains et anglais parlent souvent d’une Balénoptère sous le nom de Sulfurbottom; c’est, d’après eux, un animal de grande taille et qui hante l'océan Pacifique et la mer des Indes. Ils lui accordent une taille de 80 pieds et des fanons fort larges et d’un noir luisant. Nous avons ainsi plusieurs raisons de croire que ce Sulfurbottom est aussi synonyme de B. Sibbaldii.
Ce qui nous confirme dans ce rapprochement, c'est l'examen, que nous avons eu l’occasion de faire à Vienne, des fanons désignés sous ce même nom par le capitaine Charles Scammon et que le prof. Steindachner avait lui-même rapportés de San- Francisco.
CARACTÈRES
Cette espèce se distingue des autres Balénoptères par le rostre, qui est fort large, surtout sur le milieu de sa longueur ;
® Histoire naturelle de la Baleine des Basques ; Mémoires de l'Académie, 1886, p. 21.
par les os nasaux tronqués en avant, et par les palatins fort larges; le maxillaire supérieur est dépassé par le maxillaire inférieur, et l’apophyse coronoïde est haute et pointue; les vertèbres sont au nombre de soixante-trois ou soixante-quatre; les côtes sont au nombre de quinze ou seize paires; le sternum est large et court, les métacarpiens et les phalanges sont comparativement longs.
Les fanons sont courts et fort larges à leur base, d'un noir foncé à reflets bleuätres 1.
La nageoire dorsale est petite, pointue et rapprochée de la nageoire caudale. Elle est placée au-dessus de l’anus, vers les quatre cinquièmes de la longueur du corps. Les nageoires pectorales sont longues et pointues. La peau du dos est d’un brun foncé tirant sur le vert. La peau du ventre est grisâtre, argentée.
Des poils, au nombre d’une trentaine, sont placés au menton dans un espace circulaire (Malm).
Le caractère si important de la largeur du rostre, qui lui avait valu le nom de /atirostris, ne se trouve cependant bien prononcé que chez l'adulte. Nous avons été à même de comparer des photographies de têtes de fœtus, de jeunes et d'adultes, et nous avons pu nous assurer que la largeur des maxillaires, vers le milieu, se montre seulement après la naissance.
La taille de l'animal adulte dépasse 80 pieds. Pallas lui accorde 84 pieds.
La femelle de 1827, trouvée morte en mer, avait 85 pieds
Scoresby en accorde 82 à une Balénoptère venue à la côte à Shetland pendant l'hiver 1817-1818. I1 n'indique pas le sexe de l'individu.
? Les fanons sont noirs aussi dans la Balænoptera borealis, maïs leur forme les fait ressembler plutôt à des fanons de Baleine qu'à des fanons de Balénoptère; ils sont en effet très étroits à leur base. Les barbes sont blanches et fines dans la Balænoptlera borcalis, noires et épaisses dans la Balænoptera Sibbaldii.
Celui de Sibbald, capturé en 1692 à l'entrée du Firth ot Forth, était un mâle de 78 pieds. |
Un autre individu, de sexe femelle, capturé également dans le Firth of Forth, avait 80 pieds, et le fœtus qu’elle portait en avait près de 20.
Knox accorde 84 pieds à un animal capturé le 5 octobre 1831 près de Nort-Berwick et dont le squelette est au Musée d'Édimbourg.
Un animal échoué sur les côtes à Plymouth mesurait 79 pieds.
La Balénoptère, dont la nageoiïre pectorale avait été envoyée par Holbôll à Copenhague, avait été prise dans la baie de Baflin le 12 août 1843. Elle avait 34 aunes danoises. A en juger par sa taille, c'était sans doute une femelle.
M. Guldberg estime la taille au moins à 75 pieds à l’âge adulte. Les plus forts individus qu'il ait vus avaient 84 pieds. On en cite de 86 et même de plus grands.
Le Dr Finsch a vu prendre à Vadsô une femelle pleine qui avait 84 pieds.
Un pêcheur des côtes de Finmark a capturé en 1885 : 1 12 juillet, une femelle de 85 pieds; le 24 juillet, une de 82; le 9 août, une de 81; le 6 juin, une de 72 et le 24 août, un mâle de 75 pieds. Ainsi, le 24 août il prend un mâle et une femelle, et la femelle a T pieds de plus quele mâle.
Il paraît que l’on ne prend plus de si grands individus.
Dans ces derniers temps, six individus capturés dans les eaux d'Islande ne mesuraient que de T0 à 80 pieds.
La Balænoptera Sibbaldi est l'espèce la plus commune dans ces parages. M. Alfred Cocks rapporte que sur 406 cétacés à fanons, capturés en 1883 sur les côtes de Finmark, il y avait 175 Balænoptera Sibbaldii, et sur le restant à peu près la moitié Balænoptera borealis et musculus. Sur 40 individus capturés par un seul pêcheur, il y avait 49 Sibbaldii, 8 Megaptera et le restant des Musculus 1.
Les cétacés en naissant ont à peu près le tiers ou le quart de
1 Azrr. Cocxs, loc. cit, p. 20.
la longueur de la mère. Les Phoques, si l’on en croit le témoignage de quelques naturalistes, sont dans le même cas, et on cite même des exemples de jeunes animaux de cet ordre qui, en naissant, auraient eu à peu près la moitié de la taille de leur mère. Ce sont donc les mammifères dont la taille, relativement à la mère, est la plus grande à la naissance.
La grande Balénoptère, Balænoptera Sibbaldii, a été étudiée par le professeur Sir Turner : le savant professeur d'Édimbourg a vu une femelle de 80 pieds, échouée sur les côtes d'Écosse, qui renfermait un fœtus à terme de près de 20 pieds; c'était donc le quart de la taille de la mère.
M. Henri Berd a vu sur les côtes d'Islande un fœtus qui avait 48 pieds.
Le Musée de Leipzig a reçu de Vadsô un fœtus de 18 pieds également.
Un fœtus recueilli sur les côtes d'Islande et envoyé par le capitaine Bottemanne au Musée de Leyde, avait 17 pieds.
Le D: Finsch a trouvé dans une femelle, à Vadsô (Finmark), entre le 7 et le 10 juillet, un fœtus de T pieds et un autre de 41/9.
Le 7 août, on a trouvé dans une femelle, capturée à l’est du cap Nord, un fœtus de 9 à 10 pieds. La mère avait 75 pieds norwégiens, ou 78 pieds 2 pouces anglais.
M. Alfred Cocks a observé sur les lieux (également Finmark), le 21 juillet, un fœtus de 3 pouces, à Eretiki; un second de 9 à 10 pouces, le août, à Jarfiord ; un troisième de 15 pouces, à Vardô, le 14 août, et un quatrième de 15 pieds 6 pouces, du 15 au 17 août (1884).
On connaît plusieurs autres fœtus. La plupart viennent de Vadsô. On voit des différences de taille assez grandes dans des fœtus recueillis à quelques jours d'intervalle. Il est à remarquer que l’on ne commence la chasse qu’au mois de mai sur les côtes de Finmark et que tous ces fœtus sont recueillis pendant les trois mois d'été.
Sars a figuré un fœtus de 1 pied 4 pouces.
Guldherg a rassemblé la mesure de 28 fœtus, mais on n’a malheureusement pas tenu note de la date de leur capture.
Tycho-Tollberg a eu un embryon de 1 mètre, un de 2 mètres, un de 3 mètres et un de 455.
Le fœtus de Longniddry avait au delà de 19 pieds,
Guldberg cite un fœtus de 23 pieds, qu’il considère comme étant à terme.
Il croit devoir fixer la taille de la Balænoptera Sibbaldii, en naissant, entre 23 et 24 pieds, ou 7 1/3 à 8 mètres 1.
ORGANISATION
Plusieurs travaux importants ont paru sur l’organisation de la Balénoptère de Sibbald, et parmi eux nous pouvons citer particulièrement le beau mémoire de Sir W. Turner, qui a eu à sa disposition une femelle de T8 pieds 9 pouces en chair et un fœtus de 19 pieds 6 pouces,
La tête du fœtus deT pieds, conservée dans la liqueur avecles
Vue de la partie antérieure de la tète du fœtus, conservée à Louvain.
* Pour donner une idée de cette différence de taille, nous ferons remarquer que la petite Rostrata a, d'après Eschricht, 9 pieds de longueur en venant au monde, et la grande qui nous occupe en a 20.
parties molles, nous a montré combien le maxillaire inférieur dépasse le bout du rostre; une double rangée de bulbes à poils garnit la lèvre supérieure, et une double rangée se montre également sur le bord et au-dessous de la mandibule inférieure.
En disséquant la tête du fœtus, nous avons observé une disposition bien curieuse dans la cavité de la bouche. La langue forme en avant une saillie; mais en arrière, au lieu de s’élever et de s’insérer sur le corps de l’os hyoïde, elle se déprime et il se forme une véritable excavation.
La caisse tympanique mesure 13 centimètres en hauteur; la grande apophyse, 24 en longueur.
La colonne vertébrale de B. Sibbaldii compte un plus grand nombre de vertèbres que celles des autres Balénoptères, mais il est à remarquer que l’on conserve bien rarement les dernières caudales. Il n’y a que les naturalistes qui attachent de l'importance à conserver tous les os, petits ou grands, ossifiés ou cartilagineux.
Knox à compté soixante-trois vertèbres, qu'il répartit en cervicales, sept; dorsales, quinze; lombaires, seize ; caudales, vingt-cinq.
C’est le même nombre que dans le jeune squelette de Gôtenborg, seulement il y a une lombaire de moins et une caudale de plus. Cette différence peut dépendre de la dernière lombaire, qui est comptée quelquefois avec les caudales.
Pallas n’accorde que soixante et une vertèbres à la Balæna physalus, comme il appelle la Sibbaldii.
Un squelette du Musée de Stockholm, provenant de Vadsô, montre soixante-deux vertèbres, d’après une lettre de M. Smith. Ce même nombre se trouverait dans une mère et dans un fœtus.
Le squelette de Hull, de 50 pieds de long, a soixante-quatre vertèbres (7 cervicales, 16 dorsales, #1 lombaires et caudales).
La femelle échouée dans les sables de l’île d’Oleron, en 1827, et qui n'aurait aussi que 54 pieds, portait, d'après les suppositions, soixante-trois vertèbres (46 présentes et 17 qui manquaient dans la queue).
Le squelette d'Édimbourg a soixante-trois vertèbres (7 cerv., 45 dors., 16 lomb. et 25 caud.).
Celui de la Balænoptera Carolinæ de Gôtenborg, en a cinquante-six (15 dors., 15 Iomb, et 26 coccygiennes). Sans doute, elles ne sont pas toutes conservées, puisque le nombre ne s'accroît pas avec l’âge, pas plus que celui des fanons.
Une femelle de 13 mètres, du Musée de Kiel, a également soixante-quatre vertèbres (7 cerv., 16 dors., 15lomb. et 26 caud.).
L’atlas de la femelle de Stockholm présente à sa face postérieure tous les caractères que MM. Flower et Reinhardt ont attribués à cette espèce.
Pour se faire une idée de la taille des vertèbres, nous ferons remarquer que l’axis mesure, d’un bout de ses apophyses à l’autre, 4",95.
Nous avons vu au Musée de Stockholm une vertèbre lombaire du détroit de Magellan, dont les apophyses n'étaient pas soudées et dont le corps mesurait en largeur 49 centimètres, en hauteur 39 et en longueur 27, avec une apophyse épineuse, mesurée de sa base, de 77 à 78 centimètres.
Malm a écrit sur l'étiquette de cette vertèbre du Musée de Stockholm : Physalus antarcticus ; elle est figurée dans son mémoire {.
Une autre vertèbre, de grandeur colossale également, une dorsale, la onzième, du même Musée, mesure en travers 48 centimètres, en hauteur 39, en longueur 16, avec une apophyse transverse, mesurée depuis le canal vertébral, de 54centimètres.
Les épiphyses sont soudées.
Nousavons tout lieu de croire que ces vertèbres proviennent de l'espèce représentative de notre Sibbaldii, ou de la Sibbaldii même.
Nous venons de recevoir une omoplate d’un individu, qui avait près de 80 pieds et qui mesure un mètre soixante, de angle antérieur à l'angle postérieur de l'os.
? Hvaldjur à Sveriges Muzeer. Kongl. Svenska Vetenskaps-Akademiens handlingar. Stockholm, 4871, pl. 1,7, c.
Le sternum de jeune animal le plus intéressant est celui du Musée de Leyde. Il consiste dans un large disque, sans échancrure en avant et sans appendice en arrière, ayant en travers de 39 à 40 centimètres, et d'avant en arrière 25 à 26 centimètres.
Le sternum du jeune mäle de Gütenborg présente la même forme.
Le sternum adulte de Leyde se termine en arrière en pointe arrondie, et mesure en travers 67 à 68 centimètres.
Celui d’Ostende lui ressemble aussi bien qu'au sternum
d'Édimbourg.
Sternum d'une femelle, du Musée de Stockholm.
Le sternum de la femelle de Stockholm se termine de la même manière postérieurement, mais, en avant, le bord n’est pas arrondi comme dans les autres; il y a pour ainsi dire un second étage.
D’après ce que nous venons de dire, cet os n’est point échancré en avant dans l'espèce qui nous occupe, corame il l’est dans d’autres espèces.
Le sternum représenté par sir Turner, provenant d’une femelle adolescente, ne ressemble pas complètement aux autres.
Le professeur de l’Université d'Édimbourg a publié aussi la figure du sternum d’un fœtus mâle, fort intéressant ; 1l est formé d’un cartilage qui ressemble au sternum de l'animal adulte, et d’un second cartilage fort petit, placé derrière l’autre sur la ligne médiane, et qui semble devoir former la pointe postérieure de cet os.
Le squelette a seize paires de côtes quand elles sont toutes conservées. La dernière se perd souvent. Nous en comptons seize dans le squelette de Hull et dans quelques autres squelettes.
Un fœtus femelle du Musée de Stockholm n’en a que quinze.
Dans la Balénoptère qui nous occupe, on voit souvent cette première côte formée de deux pièces plus ou moins complètement soudées.
Dans le squelette d’Ostende, la première côte est réellement bifurquée, comme nous l’avons déjà fait remarquer, et celui qui la monté a attaché cet os à la dernière cervicale et à la première dorsale; c’est ce qui avait fait dire à Dubar, qui a décrit ce squelette, qu'il n’y avait que six vertèbres à la région cervicale,
La première côte du squelette d’un jeune mâle de Gôtenborg est simple, ainsi que la première du squelette de Stockholm,
Un radius des Antilles, au Musée de Bordeaux, mesure plus d’un mètre de longueur.
Dans le squelette de Hull, nous voyons les phalanges des doigts au nombre de 4, 6, 5 et 3. Dans celui de Gôtenborg, décrit par Malm, ils sont 5, 8, 8, 4. Dans celui de Copenhague, qui vient de la baie de Baflin, nous avons compté 6, 6, 7, 4.
Il est à remarquer que les doigts des adultes sont rarement complets, ce qui paraît dépendre des luttes que ces animaux ont eu à soutenir avec les Orques. Les bords des nageoires sont très souvent rongés, aussi bien des nageoires caudales que des nageoires pectorales. Le dessin publié par Schlegel dans la Fauna Japonica montre bien comment ces organes sont entamés sur leurs bords.
D’après le fœtus de Longniddry, le nombre de rangs de fanons serait de trois cent trente-cinq.
L'espace qui les sépare est d’un dixième de pouce. Chaque rang de fanons compte vers le milieu jusqu’à sept, huit et même neuf lames en avant, seulement cinq en arrière; le nombre s'accroît jusqu’à trente, mais dans ce cas les derniers sont à peine distincts.
Les fanons du fœtus n’ont pas cette belle couleur noire des adultes.
Quand le fœtus a 2 mètres, les fanons sont en voie de formation. M. Tollberg a figuré les fanons d’un fœtus de 3 mètres, et d’un autre qui avait atteint 4 1}, mètres.
Dans ces dernières années, un beau travail a paru sur la formation des fanons de la Balænoptera Sibbaldü, par Tycho-Tollberg !.
Sous le rapport morphologique, les fanons correspondent aux papilles du palais des Ruminants ; leur origine est épidermique.
Lorsque l'embryon a 2 mètres de long, l’épithélium du milieu du bord du maxillaire s’épaissit, et cette épaisseur s'étend ensuite en avant et en-arrière. Comme Eschricht lavait déjà remarqué, le nombre de fanons ne change pas dans le cours du développement.
MM. G. Pouchet et Chabry ont exposé le résultat d’observations intéressantes sur l’évolution des dents de la Balænoptera Sibbaldii, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences ?,
M. Planteau a fait connaître des observations sur la muqueuse de l'utérus, d’après des pièces rapportées de Vadsô par le professeur Pouchet 5.
MOEURS
Chaque espèce de Cétacé se comporte d’une manière particulière en mer, et les pêcheurs les reconnaissent à distance sans se tromper. La Balénoptère qui nous occupe est reconnaissable non seulement à sa nageoire dorsale, qui est très petite et placée fort en arrière, mais également à son high spout and conspicuous size, comme disent les baleiniers anglais.
1 TozLserG-Tycno, Sur la structure et le développement des Baleines (Bal. Sibbaldii), ARCHIV. ZOOL. EXPÉRIM., L. III, n° 5, notes, p. xxx1x. Nov. act. Reg. Soc. Scientiar., Upsaliensis, vol. XI, 1885.
2 90 février 1882:
8 PLANTEAU, Muqueuse de l'utérus de Balænoptera Sibbaldii. Jour. D’ANAT. ET DE Puys., juillet, 1881, p. 277.
La Baleine franche parcourt un espace de 9 à 10 milles à l'heure, et les Balénoptères, surtout la” grande, nagent encore plus vite; le capitaine sir Turner accorde à la Balænoptera Sibbaldii, qui atteint 89 pieds, une vitesse de 12 milles à l'heure, comme au Cachalot.
Le professeur Sir Turner, dans une conférence donnée dernièrement à Édimbourg, a parlé de la force des grands Cétacés. Il estime la force de la Balænoptera Sibbaldii, qui parcourt 12 milles à l'heure, dont le poids est de 70 tonnes et l’envergure de la queue de 18 à 20 pieds, il estime cette force, d’après M. Henderson, à 145 chevaux.
Les Balénoptères sont généralement considérées comme ichtyophages, ainsi que les Mégaptères, mais l’espèce qui nous occupe ne paraît guère manger que des Crustacés.
Le Crustacé qui fait sa pâture principale est un mysidé, que l’on désigne sous le nom de Roeger ; c'estune Thysanopoda, qui porte maintenant le nom de Euphrasia inermis. C’est le Krill des pêcheurs !. La. Balénoptère poursuit ces Crustacés schizopodes jusque dans les Fiords, dit Sars. Ce petit crustacé paraît en si grande abondance à l’est du cap Nord, pendant les mois d'été, qu’elle sert de pâture non seulement aux Balænoptera Sibbaldii et borealis, mais également au Gadus virens et aux nombreux oiseaux marins qui descendent comme des nuages sur cette proie.
Collett a trouvé communément de 3 à 400 litres de Thysanopoda dans leur estomac. Mon fils en a ouvert à Vadsô en 1889, qu’on venait de capturer et il a trouvé leur estomac également plein de ce petit crustacé.
C’est par erreur, sans doute, que Holbôll cite le Mallotus arcticus, et Pallas, les Loligo et les Méduses, comme nourriture principale de cette Balénoptère.
D’après le D' Guldberg, la Balænoptera borealis poursuit la même pâture et ne se rend cependant pas autant à l’est que la Balænoptera Sibbaldii. 11 faudrait en conclure que ce n’est pas
1 Nalurw. Vercin., mai 1885.
exclusivement la recherche de la pâture qui les guide dans leurs pérégrinations.
Le Cestode, que nous possédons à l’état de strobile, provient sans doute de ce crustacé Schizopode.
Ces Cétacés vivent par couple et la femelle atteint une taille plus forte que le mâle.
Malmgren a vu deux grandes Balénoptères, sans doute mâle et femelle, à la latitude de 79,45.
En septembre 1881, on a trouvé une femelle morte sur les côtes près de Plymouth, et le 2 novembre suivant, on a vu échouer un mâle à peu près sur les mêmes côtes.
Comme les autres espèces, la Balænoptera Sibbaldii s’apparie sans doute à certaines époques de l’année et les sexes, comme les individus qui composent les bandes, se prêtent assistance en cas de danger.
Les pêcheurs ont plus d’une fois remarqué que des Balénoptères vont au secours des individus capturés, et continuent leurs évolutions autour du cadavre remorqué, jusqu’à ce que le danger d’être prises elles-mêmes devient trop éminent.
Y a-t-il une époque des amours, ou ces cétacés s’accouplentils à toutes les époques de l’année? Est-ce dans l’Atlantique pendant lhiver, ou dans la Mer de Barentz pendant l'été? Qu'elle est la durée de gestation ? Y a-t-il un lieu de prédilection pour la mise bas? Ce sont autant de questions auxquelles 1l est encore difficile de répondre positivement. Nous n'avons encore que des observations isolées.
L'accouplement se fait, d’après Guldberg, en étésur les côtes de Finmark et de Laponie et il cite un exemple à la date du 15 juillet (1883). On a vu un mâle etune femelle tous les deux sur les flancs, s'approcher lentement l’un de l’autre, puis se tourner ventre contre ventre. Le vapeur tira sur le mâle, qui lâcha la femelle sans être blessé. Le lendemain on captura une femelle de 70 pieds. A lautopsie, la muqueuse vaginale était rouge et injectée. L’impression était que la femelle était fécondée. Guldberg n’a pas trouvé de spermatozoïdes dans les mucosités utérines.
Mais à en juger par la taille des fœtus que l’on recueille assez régulièrement pendant l’époque de la pêche, laccouplement doit avoir lieu également ailleurs et en d’autres temps; ainsi cette Balénoptère n'aurait pas d’époque fixe pour l’accouplement, par conséquent non plus pour l’époque de la parturition. Dailleurs M. Guldberg est arrivé à la même conclusion, comme il ressort d’un de ses derniers travaux f{.
La durée de la gestation dure au delà d’une année, et sans aucun doute elle varie d’une Balénoptère à l’autre.
La Balænoptera Sibbaldii se reproduit tous les trois ans; les Balænoptera musculus et rostrata semblent se reproduire tous les deux ans environ.
La taille des fœtus, recueillis à Vadsô et dans les ports voisins, est très variable, comme nous l’avons déjà dit plus haut.
Au commencement de juillet 1883, on amena à Svartneæs, près de Vardô, une grande femelle, avec les mamelles pleines de Jait et une matrice énorme; il a semblé au conservateur du Musée Zootomique de Christiania, que cette femelle avait mis bas depuis peu de temps.
La femelle de la baie de Forth, ainsi qu'une autre citée par le professeur d'anatomie de l’Université d'Édimbourg, auraient au contraire mis bas au mois d'octobre ou de novembre.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Cette Balénoptère fait régulièrement son apparition sur les côtes d'Islande et de Finmark au printemps, et elle disparaît à la fin de l'été, Quelle direction prend-elle alors pour passer les mois d'hiver? Traverse-t-elle l’Atlantique pour se rendre à la côte de Labrador? Nous fondons grand espoir sur l'initiative,
© G. À. GuLDBERG, zur Biologie des Nordatlantischen Finwhälarten. ZOOLOGISCHE JAHRBÜCHER, JENA, 1866. vol. 1], fase. I, pp. 126-174.
qui vient d’être prise par la commission de pêche de Washington, d'inviter les habitants des côtes d'informer par télégraphe le professeur Sir A. Baird, le secrétaire de l'institut Smithsonien de Washington, chaque fois qu’un Cétacé de quelque importance apparaîtrait.
Pour faciliter cette tâche, M. Fréd. True, curateur des mammifères du Musée national, a publié une notice intéressante, avec dessin au trait, des différents Cétacés qui pourraient faire leur apparition sur les côtes des États-Unis d'Amérique 1.
Quant à l'époque de lapparition de la grande Balénoptère, nous avons recueilli quelques faits qu’il s'agira de coordonner quand ils seront assez nombreux.
Sophus Hallas, qui à pris part à la pêche des Balénoptères sur les côtes d'Islande, dit que leur apparition dans les eaux d'Islande à lieu vers le 21 avril.
D’après les pêcheurs, les Balænoptera Sibbaldii et musculus, ainsi que la Megaptera boops, apparaissent dans le voisinage du cap Nord en même temps que la Muallotus villosus, ia nourriture favorite des Gades. Des millions de Larus (Larus glaucus et eburneus) suivent ces bancs de poissons.
L'Éclipse, partie de Peterhead, le 20 avril 1886, pour la pêche à la Baleine, a rencontré, quatre ou cinq jours après son départ d'Ecosse, une Balænoptera Sibbaldii; du moins, R. Gray suppose, d’après la taille, que la Balénoptère qu’ils ont aperçue appartient à cette espèce. Le huitième jour, lÉclipse s'est approchée des glaces, et deux autres individus de la même espèce se sont montrés à l'horizon.
Le capitaine de l’Éclipse a vu ensuite des Balænoptera Sibbaldii à côté d'Hyperoodon, et même dans des eaux qui avaient une température au-dessous de deux degrés: et demi, à côté des Wysticetus. Nordenskiold croyait que les Sibbaldii n’entraient pas dans des eaux au-dessous de cette température.
* Fren. TRUE, Suggestions Lo the keepers of the U. S. Life-Saving stations .….. {9 the best means of collecting and preserving specimens of whales and porpoises. Washington, 1884.
À 790, 150 N., le capitaine Gray a vu encore une Balænoptera Sibbaldii avec deux jeunes.
Avec les baleiniers, on peut dire qu’elles sont Cold water whules.
Il n’est pas douteux que cette même Balénoptère ne se montre de l’autre côté de l'Atlantique. Le professeur Cope cite quatre espèces, dont une est connue des baleiniers sous le nom de Finbach whale, et mesure au moins T4 pieds, à en juger par un squelette du Musée de Cambridge. C’est le Sibbaldius sul- | fureus de Cope.
Guldberg cite le cas d'un individu capturé en Europe, qui portait un harpon semblable à ceux qu’on emploie de Fautre côté de l'Atlantique, probablement des côtes du Labrador.
Nous savons que cette Balénoptère apparaît régulièrement au printemps au détroit de Davis, quand la Baleine franche l’a quitté, et elle se rend dans la mer de Baflin à de hautes latitudes. C’est l'espèce la plus boréale du genre, dit F. Gray. Les Esquimaux, comme les baleiniers, ne distinguent pas la Balænoplera Sibbaldii de la Balænoptera musculus, dit R. Brown t.
Nous connaissons un exemple intéressant de cette capture, faite le 12 août 1843 dans la baie de Baflin : c’est celle de la femelle de 34 aunes danoises, dont la nageoiïre pectorale avait été envoyée à Eschricht. Le ventre de cette Balénoptère était noir et gris, disait Holbôll; souris-foncé entre les plis et la nageoire dorsale petite ?.
Celles qui doublent le cap Nord longent la côte de Finmark et se dirigent vers l’est. M. À. Cockx a vu des Balænoptera Sibbaldii jusqu’au 18 septembre à l'entrée de la mer Blanche.
Déjà en 1852, 0. Heuglin avait signalé à la Société royale de géographie de Londres 3 que ces animaux sont extrêmement abondants dans la mer Blanche, et il avait même exprimé l’espoir de voir l’industrie de Ja pêche s'établir dans cette mer, si
1 The Zoologist, février 1887.
EscuricuT, 5° Traité, p. 151.
5 Journ.roy. geogr. Society, vol. XXII, p. 129.
peu connue alors. Il prétend aussi que les côtes de cette mer intérieure sont couvertes d’ossements de ces Cétacés.
Elle se rend dans les eaux de Spitzhbergen, comme dans la mer de Baffin, à de hautes latitudes. Malmgren rapporte qu'il a vu, comme le capitaine Gray, le 17 septembre 1861, deux Balénoptères de grande taille, à 79,45’ latitude nord, entre l’île d'Amsterdam et le Spitzhberg. Leur navire y était à l'ancre.
On sait que cette Balénoptère est également commune à Beeren-Eïland et sur les côtes de la Nouvelle-Zemble.
Dans le courant du mois d'août, ces animaux abandonnent ces régions, et la première espèce qui quitte les côtes de la Laponie, c’est la Balænoptera Sibbaldii; la seconde espèce, c’est la Balænoplera musculus. La Megaptera reste la dernière, paraît-il (A. Cockx). l
Le 18 septembre, on a vu encore un individu de cette espèce à Eretiki.
M. Guldberg a fait le relevé des Balénoptères de cette espèce capturées depuis dix ans : en 1876, il y en a eu 42; en 1877, 22 seulement, c’est le plus petit nombre; en 1878, il y en a eu 10; en 1879, 84; en 1880, 62; en 1881, 221. C’est le plus haut chiffre que l’on ait atteint. En 1889 et 1883, on estime le nombre à 200; en 1884, les animaux étaient grands, mais moins abondants; en 1885, on n’en a pris que 58. On a capturé à la place une centaine de Balænoptera borealis. En 1886, on en a capturé une centaine. La Balænoptera borealis était rare cette année, mais la Balænoptera musculus, par contre, fort abondante.
M. Alfred Cockx estime que sur 406 captures faites en 1883 sur les côtes de Finmark, il y avait 175 Balænoptera Sibbaldii.
La Balænoptera Sibbaldii a été rare en 1885 sur les côtes de Finmark. Le Crustacé qui forme sa pâture, la Thysanopoda inermis, a fait défaut, et le Seje ou Cod whale des Norwégiens a paru à sa place.
À cause de son énorme taille, cette espèce est plus exposée à échouer que les autres, et nous avons plusieurs exemples d'individus trouvés flottants en mer.
Ascanius signale exemple d’une femelle de GG pieds qui est venue se perdre sur les côtes de Norwège.
Le 28 juillet, on a vu sur les côtes est de l'Islande un Sfeypireydr flottant en mer.
Un animal de 80 pieds a échoué sur les côtes de Hollande (Oosten et Sluysche Gal) le 1% mai, nous ne savons de quelle année. Le commissaire De Witte fait mention des fanons noirs, d’une aune de longueur, et dont il estime le nombre à deux cents 1.
Une des captures, dont on s’est le plus occupé, est celle faite en 1827 d’une femelle trouvée flottante en mer et remorquée par les pècheurs jusqu’au port d’Ostende. L'animal mesurait, comme nous l'avons dit plus haut, 85 pieds, et son squelette, après avoir été exhibé dans les principales capitales de l'Europe, est conservé, dans un triste état, au Jardin botanique de St-Pétersbourg 2. C’est la propriété du Musée impérial de l’Académie des sciences de St-Pétersbourg.
Cette même année, au mois de mars {le 10), une jeune femelle, qui n'avait que 54 pieds, a échoué dans le sables de l'île d’Oleron, et on peut se demander si ce n’est pas un Baleineau qui avait accompagné la Balénoptère dont nous venons de parler. Le D" Fischer donne des détails fort intéressants sur cette Balénoptère : le sternum était petit et plat, les vertèbres, au nombre de quarante-six, sans celles de la queue, qui sont au nombre de dix-sept, ce qui fait en tout soixantetrois vertèbres. Les os n’ont malheureusement pas été conservés.
Le D' Fischer fait mention d’une autre Balénoptère qui a échouéen avril 1863 sur les côtes de Dunkerque, et qu mesurait 30 mètres.
‘ Le 1‘ mai est venue échouer une Baleine : « na myne gissinge omtrent 200 git zwarte lande, een elle langh ende breed, groot van muyle, daer wel eene gemeene schuyt ingaen soude,in der waerheyt een monster der hellen. »
* « Das grosse Skelet der bei Ostende gestrandeten, welches Europa durchwanderte, ist jetzt Eigenthum unseres Museums, » m'écrivait le Dr Brandt dans une lettre datée de St-Pétersbourg le 1er janvier 1872,
On cite encore un animal, rejeté par la mer à l’état de cadavre sur la plage de Soulac, dans le golfe de Gascogne. C'était le 13 juillet 1879. On ne voyait flotter qu’une masse informe de chair en putréfaction ; la tête et la queue étaient séparées; il y a lieu de croire, nr'écrit le capitaine Jouan, que, sous limpulsion des vagues, qui sont terribles sur cette côte, le corps aura été replié en deux. Le corps a été mis en vente, et c’est la commune de Soulac qui l’a achété pour 99 francs. L'animal avait 24 mètres de long 1.
On en a observé à diverses reprises sur les côtes d'Écosse et de Shetland.
Sibbald, qui a fait tant de bonnes observations sur les grands Cétacés des côtes d'Écosse, parle d’un mâle de 75 pieds qui a. péri en 1690 dans la baie de Forth. C'était un individu de la grande espèce.
C'est encore sans doute un animal de cette espèce qui a échoué à l'entrée de l'Humber, au mois de septembre 1750, et dont Scoresby fait mention.
Neill fait mention également d'un grand individu, dont le sexe n’est pas déterminé, qui à péri dans la même baie en 1808.
Scoresby parle d’une Balénoptère de 82 pieds qu’il a vue sur lescôtes de Shetland pendant l'hiver de 1817-1818. Elle était venue y échouer.
Arthur Jacob fait mention d’une femelle de 70 pieds, venue à la côte, à l’ouest de l'Irlande, au mois d'avril 1895.
Un jeune animal de 51 pieds, dont le squelette est conservé au Musée de Liverpool, a échoué dans la Dee.
Une femelle trouvée morte en mer, a été remorquée à PIymouth le 27 septembre 1831 ; elle était longue de 79 pieds (Couch) et son estomac renfermait une grande quantité de Pilchards. D’après sa taille, ce serait une Sibbaldii, mais cette espèce se nourrit-elle de Pilchards? N'y a-t-il pas de l’exagération dans la longueur? C’est ce que nous croyons plutôt.
© Mc. Soc. Linn. de Bordeaux, séance du 6 août 1879.
En octobre 1831, un individu a échoué à l'embouchure de la baie de Forth; son squelette est au Musée des sciences et des arts à Édimbourg. Il avait 76 pieds (Knox).
En 1833, une bonne capture a été faite dans le Humber, près de Hull; le squelette de l'animal est conservé au Musée de cette ville.
Le professeur Sir Turner, qui signale eimq échouements, parle d’un individu échoué à l'entrée du Firth of Forth en 1858.
Une Balænoptera Sibbaldii, prise, le 9 novembre 1869, à l'entrée de ce fleuve, et qui heureusement est tombée dans de bonnes mains, nous fournira des renseignements bien importants. Elle s'était montrée en spectacle aux habitants de . Ja côte pendant quatorze jours. Cétait une femelle sur le point de mettre bas, et dont l’acquisition a été faite de manière à être utilisée complètement pour la science. Le professeur Sir Turner a d’abord publié une première notice dans les Proceedings de la Société royale d'Édimbourg, puis, dans une notice particulière, il a fait connaître le sternum 1, le placenta ainsi que l'os du bassin de la mère et du fœtus mâle qu’elle portait.
Le fœtus n'avait pas moins de 20 pieds 6 pouces ; la mère mesurait 78 pieds 9 pouces.
Dans cette notice, il fait savoir qu’au mois d'octobre 1869 une autre femelle avec son jeune, appartenant à la même espèce, a été capturée sur la côte de Shetland, mais il ne nous apprend pas si cet animal a été conservé pour la science.
Le même savant parle encore d’un autre individu échoué à Wick (Caithness) en 1871.
La Balænoptera Sibbaldii pénètre dans la Baltique.
Nous avons déjà parlé de deux mâles rencontrés dans cette mer intérieure, le 8 avril 1825 et en juillet 1862, et que Jul. Münter a fait connaitre.
Le 29 octobre 1865, un individu mâle, non adulte, a été cap-
Turner, On the sternum .... of the longniddry Whale ( Balænoptera Sibbaldiïi). JOURN. OF ANATOMY AND PHYSIOLOGY, vol. IV.
‘turé près de Gôüteborg, et a été décrit par M. Malm sous le nom de Balænoptera Carolinæ. C’est le professeur Flower qui reconnut le premier que ce jeune mâle est une Balænoptera Sibbaldii. Son squelette est conservé au Musée de Gôteborg.
Le 26 juin 1881, entre les iles Sylt et Fôhr (Baltique), les douaniers aperçurent une femelle Balænoptera Sibbaldiü de 50 pieds, échouée sur le sable; elle fut tuée à coups de hache. Le Dr' Môbius acheta le squelette pour le Musée zoologique de Kiel. Le bassin manque f.
Nous ne croyons pas que la Balænoptera Sibbaldii soit confinée dans l'Atlantique septentrionale, comme les autres espèces du genre; elle hante le Pacifique comme l'Atlantique, et se répand même dans les eaux de nos antipodes.
On parle, en effet, sous des noms divers, d’une grande Balénoptère, répandue dans l’Atlantique comme dans le Pacifique, dans la mer des Indes comme dans la mer du Japon, et dans les eaux de nos antipodes, comme nous l'avons déjà dit dans les généralités sur le genre.
Les baleiniers américains et anglais parlent souvent d’une
Balénoptère sous le nom de Sulfurbottum ; c’est un animal de grande taille et qui hante l'océan Pacifique et la mer des Indes. Nous avons plusieurs raisons de croire que ce Sulfuwrbottum appartient à l'espèce qui nous occuppe. [ls accordent en effet à ce Sulfurbottum une taille de 80 pieds et des fanons fort larges et d’un noir luisant.
Au mois d'août 1871, une jeune Balénoptère a échoué près de l'embouchure du Rio de Lozan, un des affluents du Rio de la Plata. À en juger par ses fanons noirs, par la face inférieure du corps, également noire, un peu plus claire que le dos, mais pas blanche, nous croyons que c’est une Balænoplera Sibbaldii. Son squelette est conservé. Burmeister lui a donné le nom de Balænoptera intermedia.
A. Smyth a vu des Balénoptères de 95 pieds à Table Bay.
1 Prof. Môsius, Ueber einen bei Sylt gestrandelen Blautval (Balænoptera Sibbaldii). NaTURwISS. VEREINS FÜR SCHLESWIG-HoLsTEIN, Bd. VI. Kiel, 1865,
Os nasaux, sternum et partie distale de la première côte.
Le Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu de Patagoaie des squelettes quiserapportent à la Balænoptera Sibbaldii et à la Balænoptera musculus.
Nous reproduisons ci-contre la première côte qui est bifide, les os nasaux et le sternum.
Un de ces squelettes a été trouvé sur la plage dans le New- Year-Sund, à la Terre de feu.
L'animal dont il provient avait échoué sur la plage, et les Fuegiens s'étaient empressés d’enlever la chair pour la manger.
MUSÉES
Jusque dans ces dernières années, on ne connaissait dans les Musées aucun squelette bien authentique de cette espèce, et quelques os séparés de grande taille pouvaient être attribués à des géants de l'espèce commune.
Aujourd’hui le doute n’est plus possible, surtout depuis
que l’on possède des ossements et des squelettes des Balénoptères recueillis aux pêcheries d'Islande et de Finmark.
Nous allons indiquer par ordre alphabétique les Musées qui possèdent des restes authentiques de cette Balénoptère.
Au Musée de l’Université de Breslau, on conserve le squelette d’un jeune animal qui a péri, en 1862, au Sund.
Le Musée de Bruxelles possède aujourd’hui un squelette complet, provenant des pêcheries de Vadsô. Il est d’une remar-
quable conservation pour les membres comme pour les os du bassin.
Il possède également une vertèbre isolée, dont l’origine n’est pas connue, et qui se rapporte sans doute à cette espèce. Le corps est haut de 82 centimètres, large de 39 centimètres, mesuré au milieu du disque; l’apophyse épineuse mesure »2 centimètres depuis le corps de la vertèbre, et elle est loin d'être complète. C'est une des dernières lombaires.
Le Musée de Copenhague possède une tête et divers ossements provenant de la pêche en Islande (1866). Le professeur Reinhardt a publié une notice intéressante sur ces dernières pièces, avec de bonnes figures. Depuis 1843, on y conserve également le squelette d’une nageoire pectorale d’un animal capturé au mois d'août dans la mer de Baffin. Cette pièce a été envoyée à Eschricht par le gouverneur Holbôll.
Au Musée de l'Université de Christiania on conserve un squelette d'un mâle de 77 pieds, préparé par Guldberg, en 1881.
L'Indian Museum de Calcutta renferme plusieurs ossements importants.
On trouve dans la ville d'Édimbourg des ossements de quatre individus différents : il y a d’abord un squelette complet d’une. femelle qui a échoué en octobre 1869 sur les côtes de Shetland. Il est monté au Musée de l’Université. Ce squelette fut déposé d'abord au Jardin zoologique d’Édimbourg. II s'y trouve ensuite des vertèbres cervicales, dorsales et lombaires, avec des côtes et une omoplate recueillies sur les côtes de Shetland. Le squelette d’un individu de 84 pieds trouvé flottant en mer près de North-Berwick, le 5 octobre 1831, étudié par Frederick Knox, est conservé dans le Département d'histoire naturelle du Musée des sciences et des arts.
Le Musée de Gôteborg renferme un squelette d’un jeune mâle qui a échoué, le 29 octobre 1865, non loin de cette ville, et dont Malm a donné une belle description, sous le nom de Balænoptera Caroline.
On conserve un squelette de mâle au Musée de l’Université de Greifswald, recueilli à l'ile de Rügen en 1895,
Un squelette est conservé à la Société philosophique de Hull, provenant d’un animal de 47 pieds de long, qui a été capturé en 1853 dans le Humber.
Le squelette d’une femelle de 13 mètres de longueur qui a péri, en juin 4881, sur les côtes du Jutland, est conservé au Musée de l'Université de Kiel, grâce aux soins du professeur Môbius.
A la Rochelle, on possède deux vertèbres, dont l’origine est inconnue, et qui proviennent sans doute de cette Balénoptère.
Le Musée de Leyde renferme également deux premières côtes d’un mâle de 78 pieds anglais, un sternum, un atlas et un axis, puis quelques os provenant de la pêche d’'fslande, donnés par le capitaine Bottemanne.
A Leipzig, on conserve un fœtus de 18 pieds, conservé dans le sel, que l’on a reçu du cap Nord.
Le Musée de l'Université de Liège est en possession de deux beaux squelettes, l’un de mâle, l’autre de femelle, tous les deux adultes; ils proviennent d'individus capturés dans l'établissement de pêche de Vadsô.
Le même Musée possède également des fœtus, dont un a une dizaine de pieds de longueur.
Le Musée de Liverpool possède des vertèbres, des côtes et des fanons rapportés d'Islande par M. Henri Baird en 1868.
Nous avons à Louvain la tête, les nageoires pectorale et caudale d'un fœtus de 7 pieds de long, que le D" Finsch a rapporté de la pêcherie de Vadsô, ainsi que l'omoplate dont nous avons déjà parlé.
Le British Museum possède également un squelette; il provient de la collection de Lidt de Jeude d'Utrecht. Cest la vue de ce squelette qui avait frappé M. Flower en 1864; son coup d'œil exercé lui fit reconnaître une forme nouvelle, à laquelle il donna le nom de Balænoptera latirostris.
On conserve aujourd'hui un autre squelette au British Museum, qui provient d'une femelle de 79 pieds, capturée à
Plymouth; des caisses tympaniques et des fanons de la Nouvelle-Zélande.
Au Muséum de Paris se trouve aujourd’hui un squelette de mâle et un autre de femelle, tous les deux rapportés des pêcheries de Vadsô par le professeur Pouchet.
Il s’y trouve également depuis longtemps une omoplate et un atlas de grande taille dont l’origine est inconnue.
Le même Musée est en possession aujourd’hui d’un squelette provenant du cap Horn 1.
Le plus ancien squelette est celui de l'animal qui a été trouvé, en 1827, mort en mer, par les pêcheurs, et qui a été remorqué jusqu’à Ostende. Comme nous Pavons dit plus haut, cesquelette, après avoir été exhibé dans les principales capitales de l'Europe, est allé échouer au Jardin zoologique de Saint-Pétersbourg.
Pallas parle d’un squelette de 84 pieds de long (pieds anglais), provenant d’un animal capturé dans la mer Glaciale, sous le nom de Balæna physalus ; il a été envoyé par Petrus Kargin, en 1740, au Musée de S'-Pétersbourg. La taille et la couleur des fanons ({aminis atro-cœruleis) ne laissent guère de doute sur l'espèce. Personne n'a pu nous donner des renseignements sur ce squelette pendant notre séjour à S'-Pétersbourg.
On voit encore au Musée de St-Pétersbourg un atlas et trois vertèbres lombaires, provenant des côtes de la Nouvelle-Zemble, que nous attribuons à cette espèce,
A la fin de 1878, le Musée de Stockholm a reçu de Vadsô un squelette de Balænoptera Sibbaldii femelle et de son fœtus à peu près à terme 2.
Au Musée de l’Académie des sciences de Stockholm, nous avons vu en outre une vertèbre dorsale (deuxième), rapportée par le D' Kinberg des côtes de Patagonie (détroit de Magellan);
! La Revue scientifique, dans son n° du 29 mars 1884, rend compte de l'expédition scientifique au cap Horn et fait mention de ces ossements qui ont été rapportés par la Romanche,
2 ,Smirr, Ueber Balænoptera Sibbaldii. ZooLociscnErR ANZE1GER, 16 décembre 1878
elle est d’une dimension extraordinaire. Nous n’en avons pas vu de plus grande. M. Malm rapporte encore au même animal plusieurs autres vertèbres, dont deux lombaires. M. Malm a fait le relevé des Cétacés conservés dans les Musées de Suède; il a donné à cette espèce le nom de Physalus antarcticus.
Nous connaissons aussi quelques squelettes conservés dans des Musées hors d'Europe; ils sont généralement désignés sous d’autres noms. À défaut de pièces assez nombreuses de comparaison, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que c’est la même espèce qui vit aux deux hémisphères, mais nous pouvons assurer qu'elle représente notre grande Balénoptère par tous les caractères essentiels, la taille, la forme de la face, la couleur des fanons, le nombre des vertèbres et des côtes, etc.
IL existe un squelette de Balénoptère de 74 pieds au Musée de Cambridge (État-Unis) et qui appartient sans doute à cette Balénoptère. C’est l’espèce la plus grande et la plus commune, dit le professeur Cope.
On en cite une autre de 84 pieds, capturée en 1851, à la latitude de 19 N, on Juggu or Ambherst Islet. Quelques-uns de ses os sont conservés au Musée du collège médical de Calcutta, sous le nom de Balænoptera indica 1.
En 1873, une Balénoptère de très grande taille a échoué sur la côte sud- est d’Otago ; ses fanons, d’après le D' Coughtrey, sont semblables à ceux «le la Balænoptera Sibbaldii des mers arctiques ? et ont la largeur et la couleur de la Balænoptera Sibbaldii d'Europe.
Le squelette décrit et figuré dans les Trans. of the New-Zealand Institute, sous le nom de Physalus australis, par M. Hector, provient d’un animal capturé au sud de Cook’s Strait; il a soixante-quatre vertèbres 3; il est conservé au Musée de Wellington.
! Bcyra, Journal of the Asiatic Society of Bengal, xxvin, 4860.
? Captain F. H. Hurrow, Trans, n. Zel. inst., vol. VIT, p. 266.
* Le texte porte 57, mais M. Hector a mis 64 dans un tiré à part qu'il a eu la bonté de me faire parvenir,
Un squelette d’un animal de 90 pieds, dont les fanons avaient 28 pouces de longueur, 18 de largeur, et tout noirs, est conservé au Musée de l'Université de Melbourne. L'animal a échoué sur la côte de Vittoria 1.
On conserve des fanons bien authentiques de cette espèce à Édimbourg (de Shetland), à Liège (de Finmark), à Louvain (de Shetland), à Vienne et à San Francisco, de Sulfurbottum (du Pacifique).
DESSINS
Il existe quelques anciennes figures de Balénoptères, mais comme l’espèce n'a été définitivement reconnue que dans ces dernières années, on n’a pu donner des figures authentiques que dans ces derniers temps.
La plus ancienne figure, pensons-nous, est celle que Rob. Sibbaldus 2 à publiée dans sa Phalainologia nova.
Van Breda en a publié une d’après le corps recueilli en mer en 1827 par des pêcheurs d’Ostende, et dont le squelette se trouve à S'-Pétersbourg 5,
Différentes gravures et deux lithographies de grand format sont conservées à la Bibliothèque royale, à Bruxelles.
Nous trouvons cette espèce représentée dans le grand atlas de Goldfuss, vol- 4, pl. 332 #.
Fried. Rosenthal a publié une lithographie de lindividu échoué en 1825 dans la Baltique.
Le professeur Münter publie deux planches représentant Panimal vu des divers côtés 5.
Eschricht possédait un dessin de la Balænoptera Sibbaldii.
4 Gigloli Cetacei osservati, p. 51.
* Phalainologia nova. Edinburgi, 1692, pl. HT.
5 Van Bren4, A/beelding van den op à nov. 1827 gestranden Walvisch te Oostende. Lettcrbode.
4 Goupruss, Atlas, vol. LV, pl. CCCXXXIT.
5 Münrer, Ueber Zwei in 19 Jahrh, bei Greifswald männlichs Individuen von Bal. Sibbaldii. Greifswald, 1877,
Nes “62 à
Burmeister a figuré l'animal, vu de profil, par sa face infé rieure et par le ventre, faisant ses évolutions dans l’eau 1, sous le nom de Balænoptera intermedia.
Sars a publié d'abord, en 1865, le dessin d’un mâle et des détails sur le squelette 2, puis celui d’un animal adulte 8 et d’un fœtus mâle de 1 pied 4 pouces de long.
En 1874, le zélé professeur de Christiania a publié le dessin d’une femelle adulte des côtes de Finmark. Le dessin de la planche III représente un individu capturé à l'établissement du capitaine Foyn. La pianche IV représente un fœtus de 9 pieds et demi {.
Le D' Malm a publié plusieurs photographies faites d’après le jeune mâle qui est allé échouer dans le voisinage de Gôtenborg, le 20 décembre 1865. [1 reproduit vingt-deux photographies sur dix-huit planches, deux planches lithographiées et trois gravures sur bois ÿ. Le savant Directeur du Musée de Gôteborg figure également la région cervicale avec les deux premières dorsales, atlas et Paxis, les quatre premières côtes avec l’hyoïde, et le squelette du membre pectoral.
Le professeur Sir Turner en a donné aussi une très bonne figure 6.
Nous avons publié un dessin de cetanimal, d’aprèsles extraits du Journal de voyage et les croquis que le D' Finsch avait rapportés de Vadsô, en 1878 7.
? Allas de la Descriplion physique de la république Argentine. Buenos- Ayres, 1885.
2 Vid-Selskabets Forhandl., for 1865.
3 Vid-Selskabets Forhandl., for 1878.
+ Sare, Om Blaahvalen (femelle adulte), Christiania Vid-Selskab. For- HANDL. for 1874. Sars, Forsatte Bidrag til kundskaben om vare Bardehvaler. CHRISTIANIA VIDENSKAPELSE. ForHanpL., 1880.
5 Mary, Monographie illustrée de la Balénoptère .... Stockholm, 1867.
$ Turner, On account of the great Finner Whale (Balænoptera Sibbaldii), Trans. Roy. Soc. Énixeuren, vol. XXVI, pl. V, 1870 et {{lust. London News, 1869, n° 1567.
T7 Vax BENEDEN, Notice sur la grande Balénoptère du Nord (Balænoptera Sibbaldii), Buzc. AcaD. ROY. DE BELGIQUE, 2e sér., t. XXXIX, 1875.
Le cap. Scammon a publié un dessin du Sulfurbottum, ou Sibbaldius sulfureus Cope, pl. XHL. Comme Burmeister, il représente l'animal faisant ses évolutions dans l’eau.
Du Bar a publié plusieurs planches représentant grossièrement le crâne, vu de trois côtés différents, les mandibules, l'os hyoïde avec la caisse tympanique, le sternum, la colonne vertébrale, l’atlas, une première côte avec deux autres, l’os du bassin, l’omoplate et les os de la nageoire pectorale.
Le professeur Reinhardt a reproduit quelques bonnes figures, représentant la tête avec les os nasaux, l’atlas et le corps de l'os hyoïde, d’après les pièces conservées au Musée de Copenhague, provenant d'individus capturés dans les eaux d'Islande,
Gray a figuré l’atlas et cinq cervicales. Reinhardt a également publié une figure de l’énorme atlas rapporté par Hallas des côtes d'Islande, |
Nous avons reproduit dans lOstéographie, pl. XIL et XIIL, fig. 25 à 34, la tête vue d’en haut, la région cervicale, la nageoïiré pectorale, le sternum et latlas avec laxis, vus de face. Ces dessins sont faits d’après des pièces du Musée de Copenhague et de Güteborg.
M. Smitt a eu l’obligeance de me faire parvenir des photographies de la tête d’une femelle et du fœtus, de Patlas, du sternum, de l’hyoïde, des côtes et des membres conservés au Musée de Stockholm, pour faire la comparaison avec les mêmes os provenant de diverses localités.
PARASITES
On connaît sur cette Balénoptère de petits Cirripèdes et deux Copépodes à l’extérieur, un Monostome, un Filaire, un Échinorhynque et un Cestode dans l'intestin.
On a trouvé des Penella sur une femelle de 13 mètres, capturée sur Ja côte du Jutland, le 26 juin 1881, et sur quatre individus capturés, en avril 1867, sur les côtes est d'Islande.
Les Penella sont des Crustacés parasites qui s’implantent par la tête dans l'épaisseur de la peau, et qui se déforment si com-
plètement qu’à moins de les avoir étudiés, ou d’avoir étudié les Copépodes, qui minent sous tant de formes différentes la peau des poissons, on ne saurait les prendre pour des animaux.
Un autre commensal est celui que lon a trouvé d'abord sur les fanons de la Balænoptera borealis, et qui vit également sur les fanons de la Balænoptera Sibbaldii.
Il est à remarquer que les Crustacés, dont ces deux Balénoptères se nourrissent, sont les mêmes, d’après quelques naturalistes qui ont assisté à la pêche.
Creplin a trouvé des Filaria crassicanda et des Monostomum plicatum dans l'œsophage et dans l'intestin grêle.
On trouve communément dans les intestins l'Echinorhynchus, dont Malm avait eru devoir faire une espèce nouvelle, sous le nom spécifique de Brevicollis.
Le professeur Sir Turner à trouvé également cet Echinorhynque dans lindividu qu'il a disséqué.
Cette Balénoptère nourrit en même temps un Cestode, sans doute nouveau pour la science, mais que nous n'avons pu déterminer à défaut de scolex. A en juger par les proglottis, c'est en tout cas un animal voisin des Bothriocéphales.
Ce Cestode a été recueilli a Vadso, il y a quelques années, et nous né savons si l’on n’en a pas trouvé depuis d’autres exemplaires complets.