‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 20 sur 51 · LA · texte numérisé non relu

LA

gros intestin sont séparés l’un de l’autre, et qu’il existe un cœcum peu développé.

Le professeur Struthers a publié une notice intéressante sur quelques faits d'anatomie de cette espèce : il fait connaître avec soin la composition de la nageoire pectorale avec ses muscles fléchisseurs et extenseurs. Il décrit et figure en même temps le bassin, composé de los ischion et d’un rudiment de fémur avec des cartilages et des ligaments, le sternum et la manière dont il s'articule avec la première côte! .

La découverte du fémur rudimentaire dans les Balénoptères à été faite en premier lieu par le professeur Flower 2. Il parait qu'il reste toujours rudimentaire dans cette espèce.

Le squelette de l'individu échoué à Pevensey-Bay, en 1865, a une apophyse transverse inférieure fort courte à la sixième cervicale et une seizième côte supplémentaire.

Le professeur Struthers a fait connaître également l'existence d’une petite côte supplémentaire dans un mâle de cette espèce.

Nous avons publié la description du squelette dans l'Ostéographie des Cétacés.

Malm donne la description du squelette et la figure des principaux os, sauf la tête, d'après un squelette de Finmark.

MOEURS

La Balénoptère qui nous occupe est ichtyophage; au Nord ce sont surtout les Loddes, Mallotus, c'est-à-dire, Osmerus arcticus qu’elle poursuit.

Ce poisson apparaît surtout en abondance au printemps autour de l'Islande et au nord de la Norwège.

Des pêcheurs assurent en avoir trouvé jusqu’à huit cents dans un seul estomac de Balénoptère.

1! Joux STRUTHERS, On some points in the anatomy of a great Fin-wahle (Balænoptera musculus); on (he cervical vertcbræ and their articulations. JOURNAL OF ANATOMY AND PHYSIOLOGY, VOl VI, novembre 1871 et vol. VIT, 1872.

? Proc. Zool. Soc. of London, novembre 1865, p. 704.

Sur les côtes d'Islande, d'Écosse et de Norwège, ce sont surtout les bancs de harengs que cette Balénoptère accompagne.

On cite encore parmi les animaux dont elle fait sa pâture : les Gades (Small cod, disent les pêcheurs) et au besoin des Schrimps.

Les Balénoptères que lon capture sur les côtes de Finmark ont toujours leur estomac plein, tandis que les individus échoués ont ordinairement l’estomac vide. J. Murie a trouvé dans un animal échoué des débris de Méduses et des restes d'Entomostraces !. On a trouvé aussi, dans le premier estomac, des algues qui avaient sans doute été avalées à défaut de proie.

Cette espèce souffle très haut, comme le Slätbak ( Balæna biscayensis), dit M. Malmgren,; elle n’est pas farouche et approche des chaloupes en les côtoyant pendant des heures. C’est l'espèce la plus facile à observer.

Elle est sans doute moins farouche parce qu’on ne la poursuit guère.

D’après Guldberg, la fécondation et la mise bas ont lieu en hiver; la gestation est de dix à douze mois; le jeune accompagne sa mère jusqu'à ce qu’il ait atteint la moitié de sa taille.

PÉCHE

Les baleiniers qui allaient jadis à la pêche de la Baleine franche dédaignèrent souvent de harponner la Wusculus.

Fred. Martens aperçut en 1671, le 9 mai, une Baleine, à laquelle il aurait fait la chasse, dit-il, s’il n'avait pas aperçu sa nageoire dorsale.

R. Brown la considère encore comme sans importance à cause du peu de lard et de la difficulté de la capturer. Il se rappelle que les baleiniers trouvant un jour un cadavre flottant, qu'ils avaient pris pour un Mysticetus, l'abandonnèrent

1 Proc. Zool. Soc., fur. 1865, p. 211.

aussitôt qu'ils aperçurent que c'était un Finfish; d’autres l'avaient également abandonné. Aujourd’hui on leur fait régulièrement la chasse; avant la découverte des bateaux à vapeur on ne pouvait y songer.

Une Société anglo-américaine a organisé cette industrie dans les eaux d'Islande en 1865; elle a cessé ses opérations en 1867.

C'est au commencement de 1870 que Svend-Foyn a commencé la chasse avec des steamers et des canons chargés de bombes-lances et de harpons.

Il existe aujourd'hui une pêche de Balénoptères, régulièrement organisée, sur les côtes de Finmark, et parmi les espèces que l'on capture, pendant l'été, figure la Balænoptera musculus.

La saison de cette pêche commence au mois de mai et finit au commencement d'août.

Nous avons fait remarquer plus haut que c’est la Balænoptera musculus qui arrive la première dans ces parages, et la Balænoptera Sibbaldii, la dernière.

Le dernier animal capturé à Vardd en 1884 était une Musculus ; le 22 août on en vit encore une à Eretiki; le 24 août on captura la dernière à 30°30”

M. À. Cocks n’a pas vu de Balénoptère dans la mer Blanche.

En partant d'Arkhangelsk le 7 septembre, il a aperçu des Balænoptera musculus à Gorodetsk Point.

Après la Balænoptera Sibbaldii c'est la Musculus qui est généralement la plus abondante sur la côte de Finmark. En 1885 néamoins c’est la Borealis qui a été la plus commune dans ces parages.

Les principales factoreries sont à Vardü, à Vads6, à Bôle, et à Far-Fyord.

Dans ces dix dernières années, on en a pêché sur les côtes de Finmark, en 1878, quarante; en 1879 également, quarante ; en 1880 et en 1881, cinquante ; (capitaine Sôrensen, Guldberg.) Depuis 1881, on en a tué tous les ans plusieurs centaines. En 1886 on a capturé au moins cinq à six cents individus. Le plus grand nombre ont été péchés aux mois d'avril et de mai,

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La Balænoptera musculus habite à l’est et à l’ouest du Groënland, visite périodiquement l'Islande, les Loffoden, double le cap Nord, pénètre même dans la mer de Kara; elle arrive régulièrement, avec d’autres espèces, dans ces parages aux mois de mai et de juin, et passe de nouveau le cap Nord au mois d'août ou de septembre, pour se rendre de l’autre côté de l'Atlantique ou à l’ouest du Groënland.

Partout sur ce passage on a vu échouer, tantôt des mâles, tantôt des femelles, sans qu’on ait pu remarquer aucune périodicité dans leur apparition.

En partant d’Arkhangelsk, M. A. Cocks a vu des Balænoptera museulus à Gorodetsk Point, le 2 septembre, la dernière Megaptera boops le 16, la dernière Balænoptera Sibbaldii le 18, à Eretiki.

On en voit parfois se rendre au sud vers la mer du Nord, pénétrer dans le Kattegat ou bien entrer dans la Manche, longer les côtes ouest de France, les côtes d'Angleterre, d’Espagne et de Portugal, pénétrer même dans la Méditerranée et parcourir toute cette mer intérieure jusqu'au fond de Adriatique, sans dépasser toutefois le détroit des Dardanelles : elle ne pénètre Jamais dans la mer Noire et bien rarement dans la Baltique.

Il est probable que c’est la température de l’eau et la pâture qui déterminent ces animaux à se rendre, à l'approche de l'été, de l’ouest à l’est, et, en automne, en sens opposé.

Les individus qui visitent nos parages ou qui se rendent dans la Méditerranée sont des animaux dévoyés ou blessés, ou affolés par la poursuite des harponneurs.

L'animal qui est venu se perdre, il y a quelques années, à l'entrée de l’Escaut, avait reçu dans la nageoire pectorale une balle explosible qui lui avait fracturé complétement les os de l’avant-bras.

En décembre 1870, un officier de garde d’une corvette de guerre (Prinx Frederic Karl) dans la mer du Nord, crut aper-

cevoir la nuit une torpille; mais on découvrit ensuite que c'était un corps de Balénoptère commune, flottant à la surface de la mer. Le docteur Fr. Braeutigam a eu l’occasion d'étudier ce cadavre et en a fait le sujet d’une dissertation inaugurale.

Nous avons publié un plan des côtes des mers d'Europe et marqué les lieux où des individus avaient échoué. Tout ce que lon peut en tirer, C’est que des individus de cette espèce sont allés mourir à peu près sur toutes les côtes des mers d'Europe.

La Balænoptera musculus forme à peu près le quart des Balénoptères qui échouent dans les mers d'Europe.

Nous voyons assez souvent des individus d’une quarantaine de pieds; ce sont sans doute de jeunes Balénoptères qui ont quitté leur mère depuis peu de temps; le plus grand nombre n’atteignent pas 60 pieds; comme nous l’avons vu plus haut c'est à peu près la taille ordinaire de l'adulte.

Nous pouvons faire remarquer qu'il n’y a guère, parmi les Balénoptères échouées, des individus véritablement adultes. On avait même soupçonné que dans cette espèce les épiphyses des vertèbres ne se soudaient pas complètement.

Nous allons faire l’'énumération, par dates et par lieux, de quelques individus dont l’échouement a été signalé de manière à ne laisser aucun doute sur la détermination de l'espèce.

Du Hamel, Bonnaterre et Lacépède parlent d’une vraie Baleine, qui fut jetée sur le littoral de la Corse, en 1620; à en juger par la taille considérable et le nombre de barils d'huile qu'elle a fournis, le D' Fischer pense que c'était la Balænoptera musculus ; la Balænoptera Sibbaldii n’a jamais été vue dans la Méditerranée.

En 1624, le 28 janvier, un individu est venu à la côte de S. Marinella, et, au mois de février suivant, un autre à S. Severa.

En 1789, une Balénoptère de 60 pieds s’est perdue sur le littoral de la Méditerranée {sans indication de lieu).

Le crâne du Muséum de Paris, dont parle Lacépède, provient d’une femelle capturée à l'Ile Sainte-Marguerite, arrondissement de Cannes (Var), en mars 1797 ou 1798.

En décembre 1827, un individu a péri sur les côtes de Corse. (Paul Gervais).

Un autre individu a péri dans la Méditerranée, le 27 septembre 1828, dans les environs de Saint-Cyprien; il a été décrit par Companyo et plus tard par Farines et Carcassonne. Il avait 15,60. Son squelette est conservé au Musée Saint-Pierre, à Lyon. Il était mentionné d’abord sous le nom de Balænoptera aragous. Le squelette n’a que 53 vertèbres, 7 cervicales, 14 dorsales, 15 lombaires et 17 caudales. Il y en a donc 9 qui manquent.

En août 18929, il échoue à l’Escale, tout près du golfe de Rosas, un animal de 45°,50 en pleine putréfaction ; la mâchoire inférieure a été conservée, dit M. Campanyo, qui la désigne sous le nom de Balænoptera Jubarte 1.

La même année, dans le même golfe, une Balænoptera musculus a échoué, dont le squelette est conservé au Musée de Madrid. Il n’est pas monté, m’écrit M. Mar. G. Graells.

En 1833, un individu a été capturé à Civita-Vecchia.

La même année, un autre individu de la même espèce a été capturé, dit P. Gervais, près de Saint-Tropez (Var).

Le 21 mai 1840, une Balænoptera musculus a été capturée dans une madrague à Thone, près de Saint-Tropez, à ia suite d’un coup de vent de N.-0. 2.

! Coupanyo, Histoire naturelle du Département des Pyrenées orientales, tome II, p. 81.

? Nouslisons dans les Annales maritimes et coloniales, 1. 1,4840 : « Par le coup de vent de N.-0. du 21 mai, une Baleine s’est introduite dans les filets de l'une des madragues de Saint-Tropez (Var). Comme c'est la première fois qu'un Cétacé de cette espèce a été pris dans notre golfe, et peut-être même dans la Méditerranée, du moins depuis plusieurs siècles, l’aflluence des curieux de la ville et des environs a été prodigieuse. Pendant quelques heures, nous avons été dans l'incertitude de savoir si c'était réellement une Baleine, attendu que quelques braves marins, habitués à ne voir que des Baleines franches, soutenajent que ça n'en était pas une; mais, après un mûr examen, il a été reconnu que c'était la Balænoptera physalus, d’après la classification de Lacépède. »

Au Muséum à Paris se trouve un squelette d’un animal de 14», qui a péri en 1847 sur les côtes de Saint-Vigor.

Le 10 novembre 1854, un animal de 19,40 a été pris à Bordigliera. Son squelette est conservé à Turin.

Une femelle de 20 mètres, accompagnée de son Baleineau, a été capturée près de Port-Vendres, en 1859, après avoir essuyé plusieurs coups de feu. La mère avait 20 mètres, le petit 6.

Un squelette, conservé à l'hôpital de Saint-Mandrier, à Toulon, provient d’un animal capturé en décembre 1860 (Gervais).

Gervais cite également une capture faite sur la côte de la Catalogne, en 1862 1. Nous pensons que c’est son squelette que nous avons vu à l’Université de Barcelone et au sujet duquel nous n'avons pu avoir aucun renseignement sur les lieux.

Le 17 juin 1863, une femelle de 19,50 a fait son apparition au nord-ouest du cap de Creux (au delà du département des Pyrénées-Orientales, côtes d'Espagne). Elle était accompagnée de son petit et, pendant plus d’un mois, elle est restée en vue de la côte. Elle a été capturée dans la suite et le corps a été remorqué à Llanza.

En 1864, un animal a été capturé près de Cannes. Son squelette incomplet est conservé au Musée de Grenoble.

Le 4 mars 1866, une femelle de 22 est venue à la côte de Civita-Vecchia. Le squelette est conservé à Rome (chev. v. Diorio). Il a, en tout, 58 vertèbres, 15 côtes, et les deux doigts externes ont cinq phalanges, les deux internes, six 2.

Le 23 septembre 1870, des pêcheurs de Thons des environs de Palavas, département de l'Hérault (Méditerranée), relevant leurs filets par le travers du Grau de Palavas, ne furent pas peu surpris de trouver dans un d’eux un Rorqual vivant du sexe femelle de 19",40 de longueur. Amarré par la queue, il a été

Gervais, Mém. Acad. royale de Belgique.

* Prof. Vincenzo Diorio, 1! Celaceo di S. Marinella, ATTI DELL’ ACADEMIA PONT. DEI NUOVI LiNCEI. Marzo, 1866.

remorqué vivant dans le port de Cette, où l’on a pu s'assurer pendant plusieurs jours que les jets lancés par l'expiration sont formés d'air et d’eau pulvérisée- L'appareil est disposé comme un vaporisateur.

C'était une femelle qui a mis bas un fœtus de 2,25. Comme les Cétacés avortent facilement par la moindre commotion, cette fausse couche a été causée évidemment par la capture 1.

L'Illustration de Paris (1870, n° 1424) fait mention d’une Balénoptère prise à Marseille, aux environs du château d’If, 26 mai 4870, et en publie un dessin.

On fait mention d’un individu capturé en décembre 1872, à Solenzana (Corse).

Un animal a échoué près d’Ajaccio, à la fin de l’année 1877 ou 1878; son squelette est conservé.

En octobre 1878, une Balænoptera musculus a été trouvée morte sur la plage de Monte-Rosso, à une petite distance entre Spezzia et Levanto; c'était une femelle de 22 mètres de longueur, en état de gestation. Le fœtus est conservé à Gênes.

Dans les derniers jours de novembre 1884, une Balénoptère a été capturée dans le golfe de Cavalaire, quartier de Giova, près de St-Tropez (département du Var) par les douaniers du poste de Cavalaire; ils l'ont tuée en mer, à une distance de 600 à 700 mètres ; une seule balle, qui à pénétré dans la tête, a suffi pour la tuer : c'est le jeune individu dont nous avons déjà parlé. Il n’y avait rien dans les intestins, et M. Beauregard soupçonne que c’est un jeune animal qui n’avait pas plus de vingt jours d'existence. L'animal a été dépecé et tout a été envoyé au Muséum à Paris.

MM. Pouchet et Beauregard en ont fait connaître les particularités de structure 2. Nous en avions parlé dans les Bulle-

1 Notice publiée à l’occasion de la réunion de l'Association pour l’avancement des sciences. DoumET-Apaxsox, Ann. de la Soc. d'horticulture et d’hist. nat. de l'Hérault.

2 Poucrer, Acad. des sciences, séance du 2 février 1885 (Revue scientifique, 7 février 1883, p.188). Compte rendu, Société de Biologie, t. II, janvier 1885.

tins de l’Académie d’après des renseignements incomplets. Ce n'est pas la Balænoptera rostrata, comme nous l’avions soupçonné, puisqu'elle à soixante-deux vertèbres, mais une jeune Balænoptera musculus, comme M. Beauregard l’a dit.

Cornalia fait connaître onze cas d'échouements sur les côtes d'Italie, dont un dans l’Adriatique et un sur les côtes de Sardaigne.

On na guère tenu note des nombreux échouements qui ont eu lieu sur la côte d’Espagne. On cite seulement une Balænoptera musculus, de grande taille, échouée au cap de Ras, entre Calère et Lianza, dont nous avons parlé plus haut.

En 1811 une Balénoptère fut jetée à la côte près de Bayonne.

Au Muséum à Paris on voit le squelette d’un jeune animal qui a péri, en 1823, devant l'embouchure de l’Adour, près de Bayonne.

On a signalé plusieurs exemples sur les côtes ouest de la France.

On en cite deux d’abord au XVIT: siècle : le premier est une Balénoptère de 47 pieds, capturée ou échouée en 1680 près de la Rochelle; le second est un individu, dont on ne donne pas la taille, qui est venu à l’île Sainte-Anne le 5 octobre 1682.

À Boulogne sont conservés des fragments de crâne d’un animal qui a péri, le 7 février 1812, à l'embouchure de la Somme; d’un autre qui a péri, en 1827, à la même embouchure 1.

L'année 1812 une femelle de 56 pieds est venue se perdre également sur les côtes ouest (Souty).

Le 16 août 1829, un mäle de #1 pieds a échoué près de Cayeux. Ravin en a fait mention dans les Annales des sciences naturelles, mai 1836. Le squelette est conservé à Rouen 2. Un dessin accompagne cette notice.

! G. Poucuer, Des derniers échouements de Cétacés sur la côte française, Comptes rendus... 2 février 1885.

? F. Ravix, Observations anatomiques sur les fanons, ANN. SC. NATUR, mai 1886.

En janvier 1842, on a vu à Berg (Pas-de-Calais) un cadavre flottant en mer (Blainville et Gervais).

En 1845, un individu a échoué sur la côte de Saint-Malo, et en 4847, un autre au Havre, dont la peau bourrée est conservée au Muséum de Paris.

A Saint-Brieux nous avons vu un squelette de mäle de 54 pieds, monté sous la direction de M. Nimier.

Un animal de 43 mètres est capturé à Saint-Vigor, à l’embouchure de la Seine, en 1847 ; la même année un jeune, mais de grande taille,. échoua à Barre-des-Monts (Vendée); une Balænoptera musculus de 12 mètres de longueur a échoué près du Havre le 41 octobre 1852, sur la plage de l'Eure. La peau a été préparée et exposée au public.

Le 10 février 4857, les pêcheurs de Tréport ont trouvé, à l'entrée de la Manche, une Balénoptère de 60 pieds, en pleine putréfaction.

Le Dr Fischer parle d’un mâle de 7 à 8 mètres capturé en 4874 sur les côtes de Bayonne.

Le 6 janvier 1877, un individu de 15 mètres sans la tête est venu dans le golfe de Gascogne. Nous en faisons mention sans pouvoir assurer qu'il appartient à cette espèce.

Le 10 février 1878, les pêcheurs de Dunkerque ont remorqué un mâle de 23 mètres, dont le squelette est conservé à Lille, au Musée de l’Université catholique.

Une femelle pleine, de 20,80 de longueur, a été trouvée morte en mer, au large de l'île de Groix (à 12 miles sud-ouest), le 29 juillet 1879. Le fœtus avait 1",20. Le squelette de la mère est au Musée de Bordeaux, celui du fœtus au Muséum à Paris.

Le 21 décembre 1881, la mer a rejeté sur la côte de Porge, au nord du bassin d'Arcachon, un Cétacé de 15",20 ; le bout du rostre avec les fanons sont conservés au Muséum à Paris. Les fanons ont, paraît-il, la couleur de ceux de Rostrata.

Une femelle, à l’état de cadavre, a été amenée à l'ile de Sein le 19 août 1881. Elle avait 14 mètres de longueur. Le corps flottait dans le Ras-de-Sein.

Une autre femelle, de 9»,50, a échoué à Seignasse, près du

cap Breton (Landes), le 25 juin 1884. Le squelette est conservé au Muséum à Paris.

Dans la nuit du 13 au 14 janvier 1885, un mâle est venu échouer sur la plage de Langrune. M. Yves Delage en a publié la description, dans les Archives de Lacaze-Duthiers. Le professeur de la Sorbonne a étudié avec beaucoup de soin la structure et la formation des fanons f.

Le corps de cette Balénoptère a été vendu. D’après une ordonnance de Colbert (1681), les poissons à lard, c’est-à-dire les Cétacés, doivent, dans certains cas, être vendus publiquement. On s’est conformé à cette ordonnance, ce qui a empêché de commencer la dissection le jour même de l’échouement. L’animal a été mis aux enchères le 20 janvier ; de la mise à prix de ù francs, on est monté à 1,101 francs, et il a été adjugé à la ville de Caen pour le Musée. Dans l'intérêt de la Caisse des gens de mer, On avait poussé jusqu’à 1,100 francs.

L'observation rigoureuse de ce règlement pourrait avoir comme conséquence, dans le cas qu’une espèce rare vint échouer sur les côtes de France, qu’un Musée étranger pourrait venir faire une concurrence aux naturalistes français et faire prendre à l’animal le chemin de l'étranger.

L'Association française a accordé, en 1885, 1,200 francs à M. Yves Delage, pour subvenir aux frais de la reproduction héliographique des parties intéressantes de cette Balénoptère.

Le 5 février 1885, une barque, montée par des pêcheurs de Gravelines, a rencontré, en face de Douvres, à une assez forte distance au large, le cadavre flottant d'une Balénoptère, qui a a été remorquée jusqu’à Ostende. C’est un mâle de Balænoptera musculus, dont le squelette est aujourd’hui au pensionnat de Melle. Les journaux de la localité l’avaient désigné sous le nom de Cachalot. Le corps en chair a été exposé quelque temps au public.

Nous pouvons citer plusieurs exemples d’échouements sur les côtes britanniques.

! Comptes rendus, 6 juillet 1885, Archives de Zoologie expérimentale.

DAAAX LA

On en cite deux d’abord dans le Firth of Forth dans le XVII: siècle, l’un, le 17 septembre 1690, l’autre, en septembre également, en 1692; Sibbald en parle dans sa Phalainologia.

Scoresby en cite un dans le Humber, en septembre 1750, et un en 1752, de 52 pieds, sur la côte de Berwickshire,

Walker en cite un autre, le 40 juin 1761, de 48 ‘pieds, dans le Firth of Forth.

Sur les côtes de Cornouailles, on en cite un, le 18 juin 1797, de 70 pieds. +

Le 28 octobre 1808, une femelle, de 43 pieds, a échoué dans le Firth of Forth (Pat. Neil).

En 1830, un animal de 63 pieds est venu à la côte à Brighton.

Un autre, de 38 pieds seulement, a été capturé dans le canal Saint-Georges; le corps a été remorqué à Liverpool. Son squelette est au British Museum, à Londres. C’est de lui que Gray avait fait le genre Benedenia.

En février 1840, une femelle de 41 pieds a péri sur les côtes

% de Yarmouth !.

Sweeting fait mention d’un animal de 18 pieds, capturé sur les côtes d'Angleterre, à Charmouth, en 1840.

En 1842, un individu très adulte a été capturé à File de Wight; son squelette est conservé dans l’île.

Le 28 décembre 1850, une Balénoptère a été capturée à Margate; son squelette est en partie à Londres et en partie à Cambridge.

On mentionne aussi une femelle de 50 pieds qui est venue à la côte aux Orcades, en mars 1856 (Heddle).

On possède à Londres un crâne d’une Balénoptère, capturée à Yarmouth, en 1857.

Un mâle de 60 pieds s’est perdu dans la Tamise, en 1859; le squelette est conservé à Rosherville garden (Murie).

Une Balænoptera musculus, échouée en novembre 1865 sur la côte de Sussex, a été l’objet d’une notice fort importante

1 Proc. Zool. Soc. 1840, } :/

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