LE DAUPHIN
BÉUDELPHINUS DELPHATS,
LITTÉRATURE
Mayer, Beilräge zur Analomie des Delphins, TienEmaNN’s UND TRe- VIRANUS ZEITSCHRIFT. . .., VOI. D, 1855, p. 5.
Stannius, Über der Bau der Delphingehirnes, m. 4 Taf, Hamburg,
BP. Gervais, Remarques sur les Mammifères marins qui fréquentent les côtes de la France et plus particulièrement sur une nouvelle espèce de Dauphins, propre à la Méditerranée. BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE pe L'HÉraucr, 2e série, t XX, 1855, pl. 1, fig. 5.
Loche, Description de deux nouvelles espèces du genre Dauphin. D. algeriensis et D. mediterraneus, Revue Er MaAGaziN DE Z00L0G1E,
novembre 1860.
Flower, On the common Dolphin, Delphinus delphis. Proc. Zoo. Soc., april 1879, p. 582.
Flower, On the external characters of two species of British Dolphinis (Delphinus delphis and Delphinus Tursio), Trans. Zooc. Soc., vol. XI,
Reinhardt, Mois om en paa Os/kysten of Jylland fanget Delphinus delphis, Artryk Or ForeniNGs Vinexsk. Mennenezser. Nr. 10, 1860.
Fischer, Célacés du sud-ouest de la France, Act. Soc. LiNx. BoRDEAUXx, t. XXXV, 1881.
Prof. Sir Wm, Turner, Volice of the capture of Delphinus delphis in the Lirth of Forth, Proc. Roxy. Soc. EnixeurGn, 1886-87, vol, IX.
Professor Sir Wm. Turner, On lie stomach in lle Ziphioiïd and Delphinod Wliales. Journ. oF Anar. AND Paysioco@v, vol. XXII, april 13889.
Chr. Fr. Lutken, Bidrag til Kundskab om de tre pelagiske Tandhval- Slœgler Steno, Delphinus og Prodelphinus. K. D. ViDnensk. SELsk. SkR., Arp. v.1. Kjobenhavn, 1889 (avec une planche et une carte).
HISTORIQUE
Le Dauphin delphs est sans doute l'animal le plus anciennement connu du groupe des Cétodontes; c’est de lui que les Grecs on fait le Dieu de la mer.
Pline raconte les histoires les plus merveilleuses au sujet de son intelligence, histoires qui ont dû frapper les anciens qui assimilaient les Dauphins aux poissons. Il rapporte entre autres l’histoire d'un individu lié d'amitié avec un enfant, qui lui donnait tous les matins une partie de son déjeuner. L’enfant était obligé de faire un grand tour sur le bord de la mer, mais bientôt le Dauphin le prit sur son dos et le transporta de l’autre côté. L'enfant étant venu à mourir, Pline rapporte que leur liaison était si grande, que le Dauphin succomba à sa douleur quelque temps après.
Le Dauphin est représenté sur des médailles, mais sous une forme de convention.
Thomas Bartolinus a donné le premier une description anatomique du Dauphin (1654).
Cuvier, en parlant du Dauphin ordinaire, dit : cette espèce est commune à l'Océan et à la Méditerranée, mais on n'a jamais déterminé dans quelles limites elle se renferme. Cuvier démontre que les anciens confondaient des Squales avec les Dauphins. 3
En 1835 Meyer, de Bonn !, a publié un mémoire sur l'anatomie du Dauphin; il passe en revue le squelette avec ses dépendances et les divers appareils; il s'occupe aussi de la question, à l'ordre du jour à cette époque, de savoir si les Cétacés tettent, si c'est de l’eau qu'ils projettent par les narines et s'ils ont de la voix comme les anciens l’ont prétendu.
Lafont et Fischer se sont occupés des nombreuses variétés qui pénètrent dans la baie d'Arcachon.
{ Mayer, Bonn Leytr. zur Anatomie des Delphins, Tied. u. Trevir. Zeils, 1855, p. 3.
C’est dans J’intéressant travail de M. Fischer sur les Cétacés du sud-ouest de la France que l’on trouve les détails les plus complets sur les variations de couleur et le nombre variable de certains os de cette espèce. — Le savant aide naturaliste du Muséum a pu observer divers Dauphins de la baie d'Arcachon, et il admet diverses races dans cette espèce. Lafont leur a même donné des noms.
M. Fischer a fait dessiner le contour de la tête du fœtus.
M. Loche a fait connaitre la description de deux Dauphins, capturés sur les côtes d'Alger, qu'il croit nouveaux pour la science (D. algeriensis et Mediterraneus).
M. Flower a publié une notice sur une femelle qui a été capturée sur la côte de Cornouailles !, et il a coordonné en quelques lignes ce que l'étude des crânes, provenant de diverses mers, lui a appris. Cette espèce est cosmopolite, dit, avec raison, notre savant confrère. ;
I existe, dans les grands Musées, un nombre considérable de squelettes et de crânes qui viennent de différentes mers et dont les animaux ne sont pas suflissamment connus pour Îles déterminer avec quelque certitude. — II y a toutefois un caraetère précis qui les sépare en deux groupes; c’est le profond sillon qui s'étend de chaque côté le long du palais dans les uns et qui manque dans les autres; on peut se servir de ce caractère pour les répartir en deux genres, et mon collaborateur Gervais a proposé le nom d’Eudelphinus, pour désigner les vrais Dauphins, qui ont le sillon, et le nom de Prodelphinus pour ceux qui ne l'ont pas.
Eu mettant sous presse, nous recevons un mémoire intéressant du professeur Lutken sur les genres Steno, Eudelphinus et Prodelphinus. Le genre Prodelphinus est le type par excellence des Dauphins pélagiques, dit le savant professeur de l'Université de Copenhague, et comme son Musée ne renferme pas moins de dix-neuf squelettes, appartenant à ce genre, il a entrepris ce travail dans l'espoir de dégager l'histoire du genre des incertitudes qui l’obscureissent encore.
WP 7. Sapril 189;
SYNONYMIE
Delphinus delphis, Linné, Systema natur«.
Deiphinus delphis, Cuvier, Rech. ossem. foss.
Delphinus delphis, Fr. Cuvier, Histoire naturelle des Cétacés.
Delphinus delphis, Gray, Erebus and Terror.
Delphinus delphis, Nilsson, Skand. Fauna.
Delphinus delphis, Liljeborg, Sveriges och norges Ryggradsdjur, Upsala, 1874.
Delphinus delphis, Gervais, Zoologie et Paléontologie fran- (aises.
Eudelphinus delphis, Van Beneden et Gervais, Ostéologie des Cétacés.
Le Dauphin du cap Finistère, que Malm rapporte au Delphinus major de Gray, doit être identifié avec le Delphinus delphis 1. ,
Le D: Fischer pense que le D. mediterraneus de Loche est un Dauphin ordinaire. Il admet cinq variétés auxquelles il donne les noms de Fusus, Souverbianus, variegatus, balteatus et moschalus.
Meyer a donné le nom de Delphinus cœruleo-albus à un Dauphin des côtes est de l'Amérique méridionale et qui n’est probablement qu’un D. delphis ?.
M. Flower pense que le D. bairdii pourrait bien être le Dauphin delphis, mais il faudrait le squelette de l'animal pour le décider.
Nous partageons l'avis de différents auteurs, qu’il existe des races ou variétés innombrables, qui se distinguent par la taille, Ja coloration du corps, la longueur du rostre et le nombre de dents.
C'est sans doute un exemplaire de cette espèce dont parle M. Chaves dans l’énumération des Cétacés des Acores et auquel il accorde # dents.
* Mac, Kongl. Svenska. Vetensk. Akad., Handlingar, Bd. 2, n° 2, 1870, ? Nov. act. nat. cur., XVI, pl. 45, fig. 2.
( 568 CARACTÈRES ET DESCRIPTION
Ce qui distingue le Dauphin ordinaire, qui nous occupe. de tous les Dauphins de nos mers d'Europe, ce sont les gouttières assez profondes le long du palais entre la ligne médiane et les dents.
Les os palatins, dont nous trouvons un croquis dans Flower, sont également caractéristiques.
Reinhardt fait remarquer que les os intermaxillaires sont soudés.
Ce Dauphin se distingue, également, par sa taille qui est en moyenne de deux mètres; un mâle capturé sur les côtes de Bretagne en mesurait 2",350mm,
Les pêcheurs de Concarneau ont trouvé en mer un Dauphin delphis mâle de huit pieds de long, mort probablement de mort naturelle 1,
Le Dr Fischer a eu de nombreux matériaux à sa disposition provenant d'animaux adultes de la baie d'Arcachon et il donne comme taille moyenne un peu plus de 2 mètres.
Les sexes ne diffèrent point par leurs longueurs.
Les dents varient de 33 à 50 et même à 59; d’après les têtes du Musée de Leyde elles varient de 50 à 53.
Le professeur Flower donne la formule dentaire suivante
aé—ss 48—47°
Le Dauphin ordinaire a, en venant au monde, de 5 à 7 poils dans ses moustaches. Fischer à trouvé dans un fœtus mâle, probablement à terme, 6 à droite, T à gauche, longs de 5 à 10 millimètres. Dans un autre fœtus, long de 56 centimètres, une femelle, Fischer en a vu 5 de chaque côté.
Comme nous l'avons déjà dit, c’est à Belon et à Rondelet que l’on doit les premières notions sur Panatomie du Dauphin.
Le nombre de vertèbres n’est pas toujours le même. Cuvier neleur en accorde que 67; mais dans Ja seconde édition de son Anatomie comparée, le nombre est porté à 73 (ce. 7, d. 14, 1. 19;%e. 35).
LE. Van BexEDEX, Sur un Scol:x de Cestode. Comptes-rendus … nov 1858.
RE
Le Dr Fischer leur en accorde 74.
Dans un squelette complet de Louvain nous comptons : CEE 922, c: 30 —=73:;"et 20 0s'en V.
Dans le squelette du D. delphis d'Australie, conservé au Musée du Collège des chirurgiens, nous comptons : cervicales 7, dorsales 14, lombaires 21, caudales 31, ensemble 73.
Les deux premières cervicales se soudent, les cinq autres restent libres.
Les côtes varient de 14 à 16 et le nombre n’est pas toujours le même des deux côtés, chez le même individu.
L’omoplate est fort remarquable par la soudure de lacromion avec le bord inférieur de la partie plate de los.
M. Lefond a vu le nombre de vertèbres dorsales et caudales varier d’un individu à l’autre.
Le nombre de phalanges varie ; nous avons trouvé : 1, 9, 6, 9, 4; Cuvier, 1, 8, 6, 3, 1 ; Flower et M. Weber, 2 à 3, 8 à 9, bà7,2à4,1à2.
Le nombre de phalanges n'est pas constant dans le même doigt de divers individus; 11 existe le même nombre total que Cuvier a indiqué, mais lPindex à une phalange de plus dans celui que le professeur Leboucq a décrit et le troisième doigt a une phalange de plus dans celui de Cuvier. Dans les individus décrits par MM. Flower et Weber, les plalanges sont plus nombreuses à la plupart des doigts. Il est le même à l'index et au suivant |.
Le professeur Meyer, de Bonn, a publié la description de plusieurs organes : le squelette de la tête, le bassin, la cavité de la bouche, les poumons, le cœur, le canal digestif, l'appareil urinaire et sexuel, le cerveau, lPœil, l'oreille, et envisage ensuite ces organes au point de vue physiologique.
Le professeur Sir Turner a publié un dessin de l’estomac avec une description de la rate et du pancréas.
Tiedemann ? et Stannius ont fait connaître le cerveau.
1 Lepouco, Anatom. Anzeiger, 1887, p. 205.
? TIEDEMANN ET TREVIRANUS, Zeitschrift für Physiologie, V, p. 3.
(570 ) MOEURS
En prenant le Dauphin pour un poisson, les anciens ont dü être naturellement émerveillés de la supériorité de cet animal ; aussi Pline raconte les histoires les plus extraordinaires de son attachement à l’homme et de ses qualités psychiques.
C'est de tous les Cétacés celui dont les anciens ont pu le plus facilement étudier les mœurs.
Leur nourriture consiste en petits poissons ; on en voit régulièrement sur les côtes de Bretagne qui poursuivent les bancs de Sardines. Sans citer l'espèce, Lesson dit qu'en a trouvé, dans leur estomac, des Poulpes et des Poissons volants.
Pendant l'hiver le Dauphin pénètre régulièrement dans la
baie d'Arcachon.
Nous avons tout lieu de croire que le Dauphin, comme plusieurs autres Cétacés, vivent, au moins pendant une certaine époque de lannée, par couples. On a capturé, dans la baie d'Arcachon, le 6 juillet 1866 un mâle et une femelle, tous les deux adultes et avec eux une jeune femelle ; deux jours après on a pris deux autres individus, un mâle et une femelle également, mais tous les deux plus jeunes que le premier couple.
On a fait l'observation sur la côte d'Écosse que dans une petite school de Dauphins la plupart d’entre eux nageaient par couples.
On ne connaît rien de plus que ce qu’Aristote nous apprend au sujet de la gestation : la durée est de dix mois, dit-il, et la femelle met bas pendant l'été, ce qui rapporte en automne l'époque de l’accouplement.
Dans la baie d'Arcachon on a capturé le 21 mars 1873 une femelle pleine qui portait un fœtus presque à terme; une autre femelle capturée le 2 mars 1868 nourrissait son petit.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Le Dauphin qui nous occupe appartient avant tout aux régions tempérées ; il est commun dans la Méditerranée, plus commun encore, paraît-il, dans la mer Noire, visite la Baltique,
se montre régulièrement dans la baie d'Arcachon, ne visite qu’accidentellement la côte d'Écosse et se rend dans l'autre hémisphère.
Les pêcheurs de Cachalots aux îles de larchipel des Açores voient souvent dans les bandes (schools) qui approchent les iles, des Dauphins et des Marsouins. Nous supposons que les Dauphins appartiennent au D). delphis, mais nous ne savons si, sous le mot Marsouin, ils n'entendent pas un autre Cétacé que le Marsouin ordinaire.
Le Toninha des Açoréens est peut-être le Dauphin delphis, mais il faudrait voir les rainures palatines, dit avec raison M. Lutken. D’après H. Drouet, sous le nom de Toninha, les Açoréens désignent le Marsouin. L'espèce qui nous occupe y porte le nom de Golfinho. I apparaît en été dans la mer des Açores, dit M. H. Drouet, et il assure qu'il y est assez abondant, qu'on le pêche dans ces eaux au filet et au harpon.
S'il y avait un Cétacé propre à la Méditerranée, ce serait évidemment le Dauphin qui nous occupe; on le voit pendant toute l’année sur les diverses côtes de cette mer intérieure et il visite l'Adriatique comme la mer Noire et la Baltique. Rathke en a rapporté de son voyage en Crimée un squelette qui est heureusement conservé au Musée de Kônigsberg.
El. Reclus rapporte (Nouvelle Géographie universelle, vol. VE, p.112), qu'en 1872 on captura 3 800 Dauphins dans la seule rade
de Soukhoum (côte occidentale du Caucase), mais il est probable que sous ce nom on confond le Marsouin et le Tursiops.
C’est le Dauphin sédentaire sur tout le littoral de France dans la Méditerranée, dit Paul Gervais. Celui-ci en possédait des exemplaires du golfé de Lyon, particulièrement de Cette (Hérault), de la Nouvelle et de Gruissan (Aude).
Sur les côtes de Livourne et dans les eaux de Venise on le voit surtout en mars et en juin, dit le professeur Giglioli.. un poco mena frequente del D. Tursio, nel mare Tirreno, è invece piu abbondante di quella nel Mare Ligustico 1.
! GiGLiout, Elenro dei Mammiferi…. a pp. alla fauna italica, Firenze, 1880.
On voit ce Dauphin assez communément sur les côtes d'Espagne et dans le golfe de Gascogne ; on le voit apparaitre régulièrement sur la côte de Bretagne pendant la pêche de la Sardine. Le pilote Guillou nous a assuré que dans sa jeunesse on ne voyait pas ce Cétacé à l’époque de cette pêche; il ne Pa vu apparaitre assez régulièrement, ajoutait-1l, que depuis quelques années.
En mars 1879, on en a capturé une femelle dans les filets à Maquereaux sur les côtes de Cornouailles; on a capturé aussi un mâle dans le canal S'-Georges, à Holyhead.
Visite-t-il le Nord et se rend-il jusqu'aux côtes du Groënland comme quelques naturalistes l’ont prétendu ? Malmgren assure en avoir vu en avril 1861 sur les côtes de Norwège (Westfiord) une gamme de plusieurs milliers d'individus ; ce sont sans doute des Lagenorhynques qu'il aura aperçus; le Dauphin ordinaire ne vit pas régulièrement en si grand nombre.
Il est positivement rare sur les côtes d'Écosse et de Danemark et l’on peut aussi dire qu'il est rare dans la mer du Nord. Eschricht disait même qu'il ne visite pas cette mer.
Pollas parle du D. delphis et fait mention de sa présence ‘ dans la Baltique. Il en existe au Rathhause de Dantzig une peinture qui a été faite d’après nature.
Le professeur Reinhardt a publié une notice sur cette espèce, dans laquelle il constate sa présence sur les côtes de Danemark.
Il parait même que l’on en prend tous les ans, dans les pêcheries du Marsouin, dans le grand et le petit Belt, où ce Cétacé est à la poursuite des harengs.
M. Lilljeborg cite la présence de ce Dauphin sur les côtes scandinaves d’après des pièces conservées au Musée de Christiania.
Quoique lon connaisse quelques captures faites jusque sur différentes côtes de la mer du Nord, on peut dire, nous semble-t-11, que le Dauphin ordinaire n’est pas un animal ni de cette mer du Nord, ni de la Manche.
A propos d’une capture faite sur les côtes d'Écosse, le professeur Sir Turner a publié une notice intéressante dans les
CO
Proceedings de la Société royale d'Édimbourg !. Une school de six à huit individus a fait son apparition dans la baie de Forth au mois de février 1887, et les individus nageaient par couples. Un individu du sexe femelle fut capturé. Sir Turner fait remarquer que la présence de cet animal dans ces parages est purement accidentel.
On conserve du reste depuis près de trente ans un Dauphin delphis empaillé au Museum of Science and Art d'Edinburg.
Le professeur Flower exprime des doutes au sujet de sa présence sur les côtes du Groënland.
Mais si ce Dauphin ne se rend pas régulièrement au Nord, il voyage vers l’Ouest, pour visiter les côtes de l'Amérique du
Nord et se rend même dans l’autre hémisphère jusqu'aux eaux
de nos antipodes.
On le trouve positivement de lautre côté de l’Atlantique. Allen dit qu'il visite par petites bandes les baies de son pays ?. A l'Exposition internationale de la pêche qui vient d’avoir lieu à Londres, les États-Unis d'Amérique ont exhibé des squelettes qu'on a pu comparer à ceux de nos côtes, et M. Flower n'a pu découvrir la moindre différence entre eux ÿ.
Il visite la côte occidentale d'Afrique et lon a reconnu sa présence au cap de Bonne-Espérance.
On en voit, au Muséum de Paris, un squelette qui y a été envoyé du Sénégal par MM. Perrotet et Leprieur.
Schlegel fait mention d’un squelette du Musée de Leyde qui a été envoyé du cap de Bonne-Espérance.
* Il vit dans les eaux de nos antipodes.
On voit, au Muséum de Paris, un squelette de Tasmanie, rapporté par J. Verreaux, et un autre par Hombrone et Jaquinot.
Le Musée de Hunter a reçu de Tasmanie une série de sque-
1 Notice of the capture of Delphinus delphis, in the Firth of Forth, Proc. or THE Royaz raysicaz Society, Edinburgh, 1886-87, vol. IX.
2? Visits aus bay occasionally in smal! schools. Allen. Mamm. Massach.
5 FLower, On the Delphinidæ, p. 505.
lettes qui sont en tout semblables à ceux de nos côtes, dit M. Flower.
M. Flower a reçu également un squelette de la Nouvelle- Zélande qui ne laisse aucun doute sur l'identité de l'espèce.
C'est aussi un Dauphin ordinaire que Quoy et Guimard ont observé à la Nouvelle-Zélande et dont ils ont publié une aescription et une figure dans le Voyage de l’Astrolabe, planche XXVIIL, fig. 1.
Ainsi, d’après ce que nous venons de voir, le Dauphin delphis est répandu dans les deux hémisphères et, comme les Liphioïdes, il est cosmopolite, avec la restriction qu'il ne quitte pas les eaux tempérées.
Newton a trouvé des ossements de D. delphis à Overstrand Norfolk), dans le Forest-Bed (Newton).
MUSÉES
On connait des têtes, si pas des squelettes complets, dans presque tous les Musées où l’on conserve des squelettes de Cétacés : nous pouvons citer, par ordre alphabétique, les Musées de : Amsterdam, Arcachon, Berlin, Bonn (deux têtes), Bordeaux, Boulogne, Brest, Bruxelles, Cherbourg (plusieurs têtes), Copenhague, Dantzig, Dorpat, Florence, Giessen, Gôttingue, Groningue, Heidelberg, Kônigsberg, Leyde, Liège, Londres : British Museum et Collège des chirurgiens, Louvain, Paris, Pise, Stockholm, Upsala.
A Kôünigsberg on conserve le squelette rapporté par Rathke de la mer Noire.
À Oxford on conserve le squelette d’un mâle capturé à Holyhead.
Au British Museum on voit un moule coloré de la tête de mâle et de femelle, un individu adulte et un autre jeune monté, des squelettes et des crânes de la mer du Nord, de l'expédition antarctique, de l'Atlantique australe, de Tasmanie, de la Nouvelle-Zélande, etc., etc.
Au Collège royal des chirurgiens on voit un squelette complet d'Australie.
Mayer, dans ses Beiträge fur Anatomie der Delphinis, fait mention de six têtes de Marsouins, deux de Dauphin delphis et d’une de Tursiops au Musée de Bonn.
DESSINS
On possède aujourd'hui de très bons dessins de cette espèce. Cest naturellement le Cétacé qui a été le plus souvent figuré. Les artistes représentent le Dauphin tout autrement qu'il n’est dans la nature.
M. Flower a passé en revue les différents dessins qui ont été publiés par des naturalistes.
Les premières figures, plus ou moins inexactes dans leur contour, sont d’abord celle de Belon (1551); vient ensuite celle de Rondelet (1554), puis celle d’Aldrovande (1613). Ces figures ont été souvent copiées, entre autres par Willugby.
Rondelet représente un Dauphin mettant bas. On voit le fœtus dans ses enveloppes.
La figure de Bonnaterre, reproduite par Lacépède, n'est pas celle d’un individu de cette espèce puisque l'animal, d’après lequel elle a été faite, avait 9 pieds de long.
Hunter en a publié une bonne figure sous son véritable nom Î.
On voit, dans Lacépède, un dessin qui représente le corps, planche XIIT, fig. 1, la tête, planche XIV, fig. 1.
On en trouve un dessin dans le Grand dictionnaire des sciences naturelles, planche XCVIIT (Cétacés,, et dans l’/conographie du règne animal (Mammifères, planche XLVIT, fig. 1, l'animal, fig. 1°, la tête).
Il en existe un bon dessin dans les vélins du Muséum, qui a été reproduit dans le Règne animal illustré de Cuvier.
Fréd. Cuvier en a également publié un dessin, Histoire naturelle des Cétacés, 1856, tab. IX, fig. 4-5.
4 Encyclop. méthod. célolog., pl. X, fig. 2.
Gray en à publié une figure dans le Voyage d'Erebus and Terror.
Le Dr Fischer publie trois dessins d’une femelle, prise dans la baie d'Arcachon le 16 mars 1872, planche VI, figure I, et planche V, d’un mâle et d’une femelle pris dans la même baie, le mâle le 16 mars 1872, la femelle le 22 janvier 1809.
Dans les Transactions de la Société royale de Zoologie 1 se trouve le dessin d’une jeune femelle capturée dans les filets à maquereaux sur les côtes de Cornouailles.
M. Flower a publié le dessin d’un mâle qui à été capturé près de Holvhead, dont le squelette est au Musée d'Oxford. C'est une des meilleures figures ?.
Une bonne figure de ce Dauphin a été publiée également par Reinhardt, d’après un individu capturé sur les côtes de [vtland.
Il n’est pas en couleur.
M. Clark en a également publié un dessin 3. Nous en trouvons encore un dessin dans les Abhandlungen de Schlegel #, d’après un individu de grande taille.
Le squelette et les divers os ont souvent été dessinés depuis la publication des Recherches sur les ossements fossiles de Cuvier. ;
Le squelette entier est bien figuré dans Rapp (Die Cetaceen, pl AV:
Paul Gervais a fait figurer le palais avec les os ptérygoïdes à côté du palais du Delphinus Tethyos où Prodelphinus, en 1853.
Dans lOstéographie des Cétacés, 11 y a consacré plusieurs planches.
Nous devons aussi aux soins du capitaine Jouan, de Cherbourg, la photographie des diverses têtes qui sont conservées au Musée de cette ville.
LEPPZAS STI) p- 682:
? Transactions de la Société Zoologique de Londres, en 1880, vol. XI, part. 1, pl. I
5 Ann. a. Mag. nat. hist. 1849.
# Abhandl., pl. IV, fig. 2.
PARASITES
Le Dauphin loge des parasites en transit (Xénosiles), qui restent agames, mais la plupart d’entre eux sont des vers arrivés à leur destination (Nostosites) et qui sont sexués.
On trouve chez lui des vers des divers ordres : des Trématodes, des Cestodes, des Nématodes et des Échinorhynques.
Ds se logent principalement dans les voies aériennes, dans les voies digestives et dans la peau. Ces derniers sont Xénosites.
L’Ascaris simplex à été trouvé dans lestomac par H. Gervais 1 et Megnin ?. Nous l'avons également trouvé dans l'estomac.
Lesson parle de Nématodes, sous le nom de Vers lombries, qu'il a trouvés adhérents aux parois du tube digestif de Dauphins dont il ne cite pas le nom spécifique. Il ne cite pas non plus les lieux de capture de l'individu qu'il a eu l’occasion d'examiner sous le rapport de l’organisation 3.
L’Ascaris mystax à été signalé sous la peau, par Villot #.
Le Trichosoma delphini à été observé dans le poumon par H. Gervais.
Diesing fait mention du Conocephialus typicus, dans l'estomac (Revision des Nématodes).
Dans un Dauphin du Brésil, désigné sous le nom de Delphinus amazonicus, Diesiag signale, dans l'estomac, un autre Nématode auquel il donne le nom de Peritrachelius insignis. Ce ver a été trouvé par Natterer ÿ.
Les Strongles que Von Baer a trouvés dans la veine azygos et dans l'artère pulmonaire, le premier de T pouces de lon-
! H. Gervais, Sur les Entozoaires des Dauphins, COMPTES RENDUS, 20 novembre 1871.
# MEGniN, Sur le développement de l'Asc. simpleæ, SOciËTE DE Bi0LOGIE, de Paris.
5 OEuvres complètes de Buffon. Compiement par R. P. Lesson. Cétacés. Paris, 1828.
* Archiv. Zoo! eæpérim., L IV, p. 467, pl. XII.
5 Diesinc, Syst. helm., vol I p 210.
sueur, le second de 6 pouces, se rapportent sans doute au genre Prosthecosacter proposé par Diesing f.
L'Echinorhynchus pellucidus à été trouvé dans l'intestin de cette espèce par Leuckart. On a signalé des Échinorhynques dans plusieurs autres Cétacés, même assez communément dans des Balénoptères ?.
On a signalé plusieurs Trématodes dans le Dauphin ordinaire qui sont tous nostosites.
Un Distome nouveau a été observé par A. Loos dans les conduits excréteux du foie et a été nommé par Leuckart Distoman palliatum 3.
Henri Gervais a aussi observé un Distome dans le Dauphin, pour lequel il a proposé le nom de Distoma delphini #.
Le professeur Claus a vu un Trématode semblable à un Distome dans lintestin de notre Cétacé 5.
Diesing fait mention également d’un Distome, sous le nom de Distoma lancea, qui a été recueilli au Brésil, par Natterer, dans les canaux biliaires du Delphinus tacushi 6, capturé ad Barra do Rio negro, dit l'étiquette. C’est peut-être le même Dauphin que Gray désigne sous le Steno tucuxi T.
Blainville a parlé d'un Monostomum delphini enkysté dans la graisse d'un Dauphin indéterminé.
On trouve aussi dans le Dauphin ordinaire des Cestodes zénosites, comme dans la plupart des poissons osseux, et l'on peut se demander, si ce ne sont pas des parasites égarés. Nous ne savons quels sont les animaux auxquels la chair des Dauphins pourrait servir de pâture.
Depuis longtemps, Bose a signalé des Hydatides dans le lard
! Beiträge zur Kentniss der Nied. Thiere, p.560
? Brev. anim. desrrip., 25, fi. 6, a, b.
5 A. Loos, Beiträge zur Kentniss der Tremaloäen, distomum palliatum, Nov sp, Zeirs F.wiss Zoo1., 41 vol., pl. XXII.
# Comptes rendus, 20 novembre 1871.
» LeuckarT, Die Parasiten des Menschen, en note, p 157
DiesixG, Syst. helin., vol. F, np. 554.
7 Gray, Catalogue of Seals...., p. 256.