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HISTORIQUE
En 1846 Brightwell a décrit un Dauphin sous le nom de Tursio, d’après une femelle prise non loin de Yarmouth. — Peu de temps après, Gray vit dans ce prétendu Tursio une espèce nouvelle à laquellé il proposa de donner le nom d’A/birostris, tout en élevant l'espèce nouvelle au rang de genre. — Il donna le nom de Lagenorhynchus à cette nouvelle division générique.
L'année suivante Eschricht reçut un squelette de ce même Dauphin et, lui trouvant 94 vertèbres, le décrivit comme nouveau sous le nom de Delphinus ibsenii.
On voit que les Cétacés, même de nos parages, étaient encore peu connus 1} y a quarante ans.
En 1852 un Dauphin est capturé dans le port de Kiel et le
docteur Claudius en fait le sujet d’une Dissertation inaugurale ;
Claudius y reconnait le Dauphin signalé par Gray et le décrit sous le nom spécifique d’Albirostris. Il fait remarquer que Schlegel distinguait parmi ces Dauphins, des Tursio, des Marsouins et des Rhinodelphines et il en expose les synonymies, les caractères distinctifs et les lieux où ils ont été capturés. Il y a deux espèces dans ce genre, dit-il, le Delphinus Eschrichtii et le Delphinus albirostris.
En 1851, à la fin du mois d'avril, les pêcheurs d’Ostende capturèrent une espèce de ce genre, longue de 2,33, qui se faisait remarquer par son rostre tout blanc, par sa tête assez large, ses dents aiguës et ses nombreuses vertèbres.
Au mois de mai 1852 une autre femelle fut amenée par les mêmes pêcheurs, et nous en conservons le squelette à Louvain.
Nous avons fait mention de ces captures en 1860, dans nos Recherches sur la Faune littorale de Belgique.
En 1876 à paru un mémoire de Jul. Münter dans les Witth. a. d. naturw. Vereine von Neu-Vonpommern und Rugen, sur le Cétacé qui nous occupe.
Depuis lors on a encore capturé divers individus sur les côtes d'Angleterre, à Ramsgate, à Yarmouth, à Great Grimsby, à Lowestoft et sur les côtes d'Écosse.
Un mâle, capturé sur les côtes sud de l'Angleterre, a permis à M. James Murie d'étudier l’organisation de cet animal; le savant anatomiste fait connaître plusieurs appareils et représente la cavité de la bouche, une partie dela langue, les muscles et le globe de l'œil. |
M. Murie pense que la capsule synoviale de la mandibule manque dans les Delphinides qui nous occupent, comme dans les Balénoptères.
Il décrit séparément les reins, le pénis ainsi que les os du bassin.
Max Weber a fait une communication sur un individu de cette espèce, à une réunion de naturalistes, tenue à Gorkum, le 11 juillet 1886; il a réuni dans cette notice à peu près tout ce que l’on connaît sur ce Cétacé, à propos d’un mâle échoué le 28 juin 1886 à l’île Vlieland près de Coksdorp. Il a annoncé le 29 novembre 1887 à l'assemblée scientifique extraordinaire d'Amsterdam, à propos de la prise de ce jeune animal, qu'on peut considérer dorénavant ce Delphinide comme une espèce propre à la Faune des Pays-Bas.
SYNONYMIE
Delphinus (Lagenorhynchus) albirostris.
Delphinus tursio, Brightwell, Ann. a. Mag. of nat. hist., vol. XVIT, 1846.
Lagenorynchus albirostris, Gray. Ann. a. Mag. of nat. hist., vol. XVII, p. 84, 1846.
Delphinus ibsenii, Eschricht, Kongl. Danske vid. Selskab., vol. XIT, Comptes rend. Acad. sc., juillet 1858.
Delphinus albirostris, Claudius, Dissertatio de Lagenorynchis, Kiliæ, 1853.
Delphinus albirostris, Van Beneden, Recherches sur la Faune littorale de Belgique, Mém. Acad. roy. de Belg., t. XXXIL, 1860.
D'après Max Weber, Sundevall à décrit le Lagénorhynque albirostre sous le nom de Tursio.
Tonninck, des pêcheurs.
CARACTÈRES ET DESCRIPTION
La tête se prolonge en une sorte de bec; depuis sa base, toute la tête, le dos, la nageoire dorsale, la base de la queue et le côté du corps jusqu’au milieu des flancs, la nageoire caudale et une grande partie de la pectorale sont du plus beau noir. — Le bec est d’un blanc jaunâtre. — Toute la face inférieure du corps est d’un blanc luisant, et une bande blanche s'étend sur les flancs, depuis le dessus des yeux jusqu'à la nageoire dorsale en se perdant sous l'abdomen.
L'animal atteint trois mètres de longueur. Le mâle déerit par Brightwell ne mesure que # pieds 9 pouces. Le mâle décrit par Clarke, 5 pieds 5 1/ pouces. Celui décrit par M. Weber avait ? mètres 74 centimètres.
Le mâle de l'embouchure de la Dee mesurait 9 pieds.
M. Weber fait le relevé des mesures de sept mâles et de cinq femelles et trouve un mâle de 2",99 et la plus forte femelle 2,49.
Il en résulte que les mâles sont plus grands que les femelles.
Le nombre des dents est à peu près le même des deux côtés : le nombre le plus élevé observé par Claudius est de 27, en dessus et en dessous. Le même animal avait aussi le nombre le plus élevé de vertèbres. Le nombre de dents le plus bas est de 22. M. Weber en a observé 25 de son côté. J. Murie en a trouvé 22 et 25.
Les dents du mâle adulte étudié par J. Murie, sont au nombre de 94, réparties de cette manière : 5%, 11 y a de plus deux denticules; le Dauphin étudié par Brightwell a le même nombre.
Le jeune mâle de Great Grimsby en a davantage, puisque
nous trouvons =. Les deux femelles que nous avons reçues
d’Ostende en avaient £; Liljeborg en a compté # et Gray +. Les dents varient ainsi entre 22 et 27 en haut et en bas.
Le squelette du Collège des chirurgiens provenant de Norwège en a 28.
La colonne vertébrale compte sept cervicales, dont les deux premières sont soudées ensemble, quinze ou seize dorsales, vingt-trois lombaires et quarante à quarante et une caudales, ensemble quatre-vingt-dix vertèbres ; c’est aussi le nombre trouvé dans le jeune mâle d'Édimbourg et le mâle décrit par Clark.
Le nombre ordinaire des vertèbres est de 90. — Claudius en a trouvé jusqu’à 92, Clark 91, Eschricht 94.
L'individu de Claudius avait T cervicales, 15 thoraciques et 70 lombo-caudales.
Les deux premières cervicales sont également soudées dans le squelette du mâle de Lowestoft décrit par Clark.
Le sternum est échancré à son bord antérieur.
Willy Kukenthal a figuré une nageoire pectorale de Lagenorhynchus acutus, d'un embryon de 41 centimètres ; les phalanges sont 3, 11, 7, 5 et 2; le premier doigt n’a pas de point d'ossification, le second en a six, le troisième quatre, le quatrième un seul, le cinquième n’en a pas, comme le premier f.
Les viscères avec l'estomac ont été décrits par le professeur Cleland 2. >:
M. Clark et Max Weber font la description du tube digestif. L'estomac diffère de celui des Marsouins et de celui des Globiceps.
Le professeur sir Turner vient de publier une notice sur l'estomac de plusieurs Ziphioïdes et Delphinides; il a eu loccasion de comparer cet organe d’un Lagénorhynque adulte avec celui d’un nouveau-né, et publie le dessin de plusieurs estomacs à.
Nous avons décrit une partie des organes sexuels femelles et nous avons reproduit la face interne du vagin et des intestins grêles pour montrer la disposition alvéolaire de la muqueuse.
1 Anal. Anz , 17 novembre 1888, p. 912.
? Journal of anatomy and physiology, vol. XVII, 1884. 5 Journal of anatomy and physiology, vol, XXIV, après 1889.
Les moustaches à l’âge embryonnaire sont formées de six ou de huit poils.
A en juger par les individus capturés, il y aurait à peu près un nombre égal de mâles et de femelles dans les bandes.
D’après un relevé fait par M. Weber, sur douze individus échoués, il y avait quatre femelles et sept mâles.
Nous ne connaissons guère de leurs mœurs que le résultat de la visite que nous avons eu l’occasion de faire dans leur estomac.
Les deux individus que nous avons eu l’occasion de voir frais à Louvain, avaient leur estomac plein d’arêtes de poissons, au milieu desquels se trouvaient des pattes de Pagurus Bernhardii et des opercules de Buccinum undatum. W y avait au moins deux litres d’arêtes de poissons avec des Otolithes en proportion qui appartenaient sans distinction au Merlan (Gadus merlanqus).
Ces deux individus, quoique pris l’un en hiver et l’autre en été, avaient lun et lautre l’estomac littéralement rempli d’arètes de la même espèce de Gadus.
Sur les côtes de Groënland, les Lagénorhynques font la chasse aux Malotus arcticus et Gadus agilis, aux Céphalopodes et aux Crustacés, dit Holbôll.
11 paraît que ces Delphinides vivent par gammes de plusieurs centaines d'individus.
Nous ne connaissons presque rien de précis au sujet de l’époque de leur parturition et des lieux où elle s'effectue.
Une femelle, dont le docteur Joass fait mention, était grosse au mois de mai.
En juillet 1862, deux femelles pleines, capturées sur les côtes de Suède {à Gullholmen in Bohuslän) portaient chacune un jeune de 3 pieds de longueur.
Au mois de juin, Holbôll a vu, sur la côte de Groënland, des jeunes Lagénorhynques accompagnés de leur mère, et au mois d'octobre, dans les mêmes parages, des femelles pleines.
En septembre 1881, on a capturé un jeune animal qui avait encore une partie de son cordon ombilical. D’après cela il faut
croire que la parturition a lieu au milieu de l'été, sans doute en juin et juillet, dit le professeur Sir Turner.
La pêche des Lagénorhynques se fait sur les côtes de Norwège. On en prend jusqu’à 1000 et 1500 à la fois.
L’Albirostris est celui qui se pêche surtout dans le détroit de Davis.
Cette année 1885, au milieu de l'été, on a capturé de 200 à 300 Lagenorhynchus acutus à la fois, près de Bergen.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Robert Brown cite les deux espèces de Lagénorhynques parmi les Cétacés propres aux côtes du Groënland. Il n’est pas douteux que fort souvent ces Dauphins ont été confondus avec d’autres espèces.
Les baleiniers, comme les marins, s'accordent à dire que certains Dauphins vivent par bandes nombreuses dans la mer du Nord et lAtlantique septentrionale et qu'ils pénètrent méme dans la Baltique.
Nous savons que les Lagénorhynques hantent aussi la mer Pacifique, comme d’autres Cétacés de l'Atlantique.
Le cap. Scammon, sous le nom de Common porpoise, désigne un Lagénorhynque; il en a vu apparaître brusquement par milliers en octobre 1872, et pendant une heure on en voyait tout autour du navire aussi loin que l’œil pouvait porter.
Eschricht nous apprend que cette espèce paraît régulièrement dans le détroit de Davis à la suite des poissons passagers, en même temps que le Megaptera boops, les Balenoptera muscuius, rostrata et le Phocæna communis. C’est à l’époque où la Baleine et le Narval quittent leur quartier d'hiver pour retourner dans les régions polaires.
Les marins font mention de gammes nombreuses qui apparaissent près des côtes de Norwège.
Holbüll fait mention du Dauphin delphis qui a paru au nord de Sukkertoppen ; il indique trois endroits où il est connu d'après lui : à Grädefiord, 63° 24, à l’île Stor, près de Frederikshaab et près de Nenortalik.
On le trouve toujours en société, dit-il, et seulement pendant lété.
C’est sans doute un Lagénorhynque qu’il a pris pour le Dauphin ordinaire.
Voici dans quel ordre les principaux Cétacés de la mer de Baftin et du détroit de Davis font leur apparition.
Après la retraite des Beluga, des Narvals et des Mysticetus du détroit de Davis, pour reprendre leur quartier d'été au nord, arrivent dans ces mêmes parages plusieurs espèces du sud, qui viennent y faire leur quartier d'été. On voit arriver successivement du sud la Megaptera boops, que lon pêche à Frederichshaab au 64 degré de latitude, puis la Balenoptera Sibbaldii et, après ces deux grandes espèces, la petite Balenoptera rostrata, puis je Marsouin et après eux le Lagénorhynque albirostre.
Il paraît qu’en hiver ce sont les mollusques Hétéropodes et les Crustacés qui dominent dans ces parages, tandis qu’en été ce sont les poissons.
Le Braunfisch, que les Groënlandais appellent Nisa, apparait à la fin d'avril sur les côtes du Sud-Groënland et quitte en novembre. Si le froid n’est pas trop grand, il reste Jusqu'en novembre.
Ce Braunfisch ou Nisa des Groënlandais ne peut-être qu'un Lagenorhynchus.
Holbôll la observé encore au nord de Godhavn, mais il ignore si on le voit encore à Upernavik. Il en a distingué de 6 1} pieds. On le voit toujours par gammes nombreuses. On en prend dans des filets de phoque.
On le cite sur les côtes de Tromsoe !.
D’après les renseignements fournis, surtout par les captures faites plus ou moins accidentellement, cette espèce apparait régulièrement sur les côtes d'Angleterre, pendant les mois de mars et d'avril.
3 ScuxEIDER, Delphinus albirostris, Tromsoe Museums Aarsbftr., 1, avec une planche.
Nous avons fait le relevé des différentes captures qui ont été consignées dans les recueils périodiques : nous trouvons d’abord qu’en 1846 une femelle a été capturée sur les côtes de Norfolk, dont le squeletteest conservé au British Museum !.
A l'embouchure de la Dee (canal Saint-Georges) on a capturé un mâle en décembre 1862. Un autre mâle a été pris à Liverpool.
Un mâle a été également capturé au sud de l'Angleterre en
1871 (Murie) ; le squelette est au British Museum 2. = Un jeune mâle a été capturé aussi par les pêcheurs de Lowestoft (côte de Norfolk) le 26 mars 1867; il est décrit par Clark, P. Z. Soc., 1876, p. 686.
On en a pris ég EU côtes d'Écosse 3. M. E. R. Alston n’en avait pas fait mention dans sa Faune d'Écosse 4.
En septembre 1879 M. J. Y. Buchanan a pris un individu adulte appartenant à une school, in kilbrennan sound, Firth of. clyde. I musurait sept pieds neuf pouces.
C'est le 19 capturé dans les eaux anglaises (British waters) et le premier dans les eaux d'Écosse.
En septembre 1880 un jeune mâle a été pris à l'embouchure de la Tay; il a été envoyé a Glasgow (Kelvingrove museum).
M. J. M. Campbell en a donné uné description 5.
B. Cunningham a acheté de pêcheurs d'Édimbourg un jeune mâle, capturé à Great Grimsby, en septembre 1875.
Au mois d'avril 1879, M. Clark a exhibé à la Société zoologique de Londres, un dessin d’un Dauphin mäle non adulte, capturé à Ramsgate.
Une femelle de à pieds 7 pouces a été capturée en 1885 sur la côte ouest d'Angleterre et amenée à Yarmouth 6.
DONS EMISTE
? Ann.nal hist. 1846.
5 Hardiwicke science Gossip, 1880.
4 Fauna of Scotland. Glasgour, 1880.
$ Natural history Society of Glasgow, november 1880, and Scottish naturalist, january, 1881.
6 Note son the Lay. albirostris, TRANS. NORF. NATURALIST'S SOCIETY, VOL. IV,
Un mâle capturé sur les côtes sud de l’Angleterre a été disséqué par James Murie 1.
Cunningham fait le relevé des individus capturés et cite sur les côtes d'Angleterre, au sud, le mâle décrit par Murie, sur les côtes de Norfolk, une femelle à Yarmouth, un individu à Cromer (Upscher) et un autre à Lôwestoft (Clark), une jeune femelle à Great Grimsby et un individu dont le sexe n’est pas indiqué, à Hartlepool.
Sur les côtes du continent, il cite les deux femelles d’Ostende, deux individus de Kiel, deux femelles à Gullholmen et un à Skanôr.
M. Southwell cite vingt-trois cas de captures sur les côtes est et ouest d'Angleterre, de Ramsgate jusqu’à Bell Rock, et sur ce nombre il compte cinq mâles et sept femelles ; pas un seul n’a paru avant le 1° mars ni après le mois de septembre ?.
En 1881, Sir Turner a reçu de M. Brotherston, de Kelso, le crâne d’un adulte pris en juillet de la même-année à Berwick 3. En 1883, il a reçu du même naturaliste le crâne d’une jeune femelle, capturée en août, également à Berwick.
En 1885, il a reçu du Rév. D'Joass, pour le Musée de l'Université, le crâne d’une femelle adulte de la côte de Sutherland. L'animal a été trouvé en mai 1882, sept miles à l’est de Galspie. Elle était pleine.
En juillet 1888, les pêcheurs d'Édimbourg ont pris une femelle adulte et un jeune mâle sur les côtes du Kincardshire. Turner en a fait l’acquisition et pense que c’est une mère avec son jeune.
La femelle mesurait 8 pieds 6 pouces, le jeune mâle 5 pieds 11 pouces.
Il y a vingt-cinq ans, deux femelles ont été capturées par les pêcheurs d’Ostende : lune en hiver, l’autre en été.
1 Soc. linn. de Londres, vol XI.
2 SouraweLe, Notes on the White-beaked Dolphin (Lag. albirostris) Trans, norf. and norw. naluralists” Soc., vol. IV, 1885.
& Land and water, 16 july 1881, sous le nom de Delphinus tursio.
Au mois de juillet 1862, on a capturé deux femelles pleines sur les côtes de Suède (à Gullholmen).
Nous trouvons dans nos notes que pendant l'hiver de 1851- 1852 on a vu apparaître des gammes de cette espèce dans Ja baie de Kiel.
Cette même année on y à pris l’animal qui a fait le sujet d'une dissertation de Claudius.
Dans la même baie on a pris encore deux autres individus de la même espèce.
On en a capturé sur les côtes de Bohuslän.
Il paraît que ces Dauphins font des apparitions régulières sur les côtes des Féroë aussi bien que dans la mer de Baflin, et nous avons déjà dit que, dans cette dernière mer, ils apparaissent avec les Mégaptères et les Balénoptères, à l'époque où les Baleines véritables retournent dans leurs régions polaires.
Le Lagénorhynque décrit sous le nom spécifique de 1pseni a été pris sur les côtes du Groënland.
Max Weber fait mention d’un Lagenorhynchus albirostris mâle pris vivant près de Cocksdorp {ile Vlieland), côtes des Pays-Bas. C'est le premier exemplaire mâle, dit-il.
Le Lagénorhynque est également cité parmi les espèces qui fréquentent les côtes est de l'Amérique du Nord.
Allen l’a signalé sur les côtes du Massachusetts.
Nous pouvons conclure de ce qui précède que les Lagénorhynques sont des Delphinides du nord de lAtlantique qui passent leur hiver dans des régions tempérées, leur été dans les régions froides (mer de Baflin), qu'ils vivent dans ces parages par gammes de milliers d'individus, et que c’est à leur passage au printemps, et en automne surtout, que certains d’entre eux se font prendre par les pêcheurs.
MUSÉES
Les squelettes de Lagénorhynques ne sont pas rares dans les Musées, mais ils ne sont pas toujours désignés sous leurs vrais noms.
Au British Museum on conserve trois squelettes et une tête; parmi eux se trouve le squelette du mâle capturé sur les côtes sud de l'Angleterre et qui a été décrit par J. Murie (Journ. linn. Soc., 1871). On y conserve aussi la tête de la femelle capturée en 1846, décrite par Brightwell, et d'un autre individu capturé en 1866 et décrit par Cromer.
Le Musée d'Édimbourg renferme le squelette d’une jeune femelle capturée à Great Grimsby.
A Cambridge se trouve le squelette de l'animal capturé à Hartlepool en 1834.
Dans d’autres Musées, en Angleterre, on voit encore des squelettes et des têtes, comme à Liverpool et à Norwich, dont l'origine n’est pas bien certaine.
A Upsala on trouve deux squelettes de femelles, de Gullholmen.
A Bergen comme à Lund on conserve plusieurs têtes, et à Copenhague quatre squelettes et plusieurs crânes.
À Louvain nous avons les squelettes de deux individus pris sur nos côtes.
A Kiel, on voit les deux squelettes des individus décrits par Claudius.
Au Muséum d'histoire naturelle de Paris, on possède plusieurs squelettes et des têtes.
La collection smithsonienne comprend trois têtes de Lagenorhynchus, originaires des. côtes de Californie et qui portent le nom de Lagenorynchus obliquidens.
DESSINS
Gray, dans le Voyage Erebus and Terror, pl. X, fig. 2, représente cette espèce à côté du Tursiops et pl. XI, il figure la tête.
Brightwell en a publié un dessin dans les Ann. a Mag. nat. hist., vol. XVII, 1846.
Nous avons fait connaître celui d’une femelle capturée par
* Fren. Taur, Suggestions (0 the keepers...., Washington, 1884.
les pêcheurs d'Ostende, dans un mémoire sur les Cétacés (Mém. Acad. roy. de Belgique, vol. XXXIF, pl. 1 et 2).
M. J.-W. Clark a fait exécuter un dessin d’après un mâle, à peu près adulte, capturé à Ramsgate. (P. Z. S. 1876, p. 686, pl. LXIV, fig. 2 et P. Z. Soc. 1879, p. 311.)
M. D.-J. Cunningham a publié en 1876 une notice accompagnée d'un dessin sur un jeune animal, capturé à Great Grimsby, long de # pieds 2? pouces. — Sur la même planche figure un mâle capturé à Lowestoft et décrit par Clark.
Si l’on compare ces diverses planches de Brightwell, de Clark, de Cunningham, avec celle du professeur Flower et celle de la femelle que nous avons publiée, on voit que ces animaux sont loin de se ressembler sous le rapport de leur coloration.
J.-Sp. Schneider en a publié un dessin en 1878 dans Tromsô Museums Aarshefter.
J. Murie a représenté l'animal, Journ. Linn. Soc. 1871, pl. V.
Le professeur Lutken à publié une belle planche représentant une femelle de Lug. albirostris, pêchée dans les « Kalleboder » près de Copenhague. Le squelette en est conservé au Cetaceum de cette ville.
M. Lutken a fait reproduire également un dessin de Pomoplate, du sternum, des vertèbres lombaires, de la nageoire pectorale de l’Albirostris et de l'Acutus.
Max Weber accompagne sa notice d'une planche représentant l'estomac avec le pancréas et la muqueuse de la seconde poche de lestomac.
Turner à publié une photographie de la tête du jeune mâle, avec ses quatre soies sur le rostre.
PARASITES
Nous n'avons pas trouvé de parasites, ni à l’intérieur ni à l'extérieur, des deux femelles que nous avons eues sous les yeux.
M. Clark, n’a pas été plus heureux que nous.
LAGENORHYNCHUS ACUTUS.
LITTÉRATURE
Schlegel, Abhandlungen aus dem Gobiete der Zooïtogie und vergleichenden Anatomie... À H. Leiden, 1841,
Claudius, Dissertatio de Lagenorhynchis, 4 Kiliæ, 1855. Pucheran, Revue et Mag. de Zoo'ogie, NoTices MaMMaLoG., 1856. Eschricht, Comptes rendus de l’Acad. d. sciences de Paris, juill., 1858.
Poclman, Volice sur un Delphinus Eschrichtü, échouë à Flessingue, Buzzer. Acan. Roy. B:Lc., 2° sér,, & XVIII, 1564.
Rasch, Nyt magaz. [. nalurvidensk. 4 B. p. 7, ANN. MAG. NAT. HIST.,
aug., 1864.
Maïmgren, Peobachtungen und Anzeichnungen über die Säugethierfuuna Finmarkens und Spilzbergens, TroscueL's Arcuiv, 1864, p. 65.
Van Beneden, Picrre 3. Recherches sur les Cétacés, MÉM. Acan. &.
SCIENCES, t. XX XII, 1860.
WW. Hi. Flower. On the characters and divisions of the Family Delphinidæ, Proc. Zoou. Soc., novembre 1885.
1. W. Eiower, List of the specimens of Cetacca, in (he zoo. dep. 0f the British Museuin, London, 1885.
Lutken, ÂAriliske studier . ... 1887.
HISTORIQUE
Il parait que la première mention du Lagenorhynchus acutus date de 1828 : Gray imposa le nom spécifique d’Acutus à un Delphinide, dont la tête est conservée au British Museum.
En 1841, Schlegel désigna ensuite ce Cétacé sous le nom de Delphinus Eschrichtii, d’après un squelette qu'Eschricht avait envoyé à Leyde et qu'il avait reçu des Féroë. Les dents pointues et les nombreuses vertèbres, dit Schlegel, placent ce Cétacé dans une division particulière des Dauphins.
Dans un mémoire qui a pour titre Recherches sur la Faune littorale de Belgique, nous avons fait mention de cette espèce, en 1560, et nous y avons donné la description d’un squelette provenant d’une femelle capturée par les pêcheurs d'Ostende.
Malmgren à publié des observations intéressantes sur les
mammifères marins des côtes de Finmark et de Spitzberg; il rapporte que, le T avril 1861, il a vu sur les côtes de Norwège à la hauteur des Lofoden une bande de Dauphins qu'il estime à un millier d'individus. Nous avons tout lieu de croire que ce sont des Lagénorhynques et non pas des Dauphins delphis, comme il le suppose : Le Dauphin ordinaire ne nage pas, que nous sachions, en si nombreuse compagnie, et on ne le voit guère à ces latitudes.
. Poelman a publié une notice sur un jeune mâle de cette espèce qui a échoué à Flessingue en 1863; il avait une longueur de 2,57, Comme les viscères étaient enlevés lorsque Poelman en fit l'acquisition, il ne se trouve dans cette notice que des détails sur le squelette et les dents.
M. Flower, après des recherches nombreuses, exprime l'avis que cette espèce, nommée d'abord Aculus par Gray, est bien le 1). Eschrichtü de Schlegel et le D. leucopleurus de Rasch.
SYNONYMIE
Lagenorynchus acutus.
Phocæna acutus, Gray, Brookes’'s cat. mus. 39, 1828.
Delphinus (Grampus) acutus, Gray. Spic. 2001. 2, 1828.
Delphinus Eschrichtii, Schlegel, Abhandl., 1841.
Delphinus leucopleurus, Rasch, Nyt magaz. f. Naturvilensk., 4 B., p. 97. Revue zoologique, 1843.
Delphinus leucopleurus, var. Niülsson, Skand. Fauna, À, 598.
Lagenorhynchus acutus, Gray, Zoo'ogie, Erebus and Terror.
Delphinus Eschrichtii, Claudius, Dissert. de Lagenorynchis, 40 Kiliæ, 1853.
Delphinus Eschrichtii, Eschricht, Compt. rend. Acad. sc., juillet 1858.
Delphinus Eschrichti, Van Beneden, Recherches sur les Cétacés... MÉËm. Acap. Roy. p. BELGIQUE, t. XXXIT, 1860.
Delphinus acutus, Gray, Catal. of Seals and Whales, 1866, p. 210.
Le Lagénorhynque qui nous occupe est fort bien connu aujourd’hui des pêcheurs et des naturalistes.
1 porte le nom de Springer ou Hvidskiaeving, sur les côtes de Norwège, à cause de la couleur blanche des flanes.
CARACTÈRES
Ce qui distingue cette espèce de la précèdente c'est l'absence du rostre blanc; cette partie de la face est moins large, la colonne vertébrale ne compte que de 82 à 83 vertèbres ; lomoplate est plus étroite, il y a une phalange au pouce; la sixième cervicale seule à une apophyse transverse inférieure; les deux premières cervicales sont unies aux suivantes par leurs apophyses épineuses. Il y a 15 côtes.
La longueur du corps de l'individu capturé en Zélande est de 2,20; Schlegel accorde 7 pieds 7 pouces à son squelette des Féroë; Rasch lui accorde même jusqu’à 8 pieds et demi.
( dot)
Du bout du museau au bord libre de la nageoire caudale d'une femelle, nous avons compté T pieds.
Le jeune mäle d'Édimbourg ne mesure que 4 pieds 2 pouces. Il n’est évidemment pas adulte.
La partie inférieure du corps, depuis l'extrémité antérieure du rostre jusqu'au delà des organes génito-urinaires, est d’un blanc luisant; la partie supérieure du rostre et de la tête est d’un beau noir ; une bande blanche, qui commence au-dessous de la nageoire dorsale va jusqu’à la base de la nagecire caudale, et s'étend sur les flancs. — Cette bande présente à sa partie supérieure et postérieure une nuance jaunâtre et ne se confond pas dans la couleur blanche de l'abdomen. {Poelman.)
La queue se rétrécit plus brusquement que dans lespèce précédente.
DESCRIPTION
On compte généralement de 30 à 35 dents de chaque côté à chaque mâchoire ; 34 à 35, dit M. Flower.
Les dents du squelette de Gand sont seulement au nombre de 28 à 50, en dessus, dont six sont cachées dans les gencives en dessous ; il y en a 31 à 32, dont cinq sont cachées.
On compte de 6 à T poils dans les moustaches du fœtus.
Le squelette de Gand a 7 cervicales, 15 dorsales, 19 Ilombaires et 39 caudales, en tout 80.
Le squelette de Leyde en a 81.
A Francfort un squelette de D. leucopleurus n’en a que 70 bien visibles, tandis que nous en comptons 79 sur un autre, indiqué sous le même nom.
Un squelette acheté à Hambourg, qui se trouve aujourd’hui au Musée de Liège, en a 81.
Le nombre de vertèbres varie selon les individus, entre 79 et 82, dit M. Flower ; le nombre de 80 et 81 est le plus commun. Le professeur Lutken fait varier le nombre entre 78 et 82.
Les cervicales ont une tendance plus grande à se fondre l’une dans l’autre que dans d’autres Dauphins; les trois pre-
mières sont souvent réunies par leur corps, les autres par leurs arcs neuraux. Cette disposition ne s'observe pas dans Palbirostre, dit M. Flower.
Dans le squelette de l'Université de Gand, décrit par Poelman, les deux premières vertèbres cervicales sont soudées par le corps et les apophyses épineuses, les deux suivantes sont soudées également aux précédentes, maïs seulement par les apophyses. Les dorsales sont au nombre de 15, les lombaires au nombre de 19, et les caudales au nombre de 39. — Nous aurons ainsi 7, 15, 19, 39, en tout 80.
MOEURS
Tout fait supposer que le régime est le même que celui de la première espèce.
Les mäles et les femelles se trouvent réunis dans les mêmes gammes, et quand il en est qui s’écartent et qui vont se faire capturer séparément sur quelque côte, on observe que ce sont souvent des mâles. Ce sont des solitaires.
On a vu des bandes de ce Dauphin, formées de plusieurs centaines d'individus que l’on a confondus souvent au nord de la Norwège avec le Dauphin ordinaire.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Il résulte des faits connus que ce Dauphin est très répandu, puisqu'on en rencontre dans toute l'étendue de l'océan Atlantique et dans une partie du Pacifique. Il paraît toutefois qu'il doit être considéré plutôt comme espèce septentrionale ; elle serait, en effet, d’après Eschricht, plus commune dans le détroit de Davis, tandis que lautre serait plus commune surtout aux Féroë.
Il visite régulièrement ces iles sans doute à son passage du cercle polaire aux régions tempérées de l'Atlantique.
Entre les îles Lofoden et le cap Nord, Malmgren en a vu, le
7 avril 1861, une bande qu'il estimait à mille individus. Il pensait que c'était le Dauphin ordinaire 1.
Robert Brown le signale sur les côtes du Groënland.
Fréd. True le cite parmi les Cétacés qu'on observe sur les côtes est de l'Amérique du Nord.
Voici la date et le lieu de quelques captures ou échouements isolés :
Le 21 août 1858, on a capturé un individu de cette espèce aux Orcades 2.
Un mâle a été capturé à Middelbourg, en Zélande. Il est conservé au Musée de Gand. Dans ses chairs se trouvaient des Monostomes.
Nous en avons vu, au Musée de Liverpool, un squelette de mâle d’un individu capturé dans le canal S'-George.
Au mois de juin 1843, on a pris, dans la baie de Christiania, une bande de vingt-trois individus dont le professeur Rasch à donné la description.
PÉCHE
Ce Lagenorhynque fait régulièrement son apparition en février par énormes bandes en vue des côtes de Norwège. I est l’objet d’une pêche régulière sur plusieurs points de la côte: on en prend par mille et quinze cents à la fois. [ls viennent à la suite des harengs. Devant la ville de Bergen on a établi une pêcherie où on les emprisonne dans les fiords dont on ferme le passage vers la mer avec des filets; souvent ils passent au-dessus. On en a vu les deux tiers échapper.
Nous ne savons si les pêcheurs font une distinction entre les deux espèces.
Cett pêche n’a lieu qu’en été.
On a capturé en 1884, dans les fiords de Bergen, plusieurs
1 Trochels Archiv, 1864, p. 88.
? Ann. nat. hist. aug., 1864.
‘emelles pleines et, avec des embryons à divers degrés de développement.
Dans le courant du mois de juin 1843, on a vu une bande de vingt-deux individus pénétrer dans la baie de Christiania.
MUSÉES
Nous en avons vu un squelette au Musée de Leyde et de Francfort, provenant des iles Féroë; un autre à Gand, des côtes de la Zélande et des cräres ou des squelettes d’origine inconnue dans plusieurs grands Mustes.
On en conserve au Musée de Christiania un squelette, un crane séparé et une peau montée d'un individu de la côte.
Nous en avons vu un squelette à Upsala.
Nous avons, à Louvain, un squelette qui provient de Copennague et dont l'origine toutefois n’est pas bien certaine.
Le Musée de Bruxelles possède un squelette d’une femelle capturée en hiver, en 1852, par les pêcheurs d’Ostende.
Quatre squelettes et plusieurs cränes sont conservés au Musée de Copenhague.
On trouve en somme des squelettes de cette espèce, plus ou moins bien conservés, à Bergen, à Greifswald, à Gand, à Leyde, à Paris, à Francfort, à Louvain, à Édimbourg, à Londres (Musée Brit.), à Philadelphie.
Celui du British Museum est du Groënland.
DESSINS
Poelman en à publié un dessin dans les Bulletins de l'Académie, d’après un jeune mâle capturé dans les eaux de la Zélande, le 20 décembre 1863.
Schlegel a donné un dessin des dents et de la tête (tab. Let I, fig. # (le crane); tab. IV, fig. V (dents).
Il en existe aussi un dessin fait par Rasch, publié en 1843, sous le nom de Delphinus leucopleurus 1.
Dans son intéressante notice sur la famille des Delphinides, M. Flower a reproduit le dessin du palais pour montrer les caractères des os ptérigoidiens.
La tête a été figurée aussi par Gray 2.
PARASITES
Poelman a retrouvé des Monostomes dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Sous le nom d’Ascaris simplex, Krabbe a signalé des Nématodes dans les voies digestives.
E Nyl magaz. [ nalurvü!ensk, ele., np. cit.
? Eregus and TERROR, 01 Celaceous animals, pl. VE, fig. 3-5.