BALEINE FRANCHE
(BALÆNA MFSTICETUS).
LITTÉRATURE
Frid. Martens, Spitzbergische oder Groenlandische Reise- Beschreibung gethan à. j. 1671, Hamburg, 1675.
Zorgdrager’s, Bloeyende opkomst der aloude en hedendaagsche Groenlandsche visschery,’s Gravenhage, 1727.— La première édition est de 1720.
Scoresby, Account of the Balæna mysticetus. TRANSACT. 0F WERNERIAN Socrery, vol. I, 1811.
Scoresby, An Account of the Arctic Regions, Edinburgh, 1820.
Pierre Camper, Observations anatomiques sur la structure intérieure et le squelette de plusieurs espèces de cétacés..…. , Paris 1820,
F. Eschricht 0g 3. Reinhardt, Om nordhvalen, Kjobenhavn, 1861.
WW. H. Flower, Recent memoirs on the cetacea, London. Published for the Ray Sociery, 1886.
Bob. Brown, On the Mammalian Fauna of Greenland. Proc. zook. Soc. 1868 !.
Charles M, Seamimon, Zhe marine animals... San Francisco,
Struthers, On the ones, articulations and muscles of the rudimentary
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Van Beneden et P. Gervais, Ostéographie des Cétacés vivants et fossiles. Paris, 1868-1880.
Paul Gervais, Remarques sur l’anatomie des Cétacés de la division des Balénides. NouveLLes ArcHives Du Muséum, Mémoires, t. VII, 1871.
P.-J. Van Beneden, Sur l'articulation temporo-maæillaire chez les Cétacés. ArcHives DE BioLo@ts, fascicule IV, vol. 3, 1882.
1 Reprinted by permission from the Proc. zool. Soc. march, 1875.
HISTORIQUE
Nous connaissons aujourd’hui parfaitement l’histoire de la découverte de la Baleine franche. Les Islandais qui étaient établis, avant le XITe siècle, sur la côte ouest du Groënland, et qui avaient même remonté la côte jusqu’à l’île Disco, avaient parfaitement connu cet animal; ils l’appelaient Nordwahl, par opposition à leur Hauswahl, Baleine de la Maison.
Après les pêcheurs islandais, le premier qui ait vu une Baleine franche, c’est William Barendtz; en 1596, il cherchait un passage nord-est par le Pôle, et deux Jours avant de découvrir Spitzebergen, 11 aperçut le corps flottant d’une Baleine franche entouré d’une nuée d’hirondelles de mer.
Quelques années plus tard (1610), Stephen Bennet et Jonas Poole, à la recherche de nouvelles stations de Morses, plus au nord de Beereneiland, que Barendtz avait cru nommer Jammerberg, observèrent à leur tour une Baleine dans ces eaux.
En six ans (de 1603 à 1609), les Morses avaient si fort diminué en nombre sur les côtes de l’Ile des Ours qu’on devait en - chercher ailleurs. Un seul équipage avait tué près de mille morses en moins de sept heures.
Que l’on juge de l'abondance de ces animaux dans certaines régions boréales par une note de Nordenskiôld : en parlant de l'ile Mufhin, le célèbre voyageur nous dit : On croyait voir de loin une montagne blanche de nature calcaire, qui n’était autre chose que des Morses couchés sur des falaises.
C’est à la suite de la rencontre de ce corps de Baleine, par Bennet et Poole au nord de Beereneiland, que la Société moscovite, qui avait son siège à Londres, envoya deux navires pour faire la chasse à ces animaux.
La première année (1611), les Anglais étaient seuls dans les eaux de Spitzberg: l’année suivante, ils s’y trouvaient en présence des Hollandais.
Des habitants de certaines villes de Hollande s'étaient cotisés, en 1611, pour envoyer un navire au Spitzberg, que leurs compatriotes avaient découvert longtemps avant les Anglais.
Les Hollandais, comme les Anglais, avaient pris des harponneurs basques à leur service : c’est une nouvelle pêche qui commence pour les uns comme pour les autres.
Le début ne fut pas heureux, pas plus pour les Anglais que pour les Hollandais; mais sans se décourager, la Société Moscovite et nos frères du Nord envoyèrent de nouveaux navires et revinrent avec de bons chargements. Le succès allait grandissant d'année en année : en 1618, on se partagea les baies pour la pêche. Bientôt les diverses nations maritimes y prirent part. L'époque de la grande pêche commence.
A la fin du siècle, le nombre des Baleines conimenea à diminuer sensiblement; Baflin venait de découvrir la mer qui porte son nom. Le navigateur anglais avait reconnu, en cherchant un passage par l'Ouest, que les Baleines abondent dans ces parages; il proposa même de nommer une des baies : baie des Baleines.
Beaucoup de baleiniers abandonnent alors les eaux de Spitzhberg pour aller à la mer de Baffin (1719) et la pêche dans ces nouvelles eaux est activement poursuivie jusqu’à la fin du X VITE siècle.
En 1721, les Danois établissent des colonies sur les côtes ouest du Groënland, depuis le 63° degré jusqu’au 73; ils y font de précieuses observations sur la date exacte de chaque capture et ces dates ils les consignent avec le plus grand soin dans des registres parfaitement tenus.
lei aussi les Baleines diminuent en nombre au bout de quelques années et, à la fin du siècle (XVIII), le produit de la DER. ne compense plus guère les dépenses.
Quand on considère le nombre des Baleines qui ont été capturées certaines années, on n’est plus surpris de voir que la pêche ait bientôt cessé de donner des bénéfices : de 17149 à 1778, les baleiniers hollandais n’ont pas pris, dans la mer de
Bafin seule, moins de 6,986 baleines. De leur côté, les Anglais en ont capturé, de 1827 à 1830, 3,391 1.
Aussi les baleiniers vont-ils chercher fortune au Sud; en poursuivant le Cachalot, ils découvrent la Baleine australe dans les régions tempérées de l'Atlantique méridional; ils continuent ensuite dans la mer des Indes, puis en Australie; abandonnant successivement ces parages, ils se rendent au nord de l'Océan Pacifique, où de tout temps les Japonais se sont livrés à l’industrie lucrative de la pêche des grands Cétacés.
Pendant que les baleiniers pêchent la Baleine du Japon, une nouvelle espèce de Baleine, nouvelle au moins pour les baleiniers, apparaît plus au Nord; ils lui donnent le nom de Bowhead.
Ils poursuivent ce. Bowhead plus au Nord; ils passent même le détroit de Bering et entrent dans la mer Arctique, où une nouvelle ère s'ouvre pour la pêche de la Baleine. C’est en 1848 que le capitaine Royce, commandant la barque Superior, de Sag Harbor, passe le premier le détroit de Bering et se trouve au milieu de Baleines peu farouches et faciles à approcher; en 1849 passe l’Ajax du Havre.
Les naturalistes ont reconnu, depuis, que ce Bowhead est la même Baleine franche que l’on a pêchée pendant deux siècles au Spitzberg et au Groënland et dont l'aire géographique s'étend sur toute la calotte boréale.
Aujourd'hui la pêche de vraies Baleines ne s'exerce. plus guère que par les Américains dans la mer Arctique.
Il ne reste plus en Europe, pour la pêche de la mer de Baftin, que la flotte de la ville de Dundee (Écosse) qui, en 1882, se composait encore de 8 vapeurs; cette flotte a capturé pendant la dernière campagne 75 Baleines. La campagne de 1885 dans ces parages n’en a donné que 27, tandis que la pêche au détroit de Bering en a donné au delà de 200.
1 DE Jonc, KoseL, SALIETTE, De Walvischvangst…, tweede deel, bl. 115. LESLIE, JAMESON and Murray, Narrative of discovery and adventures on the Polar seas and regions ; Edinburgh, 1832.
Ce qui est digne de remarque, c’est que certaines années, bénies pour les baleiniers du détroit de Bering, ont été calamiteuses pour les baleiniers de la mer de Batlin.
Les naturalistes ont peu profité des observations faites par les baleiniers pendant cette longue période; il est vrai, les récits de ces derniers sont souvent incomplets et même contradictoires et s'ils rapportaient parfois quelque mandibule ou quelque os tympanique comme trophée, ils ne se doutaient pas, comme cest du reste le cas général, que des animaux si communs pour eux et de si grande taille pussent ne pas être parfaitement connus des naturalistes.
Le premier qui nous ait laissé une description et une figure de cet animal, c’est Fred. Martens de Hambourg; dans son Voyage au Spitzberg (1671) il en publie un dessin qui a été constamment reproduit, il est loin d’être aussi mauvais qu'on l'a dit. Fred. Martens distinguait parfaitement la Baleine franche du Nord caper et c’est plus tard que les Gibbar, les Finnfisch, les Jubarte, les Balæna boops, les Baleines à tuyaux, les Baleines à tête de brochet et les Baleines à sillons ont été si bien confondues avec les vraies Baleines, que Cuvier lui-même n'est pas parvenu à les distinguer les unes des autres.
Tel était l’état de nos connaissances sur les Baleines au commencement de ce siècle.
Martens avait dit avec raison que les Baleines qui se prennent auprès du Cap Nord ne sont pas aussi grosses que celles du Spitzberg et qu’elles donnent moins de lard; c’est qu’elles appartiennent réellement à une espèce distincte, la Baleine du cap Nord, Nord caper Wallfisch.
Du Hamel, Linné, Pierre Camper et plus tard Lacépède se sont successivement occupés de ces géants de la mer; mais Pierre Camper seul a eu des pièces de la vraie Baleine franche entre les mains; les autres ne les ont connues que par des figures ou les récits des voyageurs. [ls admettent cependant
deux sortes de Baleines, une que les Hollandais ont appelée Nord caper, autre la Baleine franche, Les baleiniers hollandais, qui n'étaient pas outillés pour la grande pêche pendant la première période de l’histoire de cette industrie, s’arrêtaient au cap Nord et se bornaient à capturer la Baleine de ces parages. De là son nom de Nord caper.
Cuvier, en écrivant ses Recherches sur les animaux fossiles, se fie peu au récit des voyageurs en général et n’a guère de confiance que dans les pièces qu’il a sous les yeux ; 1l ne connait que la tête de Baleine qui est conservée à Londres et, confiant dans les observations de Scoresby, qui a exercé la pêche au Spitzberg pendant plusieurs années, 1l émet l’avis que la Baleine chassée par les Basques depuis le IX° siècle a fui successivement devant les pêcheurs et qu’elle s’est réfugiée au milieu des glaces, où on doit aller la chercher aujourd’hui.
Scoresby, tout en ayant assisté personnellement à la prise de trois cent vingt-deux Baleines, n’a pu parler que de Ja Baleine franche par la raison que l’autre, le Nord caper, était pour ainsi dire exterminée, à l’époque où il a commencé Ja pêche au Spitzberg.
Cette opinion de Cuvier a été généralement admise jusqu’au jour où Eschricht a exprimé des doutes à ce sujet; les observations faites à la côte du Groënland par les stations danoises ayant démontré que la Baleine franche ne quitte jamais les glaces et ne descend jamais en deçà du 64° degré de latitude, il fallait bien admettre que la Baleine que l’on chassait jadis dans les régions tempérées n’est pas la même espèce. Bientôt le jour se fit sur cette intéressante question ; 1854 est une année mémorable dans l'histoire des Baleines. Cette année Eschricht apprend qu’une Baleine s’est présentée dans le golfe de Gascogne et que son baleineau a été capturé; 1l part pour Pampelune où le squelette du jeune animal est conservé et il s'assure que cette Baleine est différente de la Baleine franche; il l'appelle Baleine des Basques.
Eschricht et Reinhardt ont publié sur la Baleine franche un livre fort remarquable qui a été traduit en anglais par le pro-
fesseur Flower. Eschricht a reçu pendant plusieurs années du gouverneur du Groënland des matériaux importants, des squelettes des deux sexes de tout âge et des fœtus de toutes les grandeurs.
Aussi le travail le plus complet qui ait paru sur la Balæna mysticelus des auteurs est-il celui que ces deux naturalistes de Copenhague ont publié en commun sousle titre Om Nordhvalen. Dans cette publication les savants naturalistes danois consacrent d’abord un chapitre à la répartition géographique de l'animal; ils relatent les observations faites au Groënland pendant une période de trente-six ans, relativement aux époques de son arrivée et de son départ; un second chapitre est consacré aux caractères extérieurs, à l'étude de l’organisation et plus particulièrement à la description des diverses parties du squelette ; la plupart des os sont représentés séparément.
Dans un appendice à la traduction, M. Flower décrit et figure les fosses nasales, la coupe des vertèbres cervicales et le bassin d’une femelle provenant de Holsteinsborg (Sud-Groënland), envoyé en 1863 et conservé aujourd’hui au Collège royal des chirurgiens.
Quelques années avant sa mort, Eschricht avait commencé une publication importante qu'il laissa malheureusement inachevée; quand la mort vint le surprendre, il en était à la cinquième feuille d'impression. Milne Edwards a reproduit, dans les Annales des sciences naturelles, le chapitre IIT de cet ouvrage, celui qui traite /a distribution des Cétacés, dans les: mers boréales et européennes 1.
Eschricht avait donné à cette publication letitre de Recherches sur les Cétacés des mers boréales. Je conserve un exemplaire des cinq feuilles imprimées et une partie du texte manuscrit.
Feu mon ami m'écrivait, le 4 août 1857, qu’il voulait faire connaître la distribution des Cétacés et leur pêche, qu'il se. proposait de publier un mémoire sur les fœtus de cet ordre de Mammifères, un mémoire sur les vraies Baleines, un autre sur
! Annales des sciences naturelles, 1864, p. 201,
les Baleines à bosse (Megaptera), un sur les Baleines à aileron (Balenoptera), un sur les Cétacés à bec-d’oie (Hyperoodon) et enfin un mémoire spécial sur les Platanistes.
Peu de temps après la mort de notre savant confrère de Copenhague, M. Brown a publié des observations intéressantes sur la Baleine franche de la mer de Baffin, dans un article sur la faune des Mammifères du Groënland 1; il traite de l’histoire de la pêche de cette Baleine, de sa distribution géographique, de la place qu’elle doit occuper dans l’ordre des Cétacés, de la synonymie et de ses mœurs.
Ce que Scoresby a fait pour la faune marine du Spitzberg au commencement du siècle, un baleinier américain, Charles M. Scammon (Captain U. S. revenue marine), l’a fait pendant ces dernières années pour les Mammifères marins des côtes ouest de l'Amérique septentrionale.
Charles Scammon a publié d’abord dans les Proceedings de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie (1869) un résumé de ses observations et en 1874 il a publié, à San Francisco, un volume in-4°, avec de nombreuses planches, représentant la plupart des espèces ; un chapitre spécial est consacré à la Baleine franche qu'il désigne sous le nom de Bowhead ou de great polar Whale, qu’il identifie avec la Balæna mysticetus des auteurs ?,
En 1869, le professeur Edward D, Cope s'était fait l’éditeur de ce travail de Ch. Scammon sous le titre On the Cetacea of the Western coast of North America 3.
La Baleine connue d’abord sous le nom de Bowhead présente tous les caractères de la Baleine du Spitzberg et les naturalistes la considèrent généralement aujourd’hui comme identique à cette dernière. Cest bien la même Baleine, dit le capitaine Scammon, que l’on a chassée pendant deux siècles au Spitzherg d’abord, au Groënland après.
4 Proc. Zool. Soc., 1868.
3 The martne mammals ofthe North- Western Coast of North America ; San Francisco, 1874,
5 Proc. Acad. nat. sciences; Phil., 1869.
Le Bowhead ou la Baleine franche se conduit, du reste, exactement dans le nord du Pacifique comme au Nord de l’Atlantique, c’est-à-dire qu'il ne quitte pas non plus les courants glaciaires et ne pénètre pas dans les eaux fréquentées par l’autre espèce. Le Bowhead ne se comporte pas moins exactement à l'égard de la Balæna japonica que la Baleine franche à légard de la Balæna biscayensis, en ce sens que la limite méridionale de laire géographique de la Baleine glaciaire est la limite septentrionale de la zone qu’habitent les Baleines tempérées.
SYNONYMIE
La Baleine franche est ainsi nommée, paraît-il, parce que le cadavre reste flotter à la surface de la mer, tandis que celui des autres Baleines va au fond jusqu’au moment où les gaz résultant de la putréfaction le ramènent à la surface.
On commence à voir clair dans sa synonymie, grâce aux progrès accomplis dans ces derniers temps sur son aire géographique, sur la connaissance de son squelette, et il ne peut plus rester aucun doute sur les caractères propres de cet animal. La Baleine du Spitzberg et du Groënland habite toute la mer Arctique jusqu'au détroit de Bering où on la désigne sous le nom de Bowhead.
Les Islandais, au XI: siècle, la connaissaient sous le nom de Nordwahl et les Groënlandais sous celui de Arbek.
Les Japonais la désignent sous le nom de Ko-kuxira ; Sebikuzira est le nom de la Baleine de leurs côtes (Bal. japonica).
La Baleine du Spitzherg comme la Baleine du Groënland, comme le Bowhead de la mer de Bering, ne quittent jamais les glaces, pas plus au Nord de l'Atlantique qu’au Nord du Pacifique. C’est la Balæna mysticetus des naturalistes, la plus célèbre des Baleines proprement dites, la grande Baleine des mers du Nord.
Le cap. Maury a exprimé il y a longtemps cette opinion : il lui parut probable que la Baleine qui vit au Nord du Pacifique
peut passer au Nord de l'Atlantique et il invoqua même cette possibilité pour établir l'existence d’une mer polaire libre.
Le nom de Balæna lamanoni qui ne repose que sur des ossements trouvés dans la Rue Dauphine, à Paris, comme celui de Balæna tannenbergü, établi sur des ossements du Musée de Kônigsberg, sont à supprimer. Ces os sont de Baleine franche et ont été probablement apportés à l’époque de la grande pêche.
Les noms populaires, dit R. Brown, c’est-à-dire le nom des baleiniers anglais, sont Right Whale, Greenland Whale ou Common Whale.
CARACTÈRES
La Baleine franche (Balæna mysticetus) se distingue par le
grand volume de sa tête, par la forte courbure parabolique de
son rostre, par la longueur de ses fanons noirs et lisses,.son corps relativement court, trapu et massif.
La peau est noire chez l'adulte, bleuâtre chez le jeune, disent les baleiniers, à l'exception de la face inférieure de la tête qui est, surtout au voisinage de la symphyse de la mandibule, d’un blanc sale légèrement jaunûâtre.
Martens fait mention de Baleines moitié blanches et d’autres entièrement blanches. Le plus souvent la peau est marbrée, dit-il 1.
On connaît divers exemples d’albinisme dans les Cétacés. Le professeur Giglioli a vu une Balénoptère albinos dans la mer des Indes, près du détroit de la Sonde.
Différents Cétacés sont régulièrement et naturellement blancs. Tous les marins qui ont visité les régions polaires connaissent la Beluga et depuis 1751 Peter Osbeck a signalé un Dauphin blanc comme neige dans les eaux de Canton; le professeur Flower a fait connaître le squelette de cet animal, qui habite les eaux fluviatiles et présente tous les caractères des Sotalia.
La taille varierait beaucoup à en croire les baleiniers et nous
t Loc. cit. p. 42.
ne savons pas si ces variations dépendent exclusivement de l’âge ou du sexe. Les baleiniers américains se servent du mot Bull pour le mâle, de Cow pour la femelle, du mot Suckers pour les jeunes, de Sfunts pour les Baleines de deux ans, de Calf ou Cub qui correspond au mot Baleineau. Pour désigner l'animal qui n’a pas atteint l’âge adulte et completils ontencore le mot Scragq.
Il y a encore des noms particuliers qui pourraient induire des naturalistes en erreur, d’après la quantité d'huile qu’on en tire.
Ce qui montre combien peu l’on connaissait les Baleines, à l’époque où Lacépède a écrit son Histoire naturelle des Cétacés, ce sont les afhirmations de cet auteur concernant la taille que ces animaux peuvent atteindre. La Baleine franche n’a pas moins de 100 mètres de longueur, dit-11; en la dressant, par la pensée, auprès d'une des tours du principal temple de Paris, un tiers de l’animal s’élèverait au-dessus du sommet de cette tour.
Et cependant Lacépède croit qu’il faut mettre parmi les fables l’histoire de ce monstre hyperboréen, que des pêcheurs ont nommé Âraken et qui, long de plusieurs milliers de mètres, s’'agitant en polype gigantesque, relève des bras nombreux comme autant de mâts démesurés et agit comme un volcan sous-marin.
Scoresby a navigué pendant des années dans les eaux de Spitzbergen à la poursuite de la Baleine franche et n’accorde pas plus de 60 pieds à cet animal.
Rob. Brown pense que Scoresby est resté au-dessous de la vérité en ne lui attribuant que 60 pieds. Louis Giesecke fait mention d’un individu, pris à Godhavn en 1815, qui mesurait 65 pieds. Et le capitaine Alex. Deuchars dit en avoir vu en 1849, dans le détroit de Davis, de 80 pieds. — Nous croyons plutôt à l'attestation de Scoresby, d'autant plus que Ja taille qu'il attribue à l'animal est bien celle que possèdent les squelettes que nous connaissons.
Le squelette de la femelle conservée à Londres mesure 14,63; celui de la femelle qui est à Louvain mesure 15,98.
Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que la Baleine franche, comme c’est le cas pour d’autres animaux auxquels on fait une guerre acharnée, n’atteigne plus sa taille primitive.
Sur les côtes de Finmarken, on fait depuis quelques années la chasse aux Balénoptères et l’on y a remarqué que les Balenoptera Sibbaldii de 80 pieds deviennent plus rares d’année en année.
Personne n’ignore que les grands individus des diverses espèces d’Otaries de l'hémisphère austral ont, pour ainsi dire, disparu. — Malgré l’insistance qu’il a mise à chercher à se procurer de grands exemplaires de ces animaux, le British Museum n’a reçu à la fin qu’un squelette de Pinnipède un peu plus fort que les autres.
On prétend que le Phoque à trompe (Cystophora proboscidea) atteignait jusqu’à 8 et 9 mètres de longueur.
D’après le capitaine Scammon, le Bowhead, qu'il a eu si souvent sous les yeux, atteint rarement 65 pieds, et il reconnait qu'un individu de 54 ou 55 pieds compte parmi les grands (Stout-Whale).
Cela s'accorde parfaitement avec les observations d’autres baleiniers qui ont exercé leur industrie dans la mer de Bering.
Le capitaine Smith accorde au mâle (Bowhead) 45 pieds et le capitaine Paole donne 47 pieds à la femelle. D’après le même observateur le mâle aurait des fanons longs de 9,16 pieds, la femelle de 10,5.
Le mâle compte 308 fanons, ajoute le capitaine Paole, la femelle 330.
Robert Brown fait remarquer que la Baleine du Spitzherg est moins grande que celle de la baie de Baflin, que l’on en a trouvé de 65 pieds de longueur, et que le capitaine Alex. Deuchars en a capturé une en 1849, dans le détroit de Davis, de 80 pieds, dont la nageoire caudale avait 29 pieds d’un bout à l'autre et les fanons 14 pieds.
On a parlé aussi de races de Baleines vivant dans les mêmes eaux et différentes de taille; mais ne juge-t-on pas trop d’après les noms que l’on a donnés à ces animaux suivant leur âge? nous
ferons remarquer qu’à l'époque actuelle nous ne voyons plus, comme aux époques géologiques précédentes, des individus de petite taille, avec tous les caractères de l’âge adulte, à côté d’autres individus également adultes, mais beaucoup plus grands.
Nous avons fait remarquer aussi que les Cétacés fossiles vont en grandissant jusqu’à l’époque actuelle, et que la Baleine qui nous occupe présente, aussi bien par la taille que par son confinement dans les eaux froides polaires, des caractères qui ne sont rien moins qu'archaïques. Les Ziphioïdes orbicoles ont précédé les Cétacés marins confinés.
ORGANISATION
Un des premiers qui se soit, occupé de l’organisation de la Baleine qui nous occupe, c’est Pierre Camper ; il a disséqué un fœtus femelle bien conservé dans la liqueur et il a fait connaître les divers os du crâne et de la face ; il consacre ensuite un chapitre à la description de l'appareil digestif, circulatoire et sexuel.
Un fœtus de sexe mâle a été étudié ensuite par Arnold Bennet 1.
Sandifort a eu également deux fœtus à sa disposition et il a fait connaître particulièrement la composition du larynx 2.
Un autre fœtus a été étudié par le D' Knox, qui a pu comparer le Mysticetus avec la Balenoptera rostrata; le savant anatomiste écossais s’est occupé surtout des fosses nasales et des mamelles ; les fosses nasales sont dans l'impossibilité physique d’évacuer l’eau de la bouche par les narines, dit-il un des premiers, si pas le premier, et les glandes qui se trouvent au fond
? Natuurk. Verhandel. Kon. Maatsch. Wetensch., Haarlem, 5 deel, 1 stuk; Amsterdam, 4809. .
? Nieuwe Verhandel. eerste Kl. Konig. Nederl., INSTITUT vAN WETENS. Amsterdam, Derd. D. Eerste St.; Amsterdam, 1851.
d’un repli de la peau à côté de l’anus sont bien, pour le D: Knox, des glandes mammaires 1,
Depuis cette époque, Eschricht a fait connaître plus particulièrement la structure du cœur, dont il a publié un dessin au tiers de la grandeur naturelle, et il a représenté séparément la valvule mitrale.
Il est reconnu que la Baleine peut élargir ou rétrécir à volontéles deux orifices de ses narines ; en plongeant, elle peut même les oblitérer complètement, comme les phoques, pour empêcher l’eau d’enfrer. Cette disposition est sans doute propre à tous les Cétacés, qu’ils aient deux orifices distincts comme les Baleines ou un seul en travers comme tous les autres.
C'estaussi un fœtus de Baleine franche qui a fait découvrir à Geoffroy-S'-Hilaire la présence de dents fœtales et l’on sait que ces organes rudimentaires sont résorbés quelque temps avant la naissance 2.
Aujourd’hui le squelette de Mysticetus est connu dans tous ses détails, grâce aux derniers travaux d’Eschricht et de Reinhardt.
Après Pierre Camper, Pander et Dalton ont fait connaitre les caractères de la boîte cränienne et la disposition des os de la face et nous avons eu l’occasion de nous occuper plus particulièrement de l'articulation temporo-maxillaire; nous avions obtenu du professeur Reinhardt une tête de fœtus qui pouvait avoir la moitié de sa croissance et dont les parties molles, surtout la peau et les muscles, étaient suffisamment conservées 3.
Les os du crâne, comme du reste tous ceux du squelette des vraies Baleines, sont faciles à distinguer de ceux des autres Cétacés; chaque os de la face ou de la boîte crânienne, comme
t [la communiqué le résultat de ces observations à la Société royale d'Édimbourg le 17 mars 18534.
* M. Flower a retrouvé ces dents. — M. Julin a constaté leur présence dans les Balénoptères. — MM. Pouchet et Chabry se sont occupés de nouveau, dans ces derniers temps, de l'évolution des dents des Balénides.
5 Sur l'articulation temporo-maæillaire d’un fœtus de Balæna mysticelus. ARCHIVES DE BIOLOGIE.
-chaque vertèbre, chaque côte et chaque os du membre, a ses caractères propres, bien reconnaissables au premier coup d'œil. Entre les Baleines véritables et les Balénoptères, les différences sont beaucoup plus grandes que cela ne paraît au premier coup d'œil.
Mais de tous les os, ceux qui portent le mieux les caractères distinctifs de l'espèce ce sont les caisses tympaniques. Aussi avons-nous recommandé aux baleiniers et aux voyageurs, 1l y a 50 ans de cela, de recueillir et de conserver ces os avec soin pour les collections; ce sont, du reste, de toutes les parties du squelette, les pièces que l’on se procure le plus facilement sur les lieux.
Nous avons pu comparer les caisses tympaniques des diverses espèces de Baleines : celle de la Baleine franche se distingue facilement par sa forme aplatie et carrée. Elle mesure en hauteur 120 mm., en longueur 160 mm. et n’a que 85 mm. d'épaisseur.
La première description des os adultes a été donnée par Eschricht. La Baleine franche, comme du reste toutes les vraies Baleines, a les sept vertèbres du cou toujours réunies
et quelquefois même la première dorsale est complètement
soudée à cette région ; on en voit un exemple dans une région cervicale conservée au Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui a été figurée par Lacépède; une autre région cervicale de Baleine, qui présente cette soudure, a été trouvée à l’état fossile en Toscane; elle a été figurée par Capellini. On voit aussi des exemples de la septième cervicale libre. La région de ces os réunis a fait l’objet d’une communication spéciale de la part du professeur Struthers, à la section de biologie de l’Association britannique à Aberdeen, en 1884. Le professeur Struthers est en possession de sept régions différentes qui lui ont été rapportées de la mer de Baïfin par les baleiniers d’Aberdeen. On remarque que les apophyses transverses inférieures manquent toujours aux trois dernières vertèbres cervicales.
La première vertèbre dorsale des vraies Baleines a une apo--
physe transverse qui nait vers le tiers inférieur de l’arc neural et
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s'incline légèrement depuis la base jusqu’à la surface articulaire.
La deuxième dorsale a une apophyse transverse naissant
plus bas et s'élevant davantage.
Dans la quatrième lapophyse naît vers le milieu du corps de la vertèbre par son bord externe et s'élève au-dessus des précédentes.
Les apophyses transverses naissent ensuite insensiblement plus bas et dans la première lombaire elles se distinguent
-par leur direction comme par leur longueur.
Dans la dernière lombaire, l’apophyse transverse naït encore au milieu de la hauteur du corps, puis descend insensiblement au-dessous des précédentes, de manière que la dernière lombaire à ses apophyses transverses abattues.
Depuis la quatrième dorsale jusqu’à la huitième, la facette articulaire des vertèbres, correspondant au capitulum de a côte, est assez prononcée.
Neuf côtes ont le capitulum articulé.
On compte de 54 à 55 vertèbres.
- Dans chaque nageoire pectorale on trouve deux rangées d'os carpiens, mais ces os ne sont pas constants.
Il n’existe que deux os carpiens dans un des membres de notre squelette de Mysticetus, l'intermédial et le troisième
carpale. Le deuxième carpale manque.
Malm s’est occupé spécialement de la composition du carpe et du bassin des Cétacés. :
Jusqu'en 1865, on croyait les nageoires ect les sans muscles et sans tendons. M. Flower en à découvert dans un Rorqual
de 67 pieds. Il a mis à nu des fibres rouges de muscles sur Pavant-bras ainsi que des tendons à la face palmaire.
M. Struthers a reconnu ensuite, chez la même espèce, trois muscles distincts d’un côté, correspondant par leurs attaches au musele fléchisseur carpi ulnaris, le fléchisseur profond des
doigts et le long fléchisseur du pouce de l’homme; et, du côté
opposé, l’extenseur commun des doigts.
Dans les Célacés à dents ces muscles sont plus où moins
atrophiés.
Le professeur Struthers a reçu depuis des matériaux que les baleiniers écossais lui ont rapportés et il a fait connaître dans deux mémoires (1877 et 1881) la disposition des muscles rudimentaires des doigts de la nageoire pectorale, les os, les articulations et les muscles rudimentaires des os du bassin 1.
Le professeur de l’Université d’Aberdeen fait remarquer que les muscles des membres antérieurs sont développés dans la Baleine franche comme dans la Balænoptera Sibbaldii, et aussi que les os du bassin et les muscles du Mysticetus. sont plus complets dans la Baleine franche que dans aucun autre Cétacé. M. Struthers accompagne son mémoire de quatre planches représentant le fémur et le tibia; les muscles sont en rapport avec les organes voisins ? et il donne la mesure de ces os.
Nous pouvons résumer ainsi les observations sur lesquelette:
4° La courbure du rostre est très forte ;
2 Les vertèbres dorsales ont des apophyses transverses qui s'élèvent de manière à éloigner la tête des côtes du corps des vertèbres ;
3° Les côtes sont cylindriques et courbées de manière à former la moitié d’un cercle;
4 Les vertèbres lombaires et caudales sont peu épaisses;
ÿ° La ceinture du bassin est formée de deux ischions auxquels se joignent un fémur et un tibia;
6° La main est formée de quatre doigts; le pouce n’est représenté que par un métacarpien.
Parmi les organes les plus importants de la Baleiné, il faut compter les fanons, et nous avons eu l’occasion de les examiner
© SrRuTHERs, Account of rudimentary finger muscles found in the Greenland Right- Whale. (Jourx. oF ANAT. AND Puys , VOl. XII, 1877.)
STRUTHERS, On the bones, articulations and muscles of the rudimentary hind-limb of the Greenland Right- Whale. (Jour. OF ANAT. AND PHYs., vol. XV, 1881.)
* La découverte de ces os a été faite par Reinhardt en 1843 dans une femelle de Baleine franche nouvellement née.
en place dans un fœtus, conservé au sel, qui était arrivé presque à la moitié de sa croissance.
Aristote connaissait la disposition des fanons dans la bouche de la Baleine, ou plutôt de la Balénoptère, car il n’a pu voir qu’une Balénoptère. Les Baleines ont la bouche garnie de soies, à dit le philosophe de Stagire : en regardant la rangée de fanons à l’intérieur de la cavité buccale, ces appendices ont, en effet, l’air d’une brosse formée de soies comme le dos de maint Mammifère. On ne leur reconnait, de ce côté, aucune disposition lamellaire.
Nous reproduisons d’après le fœtus une coupe du palais et des fanons en place vers le tiers antérieur de la cavité de la bouche.
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Coupe du palais; les fanons a sont en place.
Les fanons, au lieu d’être des dents cornées, correspondent plutôt aux papilles plus ou moins développées qui couvrent le palais dans divers groupes de Mammifères. Ce sont des organes
épidermiques. Chaque fanon renferme cependant une forte papille dermatique en forme de lame; elle est formée d’un tissu conjonctif richement vascularisé. Du bord libre de cette papille lamelleuse partent de nombreuses papilles secondaires filiformes, insérées sur la papille primaire comme les dents d’un peigne sur la tige. Ces papilles secondaires s'engagent profondément, chacune séparément dans de longs canaux creusés plus ou moins parallèlement les uns aux autres dans le tissu corné du fanon proprement dit.
Ces fanons sont disposés en deux rangs le long du bord des maxillaires supérieurs; chaque rangée s’unit en avant avec la rangée du côté opposé, tout près du bout du rostre chez les Balénoptères, tandis qu'ils sont séparés dans les vraies Baleines par la largeur du palais. En arrière, les fanons diminuent insensiblement de longueur; dans les Balénoptères, chaque rangée se recourbe en dedans en s’enroulant à son extrémité postérieure, tandis que, dans les vraies Baleines, chaque rangée se termine en arrière Comme en avant, en s’incurvant à peine en dedans.
Vers le bout du rostre comme vers le fond du gosier, ces organes sont comparativement étroits; ils s’élargissent assez rapidement en s’approchant du milieu du maxillaire.
Chaque fanon du fœtus que nous possédons a, vers le milieu du maxillaire, de 4 à 5 centimètres de largeur et de 8 à 9 centimètres de longueur; il est coupé en biais à son extrémité libre aux dépens du bord interne.
Les fanons sont tous formés de fibres longitudinales qui se détachent facilement les unes des autres : les internes surtout sont toujours séparées et donnent un aspect chevelu aux fanons vus du côté de la bouche.
Par suite de la conformation de la lèvre qui descend du bord du maxillaire supérieur, les fanons semblent implantés dans une rainure le long du palais.
Les auteurs sont loin d’être d’accord sur le nombre de fanons que porte la Baleine franche, mais les divergences sont plus apparentes que réelles.
-Le nombre est estimé à autant de lames qu’il y a de jours dans l’année, disent les marins. Le nombre n’augmente pas avec l’âge, mais l’espace qui les sépare devient plus grand. Ils s’accroissent en largeur et en épaisseur.
Scoresby ne les estime pas au-dessus de 200 de chaque côté, mais il est clair que ce sont 200 fanons marchands 1.
D’après Zorgdrager on en enlève deux cent cinquante de chaque côté (Maethaerden) et les autres sont abandonnés. Ce chiffre s'accorde parfaitement avec celui du fœtus que nous avons eu l’occasion de disséquer. Quand Zorgdrager parle ailleurs de quatre cents fanons que fournissent les plus grands sujets, nous croyons qu’il s’en rapporte à la foi d'autrui. Nous venons de le dire, ces organes n’augmentent pas en nombre avec l’âge.
P. Camper en a compté au moins trois cents, dit-il, sans y comprendre ceux que la petitesse l'empêche de bien distinguer ?.
À moins qu'on nait affaire à une autre espèce, le chiffre d’Anderson de 700 et même de 1000 est évidemment exagéré.
Van Marum dit en avoir observé trois cent vingt dans une jeune Baleine.
Nous avons cité plus haut le capitaine Paole qui accorde 308 fanons au mâle et 330 à la femelle.
Nous avons examiné avec soin la tête de notre fœtus et nous en avons trouvé deux cent quatre-vingt-seize.
Chaque Baleine franche fournit en somme quatre cents fanons pour le commerce. La Baleine australe produit le même nombre.
! In each side of the mouth are about 200 laminæ of whale bone, dit-il. Account of the Balæna Mysticetus, Transact. Wernerian Society, vol. I,
A ÉOC Ci p.05.
Les pêcheurs groënlandais estiment les fanons d’après leur longueur. Ceux des Baleineaux qui sont encore sous la protection de leur mère n’ont que quelques pouces de longueur.
Les plus grands fanons mesurent de 10 à 14 pieds anglais; rarement on en voit de 15 pieds, dit Scoresby. La plus grande largeur est d’un pied.
Le capitaine Paole accorde, comme nous l'avons déjà dit, 10,5 aux fanons de la femelle, 9,16 à ceux du mâle.
Le capitaine de l’Arctic donne également la mesure de la longueur des fanons des mâles et des femelles, et la plus grande longueur est de 41,9 et de 11,7. Ce sont es fanons de femelles. Nous trouvons ensuite 41.0 pour les fanons d’un mâle 1.
Nous voyons encore le chiffre de 10 (10,6, 10,4, 10,4, 40,2, 10,0) pour les fanons de cinq individus, dont quatre proviennent de femelles et un de mâle. |
Le 5 juillet le capitaine de lArctic prend dans Barro Strait une femelle et un mâle, l’un et l’autre ayant des fanons de 2,6, par conséquent de jeunes individus qui ne fournissent ensemble que trois Cuts de fanons et sept tonnes d'huile, tandis qu’une seule femelle adulte fournit une tonne cinq Cuts de fanons et vingt tonnes d'huile.
À en croire certains baleiniers, les fanons des femelles seraient plus courts que ceux des mâles, mais plus larges.
M. Holder a pu comparer les fanons de la femelle de Balæna biscayensis capturée à New-Jersey à ceux du mâle du Musée de Charleston, et il ne trouve guère de différence dans leur longueur.
Les fanons du milieu sont les plus longs, surtout à l’âge
1 Toutes ces mesures sont en pieds et pouces anglais :
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adulte: dans notre fœtus nous ne trouvons pas une très grande différence entre eux.
Les fanons sont disposés le long du palais depuis le bout du rostre jusqu’au fond de la cavité de la bouche. Ils diminuent insensiblement en avant, en longueur et en largeur. Ils diminuent de la même manière en arrière, et les derniers fanons sont situés sur la même ligne à peine courbée.
La peau du palais, en arrière surtout, est couverte de papilles d'autant plus grandes qu'elles s'approchent davantage des fanons. Elles disparaissentau delà des limites des fanons.
Dans les Balénoptères, les deux rangées de fanons s’unissent, comme nous l’avons déjà fait remarquer, de manière à former un fer-à-cheval en avant, tandis qu’en arrière elles se recourbent en dedans en tire-bouchons, laissant un certain espace entre elles au milieu du palais. Les derniers fanons méritent à peine de conserver ce nom; ce sont de simples filaments, d’une grande ténuité, et qui ressemblent plus à des poils qu’à des fanons.
one Différents naturalistes ont
Palais d'un fœtus de Baleine franche, en été dans le doute il ya quelarrière, pour montrer la manière dont , :
‘les fanons se terminent à l'entrée du ques années, sur la question
RER de savoir si les fanons pendaient dans la cavité de la bouche, si les bouts libres flottaient en dehors ou en dedans des mandibules. 11 ne peut y avoir de doute : les fanons sont placés en dedans des mandibules. Ce qui avait induit en erreur, c’est l'observation des courts