‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 6 sur 51 · MUSÉES QUI RENFERMENT DES OSSEMENTS DE CETTE BALEINE · texte numérisé non relu

MUSÉES QUI RENFERMENT DES OSSEMENTS DE CETTE BALEINE

Il n’est pas sans importance, pour celui qui veut s'occuper des Cétacés, de connaître les collections qui renferment le squelette ou les ossements de telle ou telle espèce. On ne peut guère demander ces objets en communication pour les comparer; 1l faut généralement les étudier sur place.

Parmi des objets que nous avons achetés à la vente publique de Vandermaelen, nous avons trouvé deux caisses tympa-

the Celacea of the Norfolk Forest-bed. À côté des Balénoptères, des Physeter macrocephalus, des Monodon monoceros, des Delphinus delphis et des Tursiops, M. Newton cite la Balœæna biscayensis, d’après une région cervicale) trouvée à Overstrand, près de Cromer, conservée dans la collection de M. Jos. Backhouse d'York.

Ostende, 18 août 1886.

The Canadian naturalist… Montréal, vol. X, n° 7, 1885.

niques sans aucune indication de provenance, l’une de Balæna biscayensis, l’autre de Balæna mysticetus. Ces caisses sont aujourd’hui au Musée de Louvain; nous possédons, en outre, une caisse t{ympanique envoyée par Cope, une omoplate et trois vertèbres.

Nous avons vu il y a quelques années une côte dans le Musée Vrolik qui est sans doute aujourd'hui au Jardin zoologique d'Amsterdam et qui provenait d’une Baleine d’après sa courbure. La partie inférieure était remarquable par son épaisseur.

Le Musée de Lund renferme une côte de vraie Baleine que Malm rapporte à la Balæna biscayensis. Au Musée de lUniversité d’Upsala on conserve le squelette presque complet de la Balæna Svedenborgü. Les Musées de Stockholm et de Gothenburg possèdent également quelques ossements de cette Baleine.

La région cervicale de Lyme Regis, nommée par Gray Balæna britannica en 1870, Macleayius britannica en 1873 1, provient sans doute du même animal. M. le professeur Gasco rapporte cette région à la Balæna biscayensis, comme la région cervicale de Pexemplaire du Jardin des plantes, que Lacepède avait attribuée à la Balænoptera musculus ?.

Les squelettes de Balæna biscayensis connus actuellement en Europe sont : 1° celui du Musée de Copenhague, provenant du Baleineau capturé en 1854 dans le golfe de Gascogne; 2 celui du mâle adulte conservé à Naples et provenant du golfe de Tarente; 3° un troisième squelette, connu en Europe, est celui qui a été préparé en 1878 et qui provient de la Baleine de 48 pieds capturée entre Guetary et Zarauz. Il se trouve au petit Musée de Saint-Sébastien ; 4° à l’Université de Santiago (Galice) on conserve depuis peu le quatrième squelette provenant de l'individu qui a échoué vers 1880, à la Via il Vigo, dont nous avons parlé plus haut.

Aux États-Unis d'Amérique on possède aujourd’hui, comme

! Proceedings of the Zoological Society, 21 janvier, 1875. ? Fr. Gasco, /ntora1o alla Balena presa in Taranto. Napoli, 1878.

en Europe, plusieurs squelettes complets. Le premier est celui du Musée Central-Park, à New-York; il provient d’un animal de 35 pieds de longueur capturé sur les côtes de Long-Island ; le sexe n'est pas connu. Un autre est conservé au Musée de Cambridge; il est complet aussi et provient d’une femelle capturée au cap Cod. Al. Agassiz l’a vu en chair et a présidé à sa préparation. C'est le plus grand. On sait que c’est au cap Cod surtout que se faisait anciennement la pêche de ces animaux ; c’est le New-Jersey spécimen. Il en existe un troisième squelette (Cope’s specimen, dit Holder) qui est conservé au Musée de l'Académie de Philadelphie ; il provient d’un animal échoué en 1863; il a 31 1} pieds de longueur. Un quatrième provient d’un mâle capturé en janvier 1880 dans le havre de Charleston, Il est monté au Musée de cette ville (City College). H parait que lanimal dont provient le squelette était appauvri, sans doute par défaut de nourriture. Les os du bassin sont perdus. Sa longueur était de 40 pieds 4 pouces, en chair. La tête a 9 pieds 8 pouces.

Une Baleine femelle de 48 pieds de longueur a été capturée sur les côtes de New-Jersey au printemps de 1882, mais, nous l'avons dit plus haut, son squelette malheureusement n’a pas été conservé.

Le Musée national de New-York possède enfin, si nous sommes bien informé, un quatrième squelette provenant d'un individu faisant partie de la gamme qui est venue à la côte au commencement de l’année 1885, après un grand froid.

Une tête est conservée à Raleigh, capitale de la Caroline du Nord, où on conserve aussi plusieurs os séparés de divers individus.

Les ossements de Zalæna Svedenborgii ou Hunterus Svedenborgii, sont conservés en grand nombre, puisqu'on y trouve presque tout un squelette, au Musée de l'Université d’Upsala et quelques-uns au Musée de l’Académie de Stockholm.

DESSINS

La première figure de cet animal été publiée par LACEPËDE, Hist. nat. des Cétacés, pl. IF et IIT, d’après un dessin fait par Bachstrom en 1779 et qui lui a été envoyé par Sir Joseph Banks, président de la Société royale de Londres. Nous avons ensuite celle du Dr Monedero qui à été publiée à part 1. Puis viennent les figures de CaPELLINI, Della Balena di Taranto, 1877, et de FR. Gasco, Intorno alla Balena presa in Taranto, nel febr., 1878.

M. Holder a fait dessiner les squelettes qui sont conservés aux États-Unis d'Amérique et publie une figure de la femelle qui a été capturée en 1882 sur la côte de New-Jersey, en même temps que le squelette qui est conservé à New-York. Les planches qui accompagnent le mémoire de M. Holder sont au nombre de quatre : la première représente la femelle avec son bonnet très développé en avant du rostre; il est intéressant de comparer ce dessin à la figure du D' Monedero, que nous avons reproduite dans lOstéographie des Cétacés, et aux dessins publiés par MM. Capellini et Gasco. La deuxième planche reproduit séparément la tête vue par dessus, et vue de face avec les fanons en place la bouche ouverte; à côté de ces dessins l'auteur à figuré l'extrémité caudale, les fosses nasales et la cavité de la base du rostre, les os nasaux, la région cervicale et deux vertèbres, l’une de la région lombaire, l’autre de la région dorsale. Les os nasaux sont remarquables par leur complète ressemblance avec ceux de la Baleine de Tarente. La troisième planche représente le squelette complet au musée de New-York; c’est la plus intéressante. Il ne manque que le sternum, le bassin et les dernières caudales. La quatrième et dernière planche reproduit la tête isolée, vue de profil avec les

? Dr Moxerero, Copia al natural del Balenalo muerlo en la playa de S.-Sebastian ei 17 de Encero de 1854.

fanons en place, d’après la Baleine capturée à Charleston en janvier 1880.

Le Harper’s Weekly Journal du 31 janvier 1880, publié à New-York, reproduit une photographie de cette Baleine couchée sur le dos.

Nous avons reproduit dans notre Ostéographie la planche du D' Monedero et nous avons publié le dessin de quelques os, les seuls qui fussent connus alors. Nous possédons aujourd’hui non seulement la figure de l’animal tout entier, mais comme nous venons de le voir, la description complète des divers os du squelette.

COMMENSAUX ET PARASITES

Les commensaux et les parasites ne sont pas sans jouer un rôle important dans l'histoire de chaque espèce.

La Baleine des Basques héberge deux espèces de commensaux, des Cyames comme la Baleine franche, et des Cirripèdes du genre Coronula, que Chemnitz a distingués sous le nom de Diadema balænaris 1. Darwin a également décrit et représenté cette espèce 2. D’après Steenstrup, la baleine qui nous occupe porte, en outre, des Tubicinella. La Baleine échouée à Tarente logeait dans certaines régions de la peau des Cyames qui ont été heureusement conservés. M. Gasco les a soumis à l'examen du professeur Lutken, à Copenhague, qui a fait une belle monographie de ces Crustacés. D’après l’avis du professeur de Copenhague, les Cyames trouvés sur la Balæna biscayensis sont les mêmes que ceux qui hantent la Balæna Japonica et la Balæna australis. M. Lutken n’a pas vu de différence en comparant les individus que le professeur Gasco a soumis à son examen à Copenhague.

* Cnemxirz figure cette Diadema balænaris, Conchyl. cab, vol. VIH, p. 519, pl. LIX, fig. 8435-44.

? Darwin, Balænidæ, p.417, pl. XV, fig. 5, et pl. XVL, fig. 1, 2, 5.

Ainsi les trois Baleines des régions tempérées, malgré la distance qui les sépare, hébergeraient le même commensal.

Il y a longtemps déjà qu'il a été fait mention de ces Cirrhipèdes, hantant certains Cétacés et, comme nous l'avons vu plus haut, les Islandais avaient déjà remarqué que la Baleine des régions tempérées porte seule ces coquillages.

Rondelet fait déjà mention des Coronules trouvés sur la Baleine de 25 mètres, dont il parle dans son Histoire des poissons et qui est bien la Baleine qui nous occupe.

Paul Boccone, à propos des Penella de l'Espadon et de son prétendu parasite qui n’est autre chose que le mâle de ce Lernéen, fait mention également des Cirripèdes qui hantent la peau de la Baleine; il en figure même auxquels il donne le nom de Poux de Baleine. Il y a lieu de se demander si ce n’est pas l'espèce de la Balæna biscayensis. H les a reçus, dit-il, d’un ami qui s’est procuré ces curieux organismes sur les côtes d'Écosse. Il ajoute que ces Poux s’établissent autour des organes sexuels de la Baleine et qu’il s’en trouvait onze ensemble 1, ce qui fait supposer que ce sont des Cyames.

On a vu déjà qu’au dire du Dr Fischer le gardien du phare de Biarritz aurait aperçu au large, à la fin de décembre 1855, une Baleine couverte de coquillages, ce qui veut dire de Cirripèdes.

La Baleine capturée le 7 janvier 1880 à Charleston (Caroline du Sud) portait également des Crustacés logés dans la peau de la tête, au bout des mandibules et du rostre.

M. Lutken a fait remarquer que sur la planche qui reproduit la figure de la Balæna biscayensis, Monedero à fait dessiner un Picroyonon au lieu d’un Cyame.

Nous ne connaissons pas encore de vrais parasites chez cette Baleine.

? Natuurkundige naspeuringen, pl X. ‘s Gravenhage, 1745.

DE LA

BALEINE FRANCHE (BALÆNA MYSTICETUS),

PAR

P.-J. VAN BENEDEN

MEMBRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE

(Présenté à la Classe des sciences dans la séance du 6 novembre 1885.)

(Extrait du tome XL des Mémoires couronnés el autres Mémoires

publiés jar l'Académie royale de Belgique. — 1887.)

DE LA

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