‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 10 sur 83 · I. — Le tissu sporifère ne s’échappe pas du péridium · texte numérisé non relu

I. — Le tissu sporifère ne s’échappe pas du péridium

A. Péridium sans colonne centrale.

a. Péridium sessile, sans péridiole.

1° Lycoperdacées. — Les cloisons disparaissent complètement, à l’exception d’un capillitium enveloppant les spores. Lycoperdon,

Bovista.

2° Hymênogaslrées. — Les cloisons persistent entièrement ; le fruit, ordinairement hypogé, demeure charnu et offre l’aspect de la Truffe. Gautier a , Hymenog aster, Hydnangium , Octaviania, Hysterangium, Rhizopogon, Melanogaster , Pompholix.

3° Sclérodermées. — Les cloisons ne persistent que dans leur partie médiane; le péridium est subéreux ou ligneux. Scleroderma.

b. Péridium pédicellé, avec péridiole.

4° Polysaccées. — Les cloisons disparaissent tout autour des cavités, en isolant dans chaque chambre un péridiole. Polysaccum.

B. Péridium pédicellé avec pédicelle prolongé jusqu’au sommet par une colonne axile.

5° Podaxinées. — Podaxon, Secotium.

IL — Le péridium externe s’ouvre et le tissu sporifère s’en échappe.

A. Péridium externe s’ouvrant régulièrement en plusieurs lanières hygroscopiques qui se rabattent en étoile parla dessiccation. Le péridium interne s’ouvre plus tard au sommet.

G° Géasiridées. — Geaster, Plecostoma, Myriostoma.

B. Péridium externe se déchirant irrégulièrement ; tissu sporifère entraîné par l’ouverture sur un pédicelle allongé.

DES CLASSIFICATIONS

7° Batarrées. — Le tissu sporifère demeure enveloppé par le péridium interne. Tulostoma , Batarrea, Gyrophragmium.

8° Phalloïdées. — Le tissu sporifère perce aussi le péridium interne et se liquéfie en entraînant les spores. Phallus.

C. Péridium s’ouvrant en valves étoilées, d’où s’échappe un corps caverneux en forme de réseau dont les mailles laissent écouler les spores dans un liquide visqueux.

9° Clathrées. — Clathrus.

III. — Les cloisons se détruisent complètement, à l’exception de la paroi des cavités ; de là autant de péridioles libres.

10° Nidulariées. — Le péridium renferme plusieurs péridioles qui demeurent en place. Cyathus , Crucibulum , Nididaria.

11“ Carpobolées. — Les deux couches du péridium s’ouvrent en étoile au sommet ; après quoi, le péridium interne se reploie vers le haut en forme de cloche et projette avec force son unique péridiole. Sphœrobolus.

ORDRE VI. — ASCOMYCÈTES

C’est par la structure de l’appareil ascosporé mûr, que l’ordre des Ascomycètes est divisé en quatre familles.

18me Famille. Discomycètes. Les principaux genres de la famille des Discomycètes sont groupés en cinq tribus, de la manière suivante :

1° Exoascêes. — Périthèce réduit à l’hyménium, lequel, à son tour, peut se réduire à un asque unique. Saccharomyces , Ascomyces, Taphrina, Protomyces , Exoascus, Ascotricha, Ascodesmis , Stictis, Propolis ;

2° Patellariées. — Périthèce subéreux ou coriacé. Patellaria, Tympanis, Cenangium, Dermatea ;

3° Phacidiées. — Périthèce corné, d’abord clos, puis s’ouvrant en valves, en couvercle ou en fente. Phacidium , Rhytisma , Hysterium , Hypoderma , Lophodermium ;

4° Ascobolées. — Périthèce gélatineux, d’abord clos, puis ouvert ; asques proéminents le plus souvent au-dessus des paraphyses. Ascobolus , Ascophanus, Ryparobius , Bulgaria ;

b° Pezizées. — Périthèce céracé ou charnu, en forme de coupe, de massue, ou de chapeau rabattu, toujours ouvert ; asques ne

DES CLASSIFICATIONS

dépassant pas les paraphyses, Pezizci, Helotium, Geoglossum, Vibrissea, Leotia, Mitrula, Verpa, Morcliella, Helvella.

19me Famille. Périsporiacées. Les genres de la famille des Périsporiacées peuvent être groupés en quatre tribus, de la manière suivante :

1° Périsporiées. — Thalle non parasite, périthèce sessile. Aspergillus, Sterigmatocystis , Pénicillium , Gymnoascus , Ctenomyces , Perisporium , Ascospora, Zasmidium , Chœtomidium ;

2° Erysiphées. — Thalle parasite, périthèce sessile. a , pourvu d’appendices : Sphœrolheca , Podosphœra , avec un seul asque octospore ; Phyllactinia , Uncinula, Microsphœria, Erysiphe, avec plusieurs asques contenant 2 à 8 spores. — b, dépourvu d’appendices : Apisporium , avec un seul asque ; Lasiobotrys , avec plusieurs asques ;

3° Ony gênées. — Périthèce pédicellé. Onygena ;

4° Tubéracées. — Périthèce hypogé. Genabea , Hydnocystis, Genea, Balsamia, Tuber, Pachyphlœus , Choiromyces , Terfezia, Elaphomyces.

20me Famille. Pyrénomycètes. Les nombreux genres de la famille des Pyrénomycètes se groupent en quatre tribus, de la manière suivante :

1° Sphériées. — Périthèce simple. Sordaria, Hypocopra , Co~ prolepa, Ceratostoma , Stigmatea , Sphœria, Sphœrella, Venturia, Pleospora, Fumago, Byssothecium , Lophiostoma, Massaria, Cucurbitaria ;

2° Valsées. — Périthèce composé. Stroma ordinairement noir, de consistance cornée, aplati, le plus souvent recouvert parle liège de la branche où il se développe. Eutypa, Polystigma , Dothidea , Valsa, Diaporthe, Melanconis , Diatrype, Quaternaria ;

3° Nectriées. — Périthèce composé. Stroma libre, charnu, coloré en rose ou en rouge vif. Claviceps , Cordyceps, Epichloe , Hy~ pocrea, Hypomyces , Nectria ;

4° Xylariées. — Périthèce composé. Stroma libre, dressé en forme de stylet ou de buisson, ou aplati en coussinet ou en coupe. Hypoxylon, Ustulina, Poronia, Xylaria.

En cryptogamie, tout reste à faire. On ne connaît pas même les fonctions du Champignon, on ignore à quoi servent les éléments qui les composent; on discute fort sur les organes et sur leur

DIVISION DES CHAMPIGNONS

importance, et bien peu pourraient dire ce qu’ils sont et à quoi ils concourent. Comme l’appât d’une gloire vaine a porté bien des cryptogamistes à démembrer des espèces et des genres pour leur imposer leur nom, on devra, ce me semble, réagir de toutes ses forces contre cette tendance, n’admettre des espèces qu’à bon escient et ne point faire des genres de complaisance. Il faudra se rappeler que la classification parfaite présente, pour caractère essentiel, une disposition de tous les êtres par passage insensible, les groupements naturels, quelque petits qu’ils soient, contribuant à simplifier et réunir : tel est le but.

Les descriptions devront être claires, précises, nettes, dégagées de ces termes barbares, dont on s’est plu à encombrer le langage du mycologiste, comme pour rebuter les commençants et les dégoûter de sa science dès les premiers pas.

Page 1