CHAPITRE X
GENÈSE DE L’HYMÉNIÜM. - BASIDES. - CYSTIDES
Si l’on étudie, sous le porte-objet du microscope, la coupe transversale d’une jeune lame d’Agaric en voie de formation, on la voit composée seulement d’une série de filaments qui, de la région moyenne du chapeau, forment le corps de la jeune lame ou le tissu de la trame.
8i GENÈSE UE l’HYMÉNIUM. — I3ASIUES. — GYSXIDES
Ces filaments divergent à droite et à gauche en se dirigeant vers les deux faces, où les articles des filaments se raccourcissent, prennent une forme légèrement ovale, et vont créer ainsi une couche nouvelle de tissu sous-hyménial. Si on l’examine avec un grossissement de 600 diamètres, on observe aisément que les cellules de la trame procèdent Tune de l’autre, et que les filaments nouveaux sont de même nature que les filaments producteurs ou homologues.
Cette seconde formation est amenée par poussées latérales ; la preuve en est fournie par le filament producteur, qui, poursuivant sa course longitudinalement par son sommet, développe encore selon ses besoins, et toujours en se raccourcissant, de nouvelles cellules légèrement ovales, plus faibles que la partie du membre producteur situé au-dessous.
Ces cellules, d’égales dimensions au début, se développent sans cesse sur les deux faces latérales de la lamelle, et pendant l’accroissement progressif de celle-ci ; mais, comme elles perdent la propriété de se reproduire, de se multiplier par de nouvelles divisions, au même moment naissent, par la même reproduction, d’autres filaments qui s’insèrent étroitement les uns contre les autres, et toujours perpendiculairement au bord interne et externe des lamelles. Nous observons ainsi deux sortes de cellules, les basides et les cystides, isolées l’une de l’autre, qui, après leur formation, cessent d’être parties intégrantes de la cellule mère, deviennent un membre nouveau et ne participent plus à aucun accroissement ultérieur. En un mot, c’est la partie terminale d’un filament fructifère, ou d’un organe doué d’accroissement ; c’est la fin du point végétatif de cette partie cellulaire, encore exclusivement formée par un filament primitif. Le contenu de ces cellules est granuleux et semble mêlé de particules oléagineuses qui, dans les basides, sont en communication par les stérigmates (planche II, fig. V, st), avec l’intérieur des spores (planche II, fig. V, sp). Lorsque les spores approchent de leur maturité, la communication entre leur contenu et celui des basides diminue et finit par cesser complètement.
Les cystides (planche II, x ) sont ordinairement plus grandes que les basides, varient de taille et de forme avec les espèces, et se montrent égales ou inférieures en taille aux basides, dont, comme
DU GENRE AGARIC
nous l’avons dit plus haut, elles se rapprochent par la structure, saufle développement à leur sommet des stérigmates et des spores. Je ne puis pas discuter ici les idées de Corda, d’HoFFMANN, de Schmitz et de Seyne ; mon rôle, plus modeste, consiste à faire observer qu’une cellule qui reste à la place où elle est née, qui commence par une petite protubérance vide de tout contenu, qui se distingue d’une manière aussi frappante des autres cellules du Champignon par sa forme, par son contenu, et par ses fonctions, doit fixer l’attention des physiologistes ; mais il nous est nécessaire de suivre plus attentivement son début, d’étudier mieux son organisation, surtout sa forme variable avec chaque espèce, pour avoir la certitude absolue, et c’est l’histoire complète des Basidiosporés qui serait à faire.
En somme, l’hyménium des Champignons n’est ici qu’une formation purement cellulaire, provenant d’une matrice cellulaire, et qui ne doit vivre qu’un moment pour la reproduction de l’espèce.