‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 22 sur 83 · BASIDIOMYCÈTES DE BARY. - HYMÉNOMYCÈTES FR · texte numérisé non relu

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DU GENEE AGARIC

Le genre Agaric est une des divisions les plus considérables du règne végétal, tant au point de vue de son importance numérique que pour les propriétés nuisibles ou utiles des Champignons qu’elle renferme. Persoon avait décomposé la famille des Agaricinés en trois genres : Amcmita, Agaricus , Merulius ; ce dernier était divisé en trois sous-genres : Cantliarellus, Serpula, Gomphius. Le genre Agaric forme dix sous-genres, fondés sur l’existence et la nature de l’anneau ; les deux genres Lepiota et Cortinaria sont basés sur son absence ; le Gymnopus, sur la forme, la consistance du chapeau ; les Mycena , Omphalia ont pour cause l’excentricité

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DU GENRE AGARIC

du pédicelle ; le genre Pleuropus, la déliquescence et l’état membraneux du chapeau ; Coprinus , la consistance du réceptacle et des lamelles ; Pratellus , Lacliftuus, la lactescence de ses organes ; Russula , l’égalité des lamelles.

Cette classification de Persoon groupait les Agaricinés d’après des caractères assez faciles à saisir ; mais l’accroissement des espèces connues depuis cette époque l’a rendue insuffisante, et la classification généralement adoptée aujourd’hui est celle de Fries.

Elle est basée sur les trois caractères principaux suivants :

1° La nature charnue, fugace ou coriace, persistante, du tissu du chapeau et du pédicelle ;

2° L’absence ou la nature de la trame des lamelles, c’est-à-dire du tissu intermédiaire entre les faces hyméniales, qui peuvent, dans certains cas, se séparer facilement ou être très adhérentes, comme la lamelle peut se séparer facilement du chapeau ou lui être intimement unie ;

3° La couleur des spores.

Ces considérations ont permis à Fries de ranger les Agaricinés en quatre genres et vingt et un sous-genres.

Les caractères des sous-genres, les Cortinaires par exemple, sont tirés de la forme du chapeau, du pédicelle et des lamelles, de leurs rapports mutuels, de la présence, ou de l’absence, de la nature de l’anneau et de la volve.

Quels que soient les services que cette classification a rendus, il est impossible de ne pas reconnaître avec Léveillé que plusieurs des sous-genres de Fries reposent sur des caractères que l’œil le plus exercé ne saisit pas toujours, et que l’examen anatomique ne démontre pas constamment. La plupart des auteurs qui l’ont adoptée ont cherché à y introduire des modifications destinées soit à la simplifier, soit à la rendre plus fidèle aux rapprochements exigés par des affinités incontestables.

En 1844, Rabenhorts, dans sa Flore cl’ Allemagne, a diminué le nombre des genres de Fries, et n’a conservé comme tels que les Russules, Gomphidius, Paxillus et Agaricus. Ce dernier est divisé en six tribus, suivant la couleur des spores et des lamelles, sous les noms de Coprinus , Pratella , Derminus, Cortinarius, Hypo-

DU GENRE AGARIC

rhodius , Leucosporus , dans lesquels rentrent tous les sous-genres de Fries, et les autres formés par lui aux dépens de l’ancien genre

Agaricus.

M. Cooke, en 1871, dans le Handbook of Brilish Fungi , tirant au contraire des caractères posés par Fries toutes leurs conséquences, a augmenté le nombre des genres, adoptant môme le genre Dépista , de Smith. Il a multiplié les sous-genres et, afin de rendre plus saisissables les rapports qu’ils offrent entre eux, les a fait suivre d’un tableau dû à MM. Worthington, G. Smith, qui les disposent en séries homologues, selon la méthode adoptée en chimie.

Dans les Champignons du Jura et des Vosges, publiés en 1872, M. le docteur Quelet répartit la famille des Agaricinés entre quarante-cinq genres, groupés en un certain nombre de séries basées sur les caractères de la couleur des spores, de la nature et des rapports des lamelles avec le pédicelle, de la consistance de tout le réceptacle ou de l’une de ses parties par rapport à l’autre. M. Quelet a encore élevé au rang de genre, les sous-genres de Fries.

M. de Seyne, dans son article Champignon , du Dictionnaire de botanique de M. H. Bâillon, adopte franchement la nécessité actuelle d’une coupure artificielle, et le savant cryptogamiste pense qu’elle doit être faite en vue de la détermination des espèces. Je renvoie à l’article Agaric de ce Dictionnaire ceux qui désireraient connaître la division proposée en Chromospores et Leucospores, ainsi que les quarante-neuf types mentionnés.

Le genre Agaric, établi par Linné et adopté par tous les botanistes, présente les caractères indiqués plus haut. Les espèces étant très nombreuses, tous les auteurs ont senti la nécessité de le subdiviser pour en faciliter l’étude, et d’après Léveillé il présente onze sous-genres :

1er Sous-genre, Amanita: Agaric à volve, chapeau charnu, le plus souvent verruqueux; lames membraneuses, serrées ; pédicelle allongé, nu ou muni dhm anneau.

2° Sous-genre, Lepiota : Pas de volve ; pédicelle muni d’un anneau membraneux ; lamelles ni nébuleuses ni fuligineuses, dépourvues de suc.

DU GENRE AGARIC

3e Sous-genre, Gymnopus : Chapeau charnu entier et convexe ; lames unicolores, marcescentes ; pédicelle sans anneau ni cortine.

4e Sous-genre, Omphalia: Chapeau le plus souvent membraneux, strié, presque transparent, convexe et persistant ; lames unicolores facilement desséchées ; pédicelle allongé, fîstuleux et nu.

5e Sous-genre, Mycena: Chapeau entier, charnu ou membraneux, infundibuliforme ou déprimé au centre ; lames d’inégale longueur, ni succulentes ni lactescentes, le plus souvent décurrentes ; pédicelle nu et central.

6e Sous-genre, Pratella : Chapeau membraneux ou à peine charnu, fugace, lames noires, se liquéfiant; pédicelle blanc, nu ou muni d’un anneau.

7e Sous-genre, Coprinus : Chapeau le plus souvent charnu ; lames émarginées ou sinuées à leur extrémité interne, unicolores et couleur de cannelle ; pédicelle souvent bulbeux, entouré d’une cortine ou anneau arachnoïde.

8e Sous-genre, Cortinaria : Chapeau charnu ou presque membraneux, persistant ; lames nébuleuses et enfin noires ; pédicelle nu ou muni d’un anneau.

9e Sous-genre, Laclarius : Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre ; lames lactescentes.

10e Sous-genre, Russida : Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre ; lames dépourvues de suc et toutes de la même longueur; pédicelle nu.

11e Sous-genre, Pleuropus: Chapeau charnu, déprimé, oblique, entier ou dimidié ; pédicule excentrique, latéral ou nul.

Cette distribution des Agarics a été adoptée par tous les auteurs, et malgré les imperfections qu’elle présente, celui qui l’adopte pour étudier les Champignons rapporte avec la plus grande facilité les différentes espèces aux sections qui leur conviennent.

Les chiffres romains qui suivent le nom de l’espèce indiquent les planches, et les chiffres arabes les figures.

Comme le genre Agaric est sans contredit le plus varié de tous, on devra apprendre à le connaître espèce par espèce, comme on agit avec les autres plantes et les animaux, et pour cela il faudra simplement lire avec attention la description des espèces, comparer les figures aux Champignons frais, observer avec soin la forme du

DESCRIPTION DES ESPÈCES

chapeau,, sa texture, son port aux différents états de développement; sa coloration qui peut varier selon l’âge, le terrain et l’humidité ; attacher une grande importance à la partie qui supporte le chapeau et que l’on appelle pédicelle ; bien remarquer s’il est bulbeux à sa base ; aussi faut-il toujours enlever un Champignon de terre avec précaution pour constater l’existence de la volve ou du bulbe.

Nous connaissons les caractères du genre Agaric ; mais il faut étudier la structure des lamelles sous le rapport de la proportion, de la forme et du mode d’insertion avec le pédicelle, et, muni de ces connaissances, on pourra affirmer que tels caractères sont les indices certains, infaillibles, d’un Champignon comestible ou d’un produit vénéneux.

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