‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 57 sur 83 · SOIXANTE- SIXIÈME GENRE, CYATHUS · texte numérisé non relu

SOIXANTE- SIXIÈME GENRE, CYATHUS

Polyangium vitelinum, planche LXX, fîg. 382.

Lk., obs. I, 40, t. 2, f. 63 ; in agro berol.

Réceptacle oblong, globuleux, petit, sessile, couleur jaune d'œuf, aggloméré en petits tas, ayant à la base un coussin un peu tomenteux. Automne, sur le bois mort. Coussin grossi en Z.

03° GENRE, CILICIOCARPUS. — Gord.

Réceptacle floconneux, fugace, supporté par une racine rameuse, blanche à la base; sporanges nombreux, rassemblés, agglomérés, lâches, globuleux, remplis à l’intérieur d’une pulpe gélatineuse, floconneuse et un peu fibreuse. Spores simples, continues, poudreuses et colorées. Champignon épi phyte à racine en forme de pédicelle, rameuse, blanche, charnue.

Ciliciocarpus hypogeus, planche LXX, fîg. 381.

Cord. in Sturm., FL, III, 3, p. S, t. 3, Boh.

Réceptacle pédicule, urcéolé, fibreux, arrondi, subéreux, d’une couleur roux pâle, verruqueux extérieurement, s’ôuvrant irrégulièrement. Sporanges sphériques. Pédicelle court, blanc, rameux. Spores nues, ovales. La figure X représente un réceptacle grossi, Eté. automne, sur les couches de fumier, le bois mort.

r 66e GENRE, CYATHUS. — Bull.

Réceptacle coriace, légèrement filamenteux à l’extérieur, presque arrondi ou cupuliforme, renfermant dans sa jeunesse une pulpe gélatineuse où sont contenus les péridiums , de la forme et presque du volume d’une petite lentille; à la maturité ils restent attachés dans cette corbeille par un étroit funicule ayant les spores fixées au centre. Petit Champignon en forme de godet, croissant en groupes sur le bois.

Cyathus striatus, planche LXVI, fîg. 349.

Villd., Fl. berol., 399; N. Striata , Bull., Champ.', 1G6, t. 40, f. A.

Réceptacle épars, conique, renversé, laineux, grisâtre, ferrugineux, strié longitudinalement; de couleur plombée en dedans. Opercule membraneux, blanc; péridium pâle. Été, sur la terre et

le bois pourri. 1 '

DESCRIPTION DES ESPÈCES

Cyathus crucibulum, planche LXVIII, fig. 362.

Hoffm., Veg. crypt., II, 29, t. 8, f. 1; Eur., Alger, Crucibulum vulgarc, Tul., Ann. sc. nat., 1844, I, 90 ; Nidularia crucibulum , Fr. Syst. myc., II, 299, etc.

Le réceptacle étend ses cordons rameux à la surface du bois mort. Il s’opère une ramification abondante dont les branches, toutes semblables entre elles, s’enchevêtrent et constituent un tubercule de plus en plus compact qui est le début du Nidularia. Ce tubercule grandit et en même temps s’allonge perpendiculairement au support en forme de cylindre. L’hyménium est composé de paraphyses et de basides à quatre spores. En B, on voit un opercule détaché.

67e GENRE, NIDULARIES. — Bull.

Réceptacle arrondi ou urcéolé, coriace; ouverture irrégulière ou orbiculaire, nue ou munie d’un épiphragme. Sporanges superposés, le plus souvent lenticulaires, sessiles ou attachés à un funicule élastique.

Nidularia granulifera, planche LXVIII, fig. 365.

Nid. globosa, Fr.; Syst. myc., II, 302; Cyathus globosus, Ehrb.; Sylv. berol ., 28, t. 8, fig. A, H.

Réceptacle cylindrique, à peine tomenteux, légèrement ocré, rose pâle en dedans, non strié. Péridium petit, lisse, rose, puis un peu pâle (fig. C, coupe du réceptacle). Printemps, sur le bois mort.

68e GENRE, GAUTIER A. — Tul.

Réceptacle rond, s’entr’ouvrant à l’extérieur; l’intérieur est celluleux, poreux, en forme d’alvéoles, radié à la base. Cellules couvertes d’un hyménium basidiophore ; basides la plupart à deux spores, les petites portées sur de petits stérigmates. Spores ovales atténuées à la base; épispore pliée, striée longitudinalement ou en forme de mosaïque.

Gautiera morchelliformis, planche LXVIII, fig. 363.

Dermatomycetes lycoperdacei, Rabb.; Myxomycètes, Wallr.

Réceptacle rond , globuleux, strié, ocracé, tacheté et marqueté de grisâtre; l’intérieur est poreux, en forme d’alvéoles étroites;

SOIXANTE- DIXIÈME GENRE, MELANOGASTEll

la surface est tapissée par l’hyménium ; basides à deux spores, à deux loges, portées par des stérigmates courts (fig. E).

Été, automne, au pied des bouleaux, des charmes, dans la terre à une petite profondeur.

69° GENRE, HYDNANGIUM. — Vitt.

Réceptacle couvert, toujours fermé, fibreux, charnu, finement membraneux, d’une couleur chair un peu ferrugineuse ; l’intérieur élastique gélatineux, à cavités étroites, inégales, rondes ou oblongues. Hyménium celluleux; basides en forme de petit cône pointu, stérigmate court. Spores petites, globuleuses, très caractéristiques pour ce genre (fig. D).

Hydnangium carneum, planche LXVIII, fig. 364.

llyd. candidum , Tul.; Fung. hyp., 76, t. 21, f. 2, Gall.; Odaviunu carnea,

Gord.

Réceptacle tuberculeux, arrondi, non rugueux, d’un roux ocracé, assez régulier, filamenteux à la base, charnu intérieurement, parsemé de veines jaune rose, à anastomoses fréquentes. Spores globuleuses, petites, portées sur des stérigmates courts.

On les rencontre en automne, dans les bois, quelquefois à la surface du sol, où leur base est entourée d’un mycélium mince.

70e GENRE, MELANOGASTER. — Gord.

Les Melanogaster sont des Champignons qui vivent dans la terre; le réceptacle est formé par des filaments cloisonnés, ramifiés et anastomosés, qui se groupent çà et là en un stroma formé de cordons rameux plus ou moins épais, sur lesquels les fructifications prennent naissance. Ces cordons sont souvent très résistants, semblables à des rhizomorphes, et peuvent passer à l’état de vie latente, en formant des sclérotes tuberculeux.

Melanogaster tuberiformis, planche LXXII, fig. 391.

Argylimn , Wall'.; Bu/liardia jung., Gord, in Slurm., FL, III, 3, p. 1, t. 1 ; Jlyperrhiza tuberiformis, Rabb., D G, Fl. Nr. 2368.

Réceptacle simple, charnu, presque lisse, rond ou bien irrégulier, d’un rouge brun ou mat. A l’intérieur les cloisons jaunâtres, qui séparent les cavités, sont, avant la maturité, revêtues de chaque

DESCRIPTION DES ESPÈCES

côté par l’hyménium, et sont en continuité directe avec le réceptacle, et forment une sorte de feutrage ou de capillitium, dont les interstices sont occupés par des basides courtes. A la maturité ces cellules deviennent pulpeuses ou gélatineuses; les spores, allongées en pointe (üg. 391, S), sont noires et opaques.

Tout l’été, environs de Paris.

Division II. — THÉCASPORÉS (DISCOMYCÈTES, Fr.-).

Le groupe des Thécasporés ectothèques se rapproche des Lichens par l’organisation de ses organes reproducteurs (thèques), accompagnés de paraphyses et opercules. — Le Milrula paludosa est un petit Champignon orangé, dont l’habitat est curieux et exceptionnel ; il végète ou fond des eaux marécageuses, fixé aux feuilles et ù de petites brindilles.

Les Thécasporés endotheques présentent des formes très diverses; depuis les Erysiphes épiphy lies, formés de filaments aranéeux blancs, entremêlés de petits conceplacles globuleux, noirâtres, qu’entourent des organes extrêmement élégants , jusqu’au Sphœrie ( Sphœria ), qui, malgré ses démembrements, est le plus nombreux en espèces et le plus singulier du groupe, en ce qu’il a des représentants dans le monde entier et sur tous les végétaux. Les spores de plusieurs espèces naissent 5 l’intérieur du corps de certaines chenilles, d’où elles sortent pour prendre leur entier développement. On connaît l’histoire du Sphœria müitaris, que l’on a donné sous le nom de mouche végétante des Caraïbes , comme un exemple de la transformation d’un animal en végétal. Les Onygena, q i participent des caractères des Sphœria, croissent sur toutes les substances animales épidermiques, telles que les sabots de cheval, les cornes de bœuf, les plumes, les poils, et même sur les vieux chiffons de drap.

En assez grand nombre de Thécasporés ont un appareil conidifère plus répandu que la fructification principale. Plusieurs Thécasporés ont en outre des pyenides avec de? stylospores et des spermogonies avec des spermacic*

DIVISION II. — THÉCASPORÉS

Afin d’en faciliter l’étude, je les divise en Thécasporés charnus, comestibles, et en Thécasporés charbonneux, non comestibles.

Prenons pour type une espèce très estimée : la Morille, regardée comme une friandise par les amateurs de Champignons.

Les Morilles commencent leur développement sous la terre, sur un mycélium uniformément composé d’un mucilage unicolore, mais d’une texture très appréciable au microscope. Si on examine les filaments d’une petite Morille sur son mycélium, on observe des cellules plates très fines, diversement ramifiées et anastomosées; puis, au sommet du petit cône et sur les côtés, un lacis de cellules globuleuses qui acquièrent en peu de temps un volume assez considérable par rapport à l’exiguïté du support qui restera le pédicelle. Ces filaments sont remplis d’une substance plastique, à laquelle le sommet de la Morille devra sa coloration jaunâtre, et les cellules globuleuses s’allongent par leur sommet, formant un grand nombre de tubes distincts, épais, très obtus, à cavités continues. Peu à peu il apparaît dans l’intérieur une substance granuleuse et globuleuse, inégale : c’est le protopiasma qui servira d’aliment à d’autres tubes de la même sorte, naissant sur la même cellule globuleuse. Cette nouvelle génération atteint un allongement qui peut égaler de trois à cinq fois le diamètre du filament générateur; mais le plus remarquable, c’est surtout le mode d'accroissement de ces filaments, qui se divisent sur le chapeau de la Morille en plusieurs loges ou alvéoles séparées par des cloisons verticales et qui se coupent à travers leur axe de figure. Au furet à mesure que chacun de ces filaments parvient â sa croissance normale, toute la longueur de la cellule se renfle insensiblement de distance en distance en six ou huit petits corps sphéroïdes à peine visibles; ce sont les spores formées librement au sein du protoplasma qui remplit ces cellules désignées sous le terme de thèques et qui se recouvrent peu à peu d’une enveloppe, sans adhérer 5 la cellule mère. Ce mode de développement a valu aux Champignons le nom d’Endosporés. Dans cette division, l’organe fertile de l’hyménium appelé thèque est toujours entouré d’autres i cellules stériles, d’une forme grêle, allongées en simples filaments:

! ce sont les paraphyses, qui, plus ou moins abondantes, se transforment quelquefois en thèques. (La fig. 384,2, de la planche LXXL

DESCRIPTION DES ESPÈCES

représente les thèques ; la fîg. 3., les paraphyses.) A la maturité, les thèques laissent échapper des spores qui se déposent en fine poussière.

Quelques espèces d’Helvelles s'emploient aux mêmes usages, bien que leur apparence soit différente ; les Morilles et les Helvelles peuvent être séchées facilement (ce qui augmente leur prix) et servent d’assaisonnement en hiver, saison dans laquelle les Champignons frais de toute nature sont difficiles à rencontrer.

Le genre, très nombreux, des Pezizes se divise en plusieurs groupes ; les espèces à grande taille sont généralement terrestres ; elles ont la réputation d’être comestibles, mais sans grande valeur. Quelques-unes, possédant une saveur franche de Champignon, prennent à la cuisson un goût nitreux très marqué, et sont fort peu recherchées par conséquent. Les plus petites espèces se trouvent sur les menues branches, les vieilles souches, les feuilles des plantes mortes, etc.

En France, les Truffes abondent ; on en trouve aussi quelques espèces en Algérie. Ce sont des Champignons souterrains, de structure assez particulière. L’hvménium est en forme d’asques ou larges sacs, contenant de grandes et belles spores, souvent colorées, composées d’une membrane nommée épispore, qui peut être, suivant les espèces, lisse, verruqueusc ou lacuneuse. L’épispore est souvent partagée en alvéoles polygonales, terminées par des cloisons minces, membraneuses et proéminentes. Chez les Truffes il n’y a pas de disposition spéciale pour la dissémination des spores, car la vie souterraine de la plante les rendrait toutes inutiles; mais on peut distinguer deux cas : tantôt le sac, contenu à l’intérieur de la cellule mère, se forme par un renflement plus ou moins sphérique ou allongé à l’extrémité du filament qui constitue seul le réceptacle : les spores sont immobiles ; tantôt le réceptacle donne naissance à des cellules cylindriques ou sphériques, soit disséminées dans un parenchyme, soit groupées côte à côte en hyménium, et il n’est pas rare de voir les cellules, ainsi créées aux dépens du tissu parenchymateux, s’isoler en partie les unes des autres. Ces cellules de formation secondaire se divisent, se séparent en groupes sur le même filament, de façon à produire deux sortes de cellules distinctes que l’on nomme stylospores et paraphyses.

DIVISION II. — THÉCASPOKÉS

FÉCONDATION DES THÉCASPOKÉS

On a longtemps soupçonné chez ces Champignons, mais sans preuves certaines, l’existence d’une reproduction sexuée; depuis, des observations multiples, des faits nombreux se sont accumulés et aujourd’hui on n’a plus aucun doute sur ce phénomène. Parmi les savants qui ont reconnu certains actes de copulation dans les cellules des Thécasporés jeunes, je citerai le professeur de Bary (1), le docteur Woronin (2), M. Tulasne (3), dans VAscobolus pulcherrimus de Crouan. Woronin s’est assuré que la coupe doit son origine à un tube court et llexible, plus gros que les autres branches du mycélium, et qui bientôt est partagé, par des cloisons transversales, en une série de cellules dont l’accroissement successif donne finalement à l’ensemble une apparence noueuse et inégale. Il appelle vermiforme le corps ainsi formé et désigné maintenant sous le nom de Scolécite. M. Tulasne dit que le corps annulaire ou scolécite peut être aisément isolé dans YAscobolus purpuraceus. Quand les jeunes réceptacles, encore sphériques et blancs, n’ont pas atteint un diamètre de plus d’un vingtième de millimètre, il suffit de les comprimer légèrement pour en déterminer la rupture au sommet et pour chasser le scolécitc, placé au centre d’une petite sphère et formé de six ou huit cellules courbées en forme de virgules.

J’ai fait une série d’expériences sur la fécondation dans toutes les classes, mais un Champignon de cette division, le Bulgarici inquinans (planche LXX1II, fig. 393), m’a particulièrement donné des résultats que je dois rapporter. Le Bulgarici se déve loppe entre les écorces du chêne, du charme, du châtaignier ; on doit le choisir jeune ; plus tard sa coloration noire rend les phénomènes de la fécondation très difficiles à observer ; puis sa surface ne tarde pas à se couvrir de gerçures irrégulières à mesure que la cupule se creuse ; ces gerçures rejettent au dehors une matière pultacée ou semi-pulvérulente, plus ou moins abondante, presque toute composée de stylospores ; à cet âge, la cupule est formée du réceptacle et de l’hyménium, occupant

(1) De Bary, Ann. des Sc. nal., oe série, p. 3i3.

(2) Woronin, Heitr. zur Morph. undPhys. der Pilze, par de Bary, 11, 1836, p. 1-1 i.

(3) Tulasne, Ann. des Sc. nal., 6* série, octobre 1866, p. 211.

DESCRIPTION DES ESPÈCES

toute la surface supérieure. Quand l’été est suffisamment humide, cette Pezize se développe avec rapidité sous forme de cupule jaunâtre très obtuse, entre les fissures des écorces d’arbres morts.

Primitivement la masse comprend un lacis confus de filaments très fins au milieu d’un mucilage épais, divisé en lobes multiples et irréguliers : ce sont les extrémités obtuses de ces lobes réunis au sommet du petit tubercule qui engendrent dans leur milieu les spermaties et s’entr’ouvrent pour leur livrer passage. Une coupc longitudinale très mince, placée sur le champ du microscope, présente des filaments droits, cylindriques, fistuleux. hyalins, colorés en jaune foncé; sur ces filaments naissent, de distance en distance, des cellules plus allongées qui se ramifient : c’est l’ébauche du tissu hyménial encore mal défini. Ces cellules ont l’apparence de petites papilles et sont encore mélangées aux filaments, sans cependant s’anastomoser avec le mycélium. Le moment de leur formation est le plus favorable pour étudier la fécondation. Le mycélium est pour ainsi dire couvert d’une multitude de petits mamelons obtus, peu saillants, d’une couleur jaunâtre, premier rudiment delà Pezize; les filaments intérieurs de chaque mamelon se partagent en petites cellules et les deux extrémités d’un filament formé croissent régulièrement en longueur, paraissant comme des rameaux superposés; cette formation s’opère graduellement de la base du petit mamelon à son sommet. A ce moment, la couche de filaments la plus extérieure s’isole circulairement en se courbant un peu au dehors ; la couche interne est comme gélatineuse.

Dans ce milieu, on distingue une cellule d’une forme toute particulière, beaucoup plus rigide que celles de même provenance et qui de moment en moment gagne considérablement en volume, devient plus forte, plus rigide que les autres cellules de même provenance, engendre sur toute sa surface des hyphes étagés en verticillcs imparfaits et rapprochés. Ces cellules nouvelles se bifurquent à peu de distance de leur base, et leur diamètre, de plus en plus inégal, s’allonge en décrivant un arc de cercle; en même temps la cavité de la cupule, d’abord continue, se divise au sommet par des cloisons perpendiculaires en plusieurs articles pour donner naissance aux thèques et aux paraphyses. La cellule mère qui les avait produits devient plus globuleuse, son intérieur

DIVISION II. — TIIÉCÀSPORÉ3

esl plein d’une substance jaunâtre, hyaline, qui ne tarde pas à se diviser en plus ou moins de portions dictinctes, s’arrondissant en petites sphères qui s’éloignent alors des parois de la cupule pour se grouper vers son centre, où cette masse nage dans un liquide aqueux ; le sommet de la cellule devient globuleux et prend la forme d’une sphère. Si le scalpel n’a pas tué les cellules, si la préparation sur laquelle on observe est bien faite, on aperçoit assez distinctement un filament venant du mycélium, ayant d’abord un aspect grêle et une forme particulièrement cylindrique ; il arrive au sommet de la sphère, cesse de s’allonger, se renfle un peu en se limitant au bas par une cloison; puis son intérieur s’organise et le protoplasma se sépare en petits globules; cette cellule grêle, cylindrique, change en quelques heures de forme, prend l’aspect d’une cellule oblongue faiblement courbe, s’allonge en pointe tubuleuse, traverse la paroi de la sphère, et, en s’ouvrant à son èxtrémité, lui épanche son protoplasma. J’ai cherché bien des fois à voir le contenu de cet organe mâle sans y parvenir, à cause de la rapidité du mouvement et du changement de préparation.

M. Tulasne, qui a suivi ce développement dans d’autres espèces, donne le nom de scolécite à la sphère et nomme anthéridie ou organe mâle le filament cylindrique.

A la suite de la fécondation, le scolécite s’allonge de plus en plus, jusqu’à ce qu’il forme un tube légèrement courbe, sur lequel apparaissent d’autres filaments; à sa surface interne naissent de petits ramuscules qui se dirigent en haut, se ramifiant dans leur partie basilaire et s’allongeant pour former l’hyménium : on reconnaît là les paraphyses. A côté se développent d’autres filaments qui se dirigent tantôt à droite, tantôt à gauche de la cupule, sont plus ou moins étalés, se cloisonnent, se ramifient plus ou moins considérablement, selon la saison. La seconde formation après le mycélium, ce sont les hyphes qui, avec les paraphyses, constituent une partie importante du réceptacle; le sommet de la j cupule est formé par ces cellules qui n’ont pas de communication ! immédiate entre elles. Après la fécondation seulement, les hyplies offrent, de distance en distance, des excroissances latérales, qui ' grossissent peu à peu, s’allongent, se séparent ensuite de la cellule mère par une paroi transversale ; la nouvelle cellule absorbe tout

DESCRIPTION DES ESPÈCES

le proloplasma de la cellule mère, acquiert peu à peu la forme d’une thèque, et, lorsqu’elle a atteint sa plus grande dimension, il se forme dans son milieu une substance plastique, d’apparence granuleuse.

Si on l’observe attentivement, on voit qu’elle est comme oléagineuse et très réfringente; des vacuoles se forment de distance en distance; à ce moment paraissent les nucléus, facilement reconnaissables à leur forme sphérique et à leur réfringence. Ces thèques s’arrondissent dans leur partie supérieure, sans rien perdre de leur structure; puis les nucléus disparaissent tout à coup, le protoplasma se divise, devient plus granuleux, principalement à la partie supérieure; les spores commencent à se former, la première au sommet de la thèque, mais souvent elles apparaissent toutes à la fois au nombre de huit. On ne distingue d’abord qu’une petite masse globuleuse de protoplasma qui prend rapidement la forme sphéroïdale et peu à peu devient réfringente; au centre de chacun de ces globules, on aperçoit un petit nucléus ayant le même aspect, la même forme, un peu moins de réfringence peut-être, que le générateur de la thèque. Bientôt la spore change; sa forme primitive devient ovoïde; c’est ù ce moment que s’opère la fécondation dans toutes les thèques, et, phénomène curieux, ce petit globule, qui était trouble, devient plus réfringent et s’entoure de l’endospore.

Cette dernière membrane passe par une série de transformations successives: elle s’épaissit d’abord, puis se dédouble pour donner naissance à l’exospore. La spore, parvenue à sa maturité parfaite, se compose donc de son contenu protoplasmique, d’une membrane incolore, l’endospore, et de l’exospore coloré; chaque spore, dès cet instant, semble vivre par elle-même; mais à leur maturité, toutes se dirigent vers le sommet de la thèque, s’y groupent de manières diverses et sont prêtes à être lancées au dehors au moment de la déhiscence.

De récentes observations microscopiques de l’atmosphère montrent la grande quantité de spores et de conidies qui y sont continuellement en suspension. La majorité de ces cellules sont vivantes et prêtes à entrer en germination dès qu’elles trouvent des conditions favorables, c’est ce qui est hors de doute, car, lorsque les préparations ont été tenues en observation pendant

Page 1