SOIXANTE ET ONZIÈME GENRE, GEOGLOSSUM
assez longtemps, la germination a eu lieu rapidement dans beaucoup d’entre elles.
Plusieurs Champignons de cette famille ont un appareil conidien très développé. Telles sont par exemple diverses Pezizes. Dans le Pcziza Fuckeliona, qui, sous cette forme conidifère, est une des moisissures les plus répandues sur les matières végétales en voie de décomposition. L’appareil se compose d’un filament dressé, cloisonné et ramifié, dont la membrane se cutinise et se colore de bas en haut en brun verdâtre. Tout autour du sommet, chaque branche produit d’abord un capitule de conidies simples, puis elle se prolonge au-dessus, s’arrête, forme un nouveau capitule, s’allonge de nouveau et ainsi de suite. Les sclérotes de cette plante, quand on les expose à l’air humide, ne tardent pas à développer leurs cellules périphériques en pareils^filaments conidifères; pour en obtenir les réceptacles, il faut les enterrer.
Plusieurs espèces voisines de la précédente ont un appareil conidien tout semblable (P. sclerotioides, etc.) ; mais d’autres Pezizes ont des conidies autrement disposées. Le P. fusaroides , par exemple, produit des tubercules massifs couverts de filaments rameux, qui portent au sommet et sur les flancs de nombreuses conidies en forme de bâtonnets. Le P. arduennensis forme, à côté de ses réceptacles, des tubercules portant des conidien de deux sortes, les unes ovales, les autres linéaires. Dans les]P. tuberosa et sclerotiorum, le réceptacle produit des filaments conidifères libres, ou diversement enchevêtrés ; ceux- ci portent de petits rameaux renflés en bouteille, et chacun de ces rameaux produit au Commet, en série baripète, un chapelet de conidies qui se séparent aussitôt formées. Par ces exemples, on voit que les diverses espèces d’un même genre peuvent former des appareils conidifères fort différents.
Des conidies peuvent aussi prendre directement naissance sur les filaments du mycélium; c’est ce qu’on voit, par exemple, quand les ascospores germent dans des conditions défavorables. Les tubes germinatifs, bientôt arrêtés dans leur croissance, produisent alors de petits rameaux terminés par des conidies en chapelets faciles à désarticuler. Peziza tuberosa , vesiculosa.
71e GENRE, GEOGLOSSUM. — Pers.
Pédicelle allongé, cylindrique, dressé, terminé par une massue;
DESCRIPTION DES ESPÈCES
hyménium solide, ovoïde, épaissi, portant des Ihèques de toutes parts, distinctes du pédicelle. Ce sont des Champignons terrestres, allongés, groupés, charnus, simples, vert foncé, à pédicelle très grêle et très distinct du sommet.
Geoglossum glabrum, planche LXII, fig. 323.
Glabre, sec, noir, linguiforme, lisse, comprimé; pédicelle un peu écailleux, à base blanche, velue.
Vient en automne, sur les souches, dans les bois.
72e GENRE, MORCHELLA. — Dill.
Les Morilles ont un chapeau ovoïde ou conique, plissé, réticulé, formant des alvéoles nombreuses et irrégulières, portées par un pédicelle creux; hyménium supérieur, persistant, renfermant des thèqucs fixes. Ce sont des Champignons mous, fragiles, semitransparents, venant sur la terre au printemps.
Morchella nigra, planche LXXI, fig. 384.
Chapeau presque cylindrique, aigu, noir, à côtes longitudinales constantes, liées par des rides transversales formant des aréoles profondes, oblongues, linéaires. Pédicelle lisse, petit, mince. La fig. 3, 3, 384, F, représente les thèques; la fig. 2,2, les paraphyses. Sur le bord des chemins, au printemps. Il, coupe longitudinale. — Comestible.
Morclielle comestible, Morch. esculenta, planche LXXI, fig. 385.
Linn., Spec., 1648; Pers., Syn., 618; Bull., t. 218.
Chapeau fort, gros, ovoïde, obtus, à côtes formant des aréoles anastomosées. Pédicelle lisse, cylindrique, blanc, mou, gros. Au printemps, sur la terre, dans les bois. — Comestible délicat.
73e GENRE, VERPA. — Swartz
Chapeau pédicellé, conique, fixé par le centre, charnu, membraneux, n’adhérant pas latéralement au pédicelle, lisse sur les deux faces; membrane fructifère supérieure, ridée, contenant des thèques fixées par la base. Ce genre ne diffère des Ilelvellcs que par la forme régulière du chapeau.
En forme de dé, Verpa digitaliformis, planche LXXI, fig. 386.