‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 61 sur 83 · QUATRE-VINGTIÈME GENRE , TUBER · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGTIÈME GENRE , TUBER

séparable du parenchyme sans déchirement, lisse ou verruqueux, à sommet blanc, pourvu d’un mycélium persistant ; sa chair est composée d’un tissu cellulaire condensé, sous forme de membranes ténues et anastomosées, qui imitent les veines d’un tissu cellulaire simple, parsemé de sporanges arrondis, ovoïdes ou allongés, scssiles ou munis d’un court funicule, transparents et renfermant d’une à huit spores rondes ou ovales, lisses ou papilleuses.

70e GENRE, DÏPLODIA. — Lév.

Champignons charnus , cartilagineux, représentant un tronc dont les branches se terminent en coupes (fïg. a, b ), se développent entre le bois et le liber des arbres, notamment des chênes,

des hêtres.

Dip. aucuparia, planche LXXI, fig. 387.

Champignons cartilagineux, le plus souvent noirs, en forme de tronc dont les branches se terminent en coupe (fig. b)\ le réceptacle est constitué par des filaments cloisonnés, ramifiés et souvent anastomosés, fermés au sommet par une membrane qui disparaît à la maturité du Champignon. Les appareils sporifères se composent d’une cellule mère nommée asque, produisant dans son intérieur, par division partielle, des utricules cylindriques (fig. c), renfermant une quantité de spores et des spermogonies, en forme de vrilles, nommées stylospores par Berkeley.

Toute l’année sur le bois vivant.

80e GENRE, TUBER — Mich.

Pour compléter l’énumération des espèces comestibles, il ne me reste plus qu’à parler des Champignons souterrains, dont la Truffe

est le type.

En France, nous avons l’espèce la plus parfumée du monde, le Tuber cïbcirium, Tuber melonospernum , Tubcr magnntum , etc. La Truffe, qui appartient à presque toutes nos provinces, est abondante dans la Guyenne, le Périgord, la Provence, le Dauphiné, le Poitou, le Languedoc ; se retrouve dans le Nivernais, etc.

Les diverses opinions formulées sur la nature de ce précieux produit ont été groupées et décrites par M. Chatin, dans son très

DESCRIPTION DES ESPÈCES

intéressant travail sur la Truffe (Bouchard-Huzard, éditeurs, 1800, Paris). Avant d’écrire son livre, M. Chatin a étudié sur place les conditions de la production ; il a recueilli les observations de tous ceux, trufficulteurs, rabassiers ou chercheurs de truffes, négociants et autres, qui pouvaient l’éclairer de leurs appréciations personnelles.

Tuber cibarium, planche LXXII, fig. 300.

Chevall., Fl. par., I, t. 10, f. 0; Bull., t. 3SG ; T. brumale, Midi., gen. 221, t. 102, Sibth., Fl. O.ron., 398; Fur. lihizoporjon ntbesccns, Tul.

Enveloppe d’un noir brunâtre, verruqueuse, à verrues prismatiques, polygonales, souvent marquées de taches couleur de rouille, de la grosseur d’une noisette jusqu’à celle du poing et plus. L’intérieur est d’un noir violet ou rougeâtre, parcouru de veines d’abord blanchâtres , puis rougeâtres ; sporanges ou capsules souvent prolongés en un appendice caudiforme et contenant ordinairement quatre spores, parfois une à trois seulement. Spores (fig. P) elliptiques arrondies, opaques, noirâtres, hérissées de courtes papilles conoïdes aiguës.

Comestible ; odeur des plus agréables.

81e GENRE, ELAPHOMYCES. — Nees.

Réceptacle hypogé, arrondi, tubéreux, lisse à sa surface ; chair devenant pulvérulente avec l’âge ; péridium épais, dur; thèques globuleuses. Champignons d’habitudes souterraines et de structure assez particulière.

Dans ce genre, une couche extérieure de cellules forme une sorte de réceptacle plus ou moins développé. Cette enveloppe renferme l’hyménium, qui est sinueux et présente souvent des lacunes. Depuis quelques années, un nombre relativement considérable de ces tubercules a été découvert dans les environs de Paris par les cryptogamistes. La structure générale des Elaphomijces peut être étudiée dans l’espèce Muricatus.

Elaphomyces muricatus, planche LXYI, fig. 348.

Fr., Syst. myc., III, 39; Eur. Scleroderma cervinum scabrum , Pers. ; Syu. fung., 137.

Champignon souterrain, de forme globuleuse, de la grosseur d’une noix, sans racines, à réceptacle dur, ferme, d’un blanc rou-

DIVISION III. — CLINOSPORÉS

geâtre, sans verrues; sa chair dans le jeune âge, est d’un blanc rougeâtre, passe petit à petit au brun et finit par se transformer en une poussière brunâtre, entremêlée de filaments jaunâtres. On le rencontre du printemps à l’automne, dans les bois de châtaigniers et de chênes des terrains sablonneux. — Ne se mange pas.

D i \T 1 s 1 o xa III. — C L I N O S IP O R til S

Les Champignons appartenant à la division des Clinosporés sont extrêmement nombreux et ordinairement peu volumineux. Ce sont des Champignons parasites qui se développent dans le corps des Phanérogames terrestres les plus divers. C’est aux Clinosporés qu’ii faut rapporter la plupart des maladies de nos céréales ; leurs spores les envahissent en pénétrant par les feuilles, les tiges, le fruit ou les racines, dont elles percent le tissu.

Le mode de germination des spores varie suivant les genres. Quelquefois la spore produit directement un long filament articulé, simple ou divisé au sommet en plusieurs branches irrégulières, qui demeurent indépendantes ou qui se dirigent Lune vers l’autre pour s’anastomoser. Mais le plus souvent le tube cloisonné produit par la spore demeure court et donne naissance à des spores secondaires, ousporidies, qui se détachent, se disséminent et plus tard germent en un filament. Tantôt chaque article du tube germinatif forme latéralement une ou plusieurs sporidies ( Ustilago ), qui peuvent s’anastomoser deux par deux. Tantôt l’article terminal seul produit au sommet un verticille de 2 à 8 sporidies, fusiformes, plus ou moins allongées; celles-ci s’unissent souvent deux à deux par une anastomose transverse en forme d’H, mais elles peuvent aussi rester indépendantes.

Le mode de germination et la disposition des sporidies varient d’ailleurs dans le même genre suivant les espèces.

Au lieu où doivent se former les spores chez les Ustilago , on voit les filaments du mycélium se ramifier abondamment, se tortiller, se pelotonner, et enfin gélifier leurs membranes, qui se i confondent en une masse gélatineuse. En même temps, chaque

DESCRIPTION DES ESPÈCES

cellule de ces filaments se renfle en une spore noirâtre. Ces spores innombrables, isolées de la substance gélatineuse qu’elles font disparaître peu à peu en s’en nourrissant, forment une masse qui, dans IX7. maidis , peut atteindre la grosseur du poing. Comprimés et déformés par elles, les tissus de la plante nourricière crèvent; enfin la substance se répand en dehors, se dessèche, et les spores se disséminent comme une poussière charbonneuse.

Les très nombreuses espèces de ce genre se distinguent par leurs spores : lisses ( U . carbo , sur le blé, l’avoine, l’orge, etc.), granuleuses (U. urceolorum , sur les carex), papilleuses (U. bromivera , sur le brome), hérissées de pointes (U. maidis , sur le maïs), ou réticulés (U. destruens , sur le millet ; U. secalis, sur le seigle). L'U. cepida se développe dans les bulbes d’oignon et cause de grands dégâts dans les cultures, d’autres attaquent les renoncules (U. pompholygodes, etc.).

Nous avons dit, page 52, qu’une Urédinée pouvait être à la fois hcléroïque, parce qu’elle habite deux plantes nourricières en produisant sur chacune d’elles des spores différentes et en passant de l’une à l’autre s’il y a voisinage, et homoïque , parce qu'elle peut se maintenir tou te l’année sur chacun de ses hôtes et s’y perpétuer en l’absence de l’autre.

Le Phragmidium a ses télcutospores formées d’une file de \ à 1 1 cellules ; il vit sur les feuilles de diverses Rosacées, où il produit successivement ses quatre appareils reproducteurs sur la même plante. L’un des plus répandus est le Ph. incrassatum, qui constitue la rouille des Rosiers.

Le Triphragmium doit son nom à ses téleutosporcs formées de trois’cellules ajustées en étoile par leur base, il est homoïque, avec suppression des écidies.

Le Melampsara a ses télcutospores unicellulaires. mais se formant sous l’épiderme entre les cellules du parenchyme et ne se constituant qu’après la chute des feuilles. Les diverses espèces sont homoïques, avec suppression des écidioles et des écidies. La plupart attaquent les arbres à feuilles caduques : saule (M. salicina), peuplier (M. populina), bouleau (M. betulina), etc.; c'est la rouille des arbres.

Occupons-nous maintenant des Champignons qui se développent sur les plantes vivantes, et prenons comme exemple le genre Spha-

Page 1