DIVISION III. — CL1NOSPORÉS
ce lia, formé par Léveillé. Ce nom rappelle en même temps, et l’action de l’ergot de seigle sur l’économie, et la couleur noire qu’il imprime à l’ovaire. On sait que l’ergot des céréales occupe depuis longtemps les esprits; chacun croit en connaître la nature et la cause; tous les ans on parle de nouveaux moyens appliqués à en prévenir la formation. Malheureusement, de tous les procédés proposés jusqu’à ce jour, il n’en est aucun qui remplisse son but. Le développement de l’ergot commence par la formation d’un mycélium filamenteux qui s’établit à la surface de l’ovaire des Graminées. Au début ce n’est qu’un corps mou, visqueux et fétide, difforme en raison de la compression qu’il éprouve de la part des enveloppes florales. Si on fait une coupe transversale de la fleur et qu’on l’examine au microscope avec un grossissement de 400 diamètres, on voit, à la base de l’épillet, un point noir qui n’est pas homogène; au-dessus, une masse visqueuse formée de petits filaments distincts, invisibles à l’œil nu : c’est le mycélium de la sphacélie. Ces filaments mycéliens se développent rapidement, se feutrent, se rangent concentriquement de dehors en dedans en couches demi-solides, au milieu d’un magma de nature chimique différente. L’ovaire est donc ainsi remplacé peu à peu par ce tissu mycélien; mais il conserve sensiblement sa forme ; on aperçoit le stigmate à son extrémité supérieure. En détachant une petite parcelle du tissu mycélien, on voit, avec le même grossissement, sa surface creusée de sillons profonds donner naissance à des basides rayonnantes, et, au sommet de ces basides naître quatre ou six conidies. Ces conidies peuvent germer rapidement, si le milieu leur est propice, en reproduisant aussitôt de nouvelles conidies, qui, à leur tour, parvenues sur d’autres fleurs de graminées, donnent une nouvelle sphacélie. A mesure que l’ovaire prend de l’accroissement, il pousse en dehors l’ergot. Celui-ci se rompt quelquefois en traversant les glumes; dans ces cas, toutes les parties de la fleur sont agglutinées ensemble. On ren- ■ contre souvent les anthères collées à la surface des glumes; elles sont entières, linéaires; leurs loges sont fermées et remplies de pollen , circonstance qui prouve que le développement de la sphacélie précède l’anthère. Au résumé, le développement de ; l’ergot des Graminées commence par la formation d’un mycélium filamenteux qui s’établit à la surface de l’ovaire; celui-ci est donc
DESCRIPTION DES ESPÈCES
remplacé peu à peu par ce mycélium, donnant naissance à des conidies (variété de spores) qui en produisent spontanément d’autres d’où naît la sphacélie. Le mycélium de la sphacélie forme à la surface de l’ovaire, quand la germination des conidies a atteint son apogée, un feutrage dense de filaments solides, tout d’abord entouré par le tissu de la sphacélie : c’est le début de l’ergot qui s’accroît, mûrit et durcit. Sur l’ergot, au printemps, se développent des réceptacles fructifères en forme de tète sphérique, et pleins de spores qui, placées dans un milieu favorable., émettent autant de tubes germinatifs : c’est le mycélium delà sphacélie.
82e GENRE, USTILAGO. — Fr.
Les Usiilago, les Uredo , sont certainement, parmi les petits Champignons, les plus anciennement connus. Les Livres saints nous apprennent, en effet, que Moïse menaçait de la rouille les Hébreux rebelles à ses volontés. Chez les Romains, cette maladie était considérée comme le plus redoutable ennemi des agriculteurs; aussi avaient-ils élevé au dieu et à la déesse Rubigo des temples où ils invoquaient ces divinités pour préserver les champs du terrible lléau. Le jour de la fête des Rubigoles, fixé au 15 avril par N uma, la onzième année de son règne, on immolait, au rapport d’Ovide, Columelle, Varron, etc., une brebis ou un chien; pendant le sacrifice, l’encens fumait dans le temple, et le vin coulait abondamment.
La famille des Urédinécs, telle que les auteurs la reconnaissent, est assez nombreuse en genres; la nature, le nombre, la position respective des organes qui la distinguent, ne permettent guère d’en exposer les caractères d’une manière succincte et claire. Elle comprend des Champignons parasites ordinairement très petits et réunis en grand nombre, qui se développent sous l’épiderme ou dans les tissus des plantes, et se montrent au dehors après la déchirure de ceux-ci ou leur désorganisation. Les spores, rondes ou ovales, transparentes ou opaques, semblables à de la poussière, diversement colorées, isolées, réunies en gâteau, ou articulées bout à bout comme les grains d’un collier, naissent immédiatement d'un clinode charnu ou filamenteux, nu ou contenu dans un réceptacle; elles sont nues ou renfermées dans des sporanges ses-