‹ Histoire naturelle des colibrisChapitre 10 sur 83 · LE COLIBRI A BRINS BLANCS, MALE · texte numérisé non relu

LE COLIBRI A BRINS BLANCS, MALE

(TROCHILUS SUPERCILIOSUS. Linné.)

De tous les colibris connus, l'espèce qui nous occupe est celle qui possède le bec le plus long et le plus robuste, car il n’a pas moins de vingtdeux lignes de longueur ; sa forme est celle d’un cylindre légèrement recourbé et terminé en pointe. La mandibule supérieure est épaisse, d’un noir mat; l’arète qui sépare les narines est assez vive, et prononcée. La mandibule inférieure, sillonnée sur le côté par un canal très marqué qui règne sur presque toute son étendue, est d’un rouge-orange très vif dans l’état de vie, couleur que la mort ternit, et qui passe alors au jaune sale sur les dépouilles conservées dans les collections.

Le corps de cette espèce a moins de deux

: Mâle (pl. VI): est vert doré en dessus, gris én dessous; un trait gris sur l’œil ; la queue est étagée, brune, bordée de blanc; les deux rectrices moyennes sont faconnées en brins droits et allongés.

Femelle (pl. VIT) : le corps est vert-cuivré en dessus, et roux en dessous. La queue est arrondie, sans brins, a rectrices d’un vert

roussâtre, liserées de noir et bordées de blanc. Du Brésil.

pouces, mais la queue, de sa naissance à l’extrémité des deux brins allongés, a deux pouces huit lignes, ce qui donne à l'oiseau, pour dimensions ordinaires, six pouces six lignes. Ses formes sont assez robustes , ses ailes sont larges , et s'étendent jusqu'à la moitié des rectrices, et ses tarses sont proportionnés.

Le dessus de la tête, du cou , des ailes, du dos, est d’un vert-cuivré à reflets métallisés rouges ; et le dessous du corps est d’un gris-brun teinté de roussâtre sur le corps, mais ardoisé sur la gorge. Deux traits blanc roux règnent sur la joue : le premier surmonte l'œil, et le second part de la commissure, et s'avance jusqu à l'oreille. Les couvertures supérieures de la queue sont amples, arrondies, d’un vert-cuivré peu éclatant, et fransées de roux vif, ce qui leur donne l'aspect écaillé. Les couvertures inférieures sont brunes au centre, et fauve-vif sur les bords. |

Les ailes sont d’un brun-pourpré. La queue se compose de dix rectrices larges, régulièrement étagées, c’est-à-dire que les plus externes sont courtes , et que les suivantes augmentent successivement jusqu'aux deux moyennes, qui se rétrécissent pour s’allonger en deux brins étroits et grèles. La queue forme donc un deltoide ou une sorte d’éventail que surmontent ces deux brins grèles. Chaque rectrice est élargie, taillée en

triangle au sommet. La majeure partie est en dessus d’un vert-cuivré qui passe au noir mat, et que relève sur le bord une tache oblonge blanc roux. En dessous elles sont grises, puis noires et tachées sur leur rebord de blanc-roussâtre. Les deux rectrices moyennes, d’abord larges, sont vert-cuivré en dessus, et puis d’un blanc pur dans leur partie caudale rétrécie et étroite. Les tarses sont plombés.

Le colibri à brins blanes, décrit sous ce nom par Buffon (Édit. de Sonnini, t. xvn, p. 264), et figuré enluminure pl. DC, f. 3, est le colibri à longue queue de Cayenne, de Brisson (Ornith., t. IT, p. 660); le Zrochilus superciliosus de Linné (Syst. nat., éd. Gmelin , esp. 3); de Latham (Index, esp. 3); d’Audebert (Ois. dorés, t. 1, pl. XVII et X VIIT) ; de Vieillot (Encycl. ornith., t. 11, p. 549 et pl. CXXXIV, f 2); de Dumont de Sainte-Croix (Dict. se. nat., t. x, p. 46); et de Drapiez (Dict. classiq. d’hist. nat., t. iv, p. 317).

Le colibri à brins blancs paraît commun à la Guiane. On dit qu'il se trouve aussi au Brésil.

Le mâle, dans son jeune âge, se rapproche beaucoup de la femelle. Il lui ressemble, en ce qu'il n’a pas de brins à l’extrémité des deux rectrices moyennes et que le dessous du corps est d’un rouge brunätre.

ER DD 6 D DS Se A A TR ARR RE ER US On

Page 1