U20 HISTOIRE NATURELLE
FF. Tête séparée du segment qui port© les secondes pales -mâchoires , etc. ; mandibules palpigères ; des corp9 ▼ésiculeux à la base des pieds.
4*. ordre. Ampbipodes.
FFF. Tête séparée du sèment qui porte les secondes pates-mâchoires , etc. ; mandibules dénuées de palpes ; point de corps vésiculeux à la base des pâtes; appendices inférieures du post-abdomen lamellaires on vésiculeux.
5*. ordre. Isopodes.
££. Un seul œil ; tête confondue avec le thorax y etc.
6*. ordre. Lophyropodes.
BB. Onze paires de pieds entre l'appareil buccal et lorigne de l'abdomen y ou le point où sont placés les œufs (Multiphdes),
7«. ordre. Phyllopodbs.
AA. Bouche entourée de pieds on ayant la forme d'un siphon. ( Edentata. )
G. Point de siphon.
8*. ordre. XyPhosures.
G6. Un siphon.
9*. ordre. Siphoicostomes,
En i8a3, M. Desmarest publia aussi un ouvrage sur les Crustacés, et bien qu'il appréciât à leur juste valeur plusieurs des défauts delà méthode de M. Leach, il crut devoir ladopter, afin de mettre son traité en
DES CBtTSTACéS. SI2I
harmonie avec le dictionnaire dont il Ta extrait. Il fit à cette classification quelques modifications nécessitées par les progrès de la science , mais elles ne sont pas assez importantes pour nous arrêter ici.
A l'occasion d'un travail sur les Amphipodes , présenté à l'Académie des sciences en mars i83o (i) , nous nous sommes occupés également de la classification des Crustacés, et , tout en adoptant la plupart des divisions établies par M.LatreilIe, nous avons cru devoir y porter quelques changemens. Cette méthode nouvelle est fondée sur l'ensemhle des modifications que nous ofire l'organisation de ces animaux, et diffère de celle de M.Latreille, non-seulement par le nombre des ordres dans lesquels les divers Crustacés sont rangés, mais aussi par les limites assignées à plusieurs de ces divisions. On pourra en juger par le résumé suivant :
A. Souche dépourvue ePorganes spéciaux de mastication.
Ordre des Xyphosurxs.
Bouche entourée de pâtes ambulatoires^ dont les bases remplissent l'office de mandibules ; corps formé de deux portions distinctes , Tune céphalo-thoracique portant la bouche , etc. ^ l'autre abdominale garnie en dessous d'urne série de pâtes la'mellcuses et branchiales.
Ordre des Siphoitostobies.
Bouche en forme de suçoir , et entourée de membres préhensiles qui sont suivis d'un certain nombre de pâtes lamelleuses.
(t) Ce travail a été imprimé en partie dans le tome V des Mémoires de la Sodéii d'histoire uatitrelte de Parité dont la publication a été empêchée par des embarras de librairie. U eu a paro un extrait dans les Annales des sciences naturelles , t. XX ; mars i33o.
DigitizecijDy VjOQQ IC
222 HISTOIflp ^ATUHELLE
B. Bouche armée d'organes spéciaux de mastication^ saifoir : d'une paire de mandibules et dune ou plusieurs paires de mâchoires.
Corps sans divisions annulaires distinctes et renfermé en entier sons un g^rand bouclier dorsal ayant la forme d'une coquille bivalve; pâtes thoraciques cornées , non branchiales , ver^formes et an nombre de quatre paires au plus.
Ordre des Gladocères.
Corps divise en un certain nombre d'anneaux bien distincts ; pfi^9thoraciqiie8aplatieSylamelleuse8, membraneuses en totalité Qu en partie, p^raissai^t servir à la respiration, (pâtes bcancbiales) et au noipbre de cinq paires ; point de pâtes pJidomiiiaies ; tdte distincte du. reste du corps, qui est divisé en huit s^;meqs, e( renfermé dans un test bivalve.
Ordre des Phvllopodes.
Coi*ps articulé ; pâtes thoraciques branchiales au nombre de huit paiws, et souvent suivies de {>lQ&ieurs paires de pâtes ■bdominales ; tête distincte du reste du corps, et donnant en général naissance à une carapace qui recouvre l'animal en totalité ou en partie ; thorax et abdomen formés par une séiie de quatorze anneaux ou plus.
Ordre des Copépodes.
Pâtes thoraciques vergiformes , cornées et ne paraissant en aucune façon propres à remplir les fonctions de branchies \ point de branchies proprement dites, de vésicules branchiales , ou de fausses pâtes abdominales bi*anchiales ; yeux immobiles et non pédoncules ; thorax complètement à découvert , divisé en plusieurs segmens et portant cinq paires de pales e» général natatoires et biramées. Abdomen composé de
SES GRU9TACiS. aii3
deux spgOiGm au moinf et terminé pai* une JM^aoire caudale, niais lie portait jamais 4^ fixasses paies.
Ordre des Lamipodes.
Pâtes thorackpeSy rergifonnes et non branchiales ; point de branchies proprement dites ; palpes des membres thoracicfues ti'ansformés ep résicules branchiales ; jeux sessiles ; thorax k découvert et divisé en six segiuens ; abdomen rudimentaire ajant la forme d'un petit tubercule sans appendices dbtincts.
Oi^pAE DBS Isopopes.
Pâtes thoracîques , vergiformes et non branchiales, en général point de branchies proprement dites ; fausses pâtes abdominales ; les cinq premières paires homomorphes et branchiales ; jeux sessiles ; thorax À découvert et divisé ordinairem^ «A sept anneaux j abdomen bien développé.
Ordre des Ahphipodes.
Pâtes thoraçiques , vei^iformes et non branchiales ; point de brapchies proprement dites ;palpes des membres thoraçiques vésiculaires et branchiaux ; membres abdominaux des cinq premières paires hétéromorphes, locomoteurs et non branchiales; yeux sessiles; thorax à découvert et ordinairement divisé en sept seçmens ; abdomen bien développé.
Ordre des Stomapodes.
Pa^es thoracîques, vergiformefly et ordinaixemeat an nombre de sept à huit paires ; en général des blanchies propI^ement dites; rameuses et extérieures, ou des palpes thoracîques branchiales, jeux pédoncules et mobiles ; thorax caché en totalité ou en partie sous un grand bouclier céphalique ou carapace.
Ordre des Décapodes. Des branchies proprement dîtes et non rameuses , fixées
324 HISTOIRE IfATURELLE
aux flancs thoracîques et renfermées dans des cayités respiratoires spéciales ; pâtes thoraciques , vei^iformes et en général au nombre de cinq paii*es; carapace recouvrant la tête et la totalité ou la majeure partie du thorax ; yeux pédoncules et mobiles.
Dans la seconde édition du Règne animal de M. Cuvier, publié'î peu de temps après la lecture du travail dont il vient d'être question , M. Latreille modifia la classification qu'il avait employée dans la première édition de cet ouvrage, de manière à la rapprocher davantage de celle proposée dans ses Familles naturelles. Enfin , peu de temps avant sa mort , ce savant et habile entomologiste s'est encore occupé du même sujet , et a introduit dans sa méthode de classifications plusieurs modifications qui la rapprochent beaucoup de celle déjà proposée par nous (i).
En effet, il a admis dans la classe des Crustacés douze ôtdres, savoir : i*". les Décapodes, 2«. les Stomapodes, 3o- les Lœmipodes, 4^ les Amphipodes, S*», les Isopo* des, 6*. les Dicladopes, 7°. les Lophyropes, 8». lesOs* trapodes, 9^ les Phyllopodes, 1 0°. les Trilobites, 1 1°. les Xyphosures, et i2«. les Siphonostomes. Les Didadopes correspondent à peu près à notre ordre des Gopépodes.
On remarque aussi , dans la dernière classification de ce grand entomologiste, plusieurs modifications dans les coupes secondaires et dans la manière de dis^ tribuer les genres ; mais ces détails, dont nous aurons
(I) Voyez Cours d'Entomologie, par M, Latreille; in-8, Paria, l83i.
DES CRUSTACÉS. aaS
loccasion de parler par la suite , sont inutiles à indiquer ici.
D après ce coup d œil sur les principales méthodes employées pour la classification des Crustacés, on voit que certaines divisions n'ont subi que peu de changemens , et qu'une fois établies elles ont été adoptées par tous les entomologistes ; ce sont les groupes dont les caractères sont les plus tranchés et la composition la plus naturelle; mais d'autres n'ont pas joui de la même stabilité, et en voyant chaque auteur y porter quelques modifications on doit en conclure qu'elles sont peu naturelles , çt ne répondent pas aux besoins de la science. On peut donc s'attendre à voir cette partie des classifications varier encore avant que d'être établie sur des bases solides. La découverte des nouveaux types d'organisation , et l'investigation plus approfondie de la structure de certaines espèces déjà connues, peuvent également amener des modifications dans la distribution méthodique des Crustacés. Ces motifs nous ont efiëctivement engagés à en proposer; mais dans la révision que nous avons été conduits à faire de la classification de ces animaux , nous avons toujours cherché à être autant que possible sobre d'innovations, car l'instabilité des systèmes est un obstacle puissant aux progrès de la science. L'anatomie nous a constamment servi de guide dans ce travail , et nous avons cherché autant que possible à prendre l'organisation intérieure aussi bien qu'extérieure des Crustacés cooune base de la division de ces animaux , en ordres , en familles et en genres.
CRUSTACÉS, *TOMF- I. * 5
3^6 HUTOIBE !fATCRELI.£
§ II. Des limites naturelles et de la classe des Crustacés*
Dans la classification naturelle du règne animal , ùa a cherché , avons-nous dit, à représenter par des divisions et des subdivisions successives les différences plus ou moins nombreuses et plus ou moins importantes que nous présente l'organisation des animaux et à distribuer ces êtres de telle sorte, que ceux dont se compose chaque groupe se ressemblent entre eux d'autant plus que ce groupe lui-même est d'un rang moins élevé dans la iiiérarchie méthodologique. Souvent les coupesà établir sont clairement indiquées par la nature : cela a lieu , lorsque les modifications de structures qui les motivent se sont opérées brusquement; mais quand la transition d'un mode d'organisation a un autre s'est fait par degrés presque insensibles, et a lieu en même temps par plusieurs séries différentes de modifications successives, il en est tout autrement ; les types des divers groupes naturels peuvent être encore faciles à distinguer, mais il peut régner tine grande diversité d'opinion sur les limites qu'il convient de leur assigner.
On peut<ilorssuivre,dansla distribution méthodique des animaux , deux marches très-différentes, qui chacune ont leurs avantages et leurs inconvéniens : on peut, en prenant pour guide le principe de la subordination des caractères , si bien développé par un de nos plus grands naturalistes , établir les divisions successives, d'abord sur les modifications que présentent les grands appareils de l'organisation , puis sur les difiérences qui existent entre des parties dont le
LES CBV8TACB8. %UJ
rôle est ordinairement d'une importance plus minime; ou bien on peut chercher à ranger ces êtres en autant de groupes qu'il y a de séries bien reconnaissables , formées par la dégradation ou la simplification de plus en plus grande de chaque type d'organisatien.
Les limites à assigner à la classe des Crustacés' vs^ rient suivant que Ton adopte Tune ou l'autre de ces méthodes. En suivant la première, que l'on pourrait ap» jieler vtsie méthode naturelle physiologique j il ne faudra grouper autour des Crabes et des Ecrevisses, quipeu^ Y&xi être considérés comme le type de ce groupe, que les êtres ayant une structure intérieure essentiellement semblable à }a leur, et il faudra rejeter danf une classe inférieure^ dans la division des 2oophyt(Bs, par exemple, tous les animaux qui n'ont point, comm^ les premiers, un cœur, des branchies, un système ganglionnaire longitudinal bien distinct , etc. En adoptant la seconde méthode , qui nous parait être éminemment zoologique , on ne s'arrêtera pas à ces différences de structure , et on rattachera au groupe des Crustacés tous les animaux dont l'organisation géinérale, bien qu'elle soit moins compliquée, se lie à celle des types de la classe^ et dont la conformation rappelle les états transitoires par lesquels les êtres les plus parfaits de la série ont passé pendant la durée de leur vie embryonnaire.
Au premier abord on pourrait croire cette marche contraire aux principes fondamentaux des méthodes naturelles, et l'on pourrait s'étonner de voir rassemblés dans une même classe des aninuux qui respirent par des branchies^ et d'autres qui n'ont pour l'exereice de cette fonction importante aucun organe spécial et sm^t rédsits à respirer par la peau ; des êtres
Digi^zed by VjOOQ IC
jt^H HTSToinr xaturflle
(|ui onlun ccrur et un svslciue vésiculairc trcs-com* piiqué^ et d autres qui o ont point de vaisseaux distincts, etc. ; maisccs difficultés disparaissent lorsquon voi t commen t ces organes, s i importans chez lesanimauk supérieurs, sont modifiés avant que de disparaître complètement chez les êtres moins p«irfaits; avant que d'être éliniinés ces parties deviennent peu à peu rudimentaires , et dès lors leur perte est peu sentie , et n'entraîne aucun changement essentiel dans l'ensemble de l'organisation. Des branchies , par exemple, deviennent rudimentaires et disparaissent pour être remplacées par les tégumens communs chez des Crustacés, presque entièrement semblables, du reste, à d'autres espèces qui sont pouvues de ces organes très-développés, et cela, sans que les autres grands appareils aient subi aucune modification notable. Les vaisseaux sanguins cessent d'avoirdes parois distinctes , et ne consistent plusquedans de simples lacunes, chez des Crustacés^ qu'il est impossible d'éloigner des autres animaux de la même classe, ayant un système vasculaire bien complet, et le cœur devient rudimen taire et paraît même disparaître complètement sans que, dans les autres parties du corps , rien ne révèle son absence.
11 en résulte que non-seulement la méthode , que nous avons appelée zoologique ^ ne mérite pas les reproches qu'on pourrait lui adresser ; mais que , dans la pratique, la méthode physiologique est réellement impraticable et se trouve violée même dans les classifications dont elle forme la base.
Ces motifs nous ont conduits à placer dans la classe des Crustacés, non-seulement les animaux articulés, à pieds articulés , ayant une circulation complète et des branchies , caractère que Ton assigne généralement
DES CRUSTACÉS. 1l2g
à cette division, mais aussi tous ceux qui, étant formés diaprés le même plan général, sont plus ou moins imparfaits , et en quelque sorte dégradés. Le groupe formé par ces êtres sera plus diflGlcile à bien définir ; mais au moins il ne sera pas limité arbitrairement.
Plusieurs de ces animaux sont dune structure trèssimple; les uns ont encore des membres articulés plus ou moins rudimentaires^ et le corps divisé en anneaux bien dictincts ; mais il en est dont les membres se déforment tellement, qu'on ne peut que difficilement les reconnaître, et dont la peau conserve partout la même texture; il paraîtrait aussi que, dans cette famille, le cœur disparaît également, et que le système nerveux devient rudimenlaire ou nul ; aussi, dans une méthode physiologique , telle que celle de M. Guvier, prendront- ils place parmi les zoophytes; mais, du reste, ils ne ressemblent en rien h des animaux rayonnés,et desliens si étroits les unissent aux Crustacés inférieurs, qu'on ne peut les en distinguer que par des limites purement conventionnelles.
Pour nous, les Lemées et les Condrocan thés seront donc des Crustacés aussi bien que les Argules et les Gypris; et en effet, c'est par des nuances presque insensibles que la nature a établi le passage entre ces parasytes et d'autres animaux , que tous les naturalistes s'accordent h ranger dans cette classe ; dans le jeune Age, il est même difficile de distinguer les Leméens des Gydopes et de quelques autres Crustacés, car c'est en vieillissant seulement que leurs formes extérieures deviennent, essentiellement différentes. M. Desmarest avait déjà appelé l'attention des zoologistes sur l'analogie qui existe entre ces êtres ; mais jus-
»3o HISTOIRE NATUABbLS
qu ici les aUteura systématiques ont relé|^é les Lernies parmi les Zoophytes, ou en ont fait une dasse distincte.
Les Pycnogotiides nous paraissent aToir beaucoup plus d'analogie avec les Crustacés qu avec les Arachnides , parmi lesquels on les range aujourd'hui ; aussi créyons-nous devoir les ranger dans la classe dont nous faisons iti l'histoire, bien que l'opinion que l'on a généralement sur la nature des organes respiratoires de ces animaux derrait peut-être nous faire laisser encore la question en litige.
Par la suite il faudra peut-être réunir aussi aux Crustacés les Ânatifs et les autres animaux singuliers dont se compose la classe des Cirripèdes^ Inais, dans l'état actuel de la science , on ne possède pas les données nécessaires pour se prononcer à cet égard.
La classe des Crustacés , étendue comme nous Te«
nons de le dire , se compose essentiellement des ani«>
maux sans squelette intérieur semblable à celui des
animaux imnébrés^ dont le corps est articulé [cest^*
dire, formé d'une série de tronçons ou eTanneauxptuê
te moins distincts) ; dont le sjrstèml^ nen^eux est gan-
glloHnaire et longitudinal; dont lé sjrstème respira*-
îoire est aquatique ^ et les organes respiratoires eon^
sistent en branchies ou sont remplacés par lapeàa i
dont le sang est mis en mout^ement par un cœur €Êor^
tique ; dont les sexea sont distincts et les organes
génëraièurs doubles ; enfin , dont les membres senlt
articulés et constUuent une ou deux paires d'antennes^
plusieurs mdohoires ou autres organes sennint à la
préhension des atimens , et plusieurs paires de potes
nèaatoires ou amèulatoires y ( en général cinq ou sqH
paires )$ mais noue y rangeons aussi les êtres qui,
D£5 CRUSTACÉS* a3l
semblables du reste au type dont sous veoioiis de parler, ont l'organisation moins compliquée , de sorte que pour donner à ce groupe naturel une déânition applicable à tous les animaux dont il se compose^ il faut rendre cette phrase caractéristique moins absolue et la modifier de la manière suivante :
Crustacés. Animaux ayant le corps dwisé en an-neauXj en général très-distincts, mobiles\et d'uneconsistance assez grande Çcomés ou calcaires) , sans squelette intérieur proprement dit, et poHant uue double série de membres, presque toujours bien distinctement afticu" lés, et constituant des antennes y des mâchoires, etc., et des pâtes dont le nombre est , le plus ordinairement , de cinq ou de sept paires ; le système nerueux, en général bien distinct, ganglionnaire et longitudinal; la respiration en général aquatique , et se faisant tou" jours à l'aide de branchies ou de la peau ; la circula^tien , en général bien distincte ; presque toujours un cœur aortique et des vaisseaux sanguins propres; les sexes squares.
5 ni. De la ditniion de la classsé des Cnutàcéê en légions et en ordres.
Les difiérences les plus grandes qui se remarquent lorsqu'on compare entre eux les divers Crustacés , dépendent des modifications de leur appareil digestii ^ de leur appareil respiratoire, de leurs organes locomoteurs , et du degré plus ou moins avancé de leur développement au moment de leur naissance.
Dans Timmease majorité des cas , plusieurs des membres de la portion antérieure du corps sont affectés d'une manière spéciale à la fonction delà préhension des aliaens , et constituent soit des mâchoires ou
23a HLSlOiaK NATUntLLE
des manclibules , soit des orgcioes de succion , tandis que la locomotion est confiée à d autres instrumens. Âlais i] est des Crustacés dans l'organisation desquels la nature n'a pas encore introduit une pareille division de travail, et dont les organes masticateurs sont les mêmes que les organes de la locomotion.
Ces derniers, dont on a formé Tordre des Xtphosu- RES, diffèrent aussi des Crustacés ordinaires par plusieurs particularités de leur organisation, que nous indiquerons ailleurs, et ils doivent évidemment former un groupe bien distinct. Un anatomiste distingué, M. Strauss, a même proposé de les séparer des Crustacés afin de les réunir au x Arachnides ; mais cette opinion ne nous parait pas devoir être adoptée.
La longue série des Crustacés , pourvus d'un appareil spécial pour la préhension des alimens, se divise d'abord en deux groupes naturels , les maxillés et les suceurs , suivant que leur bouche est organisée pour la mastication , et que leurs alimens consistent en substances solides , ou bien que cette ouverture se prolonge en un suçoir disposé de façon à ne donner passage qu'à des liquides.
La légion peu nombreuse des Crustacés suceurs, qui se compose presque uniquement d'animaux parasytes. peut être subdivisée en trois ordres : les ÀRAifÊiFORifES, dont les pâtes sont longues, vergiformes et ambulatoires , les Siphoitostomes dont le corps est pourvu de membres articulés bien distincts , - mais non de pâtes ambulatoires , et les Leritêehs dont les membres sont rudimentaires ou tellement déformés, qu'on ne peut que difficilement les reconnaitre.
La grande division des Crustacés maxillés, déjà établie par M. Latreille , se compose d'clémens moins
D£S CRtSTACiS. 233
homogènes. On y trouve d abord plusieurs séries d'animaux qui tiennent aux Sipbonostomes par des liens plus ou moins étroits, et qui conduisent vers les groupes formés par les espèces dont la structure est la plus compliquée.
L'une de ces séries se compose des Crustacés maxui- LAiREs 'abramghes OU Entomostraces, chcz Icsquels il n'existe point de branchies proprement dites, ni d'organe modifié de façon à paraître en tenir lieu ; cbez lesquels les pâtes sont vergiformes , mais essentiellement natatoires, et les yeux sessiles à cornée simple et ordinairement réunis en une seule masse ocdlSiire , et chez lesquels la naissance a en général lieu long -temps avant que 1 animal ait acquis les formes et les organes qu'il aura à l'âge adulte. Elle se compose de deux ordres , peu nombreux en espèces : celle des Ostrapodes , dont le corps ne présente pas de divisions annulaires bien distinctes, et se trouve renfermé en entier sous un grand bouclier dorsal ayant la forme d'une coquille bivalve et dont les membres sont en très-petit nombre ; et celui des CopÉpoDEs, dont le corps est divisé en un certain nombre d'anneaux bien distincts, et ne présente ni carapace , ni enveloppe valvulaire , et dont les membres sont en nombre assez considérable.
Une série à peu près parallèle à celle des EIntomostracés, ainsi circonscrite , se compose des animaux de la même classe , qui , également privés de branchies proprement dites , ont les pâtes thoraciques lamelleuses, membraneuses et conformées de façon à pouvoir servir évidemment d'organes respiratoires. Nous y conservons le nom de Bravchiopodes, déjà employé par Latreille , pour une division renfermant la plupart
934 HtSTOIftC VATCBB&LE
de cés asÛBam, qui, do reste, doÎTCttt conetitiMr éeax ordres distincts ; cdn des Clabocères, qui oorfespood à peo près à la première diTision des EdUk fnostracés ( les Ostnpodes ) , et se distingue par le petit nombre des pâtes thoradques et par Texistence d'une carapace ayant la forme d'une coquille biTalre ; et celui des PmxoPoaEs, qui conduit cyidemment vers les Crustacés supérieurs , et se distingue i!es précé* deos par un nombre plus considérable de pâtes tho» raciques , par l'absence d'un test bÎTalve et par plu* sieurs autres caractères plus ou moins importans-
Une troisième série , qui semble aussi se lier par son extrémité inférieure à la grande dirisi^m des Crustacés suceurs , mais dont le sommet s'élère davantage dans la série des Crustacés , est celui des EDuoPHTiàL* MES. De même que dans les l^ons précédentes, les branchies proprement dites manquent , sinon toujours , du moins dans l'immense majorité des cas , et sont remplacées par d'autres appendices modifiés dans leur structure , de telle sorte qu'ils peurent évidemment serrir à la respiration ; mais qudles que scMcnt les parties destinées il remplacer ainsi les branchies , la tige des membres thoraciques prend ici la forme d'une pâte ambulatoire ; les yeux sont en même temps seasiles , et il n'existe jamais de carapace quelconque.
Les Edriophthalmes forment trois ordres i savoir : les L»mipodes , les Isopodes et les Amphipodes.
Dans l'ordre des L^emipodss, l'abdomen n'existequ'a l'état de vestige, et c'est le palpe des membres thoraciques qui devient vésiculaire pour servir à la respiration.
Dans l'ordre des Isotodbs, labdomen est au contraire bien développé, et ce sont les membres de cette poc^
DB0 CRUSTACÉS. a35
tion du corps qui se modifient de façon à pouvoir remplir les fonctions de branchies.
Danë Tordre des ÀMPRiPcrDES , Tabdomen se déte* loppe encore davantage et sert à la locomotion , tandis que la respiration s effectue h l'aide des palpes thora» ciques devenues vésiculaires.
Enfin, la dernière série, celle des Podophthal- MiEifS , se compose de tous les Crustacés supérieurs , dont la plupart sont pourvus de branchies proprement dites , dont les yeux sont pédoncules et mobiles, dont les pâtes thoraciques sont toujours vergiformes, et en général en partie ambulatoires et en partie pré* hensiles, et dont le thorax est recouvert par une ca* rapace.
Celte division se compose de deux ordres :
Les Stomapodes, chez lesquels les branchieé, n'ayant pas encore acquis toute l'importance qu'elles auront par la suite, sont encore extérieures et manquent quelquefois, et chez lesquelâ l'appareil buccal ne se compose en général que d^ lrt>iri paireft dé tnetâbres ;
Les Décapodes, dont les branchies sont fixées sur les côtés du thorax et renfermées dajas des cavités respiratoires spéciales, et dont l'appareil buccal se compose de six paires de inembrès , de façon que le nombre des pâtes thoraciques se trouvti féduit à ôinq paires.
Quant aux Tailobites, ils prennent évidemment place auprès des E^ophtbalmea $ mai» jusqu'à ce qu'on connaisse le mode de conformation de leurs membres , ou ne pourra leur assigner une place définitive dans la classification naturelle des Crustacés.
Le tableau synoptique suivant présente l'ensemble de la claôsiflcaliôn dont nous venons d'indiquer les principales baseê«
a36 HISTOIRE «ATUEELLE