DÉCAPODES
L'ordre des Décapodes, établi par M. Latreille pour recevoir la plupart des espèces du graod genre Cancer de Linné , renferme tous les Crustacés qui viennent se grouper immédiatement autour des Crabes et des Écrevisses ; c'est la division la plus nombreuse en espèces , et une de celles dont les limites sont les plus tranchées et la composition la plus homogène. Il comprend tous les Crustacés dont l'organisation est la plus compliquée, et dont les facultés paraissent être les plus parfaites ; aussi est*ce indubitablement en tête de la série qu'il doit prendre place.
Les Crustacés de l'ordre des Décapodes se ressemblent tous par la forme générale de leur corps; les divers anneaux de la tête et du thorax sont en général complètement soudés entre eux , et ils sont toujours cachés sous un énorme carapace que nous avons démontrée ailleurs être formée par le développement extrême de l'arceau dorsal du troisième ou du quatrième anneau céphalique. H résulte de cette disposition, que la tête des Décapodes n'est pas distincte du thorax , et qu'en dessus , tout le corps , à l'exception de l'abdomen , paraît formé d'une seule pièce ; mais lorsqu'on l'examine en dessous , on y reconnaît toujours un certain nombre de divisions annulaires. Quant à l'abdomen , sa forme varie beaucoup. Les^eiix des Décapodes sont portés sur des pédoncules mobiles et recouverts d'une cornée réticulée. Les antennes sont toujours au nombre de quatre; elles ont en génénil la forme de petites tiges cnrsTACKS, tome i. i6
a4l HISTOIBE IfATURELLE
articulées et s'insèrent entre les yeux et la bouche (i) U appareil buccal est extrêmement compliqué, et, à une ou deux exceptions près , se compose d'un labre, d'une languette et de six paires de membres , savoir : une paire de mandibules , deux paires demâchoires et trois paireâdepates-m&choires. LelabU! se confond en général arec la partie voisine du test, et lêi mandibules portent presque toujours une tige pdptforme (a); maisce<ier^ nier caractère n'est pas invariable , comme Fabricius et la plupart des autres entomologistes paraissent 1« penser(3). Les mâchoires de la première paire se composent de plusieurs petites lameë comées, dont le bord in>^ terne est épineux ou garni de poilé (4). Celles de la se* tonde paire présentent tocjoursau cdtéevtemeun grand appendice lamelleuic qui a^ loge dans le canal efférent de la cavité branchiale , et qui est destiné à etpulêêr r^au qui a servi à la redpiratîon (6)% Tous les Décapodes préstotent cette disposition ; mais on ne l'a «dmm rencontrée ch(BE aucun autre GrutttaeéS) et cela se tout* pf«nd facilement , car elle tient «MMitietlemenl k la structure particulière de l'appâdTeil reépiratmre dei Crabes , des Écrevisbes ^ etc« Les pat«a-*michoires dft la pr(emièr« paire (6) sottt également presque toujours bmelleuses) luais, au lieu d'avoir tn dehors une grand» ¥altule , elles portent un palpe et souvent un appett» dice flabelliform« , ou vésiculeux. Les pat^-mâdb<MrM
<•> PI 3, %. .,>; PI. aS, fig. ,, a, etc. (J) PI. 3. fijç. ,3. -• • '
(3) Je tae suis assuré que, che» les Crangons, les mandibules n« portent ptiint de tige palpiibrme. r^yH Pi. sS, fig. iS.
(à) Pi. 3. fil?. lo.
(4) PI. 3, fi-. 12.
(5) PI. 3, û^. ï,; etPl. lo.fig. I.
(6) PI. I, fig. ,o. "^
disk seconde paire (One sont, auccmtraire, presc^ueja-» mais lamelleiMes^ et «e composent ordinairement d'une tige fomée de plusieurs articles, dun palpe et dW fouet. Enfin, les paies*màciioires de la troisième et dernière paire reeouTrent toute la bouche (3) -, leur por« tiofi interae , ou tige , prés^ate une série d'articles dont U nombre est ordinairemeot de six , et dont le second ei le troisième sont souvent très - élargis ; le palpe est presque toujours assez dévdoppé ; enfin , il existe eo général un fouet fixé k la base de ces membres, qui, dans un trè^petit nombre de cas, n'appartiennent l^usàlappareU buccal, mais ont la fœrme des pâtes ambulaUâres (3). Les cinq paires de membres qui font suite aux organes masticateurs sont beaucoup plus déyeloppés que ceux-ci, et constituent les pales proffemeni ditw , qu'<Hi désigne aussi sous le nom de pa^ tas thprac^ue# ou (ambulatoires. Dans unpetit nombre d^ <:es Décapodes , ms membres présentent un palpe très--développé , et paraissent par conséquent bira^ mes i wsiâ dans rimmense n^joriié ie ces animaux , les pâtes apot cjomplé^emept dépoprrues de cet appen* dice, ^t lie secoaiposent qus d'une tige pliis ou moins cylindrique formée ordinairement de $ix articles 9 que Ton désigne aourent par les noma : f "• de hanche^ 9«. de trockéMntet'^ 3^. de çm$û ou de bras , 4** ^ jambe ou de cmrpe^ ô"** d« métatane et 6^". de tarse iè>iiàéidoif^ii),Em%é»iixX , le» pntes de La première paire «ont terminées par une main composée des deux
(i)Pl. 3,fig.9.
(a) PI. 3, lig. a, A et 8; PI. 21. fig. 2; PL a3. %• a «t4, eXc,
(3) Dans les genres Sergeste et AcéSe > P«c exemple.
(4) PI. 3. fig. ,.
1^44 HISTOlftE -H ATURELLE
derniers articles disposés ea manière de pince; il en est quelquefois de même pour une ou deux des paies suivantes ; mais, en général les membres tboraciques des quatre dernières paires ne servent qu'à la locomotion et se terminent par une espèced'ongle pointu. La disposition et la forme des membres abdominaux v2l^ rient trop pour que nous en parlions ici , mais nous rappellerons quecbez les femelles ces organes serrent ordinairement à retenir les œufs.
L'organisation intérieure des Décapodes est aussi caractéristique que la structure de leurs parties extérieures. Le tube digestif présente toujours à sa partie antérieure un estomac très^développé, dont les parois sont soutenues par une sorte de charpente cartilagineuse ou osseuse, et armées de dents (f). Les organes hépatiques forment, de chaque côté de l'in* testin , une masse volumineuse composée d'une infinité de petits cœcums qui s'insèrent sur les rameaux du conduit biliaire (2). Le cœur, presque quadrilatère, occupe la partie moyenne du thorax , et donne naissance à six artères principales d'où sortent tous les vaisseaux qui portent lesangdans les diverses parties du corps (3). La respiration s'efièctue au moyen d'un certain nombre de branchies, dont les lamdles ou les filamens sont toujours simples,et ces organes s'insèrent à la paroi interne d'une cavité spéciale située de chaque côté du thorax, et formée par le prolongement de la carapace au-dessus des flancs (4). Les organes de la génération
(OPI.4, fig. 1,6, etc.
(a) PI. 4, % a et 5.
(3) PL 5,%. I, etP1.7,fig. I.
(4) PI. 10, ,115. i,2etS.
9£8 CRUSTACÉS. Sl45
communiquait toujours au dehors par deux ouver» tures ; chez la femelle, les vulves occupent toujours rantépénultiéme anneau thoracique et sont situées tantôt sur le sternum , tantôt sur le premier article des pâtes correspondantes (i), tandis que, chez le mâle, les organes externes delà génération sont situés de la même manière sur le dernier anneau du thorax (a). Enfin , nous ajouterons encore que , chez presque tous les Décapodes , il existe dans l'extérieur du tLorax un nombre considérable de lames apodémiennes qui forment de chaque côté une double rangée de cellules, disposition qui est particulière à ces Crustacés (3).
Voici, du reste, le résumé. des caractère» les plus saillans qui distinguent les Décapodes non-seu(ement des Stomapodes , mais aussi de tous les autres Crustacés.
C.'uéyant des shavchies proprement dites , et non ra^ meuses^ fixées sur les côtés du thorax et renfermées dans une ca\nté ; la tête soudée au thorax et recouverte par une ck^à:fkc;E qui s*étend jusquà Cab" domen ; les teux pédoncules et mobiles ; les pâtes ambulatoires ou préhensiles et presque toujours au nombre de cinq paires.
La plupart des dassificateurs divisent les Crustacés Décapodes en deux sections, suivant que l'abdomen, qu'ils nomment communément la queue , est grand ou petit. En efiet, il existe parmi ces animaux deux
(1) PI. 3, fig. 4. i, et PI. ai, fig. 8 et i8.
(a) PI. i8, fig. 6, a , et PI. a3, fig. a , c.
(3) PI. I. %. «j, 10, Il ; PI. 3, lig. 3, et PI. 23, iig. 3.
^46 HISTOIRS HATUHELLE
groupes parfaitement naturels qui ont les G^nbës et les Écrevisscs pour types ; mais il est d'autres Décapodes qui ne paraissant appartenir ni h Tune, ni à l'autre de ces sections ; ils établissent le passage entre les Brachyures et les Macroures , et ne peuvent être rangés parmi eux sans violer l'esprit de toute méthode naturelle ; aussi avons-nous cru nécessaire d'feii former un groupe distinct (i), pour lequel nous divoM proposé le nom d'Anomonre. Cette ihnovatioti ne nous paratt offrir aucun inconvénient, et nous permet de rendre les deux autres groupes du même ordre parfaitement homogènes. L'organisation intérieure dms Décapodes fournit led principales bases de ces divisions*, mais les caractères suivans suffiront pour faire reconnaître les espèces qui se rapportent à chacune d'elles.
Ci) Voyez Considérations sur V organisation et ta ctktsi/tcation des ^>uslmcéi JOèettpodm. ( Aui. dit le. aat., t. XXY, p. ^ )
DCA GRT]STAC£S.
OEDRB
/ B. Abdomen reployë' sons le corps et n'ayant jaBuais de tri^ces d^appeodices à Tavant- dernier segment; plattrou tlemali assez large entre tontes' les pâtes , et jamais linéaire ; vuives situées toajoars sur le plastron sternal. Une selle turei- Abdomen trèt- 1^ |ii« postérieure soutenue peu développé , Ipar nn apodème médian ne servant pves- Iqm eorrespond a une ^ue jamais à la suture longitudinale du natation , ne /sternum, portant jamais de fausses patesX B. Abdomen tantôt re-^ natatoires » et \p\oyé sons le corps, tan nesetenpiniiiit Uôt étendu, et porUnt presque Jamais jpresqne toujours sur la
taACBTORES.
béCAPODES.
^ par 9i}« mgem* jvant - dernier segment reen forme 4*^- Ides appendices assez déyentail. fveloppés ou à Tétat de
yestii^es ; nlaMtnm sienuU ^ ^^omocees . en général linéaire entre les trois deraières pâtes, et éUr g i en avant; v^lyes occupant ordinairement la bsiie des patet ( ea général point de seUe turci que postérieure t ni d*ay^dème iPédian.
A. AhdBman trés>développ^» en géné-^ rai plus lon^ qi|e la portion céphalo-tlio- i racique du corps , étendu en arrière , ser-l vaniàU natation, portait touiaurs en>»"^*Q9»M* dessous des fausses pâtes lamelleuses , I et à son extrémité mne nageoire en forme
UCTIOM VMM VàQAXWPSMM BBLACBTUBX8.
LmGmIms et tout letaulras Déeapodes qui rentrât dans la section des Brachyures présentent dans leur organisation extérieuiri? de« particularités très*remarquaUet.La Carapac0 qui recouvre la portion 4;éplialo-
^48 HISTOIRE NATLH£LL£'
thoracique de leur corps cache aussi la majeure partie de leur abdomeo , et présente en général une forme carrée, ovalaire ou circulaire ; le diamètre transversal de ce bouclier dorsal est presque toujours égal ou supérieur à son diamètre antéro-postérieur, et il s'étend plus ou moins de chaque côté au-dessus des {pâtes. On y distingue une face supérieure dont les contours sont ordinairement bien marqués et une portion inférieure. La partie antérieure du bord de la face supé* rieure de la carapace comprise entre les deux yeux, porte le nom de front ou de rostre, suivant qu elle est tronquée ouprolongéeen forme debec(i); le bord postérieur est celui qui correspond à l'origine de Tabdo* men et se trouve placé entre les pâtes postérieures; enfin les bords latéraux s^étendent de ce dernier à 1 angle externe des orbites , et se composent souvent de deux portions qui ont des directions différentes et que nous désignerons sous lesnoms de bord latéro-antérieur, et de bord latéro-postérieur(a) . La face supérieure de la carapace est ordinairement divisée par des sillons qui correspondent pour la plupart à des insertions musculaires, et qui circonscrivent des régions sur lesquelles M. Desmarest aie premier fixé l'attention des zoologistes (3) , et dont la considération ne peut être négligé sans inconvénient. Quatre de ces régions occupent la ligne médiane de la carapace (4) ; la plus anté-
(1) PI. 14 bit, fig. 1, a, 3, etc. — r, rostre; — /, front.
(a) PL là, hit , fig. 1, a, etc. : —a, bord antérieur de la carapace ; — /.a, bord latéro-antérieur ; — / , bord latéral ; — Lp, bord latéro-postérienr ; — y , bord postérieur.
(3) Voyes Nitt. nat. dtt Cnutaeèt fostiiet, p. ^3.
(4) ri. 14 Irit, % I, u, 3, etc : — j, régioD stomacaU s — ^,
DES CaUSTAGÊS. ^49
iérieure, qui a reçu le nom de région stomacale^ parce qu'elle comprend la portion du test située au-dessus de Testomac , fait suite au front et présente toujours une étendue assez considérable ; la seconde région médiane est beaucoup plus petite et se prolonge presque tou-> jours en pointe antérieurement , tandis qu'en arrière, et sur les côtés , elle se termine par des bords droits ; une erreur anatomique lui a fait donner le nom de region génitale {i)^ La région cordiale^ qui succède à la génitale, correspond au cœur, et a en général une forme hexagonale assez régulière; la ligne transversale qui la sépare de la région génitale, et les deux lignes longitudinales formées par les bords latéraux de ces deux régions, sont souvent plus marquées que tous les autres sillons analogues , et ont quelque ressemblance avec un H qui serait gravé sur le milieu de là carapace. Enfin , la quatrième et dernière région médiane est située entre la cordiale et le bord postérieur de Id carapace ; elle est souvent à peu près quadrilatère, mais souvent aussi elle ne se distingue qu'à peine ; M. Desmarest l'appelle région hépatique postérieure ; mais,afindelamieuxdistinguerdesautres régions hépatiques , nous préférons la désigner sous le nom de ré-^ gion intestinale. Les portions latérales de la face supé-
région génitale; — c , région cordiale ; — i , région intestinale ; — A f A , régions hépatiques ; — b, b, régions branchiales.
(i) D après la figare qne M. Desmarest a donné de Tintérienr d*nn Garcin Ménade, on croirait qae les organes intérieurs de la génération sont circonscrits dans l'espace correspondant à la région qai eu porte le nom , et c'est probablement d'après cela que ce naturaliste l'a désignée de la sorte ; mais cette figure est très-inexacte, et les testicules , aussi bien que les ovaires , s'étendent bien au delà, comme on peut s'en convaincre par rinupectiou de nos planches Set ri.
%iO UISYOIRS HATUAKIiLE
rieure delà cnrapaoe sont composées chacune de deux régions souvent très^difficiles à distinguer et dont le» limites sont en général un peu arbitraires ; l'une, an* téricure , est placée sur les côtés de la région stomacale, et recouvre la majeure partie du foie et des organes intérieurs de la génération : c'est la région hépatique f l'autre, située en arrière de la première et sur les côtés des régions cordiale et intestinale correspond à la Toùte de la cavité respiratoire , et est appelée région branchiale.
Le front se prolonge au-'dessus de l'anneau cpii porte les yeux. Dans le jeune âge , cet anneau reste à découvert antérieurement, et les yeux ne «ont pas logés dans des cavités orbitaires complètes ; mais,ploa tard, la partie inférieure du front se réunit, sur la ligne médianei à un prolongement de l'arceau inférieur du idcond anneau , de façon à entourer eomplétemeni le segment oculaire qu'on n'aperçoit plus qu'à l'inté* rieur de la carapace (i) ; il arrive aussi qtte l'angle externe du front s'unit, soit à l'article basilaire des an* tmnes extérieures, soit à un prolongement de la portion latérale et inférieure de la carapace, et il u forme ainsi une cavité dans laquelle les yeux s'insèrent et pouvait en général se raployer plus ou moins complétenirat. Mais, nous le répétons, cette disposition n'existe pas encore aux premières époques de la vie , et , en cela , les jeunes Braehyures se rapprochent , comme nous le verrons ailleurs , des Macroures adultes.
Chez tous les Crustacés de cette section , tes an* tenues de ta première paire sont placées sur les côtés
(1) PI. i4 bis, fig, 4
cle laljgne médiane ( i ); elles sont très-courtes et |)eiiyen t se reployer dans la cavité qui loge leur article basilaire; ces cavités, que nous appelons Jbssettes afitert'naims, sont placées entre les orbites avec lesquelles elles oommuniquent quelqtiefois , et sont séparées entre elles par nu prolongement inte$^antênnâim qui natt de l'arceau qui porte ces appendices et se soudent aufrontcommenous venonsdele dite. Le premier arti« de de ces antennes est toujours renflé et plus ou moins globuleux ) tandis que les deux suivans sont courts ^ grêles et cylindriques ; enfin , k Textrémité de ce petit pédoncule, se trouvent deux tigelles annelées très- courtes et dont l'une est ciliée. Les antennes de la seconde pairc{i) s'insèrent constamment en dehors, etun peu audessous despreroières; ellesn'acquièrentégalement que peu de développement^ et présentent, dans les différens groupes de Bracfayures, des variations assea grandes t k leur base, on voit toujours «n petit tubereule circulaire qui constitue l'eitreloppe de l'organe spécial de l'ao^ dition^ et qui est situé au devant de la boucbe$ les trois el quatre premiers articles des antennes constituent tm pédoncide qui supporté mie tige terminale; enfin il arrite sonrcat qne lapremièredecespiècessoit plus ou moins entièrement sondée aux parties Voîsi«nes de la carapace , et aknrs on pourrait fiieilement croire que lés aillennes extérieures s'insèreiit an devant dtts internes ; car , en efièt , leor portion mdbile . natt alors en avant de ces organes*
fin arri4r# des fossettes antennaiFeSf on voit une surfaceplane, plus ou moins étendue^qui représente le
(!) PI. 3, fîg. 2 et 7,
(2) PI. 3, fig. 2, d; PI. 17, fig. a, A, etc.
a5'i HISTOIAB IIATUR£LI.£
troisième ajmeau cépbalique et qui porte le nom d'é» pistome (i). L'espace occupé par Tépistome, les fo8<* settes aûteunaires et la base des antennes externes constitue ce que nous appelons la région euttef maire ; ses proportions varient, et on peut tirer parti de ces di£« férences pour la classification de ces animaux . Les par* ties latérales et inférieures de la carapace , que nous appellerons régions ptérygostomiennes (a) , sont toujours dirigées plus ou moins obliquement en dehors et en haut, et sur la ligne médiane elles laissent entre elles un espace videqui est occupé par l'appareil masticateur et que nous désignerons sous le noaax de cadre buccal (3) ; tantôt ce cadre buccal a la formé d'un quadrilatère assez régulier, tantôt il est triangulaire, et c'est toujours à sa partie antérieure que viennent se terminer les conduits efierens des cavités branchiales. Enfin , le bord postérieur et interne de ces régions ptérygostomiennes s'applique exactement contre la voûte des flancs immédiatement au^-dessus de l'insertion des pâtes ; quelquefois ces parties ne laissent entre elles aucun intervalle ; mais , en gàiéral , on remarque de chaque côté de la bouche et en avant des pâtes antérieures une lacune qui communique dans, la cavité branchiale (4)9 et il arrive quelquefois qu'un prolongement de la carapace entoure cette ouverture de façon à la transformer en un véritsdile trou à travers lequel l'eau nécessaire à la respiration pénètre jusqu'aux branchies (5).
(1) PI. 3, û^. a. e.
(a) PI. 3, %. a,^.
C4) PI. 3. fig. a, I.
(5) PI. ao, fîg. 12.
»E8 CRiDftTACÉS. %Si
. En arriére y le ca4re buccal est borne par le pla«* trou stemal dont nous parlerons plus en détail par la suite; et, dans l'espace ainsi circonscrit^ se trouvent entassés les uns sur les autres les six paires de membres qui sont spécialement affectés à l'appareil digestif. Celle qui s'insère le plus en arrière, et qui est par conséquent la dernière de la série , reconyre toutes les autres ; aussi en parlerons-nous d'abord. Ces or* ganes, qui sont ordinairement désignés sous le nom de troisièmes pates^mâchoires oa pates^mâchoires ex-teines , sont très-larges , et constituent deux espèces d'operctdes qui ferment le cadre buccal à peu près comme les battans d'une porte ( i ] . Us s'insèrent toujours assez loin de la ligne médiane par leur angle posté* rieur et extérieur ; leur article basilaire envoie ordinairement en dehors on prolongement qui sert de valvule à l'ouverture afférent de la cavité branchiale , et qui porte un long appendice flabelliforme , ainsi qu'une petite brancbie rudimentaire cachée, comme le fouet, dans la cavité respiratoire; enfin il natt encore de cet article basilaire un palpe et une série d'articles que représentent la tige ou pâte proprement dite des membres thoraciques. Les deux premiers articles de cette tige sont lamelleux , articulés à la suite l'un de l'autre, et très-développés; ils constituent la majeure partie de lapate-mâchoire, et portent à leur extrémité une petite tigelle formée presque toujours par les trois derniers articles de ces organes , qui sont grêles et cylindriques ; quant au palpe , il ne manque presque jamais, et consiste ea une longue tige qui se place au cAté externe du deuxième et du troisième ar*
(i; Pl.3,rig. *,i^;etfîg.8,ctc.
994 HISTOiaS «ATUaCALE
tjcLu de la pate^mA^^rei H qui porte aton exAréimté UD p^tit 9i^e]|di«e.«liii€lé, et replojré sous le trDi« niimp artida dont il vient d'être quoitiao»
En écartant le$ patoft-màchoirts exteraee, on aper^ foiiau-dea^OHS d'elles les deux autres paires de pâtes* ffluAchoires , les devi paires de mâchoires proprement dites y les mandibules et la bouche.
La structure des pat^^mdckoins de la $econda paire (i) est à peu près la même que celle des paies* mâchoires externes, si ce n'est que leur branche interne est grêle et cylindrique dans toute sa longueur, au lieu d'être large et lamelleuse. On y distingue éga« lement une série de six artides dont le premier porte y du oêté externe , un fouet et un palpe semi-oorné et semblable k celui des pates*mâcboires externes; les deux articles suivans sont vergiformes et dirigés en avant ; les trois derniers , aussi larges que les précé^ dens , mais très-courts , se recourbent en dedans et ea arrière ; enfin il est à noter que la dernière de ces pièces est toujours très-petite.
Le$ pates-mâchoires antérieures (a) , qui sont cachées par celles dont nous venons [de parler, ont beaucoup moins de consistance qu'elles , et so«t moins distinctement articulées ; elles portent encore un long appendice ilabelUforme et un palpe qui ressemUe beaucoup à celui des putesHnAchoires de la seconde paire ; mais la tige ou portion interne de œs mem* bces est réduite à un gros tubercule supportant une seule ptèee ovalaire^ en dehors de laqndle on voit s'avancer un prolongement lamelleux et semi-oiembr»*
(îi)P1.3, fig. 10.
Bts CRUSTACÉS. aS5
neaiC) «lui haU entre la pièce oradaire dost UDaa irefions de parler et le palpe , et qui sert à diriger au de^ hors l'eau expulsée de la cavité branchiale •
Après avoir enlevé ees derniers organes^ on décou^ vre lea ffufcAotref extem9s (i), dont la consistance est tottjoura semi^cornée; à leur c6té externe » il eziate^ comme nous l'avons déjà dit, une grande lame valvulaire ^ qui est Tanatogue du fouet , et qui sert au mécanisme de la respiration ; cette lame est irrégulièrement ovalaire et toujours tronquée à s|i partie postérieure. La portion de ces organes , qw représente la tige , est réduite à deux ou trois petites lames qui recouvrent une portion de la boucbes let » entre elle et le fouet, on distingue on petit app^sulict qui peut être oonsidéréeomme le représentent du palpe*
Iju paùSÊ^^méchoiirês mntétitmrts , ou de la première paire (m)^ sont très^petites et en majeure partie cachées parles externes; comme elles, ces organes sontlamdl* leux et appliqués sur les mandibules , mais on ne leur voit pas dVppendice valvulaire* Leur bord interne est garni de poils et d'épines , et ils paraissent devoir ser»> vir principalement 4 retenir les alimens pendant qu'ils sont broyés par les mandibules^
L'ouverture bunéale ^le*méme occupe en géeéml h milieu de l'espace entouré par le cadre buccal & àson borà antérieur on aperçoit le lahrû^ qui a la £anue d'un tubensule ecmMoembsuneicxt aon boni postérieur est garni d'un repli lamdOewx et bilobé que l'on ap^ pelle Jun^nette^ et eur ses oètés sont plaoés les I9>a»r vi6tttsv«
(i)Pl. 3.'fig. n.
(a) PI. 3. fig. la.
a56 HISTOIRE ZIATURELLE
Ces derniers organes se composent dedeuz parties distinctes, un corps et une tige palpiforme ( i ) • Le corps de la nuindibule parait formé parFunion intimedes trois premiers articles du membre, et présente des traces assez visibles de ces soudures transversales; il s'articule arec le tronc par sa face supérieure, et ressemble un peu par sa forme à une pyramide à trois faces, très-irrégulière, qui serait placée transversalement avec sons om« met en dehors et sa base en dedans ; cette dernière partie de la mandibule est très-grosse et d'une texture extrêmement compacte; elle s'applique contre la mandibule du cAté opposé, et sert à la mastication; aussi son bord intérieur est-il en général tranchant. L'appendice palpiforme des mandibules s'insère à la partie antérieure et interne de leur corps; il a la forme d'une petite tige composée de trois articles mobiles, dont le premier est extrêmement petit ; il se dirige en dedans , puis en arrière , en suivant le contour du corps de la mandibule.
En arrière de l'appareil buccal on aperçoit à la £aice inférieure du corps des Brachyures un f^ruiA plastron st€rnal{i) qui est formé par la soudure de l'arceau inférieur des divers anneaux thoraciques du tronc. Ce plastron , sur les côtés duquel s'insèrent les pâtes , s'étend jusqu'à l'origine de l'abdomen , et présente en général la forme d'un ovale tronqué et même échancré postérieurement. Sa largeur est toujours assez consi-«> dérable, et il ne devient nulle part linéaire. On y distingue toujours quatre sutures transversales qui indiquent le point d'union des cinq derniers anneaux du
(i) PI. 3. fig. i3.
(a)PI.3,fig. a,y,ct fig, 4-
thorax , et sur la ligne médiane il règne presque toujours aussi une soudure longitudinale qui occupe les deux ou troi s derniers anneaux , et correspond à l'origine de Tapodéme médian du sternum dont il sera question plus tard. La partie médiane du plastron stemal est plus ou moins concave, et forme souvent une espèce de gouttière longitudinale très-large qui loge l'abdomen. Entre les pâtes delà troisième paire, on y distingue toujours, chez la femelle, deux petits trous qui sont situés à quelque distance de la ligne médiane et qui sont les ouvertures de l'appareil de la génération. Enfin , chez quelques Bracfayures , les ouvertures qui donnent passage aux organes miles sont également creusées sur le plastron lui-même , près de la base des pâtes de la cinquième paire, et chez quelques autres où les verges sortent comme d'ordinaire à travers l'article basilaire de ces pâtes , il existe de chaque côté du plastron un petit canal transversal destiné à loger ces organes.
. Les membres qui font suite à l'appareil buccal , et qui constituent les potes . proprement dites, sont toujours au nombre de cinq paires , et ne présentent jamais ni palpe ni fouet. Ils sont dirigés transversalement en dehors ; ceux de la première paire sont toujours préhensiles et terminés par une main didactyle bien formée ; en général les pâtes des quatre paires suivantes sont toutes simplement ambulatoires ou natatoires ; elles ne sont jamais didactyles ; celles de la dernière paire sont toujours assez développées.
L'abdomen est très -peu développé; sa largeur est tout au plus 'égale à environ les trois quarts de celle de la carapace (le rostre excepté) i son épaisseur n est égale qu'au cinquième ou même au dixième de
CKUSTACiS, TOME I. 17
aS8 HISTOIRE ]IATUK£LtE
celle du thorax , aussi eat^il presque lamelleux , et estil toujours reployé sous le plastron stemal (i). Il se compose easentiellement de sept anneaux , mais sou* veut un certain nombre d'entre eux s'unissent plus ou moins intimemeiit « et alors cette partie du corps ne présente plus que einq, quatre ou même trois pièces lûeti distinctes ) ce nombre rarie suivant les sexes et les genres, et, dap« plusieurs cas, on voit qu'il difiëre , même dans les espèces les plus voisines (u). En général, l'abdomen est beaucoup plu9 large chez les femelles que chez les m^es ; chez les premières il est ordinairement de forme qvalaire et chez les der* qieiTi plu* ou moins triangulaire. X^es membres qui s'y in^èr^t sont également peu développés; l'avantdernier a^nfau n'en porte jamais, même k l'état de vertiges, et obea le mâla en n'en voit que sur les deux premiers segmens (3) • Ces organet ont toujours la forme d« styleta simples et plus ou moins aigus (4) ; ceux de la première paire sont plus grands que ceux de la seconde, et présentât en général une gouttière desti* née à recevoir ees derniers ; enfin, leur base est en rapport *vec les verges , et ils paraissent servir uniquement k la copulation. Chez les femelles il existe , au contraire, tOi;your8 quatre paires de membres abdominaux insérés aux quatre segmens qui suivent le premier an9eau(5) ^cesorgimes se composent chacun d'une tige longue, grêle et artioitlée^ et d'un appendice flabellifprme k peu près de même loogueor qui natt du côté ex-
(9) Û9QS k ganre Xbclés» par «xempU.
(3; PI. 3, %. (î. '^
(4) PI. 3. %. i5 et i(J.
(6) PI. % iiff. 5 et 14.
ait cnuBtAtis. 269
teme deTartide basilaire de la tige ; Tune et l'autre de ces espèces de branebes sont garnies de poils, et leur usage est de maintenir les œufs sous Tabdomen; jamais ces membres n'ont la forme de fausses pâtes natatoires.
A Tintérieur, le système tégumentaire des Bracbyures présente aussi plusieurs particularités qu'il est essentiel de noter. La route des flancs est toujours dirigée très-cAliquement en baut et en dedans, de manière à former avec le plastron slernal un angle qui n'excède guères 4& degrés (f). Les cellules situées audessous sont dirigées transversalement; les deux rangées qu'elles forment sont superposées , et leur ouverture, qui donne insertion à la pâte correspondante, est dirigée en debors. La oavité viscérale, que les flancs et leurs cellules laissent entre eux, est toujours bornée en arrière par isne selle turoiqiie sur laquelle s'insère l'abdomen , et cette espèce de voûte est soutenue par un apodème médian. Enfin ^ il n'existe jamais de canal stemal proprement dit.
La centralisation ds système nerveux ganglionnaire des Bracbyures est porté très-loin ; ce système consiste toajoars en deux masses médullaires seulement , l'une cépbalique, et l'antre tboracique (a). Ce dernier, qui se compose de tous les ganglions tboraciques , présente tantôt la forme d'an anneau, tantôt celui d'un disque solide , et tient au premier par le collier œsophagien ; enfin^ la portien abdominale de cet appareil n'est représentée que par un nerf impair qui nait, comme tous ceux du thorax , du centre méduHaire
(1) PI. a, fig. 9,10, etl>l. 3, %. 3. (a) PI. lï, fig. 5.
dont nous Tenons de parler, et qui n'ofire aucune trace de renflemens ganglionnaires.
L'appareil digestif de ces Décapodes ne présente aucune particularité très-remarquable : nous rappellerons seulement que les appendices caecales qui naissent derrière le pylore sont longs et filiformes , que l'appendice situé entre l'intestin grêle et le gros intestin natt à peu de distance de l'estomac (i), et que les deux foies sont souvent réunis par un lobe médian (2).
Le cœur est presque quadrilatère ; et l'artère abdominale , qui natt à l'origine de la stemale , est extrêmement grêle (3). Le système des sinus veineux , situés près de la base des pâtes , est très-dévéloppé ; et, sur la ligne médiane du corps , il n'existe pas de réservoirs semblables (4)«
, Les branchies ont toujours la forme des pyramides fixées par leur base , et composées d'une double série de lamelles empiléesles unes sur les autres (5). On n'en compte jamais plus de neuf de chaque c6té du corps, et quelquefois il n'en existe que sept ; une ou deux des premières , fixées aux pates-mâchoires externes , sont toujours rudimentaires et cachées sous les autres(6); mais les cinq ou sept dernières sont très-développées, couchées sur la voûte des flancs , et constamment insérées sur une même ligne; les trois, quatre ou cinq premiers naissent de l'articulation des membres cor-
(i) PI. 4. %. 1.
C2) PI. 4, fig. 5.
(3) PL 5. ag. 1.
(4) PI. 6, fig. a et 4,
(5) PI. 10, fig. a et 8.
(6; PI. 3, fig, 8 et 9, k.
DES CRUSTACÉS. a6t
respondaDs ; savoir : un au-dessus de la pate-màchoire de la seconde paire , deux au-dessus de la pate-màchoire externe , et deux au-dessus de la pâte thoracique de la première paire. Les deux dernières branchies naissent au contraire d'une ouverture pratiquée dans là voûte des flancs (i) et correspondent ordinairement aux pâtes de la seconde et de la troisième paire ; quelquefois il n'existe pas de hranchie au-dessus de la troisième paire de pâtes ; enfin les deux derniers anneaux du thorax n'en portent jamais. Le fouet , qui naît de la pate-mâchoire externe, et celui de la seconde pate-mÀchoire passent entre ces organes et la voûle des flancs, et l'appendice analogue, appartenant à la pate-mâchoire de la première paire, se recourbe sur la face supérieure et externe des branchies ; mais jamais ces derniers organes ne sont séparés entre eux par des fouets. Enfin, la cavité respiratoire n'est ouverte qu'à sa partie antérieure ; et la partie latérale de la carapace vient s'appliquer exactement contre le bord inférieur de la voûte des flancs ; aussi l'eau ne parvient-elle aux branchies que par une ouverture spéciale qui se voit en général au devant de la base des pâtes de la première paire , mais qui est quelquefois remplacé par un canal qui s'ouvre dans le cadre buccal à côté du conduit efierent du même appareil.
L'appareil de la génération présente , chez les femelles , une disposition particulière qui est très-remarquable,et qui consiste dans l'existence d'une grande poche copulatrice placée près de l'ouverture de chacun desoviductes. Ces poches reçoivent les verges du mâle
(I) PI, 3, fig. 3,
a6u U4STOI&S MATUAIIiLE
pendant la copulation, et servent évidemment comme des réservoirs pour la liqueur destinée à féconder les oBufs à fur et à mesure de leur passage vers le dehors. Les vulves, comme nous lavons déjà dit, occupent toujours le plastron sternal; elles sont situées sur l'anneau qui porte les pâtes de la troisième paire , et sont cachées par Tabdomen. Les organes de la gêné-* ration du mâle viennent en général aboutir aune ou<« verture creusée dans l'article basilaire des pâtes de la cinquième paire; mais dans la famille des Gatomètopes, les verges sortent presque toujours par des trous pratiqués sur le plastron sternal lui-même.
La section des Brachyures comprend un très-grand nombre de Crustacés sur la classification desquels les auteurs ne sont pas d'accord. MM. Leach et Desma* rest les ont rangé d après le nombre des pièces distinctes dont l'abdomen se compose , soit ches le mâle, soit chez la femelle. Cette méthode est très-simple et d'une application extrêmement facile » mais elle a le grand inconvénient d'être tout«4i-{ait artificielle et d'é* loigner souvent les Brachyures qui ont entre eux le plus d'analogie ; il est des cas où, d'après ce système, des espèces appartenant à un même genre naturel se* raient dispersées dans des familles différentes i nous ne pouvons par conséquent l'adopter.
M. Latreille a eu recours à deux méthodes prineipa*les pour la distribution des Brachyures ; Tune fondée sur la forme générale du corps et la disposition des pâtes, l'autre basée sur ces mêmes considérations, ainsi que sur la forme de la bouche et quelques autres caractères. Dans la première de ces classifications , ce célèbre entomologiste divise les Brachyures en sept familles ; savoir : les Nageurs , les Arqués ^lea Quadri-
DBS QRUSTA0É8. a6J
tatères^ les Orbiculaires, les Triangutaitvs^ les Cryptopodes et les Natopodôs; et, datis la seconde , il réunit les Nageurs aux Arqués , et tnodifie un peu la codipO'sition de ces groupes , ainsi que de celui dès Orbicu laires.
Cette dernière classification m'a paru bien plus naturelle que toutes celles qu'on avait proposées jusqu'alors ; mais une étude approfondie de la structure des diyeiiB Brachyures et de la yaleur des caractères employés pour leur distribution méthodique , m'a conduit à en modifier quelques points, et à diviser la sec^ tion des Brachyures seulement en quatre grandes familles qu'on peut distinguer à l'aide des caractères suivans :
fiMUIiZ PBS OtTRBiNQCCS.
Ori^es génkaO» du itttfè creuiés daHs Tàrticle ba^ silaite des pâtes postérieures et ne se continuatit pas avec un canal transversal du Iterbum. — Caftai ajjè^ rent de la cavité branchiale s'ouvrant en arrière des régions ptéfygostomiennes. -^ Btanchîcs au nombre de neuf et remplissant presque entièrement la cavité respiratoire. — Cadre buccal à peu près quadrilatère , très -large en avant et très -éloigné dà front. — Région antennaire occupant un espace presque aussi long que le eadre bûcCa!. — Èpistome trèsgrand, presque carré. — Carapace rétrécie antérieurement} régions branchiales très -développées et occupant presque toute la partie latérale du thorax ; régions hépathiques rudimentaires ; front avancé et formant en général un rostre trés-saillant ; orbites dirigées an dehors. — Abdomen du màle occupant tout
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l'espace compris entre la base des pâtes postérieures.
— Quatrième article des potes - mâchoires externes s'insérant le plus ordinairement à Tangle interne de Tartide précédent.
FAimiX DES CTCLOMÈTOFES.
Orifices génitaux du mâle, canaux ajférens des caTÎtés respiratoires , et branchies disposées de même que dans la famille précédente. — Cadre buccal trèslarge en ayant et fort éloigné du front. — Région antennaire n'occupant pas un espace moitié aussi long que le cadre buccal. — Epistome très-cx>urt, beaucoup plus large que long, et n'atteignant pas à beaucoup près le niveau du bord inférieur des orbites.
— Carapace très4arge et régulièrement arquée antérieurement , rétrécie postérieurement ; régions hépatiques très-développées et occupant presque toujours au moins la moitié de la portion latérale du test ; front transversal en général peu ou point rabattu ; orbites dirigées obliquement en haut et en avant. — Abdomen du mÂle occupant tout l'espace compris entre la base des pâtes postérieures. — Quatrième article despatesmâchoires externes s'insérant toujours àl'angle interne de l'article précédent.
FAMILLE DES CATOMÈTOPES.
Orifices génitaux du m&le placés presque toujours sur le plastron stemal lui - même , ou se continuant avec une gouttière transversale creusée dabs le plastron et renfermant les verges. — Canaux ajffércns des cavités branchiales et ca//rc buccal disposés comme dans la
D£S GAUSTACÉS. a65
famille ■précédente.'^ Branchies souvent moins nombreuses que dans les familles précédentes, et n'occupant en général qu'une petite portion de la cavité respiratoire. — Bégion antennaire n'ayant en général guères plus du tiers ou du quart de la longueur du cadre buccal. — Épistome très-court, presque linéaire et atteignant presque toujours le niveau du bord orbitaire inférieur, avec lequel il semble se continuer, — Cara^ pace en générai quadrilatère ou ovoïde ; régions hépatiques rudimentaires ; régions branchiales très-développées ; front transversal et ordinairement rabattu ; orbites dirigés en avant ou obliquement en bas. — Ab* domen du mâle souvent beaucoup moins large que l'epace compris entre la base des pâtes postérieures. — Quatrième article des pâtes ^ mâchoires externes s'insérant presque toujours au milieu ou vers Tangle externe du précédent.