‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux; (volume 3)Chapitre 9 sur 207 · PL · texte numérisé non relu

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(a) f^oyes la figure théorique de la composition de laoneatt t^mentaire des Crostacës, PI. 1. fig. Si^f, t, pièces tergales; ^em, em, pièces épimériennes ; — es, f/,pièGes épisternales; — /, /| pièces sternales.

B£8 GRUSTACiS. ly

sectes (f ) ; elles s'unissent toujours au sternum , mais il existe en général, entre 1 arceau inférieur et l'épi* mère, placé au-dessus , un espace vide destiné à l'articulation du membre correspondant.

Nous ne connaissons pas d'exemple d'un anneau où l'on puisse distinguer à la fois toutes les pièces que nous venons d'énumérer; tantôt les unes manquent complètement, et il existeunvide à la place qu'elles devraient occuper (2) ; tantôt elles sont soudées entre elles d'une manière si intime , qu'on ne voit aucune trace de leur séparation ; mais, en étudiant chacune d'elles là où elle est le plus distincte, on peut s'en former une idée précise et la reconnaître ensuite malgré son union avec les pièces voisines. Du reste, quoique cette

(1) Dans nn travail approfondi et comparatif «nr U stnidurt d» thorax des Insectts, présenté à l'Académie des sciences le i5 mai iSao et imprimé en partiedans les Annales des sciences naturelles, t. 1, M. Audonin , après avoir déterminé «{aelles sont les parties constituantes d'un anneau quelconque du corps de ces animaux, et quelles sont les lois qui président à Tarrangement de ces mêmes élémens organiques , a fait d'une manière générale îapplication de sa théorie au squelette tégumentaire des crustacés. Cette partie de ses recherches n'a pas encore été publiée ; mais , d'après le rapport de M. Guvier, on voit qu'il pose en principe que les pièces constituantes du squelette des Crustacés se retrouvent toutes dans les Insectes , mais que ces derniers ont de plus des pièces que les premiers ne présentent pas 1 il est même arrivé k cette conclusion générale, que ce n'est que de VacroissemetU semblable ou dissemblable des segmens , de la réunion ou de la division des pièces qui les composent , du maximum de développement des uns, de l'état rudimentaire des autres, que dépendent toutes les différences qui se remarquent dans la série des animaux articulés. (Annales des sciences naturelles, 1. 1, p. 116.) Il n'est pas de notre sujet de démontrer ici Vanalogie de structure qui existe entre le squelette extérieur des Crustacés et celui des Insectes ; mais l'étude comparative que nous aUons faire de cet appareil dans les premiers fournit un grand nombre de &its à rappol de ce corollaire.

(a) PI. 3, fig. 3, et PI. a3, iig. 3.

l6 HIftOlAS ilATUlll!t.LB

Mdjse de TAiiiictott h^ éoit pus totijotifê pi^âlietiblè, 11 n'en eét pâi mtnnê YTfti qu'elle fin^ilite bëaueoU|) l'élude du iqtti^ette eitériebf de» anitnAuiÉ articulé», et qu'elle nous pefiaettnt ftouretit de eôfistater de» «fiâlogie» frappantea daiis ee qui éeiilblait àû pre« nier abord s'offrir que Aeê diâëeittblaiioei.

Pour temitier l'àiiimératioi! dés parties co&ëtitttàiites des annealit tégiiméoitaireé des Grustâcëè, il iM^us reste etioore â parler des laines que l'on roit routent s'életer de leur ftiee intërtie et former dans leur iiitériettr des Cellules et des eanaut» Ces doisbns Haisaeut tèujottrs des points de soudure de deux anneau t ^ ou de dent piéees voisines d'un même lègment, et cette di^poeititm leur a valu le nom A'ùpûdèfnei ( Audouin ). Elles résultent d'un repli de la membrane tégumentaire qui plonge plus ou moins profondément entre les organes et qui s encroûte de matière calcaire comme le reste du test ; aussi sont^elles toujours formées de deux lames adossées et soudées entre elles (i).

$ lY . JD« lap0rti0ncéntrûie au annuiaire du squeleiie

tégumehtâiré.

Vojôiià maintenant quelles sont les principales modifications que subit l'anneau tégumentaire du Grus^ tacé, soit dans te» espèces différentes, soit dans les diverses parties du corps d'un même individu.

On distingue en général cbei ces animaux une téee^ un thorax , et un abdomen (a) ; mais les limites de ces

(I) Voye» la ligure théorique des apocUmes . PI. i • fig. 6 ; et iedi^ disposition diez le Mala sqainado, PI. a, fig. 9-11; et ch«t U Langouste , PI. q3, fîg. 3.

(a) Quelquefois on désigne ceiU demiére partie dti corps loùs le

régioni ne sont pat loiqoaTS bi«o flttea par k natike, et ilnecoiiTient pas d'attacher à tes âifttiâctioAé uâè trop grande importanbe) car elles ne correependeti t paë^ cominediezle8Manmi£&res,lesOiseaUa,ele., à antanl de catilésdistinctet^ destinées k l&f^t des orgtmé^ difr férens i rûatérieur du corps des Cmslaeés n'est eëtsiipë quepariuieseulegrandecayiléViscëttde^ etlesargitnM qui s j troQTeul s'étendent ordinairement daits t#ttlë sa Icmgueur* Quoi qu'il en soit 9 la tête est la partie dvk eorps qui porte les yeax , les antennes et la l^oûete (f ) ; le thorax est celle qui donne naissance anit pâtes anbU'i' latoires et qui renfeoaie la plus grande portkiii des fift^ Itères (a) : il est sourent confondu avec la téta (3) «t ne se distingue quelquefois de r^bdom^ que par la pôSi-^ tion des organes ^énératbuhs qui chëa le mÂé en cteèupedt^fdiaoiranentledaiBer segibenti Hnfin^ Tabdo^ met» fiût sfaitn an thorax pouc se terminer pjlr l^nnéan qui poi*te Tands (4) ; cette partie du cdrps est aussi 4 djins la plupart des cas , pouyyoe de faiembres. eomiiie le thorax i Bséis leuib forme est pbesqm tbujonrs três^ différente.

noiki dé queue , «nàiâ c*ést à tort j car on ne doit appeler ainsi qae les ftolsnycaietiè qtti aabtcat «a arrière de Tknns, Omdés par la ftl*mation des principaux viscères» «{nelqnes ««tears, ^nt d^mit Ij» Asm fl^abdomen an thorax, et de post-abdomen à ce que nous appelons abdoriieni niaU» dâprés tés t>riiictpcs, il fandràit éoiisidërër aussi la téie comme mn pféabdorfwn \ car élit iogs les mêmeB TiscAres que le thorax et Tabdomen. Du reste, peu importe les-dénoroioation^ employées , pourvu ^ute Ton he perde jamais de vue que les limites d« ow diverscf parties ns unt pas cmwttttîes, et ((«e dès anneaut

ri appartiennent au- thorax d^ telle espèce peuvent entrsr dans éom]^odtion de là tête de telle aube , et vice versh. (1) PI. I. fig. a, a.

«Pl;a,flç.a, b — «.

(3) PI. 3, fig. 1 et a.

(4) PI. 1, fig. 1./, ftjfig. a, I, •; PI. 3, fig. à, fc, et fig. 5èi6.

SO HIStOIRE NATURELLE

|)!aprè8 ce que nous laVûns dit au commencement de ce chapitre, relativement à la marche suivie pair la nature dans le perfectionnement des êtres, on pourrait s'attendre à trouver, à l'extrémité inférieure de la série formée par les animaux dont nous nous occupons ici , des espèces dont tous les anneaux constituans du corps seraient semhlables entre eux, tant par leur forme et leur structure que par leurs fonctions; puis à les voir devenir de plus en plus disparates , et servir chacun à des usages particuliers. C'est, en effet, la tendance que l'on remarque lorsqu'on compare entre eux les divers Crustacés ; mais ces animaux ne nous offrent d'exemple, ni de cette extrême uniformité, ni de ce maximum de complication.

Les Edriophthalmes sont du nombre de ceux dont les divers anneaux du corps, en même temps que leur volume et leur texture nous permettent de les étudier facilement , présentent le plus de similitude et. de simplicité. Si l'on examine certaines espèces de Crevettes (i) , on voit à l'extrémité antérieure du corps une tête que l'analogie nous porte à regarder comme étant formée de plusieurs anneaux soudés et confondus en un seul tronçon, puis une série de quatorze segmens , articulés bout à bout de manière h pouvoir exécuter certains mouvemens, assez semblables entre eux, et portant tous , à l'exception du dernier, qui est rudimentaire, une paire de membres. Les sept anneaux qui suivent la tête constituent ici le thorax , et les sept derniers l'abdomen ; tous sont étroits d'avant en arrière, un peu comprimés latéralement, et formés

(1) PI. I, fig. a.

BES CROêTACéS. ' ftt

d'im arceau supérieur et d'un arceau inférieur séparés par Tinsertion des membres. L'arceau yentral est peu dérdoppé , et ne montre aucune trace de division ; mais le dorsal est plus grand, et on y distingue, en général , trois pièces, Tune médiane formée parla réunion des deux pièces tergales, et deux latérales qui constituent des espèces de lames clypéiformes, et nesont autre chose que les épimères(i). Enfin , à Tin* teneur, ces anneaux ont une structure aussi simple qu'à l'extérieur, et ne f^ésentent aucune trace d'apodèmes. Quant à la tète, elle ne constitue qu'un seul tronçon et ne laisse apercevoir aucune trace de division; mais néanmoins on doit, ainsi que nous espé* rons le démontrer plus tard^ la considérer comme cornposée de sept anneaux confondus entre eux, de manière à n'être reconnaissables que par les membres qui en naissent.

Dans tous les autres Édriopbthalmes la structure de renvdoppe tégumentaire du corps est essentiéUement la même que chez lesGrerettes; les divers anneaux qui la composent présentent la même uniformité et autant de simplicité ; mais leur nombre apparent et leur forme varient un peu. Ainsi , chez la plupart d'entre eux le septième segment de l'abdomen disparaît et semble manquer plutôt que d'être confondu avec l'anneau précédent* Chez un grand nombre dlsopodes ce sixième jumeau abdominal prend un grand développement , et ceux qui sont situés au devant se soudent entre eux, de façon à ne paraître constituer que trois, deux ou même un seul segment (a) ; chez les Lœ-

(j) PI. 1, fis- a, 6 , tergum , et V flanc (a)PI. i.fiç. 4.

Biipodes toul 1m uneauv de l'abdomen deviennent rcH ditteotaires et neformeot plus qu'une eapèoe de tubeiv eole, tandis que les six derniers segmens tboraciqui^a sont grands , semblables fntr^ eut et bien distincts ; mais l'fumeaii qui chez la plupart des Ampbipodes et des Isopodes s'articulait avec }a t^te , se soude ici com^ plétement avec elle et ne peut plus en être distingué» Chez qudques Isopodes et Amphipodes oq nç trouve aussi que six anneaux therafriques distincts ; et la tête, qu'on peut regarder alors comme étant formée par les huit preniiers anneaux, porte tous les membres qui leur correspondent. Enfin il est des Gyclopes qt quel-* ques autres Crustacés où cette fusion est portée fin Gore plus loin, et où le thorax ne semble être ibrmé que de cinq , quatre ou même trois tronçons ^ tous les anneaux qui les précèdent étant eoufoiidus dans U tête ou unis entre eux.

QuapI ^ la forma et la structure des auufituy , ees divers Crustacés ne présentent rieu dp très-^emarqw^hle» chaules L»mipodes , toutes les pièces qui le# com^ posent sont oonfondue9 au point de ne pouvoir être distinguées , et chaque segment a la forme d'un cylin^ 4re; chez les Isopodes et Iqs Aniphipode^ le corps est Uvut^t déprimét tantôt aplati latéralement, at les w neaux qui nn forment la pitrtie abdominale liussent apMse^oir seulement ieê traeet de l'union des deu^ arceaux 4<>Pt ils »ont cqmpQ«é«9 tandis que dam le» anneaux tbomoiquf» on distingue aussi le terguiu des épimèret*

£infin UQUs igonterons que dans isertaines espèces d' Amphipodes les deux moitiés latérales du septième anneau abdominal ne se réunissent pas sur la ligne médiane comme dans les autres segment 4u CQ^'pf « 9^

qp'il prend alors la forme de deux petitea lames eoiv pé^s ou de deux appepdicefl stjlifonnes , disposition trAsrCurieiise en ce qu'elle offre un exemple frappant <)e U division d'un anneau en deux moitiés symétri-» ques et latérales (I).

Teilea sont les principales modifications de Tenve-t loppe tégumentaire du corps dans leê Crustacés ou ^^ présente en même temps le plus de simplicité et d'uniformité* 8i nous allons maintenant à l'extrémité opposée de la série formée par ces animaux , nous rencontrerons une disposition toute diflerente, et au premier abord on pourra croire que le squelette tégumentairedes espécesles plus élevées est composé d'élé* mens tout autres que ceux que nous venons de signaler ( mais une étude plus approfondie de ce^ parties coudait à l'opinion contraire , et montre que les principales diSérenoes dépendent du déf eloppemeiit excessif de quelques-unes de ces pièces, (an^Hs que d'autres sont devenues rudimentaires-

Bans les Crabes , par exemple , le corps » au liw d'être formé par une longue «érie d'auneew assea semblables entre eux , mais bien distincts et articulés bout k bout y ne parait composé, presqu'en optier, que d'une seul^ masse eépbulo-tboraciquef recouverte d'une fraude voAte qui descend jusqu'à la l^ase (le$ pâtes, et qui constitue une espèce de carapace (i) -, l'abi* domen est encore divisé ra segmens , comme cbez les Édriophtbalmes (3 ), tandis qu'eu premie/abord le reste

W i***ti I ig *.m miwiwiiii ijti w m y

<i) CdB «e vols éam k 09m^lt% 4'Olhoii B, k CrerMte lo^ caste L, etc. ; mais , daAs la plupart des Amphipodes , ces radimens des septièmes sennens abdomtnaaz manquent complètement.

(a) PI. 3. fi«. 1.

(3)P1. 3,fig.5.

^4 HISTOIRE HATURELLE

du corps ne semble former qu'un seul tronçon ; mais, si on l'examine avec plus de soin, on s'aperçoit que ces différences sont moins grandes qu'on ne l'avait pensé , car au-dessous de cette enveloppe cljpéiforme on distingue une série d'anneaux thoraciques , à la vérité soudés entre eux, mais néanmoins bien distincts et visibles à la face inférieure des corps (i) . Ces anneaux sont en grande partie recouverts par la carapace, et leur paroi supérieure est complétée par elle au lieu d'être fermée par le tergum qui viendrait se souder aux bords supérieurs des épimères , comme cela a lieu dans l'abdomen de ces animaux et dans toutes les parties du corps cbez les Édriophthalmes (a). ' Lorsqu'on étudie d'une manière comparative le squelette extérieur des Crustacés , on doit donc se demander si ce grand bouclier dorsal , dont on n'aperçoit aucune tracç cbez les Amphipodes, les Isopodes, etc. , est un organe particulier aux Décapodes et à quelques autres Crustacés , et une création toute nouvelle^ ou bien si les pièces dont il est formé existent, mais moins développée cbez tous les animaux de cette classe ; et , dans ce dernier cas , on devra chercber si la carapace est le résultat de la soudure et de l'extension latérale des pièces dorsales de tous les anneaux qu'elle recouvre , ou si elle n'est composée que de l'arceau supérieur des anneaux cépbaliques , qui aurait acquis un développement extraordinaire , et se serait prolongé jusqu'à l'origine de l'abdomen.

D'après l'étude des Crabes et des autres Décapodes, il serait peut-être impossible d'arriver avec quelque

(1)PI. 3,%. ay.

(a)PI. 3,ûç. 3.

DSê CftOSTACES. %6

certitade à la solution de cette question ; mais Texamen comparatif de quelques autres Crustacés nous parait y conduire.

EIn effet, chez les Nébalies et les Apus, par exem*ple , on voit aussi un grand bouclier dorsal qui recou* Tre toute la partie antérieure et moyenne du corps , de manière à confondre la tête avec le thorax ; mais ici , bien que la carapace s'étende sur les anneaux thoraciques, ceux-ci n'en sont pas moins parfaitement distincts d'elle et clos en dessus comme chez les Édriophthalmes, etc. L'existence de cette grande lame cly* péiforme est entièrement indépendante de celle des segmens qui composent le thorax, et elle n'est évidem* ment qu'un prolongement de la partie dorsale de la tète.

Dans les Alimes et les Erich thés, la carapace recou«» yre aussi la presque totalitédu thorax; ma^s die se soude avec les anneaux thoraciques antérieurs , de manière à compléter supérieurement leurs parois, et les trois derniers segmens seulement conservent leur intégri té et leur indépendance. Dans le genre Mysis, cette union du bouclier céphalique avec le thorax est portée encore plus loin , et il n'existe plus dans cette dernière partie du corps que deux anneaux qui en soient distincts. Enfin, chez les Décapodes, le développement delà carapace est tel que la voûte qu'eUe fonne recouvre tout le thorax , descend en dehors des flancs de manièreà l'em" botter complètement, et tient lieu de parois supérieures à tous les anneaux dont cette partie du corps se compose.

D'après cet examen comparatif de la carapace chez les Apus , les Mébalies , les Stomapodes et les Décapodes , on peut donc conclure que ce grand bouclier

76 HISTÛlftB VATUaBLLE

darêtX e$i uq praleDgemeat de Vareeau supérieur d'un Qtt de pluaieuTA anneaus céphaliques qui aura chevau** ché sur le thorax , et que la grande différence que l'on reœarqiie d'aboid entre la structure d'un Crabe , par ei^emple , et d'un Édrioplitbalme, dépend en majeure partie de ce que cette dernière partie du corps, au lieu d*étre libre et indépendante des anneaux qui le précè. dent a été pour ainsi dire entraînée dans l'intérieur de la tête , où tousses élémens oonstituans ee sont soudés ensemble.

Si Ton pousse cette investigation plus brin, et si Ton cbepche 9 soit à conuattre la composition an»* tomique de cette carapace, soit à déterminer si elle appartient à l'ensemble de la tète ou bien à une partie spéciale de cette portion du corps, c'est encore à Té* tilde comparative d'un cwtain nombre de Qrustaeés difierens qu'il faudra avoir recours.

Dani les Crabes , les Écrevisses et les autfes Déca^ podes , presque tous les anneaux céphaliques sont êoum dés entre eux de manière à ne pouvoir être distingués, et à ne former avec la carapace qu'im aeul tronçon. Mais cbea certains Stoma podes, tels que les SquiUes, la tète est divisée en plusieurs segmens distincts (1) ; les deux premiers, anneaux Vophtalmiqw et VéUhteimul4Ûre^ sont mobiles et peu développés; le trcir. sième et le quatrième anneaux sont au contraire trèsrgrands, et confondus entre eux en un seul seg-^ meut que nous appellerons antenno^maxUU^re^ Or^ 1» carapace opcupe la portion dorsale du iumçaa formé par cette soudure, et se prolonge au<*dessus de4 ii% anneaux suivans ; mais ces derniers segmens

(I) IL I, %. I-, ft PI. 9| fif. !*-«.

■ont presque rodimentaires , et hien qu'ils ae aoudcnl

au ]>euclier eépfaalique, ilt en paraiMeot eneore ataei

djstincU. Enfin , les quatorze anneaui fuivans n'ont

pliia rien de cconoiun avec la carapace ou avee la tête,

et appartiennent au thorax et à l'abdomen. Il en ré^

suite que chez ces animaux , cette espèce de faouolier

dorsal est évidemment une dépendance du troisième

ou quatrième anneau céphalique ; et, par analogie, on

peut conclure qu'il en est de même pour les autres

Grustciccs. En effet, chez les Âlimes , où la earapaoe

s'étend sur la portion antérieure de la tôle en forme

do rostre , on yoit néanmoins que les deux premiers

anneaux céphaliques en sont par£iitement distincts,

et cbes certains Décapodes Je premier anneau ne s'est

pas encore complètement ccmfûndu aTOc die. Quant k

la question de savoir si la carapace eat un pro^

longemant de l'aiceaii aupériwv du trcisièBiii au du

quatrième anneau » noua ne ooftnai^sous aucun fait

qui en fournisse k solution} mai»» d'après sa <soii>^

positiim , on est porté k croire que c'esl à l'ui) d^

ces anneaux seulemoatf et qon aw^ d^iix quVUo ap«-

partieut.

£» eOet, dans l'mif de rÉerevia#e, oomi»^ Va fait M. Ratbke , elle est d'ahoid iformée de tvoia parties, distinctes , qui viennent so réunir eatre elles pow constituer une seule lame continue ; uue 4e ces pièeea occupe la ligne médiane, et représente évidemment les deua terguma réunis qui occupent h même jda^ dans l'arceau supérieur des anneaux thoraciques des Édriqphthalmes ; les autres ^ont latérales et doivent être regardées comme les analogues des épimères. DansTÉ* crevisse adulte , ces pièces sont complètement soudées en^§ ^\eA \ maia gn p«i(t mm^ \^ distinguer par les

l8 HISTOIRE NATURELLE

sillons qui occupent leur point de jonction (i). Let deux pièces latérales sont très-développées , et se réu« nissent sur la ligne médiane dans la moitié posté- .rieurede la carapace, tandis qu'antérieurement elles sont séparées par le tergum. Enfin , à sa partie antérieure et inférieure , la carapace est complétée par les arceaux inférieurs des divers anneaux qui constituent la portion céphalique du corps ; mais en général ces pièces sont rudimentaires et entièrement confondues entre elles.

Chez d'autres Décapodes de la famille des Brachjures, la disposition qui est transitoire dans l'Ecrevisse j devient permanente , et la carapace reste toujours formée de trois pièces distinctes ; mais, chez tous ces Crustacés , les épim^es sont très-peu dé* veloppées, tandis que le tergum prend une extension énorme (a); il s'étend jusqu'à l'abdomen, re* couvre les épimères dans toute leur longueur, et constitue la presque totalité de |a carapace. On peut même dire que les principales différences qu'on rencontre dans la forme et la disposition de ce grand bouclier dorsal chez les Brachyures et les Macroures, dépendent des variations dans la grandeur relative de ces trois pièces constituantes.

En étudiant ainsi la carapace , dans son ensemble , aussi bien que dans ses élémens , on parvient à rapporter aux règles de l'organisation normale des Crustacés , non-seulement les dernières modifications

(1) PI. I, fig. 8, carapace d'Écreyisse; a, pièce tcrgale s — b, épimére.

. (^) ^'*^^* fîg* 9*/:Arapace d*an Atélécycle t a, pièce tergale; — ^, b, pièces épimciiennes; — c, arceau infëriear des premiers anneaux céphaliqnes unis en avant et sar ies cètés avec la carapace

DES CRUSTACES. 29

plus OU moins reiiiafq[uables dont nous venons de parler, mais aussi la structure en apparence si bizarre de certains Entomostracés dont tout le corps est renfermé dans une espèce de coquille bivalye. Chez les Daplinies , par exemple, la portion occipi* taie de la tête , distincte de la frontale , est confondue avec le reste du corps , et la carapace qui en natt pa* rait être réduite aux épimères, dont le développement serait excessif, car ces pièces se joignent au-dessous comme au-dessus du corps, et constituent deux valves , entre lesquelles celui-ci est renfermé. Enfin , chez les Cypris , cette disposition est portée encore plus loin, car les lames épimeriennes de la carapace, réunies entre elles par une espèce de charnière , cachent aussi la tête. . .

Dans les Crustacés où le corps présente le moins d'uniformité, tels que le Crabe commun, le thorax (i), avons -nous dit, n'est visible à l'extérieur qu'in^ férieurement, et se trouve comme englobé dans le grand bouclier dorsal ,. résultant du 'développement excessif de larceau supérieur du segment céphalique

(1) Dans le travail qae j*ai publié en commnn avec M. Audouin, snr la circulation dans les Crustacés • nous avons donné une description sommaire de la structure du thorax chez les Décapodes, Brachyures et Macroures. (Voyez Ann. des Se. Nat., 1. 11, p* 354-) On trouvera quelques détails de plus sur ce sujet dans uiie note de M. Audouin , insérée dans la traduction française de TAnatomie comparée de M. Meckel (t. a , p. i36) , et dans le Résumé de l'histoire naturelle des Crustacés, faisant partie de TËncyclopédie por • tative (p, loa). M. Meckel avait déjà danné une description asses lon^e de cette partie; mais ce savant considère le thorax comme formant un seul tout, et ne distingue pas, sous des noms particuliers , les divers élémens qui le constituent : aussi, les détails qu'il énumère sont-ils très-difficiles à bien comprendre • (Voyei son Traité d*anatomieoompftrée, t. a, p. |36.)

dd HISfdtltÉ IlIftJftlftlE

ttiitefillo-liiaxillaire ; liiaiB, si on le dé^ûillé de éetté en^ Teioppé^ on toit qu'il est formé par iule série d'anneaUx lionime chez les Édriot>htlialiiieë, BetilâHentcésIegmelis thoi^tiques sont incomplets et tons ébùdès entt^ eux * ils soht dépoiinrtis de pièces tferj>ales, et il existe utl Isspace Vide entre les bords supérieurs des épihières; EnfitI , chez les Crustacés des ordres inférieurs , la face intérieure de ces anneaux ne donne naissance à aucune apodème, tandis qu'ici il s'en élève Un nomBre considérable de lames cornées , qui se réunissent etitrë elles de diverses manières , et en coihpliqtient singulièrement la structure ; aussi , pour les décrire aveé exactitude , serons-nous obligés d'entrer dans qitél<^ ^és détails qui pourront paraître tninutieux;

Les anneaux thoraciques des Crabes présentent ufl dételoppèment considérable; ils sont ftii ilonlbre de cinq (1)9 et leurs arceaux inférieure constituent^ paf leur réunion, une espèce de bouclier Ventral qui prb^ tége la partie inférieure du corps, comUie la carapace en protège la face supérieure (2). Ce plastron stemal est & peu près horizontal et presque circulaire; de chaque côté de ses bords on voit une série d'ouvertures qui donnent insertion aux membres, et qui le séparent des flancs ainsi que du bord inférieur de la carapace; ea avant il se termine presqu'en pointe, à peu de «distance de la bouche , et en arrière on y remarque une grande, écbancrure où s'insère l'abdomen. Les

(t) La (KNrtioii du eorpt appelée thorax est, comme noat l'ayons ééjè dit» celle qoi porte les pâtes ambulatoires. Or« le nombre de eet membfes étant ches les Crabes de cinq paires, on ne doit compter i|«e cinq anneaux thoraciques ; mais cette diyisîon entre • le thorax tt la tête «st tont*à-£aît arbitraire.

(a) PL 3, fig. a, 3 et 4 : a* c, t, ^, pièces ê^oêim d«§ quatve derniers anneaux ; b^ d^ /, A, pièces épistemales.

MS CRtT8tA«iSi 3l

cîtu) dkmeaiix du thorait f(»tteiit à eiit ietdi la presque totalité du plastron , et on petit sillon linéàivé dirigé transversalement indiqne le point de leur soudure ; sur un ^ deuic , on même trois des plus postérieurs ) on aperçoit aussi iine ligne longitudi* Bttle €pA les ditise en deut partiel égaies, et cpti résulte de la soudtu*e Aeê deux pièces sternaleê du même anneau; mais sur les autres segmens oU ne distingue aucune ttiiee de leur dirisimi médiane. Cei pièces steiL nales occupent toutela largeur du plastron; cependant elle^nele constituent pas en entier, car Tcrs Fàliglé externe et antérieur de chacun d'eux , on toit de Tun et l'autre eAté une petite pièce triangulaire, qui est Vépistemum. L'airceau inférieur de^ troië ànnisaUt qui précédent les cinq anneaux thoraciques, contrit buent aussi à la formation dit boucliët^ stertial ; mais ils sont peu développés , et leur union est si intime qu'on a de la peine h les distinguer. Enfin, entre le premier des huit anneaux dont il vient d*ètre ques^ tion, et le bord postérieur de l'ouverture buccale^ on trouve encore les vestiges de deux anneaux qui sont soudés aux précédens^ mais ne concourent paè à la formation du plastron.

Les dix anneaux qui suivent la bouche sOnt^ comme onf le voit, complètement boudés entre eux^ et si leè cinq derniers ne donnaient pas insertion à des membres ayant des formes et des usages difiSsrenH de cedx des cinq premier» ^ il n'y aurait aucune raison pour lei distinguer^ et pour regarder les premier» comme ap* partenant à la tête, et les suivans au thorax.

L'arceau dorsal des anneaux post- buccaux ^ céphaHques et thoraciques ^ est interrompu sur la ligne médiane et n'est formé que par lea deui épimères ;

mais ces pièces sont, pour la plupart, très^développées, et' se soudent entre elles de manière à con* stituer de chaque côté une voûte oblique dont le bord supérieur est- fixé à la carapace au moyen de fibres charnues, et dont le bord inférieur est semicirculaire, et séparé du plastron sternal par les membres correspondans (i). Dans l'état naturel la face supérieure . et externe de la voûte des flancs est recouverte par. les branchies , et cachée sous les parties latérales de la carapace; on y distingue des lignes transversales dans les points où les huit segmens qui la constituent se sont soudés entre eux; et à la partie antérieure et inférieure de Tépimère de Tanté-pénultième anneau et du segment précédent , il existe un grand trou circulaire qui sert à l'implantation des branchies correspondantes (2).

A la face inférieure et interne des flancs , entre cette voûte et le plastron sternal , on trouve un grand nom'bre de lames verticales qui se réunissent entre elles de manière à former deux rangées de cellules transver* sales placées l'une au-dessus de l'autre ; l'ouverture interne de ces loges est située sur les côtés de la grande cavité viscérale qui occupe le milieu du thorax, etl'ex* terne placé, entre les flancs et le sternum, donne insertion aux membres (3). Si l'on examine ces lames verticales avec plus d'attention, on verra que leur forme peut varier , mais que leur posfition est constante ; elles naissent toutes des lignes de soudure des diverses pièces constituantes du thorax , et sont ce qu'on appelle des

(i)Pl.a,fig. ii,fl,etPI.3, fig.3.

(2) PI. a, fij. 9, A; PI. 3, fig. 3 , bb. (3)PI. a.fig. u,f.

0E8 GlUSTACiS. 33

apadèmes. Les unes ont leur origine sur le point de réunion des épimères entre elles , et peuvent être désignées sous le nom à'apodèmes épimeriens; les autres appartiennent à l'arceau inférieur et s'élèvent des soudures des sternums ; nous les appellerons par conséquent des apodètnes stemaux.

C'est entre le dernier et l'avant-demier ou quatrième anneau du thorax que la disposition de ces clcMsons est la plus simple. L'apodëme stemal se porte directe» ment en haut , pour se réunir à l'apodème épimérien correspondant (i) ; son extrémité supérieure et externe (/i) se joint à l'angle externe de l'épimère située au-dessus [p) , de manière à compléter dans ce point les cadres articulaires où s'insèrent les deux dernières pâtes (a) ; enfin son bord supérieur est libre vers l'angle externe (i), mais dans le reste de son étendue il est soudé au bord inférieur de l'apodème épimérien placé au-dessus (e). Cette dernière lame osseuse présente à peu près la même disposition ; seulement elle ne concourt pas à la formation du cadre articulaire, et ne descend pas audessous du niveau du bord inférieur de la voûte des

(i) PI. a, fig. 9. ^a y cloison qui sépare ]e dernier anneau thoraciqae de l'avant-dernier dans le Maïa squinado ; de ce côté, la paroi postérieure de la cellule de la dernière pâte a été enlerée pour montrer la disposition de cette cloison. — h^ sternum; — c|, flanc ; — </, selle tnrciqne postérieure ; — e , apodème épimérienne allant se sonder à la selle tuieique et à l'apodème stemale correspondanie ; — /, apodème sternale ; — g, trou interdoisonnaire.

(a) PI. 2, % II. Vue latérale du thorax du Maïa.— a* -a*, pièces stemales dont la réunion constitue le plastron; — A- fr, pièces épistemales; — c, épimères dont la réunion forme la route des flancs , — <i5 ^ apodème sternale s'élevant entre le dernier et Tarantdernier anneau thoracique; — e, cadre articulaire destiné à Tin* sertion des pâtes.

Digiti^ed by VjOOQ IC

S4 HlStÔlHf ftlTU^ÊlLE

fiants ; «on èxtténiité exierÉie rient ë« joiûdre à l'a|)0<« dëme sternal dans le point où celle-ci s'ilnit à l'épimère \ sa partie moyenne est également soudée à tettè apodèmê ; mais ^ entre cette partie de soû bord et éon angle e^tteme, il reste libre de tbute adhérence, et donne ainsi naissance à un trou (g) qu'on a nommé tfi* terchisonnaire (i); enfin rèxtrémité interne d« cette apodème s'unit à la selle turcique postérieure (d)i

Les cloiâbnii qui séparent entre eut les autres anneaui thoraciques ne présentent pas exactement là mime disposition.

L'apodètiie sternal qui natt du bord posiérieur dh derilier segment du thorax (3) ë'élère côinmè celle dont nbus vêtions de parler, et va se confondre avec l'épimère cdrrèspondant \ maiit, au tieù dé ée porter transversalement endedans etde s'arrêter aune certaine distance de la ligne médiane , elle se dirige obliquement en dedans et en avant, se réunit h celle du côté opposé, devient enduitehorltoiltale, et Constitue une petite voûte transversale qui a reçu le ixom de selle turcique postérieuhe (a) ; la portion externe du bôi-d supérieur dé cette lame est toujours en partie libre , et forme , en se réunissant avec l'épimère, un trou triangulaire (fig. 9, A) ; son extrémité antérieure et externe se soude au bord interne des èloisons des anneaux précédons , et à sa face inférieure est Unie, sur la ligne médiane , à uneapodèmé impair qui natt de la ligne de soudure des deux moi-

Ci) Voyez leg Reckerehes sur la eiteulation dans Ut Cruêiacétp déjà QÎtéeSé

(a) Aadonn et Edwards» op« cif. ( P'ùyuM Pt. a, il;, 9, <2| Pl< 3»

(3; PI. a. fig.Qy.

D£9 CRUSTACétf. ^d

liés du èternum du dernier segment thofabicjne (t). tl n'existe point sur cet anneau d apodèmes épinlériens distincts , et , comme nous Tavons déjà dit, rafiodénie sternal se rédnit immédia telnent à TépimèKe ëllë^ même. Enfin l'espace compriè , d'une part , eiltré lëâ deut doîsonsdbnt nous Tenons deparlèf*, et, de l'autre , entre le sternum et les flaiics du dernier dëgnlent dn thorat , ne constitue de chaque c6li dû etitpé qu'une seule cellule (m).

Dans les autres anneaux thof adquëd , il éicifttè au contraii'e de chaque côté deux cellules superposée! et bien distinctes ; Yoici d'oîi dépeiïd èette dièpd* fcUion. Les apodèmes épimérieilèta), au lieu d'àllet se souder aux apodèines steriiaùx cotresponddnd , se portent iiû peu obliquement en afriête et tout s'ù-^ bir à la partie moyenne dé la cloison suivante , tandis ^uel'apodème stèrhàl Èe èoude à rapodëme ^pimérien de lailnean précédent (o) : enfin, de chacun dé ces pdibts de soudure , naft un jieiit prblcrtJgeinetit horizontal qui unit entré elles ces diverses clbisdbs. Il eu résulte qile, dans chacun des espaces coiïipriâ entre ceê lames verticales^ il y a deux cellule^ qui sont séparées entre elles du cAté interne par le prolongement lamdleu^ dont nous venons dé parler , tandis qu'en dehorâ éHei communiquent ensemble par le trou intércloisoHndire. Cescellules, comme nous l'avob^déjil dit, sont ^Upér^o-

(1) PI. a.fiç. 9./, etPl. 3,%. 3,

(a) PI. 1, fig. xo : ^-n. ppodème épîmerien naissant entre le péniiliîéiiie et rstitépétittltièitieantieitfa da thottt, ëi &llàixt M soader à la partie moyenne da bord sapériettr de r«poAèiii« «tersil Boivant (/) , dont la partie externe a été ici enlevée , mais se voit ë«u la fig. g. ^ o, ligne de loudQfe de téttè apodéme siernal arec l'apodème épimérien correspondant.

sées, mais elles ne sont pas situées exactement Vune au-dessus de l'autre (i) ; et en dehors les supérieures manquent de plancher, et les inférieures de voûte, de façon. que dans ce point chacune d'elles communique avec deux de celles de l'autre rangée.

Cette disposition, qui est commune aux apodemes qui. séparent entre eux les quatre premiers anneaux thoraciques (c'est-à-dire les quatre segmens qui précèdent le dernier, et portent les huit premières pâtes ambulatoires), se retrouve aussi en partie dans les trois derniers anneaux céphaliques; mais ici les cloisons deviennent de plus en plus petites et ne présentent plus de prolongement horizontal qui les unisse entre elles ; l'apodème épimérien se comporte exactement comme dans les anneaux thoraciques; l'apodème stemal, au contraire, ne se soude pas au plastron dans toute la longueur de son bord inférieur; il ne s'y fixe que par son angle externe et inférieur, tandis que son angle externe et supérieur se soude comme d'ordinaire à l'épimère placée audessus ; après cette jonction , il se porte directement en haut, reçoit l'insertion de l'apodème épimérien , et va se fixer par son angle supérieur et externe à la voûte des flancs ; enfin son angle interne et inférieur , ainsi que les deux côtes qui viennent y aboutir, sont libres-

Quant au second anneau post-buccal , il est rudimentaire, refoulé sur les côtes et ne consiste, pour ainsi dire, que dans les deux cadres articulaires, où viennent s'insérer les mâchoires externes ; la portion stemale eo est linéaire et confondue avec l'anneau sui-

(I) Pl.a.fig. II.

DES CRUSTACÉS. Sj

▼ont I et celle qui répond à l'épimère est horizontale , et se prolonge en manière d'ailerons (i). Enfin , à l'ettrémité antérieure du plastron , on voit une espèce de fourche osseuse qui constitue le bord postérieur de la bouche et qu'on a nommée la selle turcique anté- Heure (a) ; elle est soudée au premier anneau thoracique et nous parait être le premier segment post-buccal réduit à l'état de vestige.

Tels sont les principaux caractères de l'organisation compliquée du thorax du Crabe commun. On retrouve la même disposition , à quelques légères difi*érences près, dans la plupart des autres Décapodes brachy ures ; maiâ chez les Macroures cette partie du corps présente d'autres modifications qu'il importe également de signaler.

Dans la Langouste , par exemple , on retrouve encore un plastron stemal , mais il a perdu beaucoup de sa largeur , et les flancs , au lieu d'être fortement inclinés et de former des espèces de voûtes au-dessus de ce bouclier, deviennent à peu près horizontaux (3). Il en résulte que les deux rangées de cellules qu'on y voit de chaque côté, au lieu d'être superposées, sont placées l'uneà côté der<iutre sur le même plan. La disposition des apodèmes est aussi un peu difierente de ce que nous avons vu chez les Crabes. Les apodèmes stemaux se fixent au bord inférieur des flancs par leur angle supérieur et externe qui est très-allongé , puis reçoivent l'insertion de l'apodème épimérien dé l'anneau précédent et donnent souvent naissance dans ce point

(0 PI. 3. fig. 3. d, (a) PI. 3, fig. 3, €.

(3) PI. a3,fig.aftet3iCtPl. 1, fig. 7-

38 HISTOIlVIh IfATUaS^LE

à mi^ petit^ie lame qui se rpcourbe eq ha^t et en arrière pouir se souder à la cloison suivante | enfin , leur angle supérieur et interpe se recourbe en ^vant et s'aUongi; au ppint d aller rejoindre )a clpison préçé4e);ile , et pp YOit yers U ligpe médiane un petit prolong^n^ent qui s^ soude à celifi du côté opposé de maqière àfom^er la yout^ d'une espèce de c^nal longitudinal. Ce conduit osseux s'étend dans presque toute \a longueur du tborai^ entre les lames montantes dei^ deuic rangées i^'s^podèmes ^temaux , et a pour paroi inférieure le plj^stron : aussi la-t-on nonuné }e can^ sternal (i) ; entre le pénultième et lantépénultième segment il est interrompu par un petit apodème qui s'é)ève de la ligne médiane du sternum , et au delà de ce point on n'en voit plus de trace. Une autre particularité remarquable dans le thorax de la Langouste , est l'absence d'une selle turcique postérieure; les cellules de§ derniers anneaux sont éloignées de la ligne médiane ^t ^ép^r^ p^r un espace vide au lieu d une cloison irerUcale. Enfin |a disppisition des derniers ani^eaux (;^pbalique$ est ex^c.tement la m^e qve ce))p def iPiimî^ux thoi^ciq^es.

I^a structure 4u thorax est esseptiellem.ent la m,&ne chez hi plupart des autres IVfacroures | mais qi^elqp^fci? } PP«W?£ 4ap5 rpcreyisse, les jitern^ms pe forment poipt 4^ pla9tj:pp et ijont réduits à une /espèce de carène linéaire. Cette 4if position §e rencontre aussi che?5 l^f P.alén^pf et plpsijeurs autres Salicoqi^f ; piais çbe? cfi^ derpi^9 Crmt^içés on ne trpuvp pas d^podème? solides à l'intérieur du thorax , tandis que chez tous

(i)PI. I, fig.7,ci,ctPl. a3,fi^.3,c, A

DSS CRUSTACÉS. 89

)es autres Pécapodes lexisteoce de ces lames clpisonnaires est constante. Il est aussi à noter que chez un pertain nombre de Macroures, et chez beaucoup de Décapodes amomoures , le dernier anneau tboracique oe se soude pas au précédent , et conserve un peu de iQobilité. Cbes ce^ derniers Crustacés, il existe aussi asse? fréquemment un canal sternal.

Cbez certains Crustacés des autres ordres, le tborax présente aus^i quelques modifications remarquables. Dans les parasites du genre Pandarus, par exemple, 1 avant-dernier anneau de cette partie du corps présente deux lames dorsales qui sont dirigées en arrière, recouvrent une grande partie du segment suivant, et ressemblent beaucoup auic éljtres des Insectes coléoptères. Ces lames cornées paraisseiit au premier abord ne pouvoir être rapportées à aucune des parties du squelette tégumentaire cbez les autres Crustacés ; mais, comme elles occupent la place des épimères , on peut les regarder comme résultant dun développement excessif et anomal de ces pièces qui se proV)ngéraient au-dessus des anneaux suivans^ de même que nous avons déjà vu tout Tarceau supérieur du tronçon anteijno-maxiliaire des Décapodes et des Stomapodes se prolonger au-desçus du thorax pour former la carapace. Cette disposition anomale peut donc encore s'appliquer d'après les lois de l'analogie.

Il en est de même pour celle qu'on rencontre dans up Crustacé des plus singuliers qu'on a désigné sous le nom d'Anthostome ; la partie antérieure de son corps est recouverte d'une carapace , et en arrière de ce bouclier dorsal on voit une espèce de cornet ou d'entonnoir du milieu duquel sort l'extrémité postérieure du

4o HISTOIRE NATURELLE

gumentaire dépend aussi du développement excessif de deux ou trois des anneaux thoraciques qui ont chevauché sur les segmens suivans à la manière de la carapace des Décapodes ; mais seulement ici ce développement a eu lieu dans Tarceau inférieur aussi bien que dans l'arceau supérieur, et il en est résulté une espèce de gatne au lieu d'un simple houclier.

Quant à l'abdomen des Crustacés dont le thorax présente une structure très-compliquée , comme chez les Décapodes , il est en général peu développé , on n'y voit jamais d'apodèmes ; et tantôt il est composé de sept anneaux semblables à ceux des Âmphipodes , tandis que d'autrefois plusieurs de ces pièces se soudent entre elles et ne forment plus qu'une espèce de queue aplatie,

^ y. De la portion appendiculairc du squelette extérieur j ou membres.

Ayant passé en revue les principales modifications de la portion du squelette tégumentaire des Crustacés qui enveloppe le corps de ces animaux , nous devons maintenant nous occuper des membres ou des appendices qui y sont fixés. La forme et les usages de ces organes varient suivant la partie du corps à laquelle ils appartiennent , suivant les espèces et même suivant l'âge de ces animaux ; mais ils ont toujours certains caractères communs : ils sont unis au corps à l'aide d'une articulation , et , à quelques exceptions près , ils sont mobiles et formés eux-mêmes de plusieurs pièces (i).

(i) M. Aodoain emploie le mot à! appendice pour désigner tous les organes qui sont , pour ainsi dire , ajoutés aux divers anneaux

DES CRUSTACÉS. ^t

Les membres des animaux articulés peuvent appartenir, ainsi que l'a démontré M. Audouin, soit à l'arceau supérieur, soit à Tarceau inférieur de chacun des anneaux du corps ; les premiers constituent les ailes des Insectes , les seconds les pâtes de ces animaux , ainsi que celles des Arachnides et des Crustacés. Les uns et les autres sont disposés par paires sur les côtés de la ligne médiane ,- et chacune de ces paires correspond à Tun des arceaux dont nous venons de parler ; de sorte qu'un seul anneau ne porte jamais plus de quatre de ces organes. Au premier abord , on pourrait croire que, dans quelque cas, le même arceau donne attache à deux paires de membres , ou même un plus grand nombre de ces organes ; mais il est en général facile de prouver que cette anomalie apparente tient à l'union de deux ou de plusieurs anneaux entre eux.

Les membres de l'arceau inférieur sont les plus importans , sinon les seuls qui existent chez les Grusta-» ces. Si on les examine au moment de leur première apparition dans l'embryon d'une Écrevisse, par exemple^ on voit qu'ils ont tous la même forme; mais bientôt après ils deviennent dissemblables entre eux, et ces différences augmentent de plus en plus , jusqu'à ce

da corps des animaux ariictilés, et il range, soas cette dénomination » non-sealement les pâtes, les ailes, les mâchoires, en un mot , tobt ce qae j'appelle les membres, mais aussi les branchies. (Voyez l'article Appendice du Dictionnaire classique d'histoire naturelle.) Ces deux modes d'appendice paraissent être régis par des lois toat-à-fiiit différentes , et il nous semble nécessaire de les distinguer complètement : les branchies proprement dites sont des prolongeraens derraoldes , semblables par leur nature à ceux qai constituent les poils des Crustacés, etc., et leur position n'offre rien de constant ; tandis que les membres conservent toujours les mêmes rapports relative» ment aux divers élcmens constitnans des anneaux dont ils dépendent.

4» HlÇTOI^IE ITATUREIfLE

que ranimai ait atteint l'état parfais En jetant les yeu^ sur la série d^s Grustacéf , depuis les Bran^ chipies et les Limnadies jusqu'aux Crabes, on aper* çoit dans les membres des divers ^pneau^ du corps des modifications semblables ^ dans les espèces où. ee3 organes présentent entre eux le plus de similitude 9 tous , à l'exception de trois ou quatre paires situées à l'extrémité antérieure du corps et de celle que supporte le dernier anneau, ont essentiellement la même forme et la même composition. Dans d'autres Crustacés , les membres tfaoraciques conunencent à difiérer de ceux de l'abdomen , puis un nombre de plus en plus grand des premiers éprouve des modifications particulières ; il en est de même pour ceux de Fabdomen , et , en changeant ainsi de forme , ces organes changent aussi de fonctions.

Le nombre de ces membres est quelquefois trèaconsidérable ; il est des Crustacés où l'on en compte plus de soixante paires, tandis que dans d'autres espèces il n'en existe que quatre ou cinq ; mais, dans l'imp^ense majorité des cas, on en trouve une série de vingt paires.

Les membres de la première p lire n'existent que che^ les Crustacés des ordres él 3vés , tels que les Crabes et les Écrevisses , et ont la forme de tiges mobiles et articulées qui s'insèrent à ^a partie aatérieure de la tête, et portent à leurextréi lité libre les yeux. Lorsqu'ils commencent à se forro )t , ils ne différent en rien des membres suivans, mr.is leur développement s'arrête plus tôt , et leur structure est toujours très-simple (i).

Les membres de la secoode et de la troisième pair» pot reçu le pam ^'antennes (i), et paraissent faire en-r ci^re partie de l'appareil spécial des seps. £0 les éla* diant seulement chez les Crustacés ou lef Insectes lidu^tesy ou la tête, qui les pprte, ne présente point de divisions , on pouvait être porté à croire que cea organes, ainsi que les tiges oculaires, étaient des np-* pendices de Tarceau supérieur des trois premier* an-* peaux cépbaliques , et que les membres suivans représentaient les appendices de l'arceau inférieur de» mêmes segmens. C'est en eiliet l'opinion adoptée par M. Âudouin (2) ; mais l'examen de la tète des Squille«, ainsi que les observations récentes de M. Hathke, sur 1^ développement de l'œuf des Écrevisses, prouvent le /contraire* jEn effet, chez les Squilles, chaque paire 4e ces organes s'insère à un anneau distinct à la manière des autres membres , et cbe?s les Écreviç^e^ , lor^u'iU /commencent à se former , ils ^e présentent exaptie*ment* de la même manière que les membres siiiivap^ (c'est-à-dire les mandibules, les micho^res, les par tes , etc.]} et occupent cpmme eiq: la f^ce inférieure d^ l'embryon. Enfin 1 UQus ajouterons encore que les nerfs qu'iU reçoivent naissent 4e gang^ops qui leur ipnt propres -, tandis que , siiU appartepaiei^t aw^ méme^ opneau^ que les tr.Qi$ paires d appendices suiv^pB? leyirç pcrfs auraient i^ne origine copupune.

Çbezles Crustacés , les jjus inférieurs dans l'échelle 4e ces être3 , et notamment dans la plupart de ceux qui vivent en parasites, il arrive souvent que les antennes

(I) PI. 1, tig. a , p , antennes de la première paire ; q , antennes de la seconde paire.

; L (a) Article Artbiimi da Diction. eUs8ii|«e d^histotre natuff^e.

44 HI8TOIHE NÂTUllELLE

de la première paire , et même les suivantes , manquent complètement ou n'existent qu'à l'état de vestiges. Quant à leur forme et leur structure, nous aurons l'occasion d'en parler par la suite.

Les membres de la quatrième paire sont toujours placés sur les côtés de l'ouverture buccale et constituent ordinairement les organes de mastication appelés mandibules (i).

Les membres des deux paires suivantes, qu'on a nommés mâchoires , sont également presque toujours afièctés à l'appareil delà mastication (a}. Les huit paires qui y succèdent sont moins constantes dnns leurs usages et dans leurs formes. Chez les Nébalies , par exemple, elles sont fixées chacune à un segment distinct du thorax, et constituent autant de pâtes natatoires. Chez presque tous les Edrio{>thalmes, la première paire de ces appendices entre, comme les trois précédentes, dans la composition de l'appareil buccal , et l'anneau qui la supporte fait partie constituante de la tète ; aussi , dans cet ordre, la portion thoracique du corps n'est-elle formée que de sept anneaux , et le nombre des pâtes ambulatoires est de quatorze. Enfin ^ chez trois ou quatre Crustacés de Tordre des Décapodes, on rencontre une disposition assez semblable ; mais, chez presque tous ces animaux , les trois premières paires de membres qui suivent les mâchoires appartiennent toutes à l'appareil masticateur , et le nombre des membres thoraciques qui servent à la locomotion est réduit à dix.

Les membres de la quinzième paire, et des paires

(I) PI. 3, fig. i3, mandibales dn Maïa sqninoda. (a) Pt. 3, fig. II et iSy mâchoires du même animal.

DES CRUSTACES. , 4^

suivantes , appartiennent presque toujours à Tabdomen et sont ordinairement au nombre de douze. On les désigne communément sous le nom de fausses pâtes , car, en général , ils servent à la locomotion et sont bien moins développés que les pâtes tboraciques; mais quelquefois , comme cbez TÂpus et la Limnadie , tous ces organes ont la même forme et à peu près les mêmes dimensions.

Ce serait nous éloigner de notre sujet , que de par-- 1er des diverses modifications que les membres des Crustacés subissent suivant qu'ils sont destinés à remplir telle ou telle fonction; ces détails trouveront leur place ailleurs ; mais nous devons dire ici quelques mots de leur composition.

Lorsqu'un de ces organes a atteint son maximum de développement , il présente trois parties qu'il im« porte de distinguer (i). La première , que nous désigne-^ rons sous le nom de tige , constitue la partie essentielle du membre , supporte les deux autres et se compose presque toujours de plusieurs articles placés bout à bout(a}. La seconde partie constituante du membre , ou \e palpe [h) y est un appendice de la tige sur le côté externe de laquelle il naît presque toujours ; dans la plupart des cas , cette espèce de brancbe a son origine à l'article basilaire de la tige ; mais quelquefois il ne s'en sépare qu'à l'extrémité du second ou du troisième article. Elnfin , la troisième, qu'on désigne au commencement sous le nom àe fouet (y ) , a également son origine sur la tige , et s'en sépare toujours au-dessus et du côté externe du palpe.

(i)AVe*P1.3.fig.9,etc.

(a) PI. 3, fig. 9, a^g.

46 HI8tdtI(£ tfAfUAÊLLE

Oeé divcrseë partiel eonstittiantes cled metnbfeâ ne se rencontrent pas toujours; tantôt le fouet n'existe pas , tantôt c est le palpe qui manque j et d'autres fols la tige est réduite à un état fudlmentaire ; leur forme et leur grandeur varient aussi beaucoup ; et, de toutes ces différences , résultent les modifications nombreuses que l'on observe dans les membres des difêrs Grustàcës. Pour en donner une preuve , il suffira de passer eh revue ces organes dans quelques-unes des espèces où ils paraissent être le plus dissemblables.

Dans le groupe des Décapodes brachyures, le^ membres qui constituent lés troid paires de patei* mâchoires sont les seuls qui présentent en même temps une tige, un palpe et un fouet (i). Gè dernier appendice a la forme d'une lame cornée,- longtie et étroite, qui remonte dans la cavité branchiale^ le palpe est allongé et composé de plusieurs pièces aN ticulées bouta bout; enfin la tige, qui constitue Ist partie principale du membre, est simple et formée de six articles placés à la suite les uns des dutres , ou bien présente du côté externe un prolongement qui la fait paraître comme divisée en deux branches (a). Les mâchoires proprement dites de la seconde paire (3) ne préêentent plus de fouet , et leur palpe prend la forme d'une grande lame ovalaire, tandis qtie leur tige se racourcit et présente diverses modifications qu'il serait trop long d'énilmérer ici.

(i)PL 3, fig. 8, 9 et lo: — a-g*, tige; — A, pâlpe/-^/^ fodet. (a) C'est ce qai a lieu pour la pâte mâchoire de la première paire, (PI. S| fig. lo), tandis que celles des deox fiitH siiifâates 6xi{ la tige simple ( fig. 8 et 9 ). (3) PI. 3. fig. II.

VE6 CHUSTACÉB* ^^

Les idâchoires de la première paire (i) n'ont plus ni fouet f ni palpe, et les mandibules peuvent être con* sidérées comme formées seulement d'une tige dontl'ar* tlcle l>asilaire serait très-déreloppé « et dont les autres pièces seraient plus Ou moins rudimentaires , et con<» stitueraient un pn longement palpiforme (a). Les dix pâtes ambulatoire: de ces Crustacés se composent chacune seulemebt d'une tige simple divisée en six articles, comme aux pâtes -mâchoires. Enfin, lel membres abdominaux varient dans leur composition et présentent, tan .et une tige rudimentaire, tantôt une tige et un palpe (3). Quant aux antennes, elles sodt aussi presque toujours réduites à une tige, et lorsqu'elles présentent un palpe, cet appendice ne se présente qu'à l'état de vestige (4)«

Dans le groupe des Décapodes macroures « nous trouvons, au contraire, des exemples de l'existetice simultanée des trois parties constituantes des membres, non-seulement aux pates-màchoires, mais aussi h tous les pieds ambulatoires. Les Pénées sont dans ce cas (5) , mais , en général , les pieds proprement dits manquent de palpe, et souvent ils sont également dépourvus de fouet. Ce dernier appendice devient de plus en plus membraneux, et chez les Grangons, ainsi que chez plusieurs autres Salicoques, il ne forme plus

(I) PJ. 3, fijf. m.

(a) PL 3| Bf^' i3«e. La ploDart des luhtralistes appellent cet ap'pendice palpe de la matidibale; mais il ne tions parali ressembler aa palt)e des autres mèMbtès qne par sa fotmé j ort péHrHit tottè anssi bien donner le nor i de palpe à la partie terminale de la tige despates-machioreseztei .les des Décapodes bracbyiires (tig. 8, e/g).

(3) PI. 3, fig. i4, i5 et i6.

(4)P1.3, fig. 7.

(5) Pl.a5,fig. 1,4, 5 et 6.

48 HISTOIRE HATUBELLE

à la pate-màchoire de la pranière paire une longue lame cornée, comme chez les Crabes, mais constitue une grande vésicule molle et aplatie , tandis que le palpe ou la tige elle-même se transforme en une grande lame semi-cornée (i). Quant aux fausses pâtes abdominales, elles se composent d'une pièce basilaire portant deux appendices que Ton peut considérer comme étant de simples modifications de la tige et du palpe des membres en général.

Si l'on compare les Mysis aux Crustacés dont nous venons de parler , on verra la plus grande similitude dans la structure de leurs membres thoraciques , bien qu'au premier abord elle paraisse très-diiférente , car, au lieu d'être simples , ces organes sont bifides (a) ; mais cette disposition ne dépend que d'un développement plus grand du palpe.

Chez les Alimes et les Squilles on trouve à la base de plusieurs des pâtes une espèce de disque membranenx supporté par un pédoncule (3) . D'après un examen superficiel des membres des autres Crustacés^ on serait porté à croire que ces poches déprimées sont des organes particuliers aux Stomapodes , mais il n'en est pas ainsi , et en les comparant aux fouets membraneux des pates-m&choires antérieure» des Crangons, des Mysis, etc. , on voit qu'ils ne sont autre chose que ces mêmes appendices légèrement modifiés.

• Dans le groupe naturel des Amphibodes, les membres thoraciques présentent presque toujours chez la femelle le maximum de composition que nous venons

(I) PI. a,fig. laet i3a. (a) PI. a.fig. 14.

(3) Pl.ag, fig.3.

DSS GHUSTACis. 49

de signaler; la tige sert à la locomotion ; le fouet de- Tient membraneux et sert à la respiration; enfin ^ le palpe prend la forme du fouet des pates-màchoires des Crabes , et a pour usage de retenir les œufs dans le thorax de la mère (i). Chez les Isopodes , ces derniers appendices prennent souvent un développement extrême, et constituent par leur réunion l'espèce de poche oyifère dans laquelle les ceufs éclosent. Les membres abdominaux des Amphipodes ressemblent beaucoup à ceux des Décapodes macroures; mais chez les Isopodes les deux appendices qui les terminent, au lieu d'être cornés, deviennent membraneux et servent à la respiration.

Au premier abord , les pâtes branchiales des Apus et de plusieurs autres Entomostracés paraissent aussi n'avoir presque rien de commun avec les pâtes ambulatoires ou avec les membres buccaux des Décapodes; mais néanmoins on y retrouve encore les mêmes parties. En efiet , dans ces grandes lames foliacées dont la structure paraît aussi compliquée qu'anomale, on retrouve facilement les analogues du fouet, du palpe et de la tige (a). Le premier de ces appendices constitue la vésicule aplatie qui occupe la partie basilaire et externe de la pâte ; sa forme est la même que chez les Stomapodes dont nous venons de parler, et sa structure confirme encore ce rapprochement. Le palpe est réduit ici à une seule pièce ; mais celle-ci est grande , lamelleuse et assez semblable par sa forme au palpe vésiculaire des m&choires externes chez plusieurs Décapodes bra-

(I) PI. a,tig. i5, a, tige ; A, palpe flabellifonne; c, fouet vésicttltirc. (a) PI. a,lig.i6et 17; o, tige; 6, palpe yésiculaire; c, fouet Yéiicalaire. CRUSTACÉS , TOME I. 4

5o HISTOIBE KATURELLE

chyures; enfin la tige a la plus grande analogie avec celle qui constitue les mAcIioires externes des Mysis, dea Squilïes, sur laquelle on retrouve jusqu'aux petites laraes cornées qui en garnissent le bord interne-

Ainsi, malgré la diversité extrême qui existe dana les formes aussi*bien que dans les fonctions des membres appartenant aux difiérens anneaux du corps d'un même Crustacé , ou au même anneau dans des espèces diverses , il n'en est pas moins vrai que , sous le rapiport de leur mode de formation , ces organes pré* sentent en général une tendance remarquable vers l'uniformité de composition ; les mêmes élémens s'y retrouvent toujours en totalité ou en partie, et c'est de la présence ou de l'absence du développement , ou de 1 état rudimeotaire, de la texture cornée ou membraneuse , ainsi que des autres particularités que peu^ vent présenter la tige , le palpe et le fouet , que dé* pendent toutes les différences qu'on rencontre dans I^ structure de ces organes.

D après les divers iaits que nous avons passé successivement en revue, il nous paratt évident que l'or-* ganisation du squelette tégumentaire des Crustacés est bien plus uniforme qu'on ne l'aurait pensé avant que d'en avoir fait une étuJe approfondie et comparative.

La théorie des analogues , devenue célèbre par les travaux de son auteur, M. Geoffroy Saint-Hilaire, et par la tendance nouvelle qu'elle a imprimée à l'anatomie comparée , aplanit , comme on le voit , la plupart des difficultés qu'avait présentées jusqu'ici l'étude du squelette tégumentaire des Crustacés; et si l'utilité de l'application à l'Entomologie des vues pbilosophiqiwê formant la base de cette doctrine n'était déjà démontrée par les recherches de MM. Savigny, Au-

DES CRUSTACÉS. 5l

douin, etc., on pourrait en donner comme pre^ve la simplicité des corollaires qui résument les causes des diOerences innombrables offertes pi|r le squ^lfstte tégumentaire des Crustacés.

Une partie des modifications qu'on y ol)se]:yfS ^ parcourant la série de ces animaux, diépepd évidemment de la soudure et , pour ainsi dire, de la fusjpi^ de plusieurs anneaux en un tronçon unique dont la cpmposition binaire, ternaire, quateniair^, etc., ue se décèle plus que par le nombre des paires de mpmtres qui y sont attachés , nombre qui paraît correspondra toujours à celui des anneaux.

Les diilérences qu on rencontre dans la structure des anneaux tégumentaires du corps dépencjenf en générai delà soudure ou de la simple articulation des diverses pièces qui les composent ou bien de lexiste^ce o^ dp l'absence des apodèmes qui en hérissent Tinté^iepr*

Enfin, d'autres modifications non moins grandes tiennent au dévelop|)cment, a l'état rudimentaire ou même à la disparition d'un ou de plusieurs des élc^ mens constituans de tel on tel anneau du corps : tantôt ces pièces en se développant refoulent les pièces voisines , niais d'autrefois lelles glissent pour ainsi dire au-dessus d'elles et les cachent plus ou moins complètement.

Les formes diverses qu'affectent les membres dépendent aussi des causes analogues ^ c'est-î^-dire des difiérens degrés de développement de tel ou tel de leurs élémens constituans, ou de l'absence d'un certain npmbre de ces partie^ .

L'étude du squelette tégum^taire des insectes conduit k des résultats analogues ^ et la comparaison de la charpente solide d^ cea animaux avec ccIIb des

Sa HISTOIRE NATURELLE

Crustacés est un sujet qui aurait mérité d'occuper notre attention , si le cadre resserré de cet ouvrage ne nous interdisait pas toute digression.

La même raison nous empécbe de traiter ici d'une des hautes questions soulevées depuis quelques années par l'auteur de TAnatomie philosophique : l'analogie qu'il peut y avoir entre le squelette tégumentaire des Crustacés et le squelette intérieur des animaux vertébrés. M. Geoffroy Saint-Hilaire considère les anneaux dans lesquels le corps des Crustacés est renfermé comme étant les analogues des vertèbres, et leurs appendices comme représentant les côtes. Peut-être arriverait-on à des rapprochemens plus naturels si on comparait le canal sternal des Décapodes à la colonne vertébrale, les épimères et les appendices aux os inter-épineux et aux rayons des nageoires médianes des poissons (i).

S VI. De la mue.

Pour terminer ce que nous avions à dire du système tégumentaire des Crustacés, il nous reste à parler des mues. Lorsqu'on considère la solidité de l'enveloppe

(I) Pour plas de détails à ce sujet , voyeat Troit mémoires sur l'orgatûsation des Insectes, par M. Geoffroy Saint-Hilaire ( Joornal complémentaire da Dictionnaire des sciences médicales , iSao ; et Co'utdérati'otts philosophiques sur la détermination du système solide et du système nerveux des animaux articulés , par M. Ampère (Annales des sciences natnrelles, t. a, p. agS).

M. Robineaa Desyoisy a présenté aassi de nonyellcs vues snr les inalogaes des différentes parties da système tégumentaire des Crustacés , mais SCS spéculations ne nous paraissent appuyées sur aucune base solide, ou même plausible, et elles ne ressemblent en rien à de Tanatomie réellement philosophique.

DES CRUSTACES. 53

d'un Crabe ou d'un Écrevisse, par exemple, on est étonné qu'ils puissent s'en débarrasser , et cet étonnement augmente encore lorsqu'on sait que toutes les parties les plus délicates, telles que les antennes , les yeux et les branchies , se dépouillent ainsi sans que le squelette tégumentaire dont ils sortent soit brisé , ramolli ou déformé ; mais, d'un autre côté , on conçoit facilement la nécessité de ce phénomène singulier, car si l'animal ne changeait souvent de peau l'enveloppe solide qui le renferme opposerait bientôt des obstacles invincibles à son accroissement.

Les petits Crustacés , dont la croissance est trèsrapide, changent ainsi de peau à des époques trèsrapprochées. Jurine a observé, chez de jeunesDaphnies, huit mues dans Tespace de dix-sept jours , mais chez les grosses espèces, tels que les écrevisses et les autres Décapodes , on n'en compte qu'une par an.

Réaumur, qui a enrichi l'entomologie d'un si grand nombre d'observations intéressantes , a étudié avec soin ce phénomène curieux sur les écrevisses de rivière, qu'il tenait prisonnières dans des vases percés de trous, et placés dans de l'eau courante (i). C'est pendant l'été, ou au commencement de Tautomne , que ces Crustacés changent de peau, ou, pour mieux dire , de squelette épidermique. On assure qu'avant de commencer cette opération , l'Écrevisse s'abstient pendant quelques jours de toute nourriture solide , et

(i) Yoyes les deux mémoires deRéanmttr intitulés : Sur Ut diverses reproductions qui se /ont dans les Éerevisses , etc. {Mémoires de l'jâeo' demie des sciences, 171a, p. aa3.); et additions aaz Observations sur la mue des Écrevisses, etc. {même recueil t 1718, p. a63.) On trouve un extrait presque textuel de ces écrits dans V Histoire naturelle des Gt»/acéf,parBosc. t I, p. i36.

§4 HISTOIRE WATURELLE ,

^tt'ôn peut alors reconnattre facilement l'approche de la mue ; car, si Ton presse avec le doigt sur la tûTûpaice de l animal ou sur un des segmens de son abdomen, on s'aperçoit que la troûte calcaire cède tin peu et n'ofTre pas la résistance qui lui est habituelle. Bientôt après, l'Écrevisse paraît inquiète , et commence à se frotter les jambes les Unes contre les autres-, elle se renverse ensuite sut* le dos, agite tout son corps, se gonfle tout à coup, brise la membrane qui unit la carapace à l abdomen , et soulère ce grand bouclier dorsal. Un repos plus ou moins long succède h ces premières tentatives: VEcrevisse recommence ensuite à agiter ses pâtes et h mdu- Voir toutes les parties de son corps ; alors on ne tarde pas & voir la carapace se soulever de plus en plus en s'éloignant de la base des pâtes, et dans moins d'une demi-beure l'Écrevisse se débarrasse complètement de Stt dépouille. Elle relève d'abord sa tête en arriére, dégage ses yeux et ses antennes , puis sort ses jambes de l'espèce d'étui formé par les anciens tégumens. Cette dernière opération ne se fait qu'avec bien de la peitie, et quelquefois, enessaj^ant de se dépouillet* de la sorte, l'animal brise une ou plusieurs de ses pâtes ; on eii voit même qui y succombent , et si les espèces de tubes qtiî re&ferment les membres ne se fendaient Iongîttditoâlelûent , on ne comprend pas comment ils poui+aienl é'ent^liret (i) ; mais lorsqtiel'Ecrfevîsseest

(i) Dank Tétat ordinaire, les articles des pâtes ne paraissent formes chacun que d'une seule pièce tubniaire ; mais Réaumur a constaté qu'ils sont composés de deux moitiés longitudinales à peu près égales y qui s'entr' ouvrent pour laisser passer la jambe et se rapprocheht ensuite de manière à devenir de nouveûa difficiles à distingaer. {Mémoires de l'Acadéikie, l')i8, p. a^Ô.)

parrenue à terminer ce travail pénible, elle se débarrasse bien vite de tout le reste de son enveloppe ; elle retire sa tête de dessous la carapace , se perte en avant, étend brusquement sa queue et la retire aussitôt de son étui. La carapace retombe alors dans sa position naturelle ; die vient de nouveau rejoindre l'abdomen, et la dépouille ainsi abandonnée présente exactement le même aspect que lorsqu'elle recouvrait Tanimal à qui €lle appartenait. Rien ne manque à ce squelette tégumentaire , tant extérieurement qu intérieurement , et on le prendrait facilement pour unb Écrevisse entière.

La nouvelle peau de l'Écrevissc qui vient de muer est molle et membraneuse ; mais daits l'espace de deux •ou trois jours, ou même de vingt^quatre beures, elle s'encroûte de matière calcaire , et devient aussi dure que Tandenne enveloppe.

Les autres Crustacés des ordres supérieurs changent de peau à peu près de la même manière. Si Vtm ouvre un Maja quelque temps avant qu'il ne commence cette opération, on trouve entre le test et le <)borion une couche membraneuse qui ressemble d'abord à du tissu cellulaire à peine condensé , et qui devient de plus en plus solide et épaisse à mesure que Ton se rapproche de Tépoque de la mue ; elle est . évidemment sécrétée par le chorion, et semoule sur le test qui la recouvre. On y retrouve jusqu'aux poils qu'elle doit présenter plus tard ; mais ces appendices ne sont pas renfermés dans les poils du test , Comme Réaumur croyait l'avoir observé chez l'Écrevisse : en général , ils ne font même aucune saillie à la surface de là nouvelle carapace, et sont rentrés à l'intérieur, comme U doigt d'un gant qui serait retourné sur luimême.

56 HISTOIRE NATUBELLE

D'après les observations de Gollinson (i), il paraîtrait que le moyen par lequel le Tourteau se débarrasse de son test , n'est pas exactement le même que celui que Réaumur a tu employé par l'Écrevisse. La carapace, au lieu de se soulever en entier, se divise dans le point où les pièces latérales (ou épimères) viennent se souder à la pièce dorsale , en décrivant de chaque côté du corps une ligne courbe qui s étend latéralement de la bouche à lorigine de labdomen ; ce phénomène parait commandé par la forme de la carapace, et se présente probablement chez tous les Brachyures voisins du genre Cancer; car, chez ces animaux , il est souvent difficile de séparer cette partie du thorax sans opérer une division semblable. Mais pour les Brachyures dont la carapace ne présente pas de dilatation latérale semblable , nous sommes porté à croire que tout se passe comme chez l'Écrevisse ; car les pièces dont il vient d'être question paraissent être trop solidement unies pour se disjoindre à la manière de celles qui composent la carapace des Tourteaux (a).

Le nouveau squelette tégumentaire des Crabes reste dans un état de mollesse bien plus long-temps que celui des Écrevisses , et la mue est pour ces animaux une époque de malaise , pendant laquelle ils se tiennent cachés dans quelque réduit qui les protège de

(1) Observations on the Cancer nu^or. Transactions of the Philosophical Societjr, 1746 et 1751.

(a) Si l'on examine le thorax d'un Crabe qai vient de se revêtir ainsi d'une pean nouvelle, on voit que les divers segmens, qui dans l'état ordinaire se trouvent soudés entre eux de manière à former une seule pièce , sont alors parfaitement distincts ; fait qui est de nature à confirmer les vues que l'analogie porte à avoir sur la théorie du squelette tégumentaire des Crustacés.

VEê CBUSTACÉS. $7

leurs ennemis , dont ils deviendraient sans cela une proie facile. Les uns se tapissent dans les anfractuosites des rochers ou sous des pierres ; d'autres se retirent dans des terriers. Quelques voyageurs assurent que c'est lorsque les Crabes de terre muent , que leur chair est la plus estimée (i) ; mais il n'en est pas de même pour les espèces de nos côtes , leurs muscles sont alors flasques et aqueux ; aussi les pécheurs n'en font-ils aucun cas.

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