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tre. La forme et le volume du foie varient beaucoup, ainsi que le nombre de ses lobes et la longueur des vésicules cœcales qui le composent ; mais ces détais ne sont pas assez importans pour nous arrêter ici. Nous ajouterons seulement que , chez les Squilles , ce viscère a une structure granuleuse et présente, comme l'a observé M. Guvier, deux rangées de lobes qui s'étendent dans toute la longueur de l'intestin (i). Il est aussi à remarquer que chez les Crustacés suceurs le foie paraît être remplacé par un tissu spongieux et réticulé qui forme autour du tube digestif une sorte de lacis (2).
Chez les Décapodes brachyures , la portion pylorique de l'estomac présente d'autres annexes qui paraissent être aussi des organes cle sécrétion (3); ce sont deux longs tubes membraneux très-étroits , terminés en cul-de-sac et entortillés sur eux - mêmes , qui se voient au-dessus du foie ; ces vaisseaux renferment un liquide blanchâtre , et viennent s'ouvrir à la partie supérieure de la cavité pylorique , immédiatement en arrière des espèces de valvules que nous avons signalées dans son intérieur. Ces appendices se rencontrent aussi chez quelques Macroures. Swammerdam en a signalé l'existence chez le Bernard - l'Hermite ; mais dans le Homard, etc., on ne les voit pas, et ils paraissent être remplacés par deux ampoules qui ressemblent à des cornes (4).
Chez presque tous les Crustacés décapodes que nous
(1) Leçons d'anatomie comparée , t. IV, p. l5a.
(2) pi. 4, %. 4.
(3) PI. 4, fig. 1, m.
(4) pi. 4, %. 10.
«avons disséqués , il existe aussi un point de réunion du duodénum avec le rectum , un autre vaisseau-borne , dont la structure est exactement semblable à celles des deux tubes dont nous venons de parler, et qui est probablement encore un organe de sécrétion (i). Sa position varie suivant que la portion duodénale de l'intestin s'avance plus ou moins vers l'anus ; ainsi , chez le Tourteau, on le trouve immédiatement en avant du cœur, et cbez le Homard à l'extrémité de l'abdomen; mais il s'ouvre toujours immédiatement au devant des valvules qui séparent le duodénum du rectum; dans l'Ecrevisse il manque.
Enfin , on voit dé chaque côté, et un peu en arrière de l'œsophage des grands Crustacés, une petite masse spongieuse de couleur verdâtre, qui pourrait bien être un appareil salivaire ; son aspect est semblable à celui de l'organe sécréteur qui recouvre l'appareil auditif.
§ II. De la respiration»
Une fonction dont l'exercice est , chez tous les animaux , non moins importante que la digestion , mais qui ne devient pas aussitôt l'apanage d'un appareil particulier , c'est la respiration. On donne ce nom à l'absorption de certaines parties constituantes de l'atmosphère , et à l'exhalation de produits également gazeux , dont la formation paraît dépendre de Faction des principes aériformes dont nous venons de parler sur les molécules organiques doués de vie. Dans le règne végétal , le gaz , ainsi absorbé , est de l'acide
PI. 4> fig. ii ».
carbonique , et le produit de la respiration est de l'oxigène ; mais chez les animaux , comme chacun le sait, c'esl l'inverse qui a lieu , et lorsqu'on prive ces êtres de l'influence vivifiante del'oxigène ils ne tardent pas à périr. Cette absorption et cette exhalation ont d'abord leur siège dans toutes les parties du corps qui se trouvent en contact rvec le fluide dans lequel l'animal vit ; mais, lorsqu'on s'élève dans la série zoologique, on voit que la peau ne tarde pas à être plus ou moins complètement privée de ces fonctions , et que la respiration se concentre dans un appareil particulier dont la structure varie.
Ce que nous venons de dire , en thèse générale , est entièrement applicable aux Crustacés en particulier. Le fluide qu'habitent ordinairement ces animaux pourrait faire croire, au premier abord, qu'ils étaient soustraient à l'influence de l'air, et que s'ils absorbent de l'oxigène, c'est en décomposant l'eau ambiant qu'ils se le procurent ; c'est effectivement l'opinion que plusieurs savans se sont formés de la respiration des poissons et des autres animaux aquatiques; mais des expériences précises ont prouvé que ces êtres ne sont pas soustraits à la loi générale, et que c'est en «'emparant de l'oxigène de l'air, tenu en dissolution dans l'eau, qu'ils pourvoient aux besoins delà respiration (r).
Chez un certain nombre de Crustacés , tels que les Phyllosomes , les Cyclopes , etc. , on ne voit aucune partie du corps qui soit spécialement destinée
(i) Voyez les recherches de MM. de Humboldt et Provençal, sur la respiration des poissons , dans les Mémoires de la société d'Arcueil, t. II.
à la respiration , et c'est par la surface tégunientaire générale que cette fonction paraît s'exécuter; mais chez la plupart d'entre eux elle devient l'apanage d'un appareil particulier plus ou moins compliqué , et formé essentiellement d'organes appelés branchies.
Ce sont d'abord un certain nombre des membres qui se modifient pour servir plus spécialement à la respiration , en même temps qu'ils agissent encore comme instrumens de locomotion. Dans les Apus et les Brancbipes , par exemple , tous les membres qui suivent l'appareil buccal ont une forme foliacée , et les parties qui paraissent représenter le fouet et le pulpe de ces organes sont complètement membraneuses , ou plus ou moins vésiculaires (i) ; aucune expérience directe ne prouve que ces parties remplissent réellement les fonctions de branchies , mais tout porte à le croire , et pendant la vie de l'anima! on les voit dans un mouvement continuel, lors même qu'il ne change pas de place : aussi les naturalistes ont-ils donné aux membres ainsi modifiés le nom de pâtes branchiales .
Dans le groupe naturel des Isopodes , ce sont encore des membres qui paraissent être plus particulièrement le siège de la respiration; mais ceux qui sont affectés à cet usage n'agissent plus comme organes de locomotion ; en sorte qu'on peut considérer cet état de choses comme un degré de plus dans la division du travail. Les membres modifiés ainsi , pour agir sur l'oxigène tenu en dissolution dans l'eau, appartiennent aux cinq premiers anneaux de l'abdomen, et se composent
(1) PI. 2, fig, x6et 17, c.
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chacun d'un petit article basilaire auquel sont suspendues deux lames membraneuses molles, et plus ou moins vésiculai res (i); souvent on leur voit aussi du côté intérieur un petit appendice qu'on peut regarder comme l'analogue de la tige des autres membres, tandis que les deux lames , dont il vient d'être fait mention , représenteront le fouet et le pulpe ; enfin , il est des Crustacés chez lesquels ces membres, qu'on peut appeler des fausses pâtes branchiales , au lieu d'être complètement externes, comme cela a lieu en général, sont renfermés dans une cavité formée par le dernier segment de l'abdomen (2).
Dans un autre groupe, voisin des Crustacés dont nous venons de parler, celui des Amphipodes (3) et des Lamipodes , ce sont les fouets des membres thoraciques qui paraissent spécialement affectés à l'exercice des fonctions respiratoires; ces organes, au nombre de huit à douze, prennent la forme de grandes vésicules membraneuses , suspendues au-dessous du thorax entre les pâtes ambulatoires et un courant d'eau mis en mouvement par les pâtes natatoires de l'abdomen, vient les baigner continuellement. Chez plusieurs Stomapodes , et chez quelques Décapodes, le fouet d'un certain nombre des membres thoraciques présente une modification analogue et constitue un vésicule ou une espèce de galette membraneuse ; mais, chez ces animaux, il existe aussi des branchies proprement dites, et ces organes ne sont plus de simples modifications de parties déjà existantes dans l'économie, comme cela a lieu