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ï^2 HISTOIRE NATURELLE
qu'un cordon unique qui occupe la ligne médiane de l'abdomen. En comparant cette disposition à celle que nous avons signalée dans les Homoles , on voit que les différences dépendent seulement d'un degré de rapprochement de plus entre les divers noyaux médullaires du thorax : ces ganglions ont acquis ici un développement plus considérable et se sont unis plus intimement entre eux; quelquefois, cependant , on peut encore distinguer des traces légères de leur jonction. Enfin, le tronc nerveux impair de l'abdomen ne présente point de renilemens ganglionnaires comme dans les Décapodes macroures, et cette disposition est en l'apport avec l'état presque rudimentaire de cette partie du corps.
Dans le Maïa (i) , la centralisation du système nerveux est portée à son plus haut degré: car il n'existe plus que deux masses nerveuses : le ganglion céphalique elle ganglion thoracique, dont tous les élémens sont entièrement confondus. Le ganglion céphalique ne diffère guères de celui du Homard ; il est ovalaire, et fournit cinq paires de nerfs : les deux premières paires pénètrent dans les pédoncules oculaires; le nerf optique est beaucoup plus long que dans le Homard ; ie moteur oculaire ne présente rien de remarquable. Il en est de même des nerfs qui se rendent aux antennes internes et qui naissent de la face inférieure du ganglion céphalique , près de son bord externe : la quatrième paire, plus grosse que les autres , se ramifie dans les membranes tégumentaires. Enfin la cinquième, qui appartient aux antennes
(î) PI. ii, fig. 5: — «, ganglion céphalique ; — h , ganglion thoracique ; — c , cordon nerveux de l'abdomen.
DES C R USTACÉS. 1^3
externes, est assez grêle. Les deux cordons nerveux qui naissent du bord postérieur du ganglion céphalique et qui l'unissent à la masse médullaire du thorax , fournissent des nerfs qui se distribuent aux muscles des mandibules et aux parois de l'estomac. L'un de ceux-ci est remarquable; car, en se réunissant avec celui du côté opposé , au devant de l'estomac , il présente un petit renflement ganglionnaire d'où part un long nerf récurrent , impair , qui se porte sur la face supérieure du tube digestif(i). Cette disposition rappelle celle du système nerveux de certains Insectes, où il existe , au-dessus de l'estomac , une petite chaîne de ganglions formée par la réunion de deux nerfs récurrens. Après avoir embrassé l'œsophage, les deux cordons inter-ganglionnaires sont réunis de même que dans le Homard , la Langouste, etc. , par une commissure transversale; enfin vers le milieu du thorax ils rencontrent la seconde masse médullaire et s'y insèrent. Celle-ci ne représente plus un anneau ; mais elle constitue un noyau solide, circulaire et un peu aplati, d'où partent en rayonnant tous les nerfs du thorax et de l'abdomen : ces faisceaux médullaires sont au nombre de neuf de chaque côté, et de plus il en existe un placé sur la ligne médiane. La première paire , assez grêle et accolée aux cordons de communication qui forment une sorte de collier autour de i'œsophage, se divise en plusieurs rameaux , et se distribue aux mandibules et aux mâchoires proprement dites. La seconde paire de nerfs thoraciques se rend aux deux premières pates-mâchoires , et la suivante à la troisième. La quatrième paire, assez grosse, se
(r) PI. ii , fi- 5, d.
i44 HISTOIRE NATURELLE
porte obliquement en dehors et en avant , passe dans Féchancrure située à la base de l'aileron des flancs , et va se ramifier sur les membranes tégumentaires qui tapissent la voûte de la cavité respiratoire : les cinq paires suivantes se distribuent aux pâtes ambulatoires correspondantes. Presque aussitôt après leur origine, ces nerfs pénètrent dans les cellules inférieures des flancs, et s'y divisent en deux branches ; l'une continue de se porter en dehors et peut être suivie jusqu'à l'extrémité de la pâte ; l'autre traverse le trou intercloisonnaire, pénètre dans la cellule des flancs située au-dessus, se recourbe en dedans , et va se distribuer aux muscles de cette partie. Quant au nerf impair ou abdominal, il ne présente rien de remarquable.
11 nous serait facile maintenant de multiplier les faits relatifs au système nerveux des Crustacés, en citant le très-grand nombre d'espèces que nous avons eu occasion d'observer (i) ; mais ces travaux de détails n'a-
( i) On trouvera aussi dans les écrits de divers anatomistes une description plus ou moins complète du système nerveux dans quelques autres Crustacés. Willis a dit quelques mots de ce système chez 1E- Crevisse ( De anima bfutornm , cap. III ) , et Swammerdam l'a étudié avec soin chez le Pagure ( Description du coquillage nommé Ber* nard-1'Hermite , dans la Collection académique , partie étrangère , t. V, et dans luBiblia naturce ). On voitaussi, dansune des planches de Roesel , la portion abdominale du cordon ganglionnaire de l'Ecrevisse ; mais cet auteur l'a considéré comme un vaisseau sanguin. (Der Insecten belustigung. 3 th., p. 3a4 )• Plus tard , le célèbre Scarpa a examiné le mode de distribution des nerfs de l'Ecrevisse, à l'occasion des recherches importantes qu'il a faites sur l'organe auditif de ces animaux ; et , il y a quelques années , M. Cuvier a décrit, avec bien plus de précision et de détails qu'on ne l'avait fait avant lui, la disposition du système nerveux des Crustacés, tel qu'on le voit dans l'Écrevisse, la Squille, l'Apus , et quelques autres espèces dont il a déjà été question (Lee. d'anat. comp. , tom. II, p. 3 14 )- Enfin Treviranus , comme nous l'avons déjà dit, s'est occupé der-
DES CRUSTACÉS. ifô
jouteraient que peu de chose à la connaissance générale que nous avons acquise.
En effet , nous croyons avoir donné des exemples bien choisis qui montrent les changemens principaux qu'éprouve le système nerveux dans cette grande classe d'animaux , et les résultats qui en découlent sont faciles à saisir.
Nous voyons que le système nerveux , dont la disposition est si différente aux extrémités delà série de ces Crustacés , présente réellement dans tous ces animaux la plus grande analogie. Partout il est formé , pour ainsi dire, des mêmes élémens qui, isolés et uniformément distribués dans toute la longueur du corps chez les uns , présentent chez les autres divers degrés de centralisation , d abord de dehors en dedans, ensuite dans la direction longitudinale. Enfin ce rapprochement dans tous les sens est porté à son extrême lorsqu'il n'existe plus qu'un noyau unique au thorax.
En dernier résultat , le système nerveux des Crustacés nous présente partout une uniformité de composition remarquable , et toutes les différences importantes que nous avons rencontrées en parcourant la série de ces animaux, ne sont évidemment que des modifications dépendantes d'un degré plus ou moins grand de rapprochement et de centralisation de parties similaires , ou de la disparition d'un certain nombre des noyaux médullaires primitifs , lorsque d'autres prennent un grand développement.
Ces résultats s'accordaient parfaitement avec les principes que M. Serres avait déduits de ses recher-
nièrement du même appareil dans le cyame de la Baleine. Tels sont les principaux travaux que nous croyons davoir rappeler.
CUUSTACÉ5, TOME I. IO
clies sur le système nerveux d'autres animaux , et sur l'embryogénie en générale. Ce savant avait élé conduit à conclure que cette tendance à la centralisation était une des lois de l'organisation , et que le système nerveux , en se développant, devait présenter des modifications analogues à celles qu'on rencontre en l'observant dans la série des animaux (i).
Ce quenous avions constaté chez les divers Crustacés se présente en partie chez le même insecte, lorsqu'on l'étudié, comme l'a fait M. Serres, aux diverses époques de la vie-, il était donc probable que des observations sur le développement des œufs des Crustacés nous montreraient le svstème nerveux de ces animaux passant par un certain nombre des états que nous avons signalés plus haut , et c'est effectivement ce qui a lieu. D'après les belles recherches que M. Rathke vient de publier en Allemagne , sur la génération des Ecrevisses, on voit que chez ces animaux le système nerveux se présente d'abord sous la forme de deux séries de ganglions parfaitement distinctes entre elles, et que le nombre de ces noyaux médullaires est égal à celui des membres (2). Cet état, qui n'est que transitoire chez l'Ecrevisse, rappelle ce que nous avons trouvé d'une manière permanente chez le Tilitre ; à une époque plus avancée de l'incubation , ces ganglions nerveux se rapprochent de la ligne médiane et
(j) Anatomie comparée du système nerveux , t. II.
(1) M Rathke ne paraît pas avoir eu connaissance des recherches de M. Audouin et moi, sur le système nerveux des Crustacés, ni des travaux généraux de M. Serres ; car, s'il en eût été autrement, il est probable qu'il aurait été conduit aux rapprocliemens que nous venons d'exposer, et quenous avons établis dans une note imprimée dans les Annales dos sciences naturelles , t. r>.n.
s'y réunissent , comme cela se voit chez le Cymothoé adulte. Le système nerveux des fœtus de l'Ecrevisse subit ensuite des modifications analogues k celles que nous avons signalées en comparant entre eux les Cymothoés, les Homards, les Palemons , la Langouste , le Garcin et le Maja, c'est-à-dire une centralisation qui s'opère suivant le sens de l'axe du corps ; en effet , les ganglions , qui correspondent aux appendices de la bouche , se rapprochent entre eux et finissent par former une seule masse nerveuse (i).
On voit donc que chez les Crustacés le système nerveux se développe de la circonférence vers le centre, et présente pendant la vie fœtale une suite de modifications analogues à celles que nous avons trouvées en étudiant îa série de ces animaux à l'état adulte. Enfin, en combinant les observations de M. Kathke avec celles qui nous sont propres, à M. Audouin et à moi , on peut conclure que le système nerveux des Crustacés se compose toujours de noyaux médullaires dont le nombre normal est égal à celui des membres $ et que toutes les modifications qu'on y rencontre , soit à diverses époques de l'incubation , soit dans différentes espèces de la série , dépendent principalement des approchemens plus ou moins complets de ces noyaux, agglomération qui s'opère des côtés vers la ligne médiane, en même temps que dans la direction longitudinale ; mais peuvent tenir aussi en partie à un arrêt de développement dans un certain nombre de ces noyaux. On ne possède encore aucune connaissance directe sur les fonctions du système nerveux des Crustacés ; mais d'après la coïncidence qui existe
(i) PI ii, lis:. (5 et 7.
toujours entre la complication plus ou moins grande de l'organisation , et la localisation des divers actes dont se compose la vie, on pourrait avancer, sans crainte de se tromper, que chez ces animaux la faculté de percevoir les sensations et de produire les mouvemens, au lieu d'être également répartie dans toutes les parties du corps, comme chez les Hydres, s'est concentrée dans le système nerveux. L expérience est venue à l'appui de cette opinion , car si l'on sépare de la masse générale une portion du corps dépourvue de nerfs , elle cesse aussitôt de sentir et de se mouvoir.
L'appareil nerveux des Crustacés n'est pas composé en entier d'élémens semblahîes ; nous avons vu qu'on y trouvait , d'une part , des cordons médullaires , et de l'autre des ganglions ou centres nerveux ; il était donc permis de conclure encore que ces parties diverses ne concouroient pas de la même manière à la production des phénomènes dont l'ensemble du système était devenu le siège. Des recherches de physiologie expérimentale, que j'ai commencées sur ce sujet pendant mon séjour sur les bords de la Méditerranée, et que j'ai continuées conjointement avec M. Audouin pendant notre voyage aux îles Chausay, conduisent aussi à ce résultat, et prouvent que dans ces animaux , de même que dans ceux des classes plus élevées, la faculté de recevoir les impressions venues du dehors et de les transmettre à l'organe destiné à les percevoir, réside spécialement dans les nerfs , tandis que cette dernière propriété est, ainsi que la faculté d'exciter les mouvemens et de les coordonner, devenue l'apanage exclusif des ganglions. En effet , si l'on interrompt la communication entre une des pâtes,
par exemple , et le système ganglionnaire, par la section du nerf qui les unissait , on détruit aussitôt dans ce membre la sensibilité et la contractilité volontaire.
Les anatomistes , guidés par la position de la masse médullaire située dans la tête , au devant et au-dessus de l'œsophage , donnent communément à cette partie le nom de cerveau; mais aucun fait physiologicrue connu ne prouve qu'elle soit le siège exclusif des fonctions qui, chez les animaux des classes supérieures, sont propres à cet organe et l'anatomie devait même conduire à l'opinion contraire, car les divers ganglions nerveux des Crustacés ne présentent, dans leur structure, aucune différence appréciable, d'où il était à présumer que leurs propriétés étaient aussi les mêmes. Voulant décider cette question à l'aide de l'expérience, je fis sur une Squille vivante la section des cordons nerveux qui embrassent l'œsophage, pour unir les parties du système ganglionnaire situés au devant et en arrière de ce conduit. Cette opération affaiblit beaucoup l'animal, mais n'entraîna pas la paralysie complète,, ni de l'extrémité antérieure , ni de la portion postérieure de son corps ; il continua à mouvoir les antennes , ainsi que les pâtes natatoires de son abdomen , et donnait surtout des signes de sensibilité. En répétant avec M. Audouin la même expérience sur le Homard, nous obtînmes un résultat analogue; l'hémorragie et la lésion du système nerveux produites par l'opération , firent périr l'animal dans un assez court espace de temps, mais il conserva après la section la faculté de sentir dans toute la longueur du corps, et fit mouvoir comme auparavant, mais avec moins de force, les antennes, les appendices de la bouche, les pâtes et l'abdomen.
I 5û HISTOIRE NATURELLE
11 nous paraît donc évident que chez ces animaux les ganglions céphaliques, ou si l'on aime mieux le cerveau, n'est pas encore devenu le siège exclusif de la faculté de percevoir les sensations et d'exciter les mouvemens , mais que les ganglions situés en arrière de l'œsophage et au-dessous de l'intestin remplissent les mêmes fonctions.
La division du travail est donc peu avancée dans l'appareil nerveux des Crustacés ; mais cependant , chez ces animaux , chacun des anneaux de la chaîne ganglionnaire n'est pas aussi indépendant des autres que chez le Lomhric , par exemple, où chaque tronçon du corps continue à se mouvoir et à sentir après avoir été séparé de la masse générale. Nous avons déjà vu que la nature tendait à centraliser le système nerveux dans la portion céphalo-thoracique des corps des Crustacés ; et , à l'aide des expériences physiologiques , on ohserve une tendance analogue vers la localisation des deux fonctions principales de ce système dans la même partie. Dans les diverses vivisections que nous avons faites, nousavons constaté que, toutes choses égales d'ailleurs , la portion antérieure de la chaîne ganglionnaire remplissait mieux et pendant plus longtemps ses fonctions que la portion postérieure. Si, chez le Homard, par exemple , on divise le système nerveux dans le point où le thorax se joint à l'abdomen, on paralyse presque complètement tout ce qui est situé en arrière de la section, tandis que les membres thoraciqucs et les appendices de la tête , conservent pendant assez long-temps la faculté de sentir et de se mouvoir. Le résultat de cette expérience est en accord avec l'état presque rudimentaire des ganglions abdominaux du Homard, et on pourrait en trouver, jus-
qu'à un certain point, l'explication dans l'influence de la masse de la substance médullaire , qui est petite dans l'abdomen et considérable dans la portion cépbalo-tboracique du corps ; mais si on coupe la cbaîne ganglionnaire entre les pâtes de la première et de la seconde paire , on le divise en deux parties à peu près égales ; et , néanmoins , c'est dans la moitié postérieure du corps que les effets de cette opération sont les plus marqués, surtout en ce qui concerne la sensibilité.
Ainsi , chez les Crustacés où la chaîne ganglionnaire occupe encore toute la longueur du corps , nous voyons déjà une tendance vers une localisation plus précise de certaines de ses fonctions dans une partie déterminée de son ensemble , et vers un degré de plus dans la division du travail dont il est le siège.
§ III. Des mouvemens en général.
Dans les divers actes de la vie animale, dont nous avons déjà parlé, les animaux ne semblent jouer qu'un rôle passif; mais les rapports qu'ils ont avec le monde extérieur, ne se bornent pas là; ils ont aussi la faculté de réagir à leur tour sur les objets qui les environnent , et de s'en rapprocher ou de s'en éloigner à volonté à l'aide des divers mouvemens qu ils exécutent.
C'est le système nerveux qui détermine ces mouvemens, mais ce sont les muscles et les parties dures de l'enveloppe tégumentaire qui en sont le siège. Les muscles qui constituent ce que l'on nomme vulgairement la chaire des animaux, sont des organes composés de fibres réunis en faisceaux et susceptibles de se rac-
l5*2 HISTOIRE NATURELLE
courcir et. de s'allonger alternativement sous l'influence de l'excitation nerveuse ; une de leurs extrémités se fixe sur une partie de l'économie qui est plus ou moins immobile et qui leur sert de point d'appui , tandis que l'autre extrémité s'insère à l'organe qu'ils sont appelés à mouvoir ; et qu'en se contractant ils rapprochent en totalité ou en partie de leur point d'appui. Ce sont les puissances motrices ou instrumens actifs de tout mouvement.
Les muscles des Crustacés sont d'une blancheur parfaite, et ne présentent dans leur structure rien de particulier; tantôt ils s'insèrent directement aux tésumens, d'autres fois ils se fixent sur des prolongemens qui naissent de ceux-ci, et qui remplissent les fonctions de tendons. Ces tendons sont semblables au test, et naissent ordinairement du bord de l'article mis en mouvement par le muscle auquel chacun d'eux appartient; il est rare d'en trouver à l'extrémité immobile du muscle, à moins qu'on ne regarde comme des organes analogues les apodèmes. La forme de ces tendons rigides varie; tantôt ils sont presque filiformes , d'autres fois lamelleux et très-larges.
Les parties sur lesquelles les muscles agissent , ou les instrumens passifs du mouvement , sont diverses pièces du squelette tégumentaire qui représentent ce qu'on appelle en mécanique des leviers, c'est-à-dire des lignes inflexibles qui tournent sur un point fixe. La disposition de ces leviers est très-simple ; ils ne peuvent jamais se mouvoir que dans un même plan , et en décrivant une ligne dont la direction ne change pas ; l'articulation qui les unit à la pièce sur laquelle ils tournent représente une char-
nière , et constitue ce que les anatomistes nomment ginglymc angulaire : elle a toujours lieu à l'aide de deux jointures situées l'une de chaque côté de l'extrémité articulaire , et placées de manière à ce qu'une ligne qui les réunirait coupe à angle droit le plan suivant lequel leurs mouvemens s'exécutent. Enfin , l'espace compris entre ces deux points , et qui correspond aux côtés sur lesquels la flexion ou l'extension s'opère , est occupé par une portion de l'enveloppe tégumentaire qui ne s'encroûte pas de matière calcaire et qui remplit les fonctions d'un ligament articulaire.
11 résulte de ce mode d'articulation, que les muscles appartenant à chaque article ne peuvent être que de deux ordres , savoir : des extenseurs et des fléchisseurs. Ces organes s'insèrent toujours clans le sens contraire de la jointure , et chacun d'eux se fixe ainsi entre le point sur lequel roule l'article qu'il meut et la résistance qu'il est destiné à vaincre; disposition qui, en mécanique, caractérise les leviers du troisième genre , et qui est la plus favorable à l'étendue et à la rapidité des mouvemens, mais qui nécessite l'emploi de forces considérables.
D'après ce que nous venons de dire de la nature des articulations du système tégumentaire des Crustacés , on voit que les mouvemens que ces animaux exécutent doivent être très-simples , à moins d'une multiplication extrême de ces espèces de charnières , et d'une grande diversité dans leurs directions. Les mouvemens des divers semnens du tronc se font tous suivant la même direction et dans le plan vertical ; aussi est-ce sur les côtés du corps que ces anneaux mobiles s'articulent entre eux , et à leurs faces dorsale et ventrale qu'ils donnent insertion à leurs muscles. En
général, l'anneau mobile présente sur le bord antérieur de l'arceau dorsal deux petites cavités articulaires qui embrassent chacune une éminence arrondie ou un tubercule du bord postérieur du segment précédent. Les mouvemens d'extension ne consistent que dans le redressement du corps , dont les divers segniens ne peuvent s'élever que peu ou point au-dessus de la ligne horizontale; car, pour parveuir dans cette dernière position , une portion de leur arceau supérieur glisse presque toujours au-dessous du segment précédent , et le bord de celui-ci oppose un obstacle invincible à toute courbure en dessus. A la face ventrale du corps il existe au contraire , entre chaque segment mobile , un espace assez grand qui n'est occupé que par une membrane articulaire , et qui permet des mouvemens de flexion plus ou moins étendus.
Les muscles moteurs des anneaux du corps en occupent les faces supérieures et inférieures. Leur disposition est en général très-simple; chaque segment, lorsqu'il est distinct , est pourvu d'un certain nombre de faisceaux charnus qui se portent directement du bord antérieur ou postérieur d'un anneau au bord semblable de l'anneau suivant et qui remplissent les fonctions de fléchisseurs ou d'extenseurs, suivant qu'ils sont placés au-dessous ou au-dessus du niveau de l'articulation de ces pièces solides entre elles. Dans l'homme et les autres mammifères, on a observé que les muscles extenseurs étaient beaucoup plus forts que les fléchisseurs ; ici c'est le contraire.
Dans les Décapodes Braehyures dontle corps est peu mobile et dans les Edriophthaimes , les muscles du tronc présentent tous la disposition que nous venons
D£S CRUSTACÉS. 1 5d
de signaler ; mais dans les Décapodes Macroures, où l'abdomen devient un organe moteur très-puissant , le système musculaire prend, dans cette partie du corps, un développement extrême et présente des dispositions très-remarquables. La structure de ces muscles a été étudiée par plusieurs anatomistes ; mais la description qu'ils en ont donnée ne nous paraît pas être entièrement exacte. Voici ce que nous avons observé, conjointement avec M. Audouin, sur le Homard de nos côtes.
Les muscles extenseurs de l'abdomen de ce Grustacé occupent l'arceau dorsal des anneaux, et constituent deux couches, l'une superficielle, l'autre profonde. L'espèce de panicule charnue qui forme la couche supérieure est très-mince, et se compose de fibres longitudinales qui naissent du bord antérieur d'un anneau et se terminent au bord antérieur de l'anneau suivant ; de façon que le bord postérieur du premier reste libre, et peut , lors de leur contraction , glisser sur le segment suivant (i). De chaque côté de la ligne médiane on distingue deux faisceaux de ces fibres charnus ; l'un, interne, est droit ; l'autre , situé plus en dehors , se porte obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans. Les muscles extenseurs de la couche profonde sont plus puissans; ils sont recouverts par la couche superficielle dont nous venons de parler, et reposent sur l'intestin et les muscles fléchisseurs (a). De même que, dans la couche supérieure, on distingue ici deux faisceaux principaux ; mais la disposition des fibres qui les composent est l'inverse de
(0 PL i3, fig. i,es.
0) PI. îa, fig. i, cp.
l56 HISTOIRE NATURELLE
celle signalée plus haut , car ce sont les externes qui sont droites ; tandis que celles de la Lande charnue interne sont obliques, et offrent , comme M. Guvier l'avait déjà observé , l'aspect d'une corde tordue. Les points d'insertion de ces muscles sont les mêmes que ceux des faisceaux superficiels ; ces organes se fixent au bord antérieur de chaque anneau , mais , au lieu de s'y terminer complètement, ils y envoient seulement des expansions aponévrotiques, et la majeure partie de leurs fibres se continuent avec ceux de l'anneau suivant. Au sixième anneau de l'abdomen on ne trouve point démuselés extenseurs superficiels, et la couche profonde n'est représentée que par une paire de faisceaux obliques qui occupent les parties latérales de l'arceau supérieur. Les autres segmens de l'abdomen ne présentent, sous ce rapport , rien de remarquable. Enfin , les muscles extenseurs du premier de ces anneaux sont plus puissans que les précédens , et vont prendre leur point d'appui sur le thorax ; ils se fixent à la face interne des flancs , et circonscrivent de chaque côté l'espace qui loge le cœur, etc. Les derniers anneaux qui composent le thorax sont soudés entre eux de manière à ne pouvoir exécuter des mouvemens : aussi n'y trouve- t-on point de muscles extenseurs , mais l'espèce de carapace formée par le prolongement de l'arceau supérieur de la tête n'est pas complètement immobile , et on trouve qu'elle est fixée à la voûte des flancs par un grand nombre de fibres charnues verticales , qui paraissent être les analogues de celles dont nous venons de parler : ce sont ces espèces de colonnes charnues qui , tapissées par un repli tégumen taire , établissent la séparation entre les cavités respiratoires et la cavité viscérale.
Les muscles fléchisseurs se distinguent aussi en superficiels et en profonds.
La couche superficielle est extrêmement mince , et n'est formée crue par quelques fibres longitudinales qui vont d'un anneau de l'abdomen à l'autre. L'extrémité antérieure de chacun de ces muscles s'insère sur la membrane inter-articulaire près du bord postérieur de l'arceau inférieur, et leur extrémité opposée se fixe sur le bord postérieur de l'anneau suivant. Dans les premiers segmens de l'abdomen , ces rubans charnus s'étendent dans toute la largeur de l'anneau; mais dans le cinquième segment on ne retrouve plus que quelques fibres près de la ligne médiane , et dans le sixième on n'en voit plus de traces. Entre le thorax et l'abdomen, ces muscles forment deux petits faisceaux; enfin, chose remarquable, on en retrouve encore des vestiges dans toute la longueur du thorax à la partie supérieure du canal sternal.
La couche profonde des muscles fléchisseurs de l'abdomen est extrêment puissante , et remplit à elle seule la majeure partie de l'anneau tégumentaire. La masse commune formée par toutes ces fibres charnues est d'une structure extrêmement compliquée , et ressemble un peu à une grosse tresse serrée. Lorsqu'on l'examine par salace inférieure, on distingue d'abord des faisceaux longitudinaux et des faisceaux obliques qui reposent sur les muscles de la couche superficielle ; et , en les écartant légèrement sur la ligne médiane , on aperçoit un peu plus profondément des bandelettes transversales qui paraissent être parfaitement distinctes des premiers faisceaux (1). Mais, si on porte l'examen plus
(1) PI 13, fig. 3.
loin, on ne tarde pas à se convaincre que îa structure de cette masse charnue est bien plus compliquée ; à moins d'y porter une attention très-grande, elle est même difficile à comprendre. En étudiant le premier segment de l'abdomen', on voit qu'il reçoit du thorax un certain nombre de faisceaux charnus qui prennent leur point d'appui sur le fond de la cavité viscérale de cette partie du corps , et qui forment de chaque côté trois muscles distincts : le premier, que nous appellerons le muscle droit du premier anneau abdominal , est situé près de la ligne médiane (i) ; il repose immédiatement sur la couche des fléchisseurs superficiels, et va s'insérer sur le milieu de l'arceau inférieur de l'anneau auquel il appartient. Le second (2), également superficiel, est situé plus en dehors , et se porte en arrière et en dehors : aussi le désignerons-nous sous le nom de muscle oblique. Parvenu près de la partie latérale de l'anneau, ce muscle y envoie quelques fibres , et s'y fixe aussi à l'aide dune intersection aponévrotique ; mais la majeure partie des faisceaux charnus qui le forment se portent au delà, et se contournent en haut et en arrière ; là ils se divisent en deux parties : l'une se fixe sur la masse charnue commune à l'aide d'intersections aponévrotiques; l'autre se joint au muscle central du second anneau , et se comporte comme nous le dirons plus tard. Enfin, le troisième muscle qui vient du thorax est situé au-dessus des deux précédens, et paraît s'enfoncer dans la masse charnue commune : aussi
Ci) PL i3, fig. 3, d.
(2) PI. i3, fig. 3, o, et fig: 4,0.
DES CRUSTACÉS. I 5q
le nommons-nous muscle central (i). Quant à sa terminaison, nous aurons l'occasion d'en parler parla suite. Au - dessus des muscles droits et obliques du premier anneau on aperçoit les muscles analogues du second anneau , et plus profondément encore un muscle transversal (2) dont la disposition est très-curieuse car ce n'est autre chose que l'origine des muscles droits et obliques de l'anneau suivant. En effet, ce ruban charnu, parvenu sur les parties latérales de l'abdomen , ne s'y termine pas comme on pourrait le croire au premier abord , mais se recourbe en haut , forme une espèce de boucle autour du muscle central dont nous venons de parler, s'accolle à son congénère, plonge vers la face inférieure de l'anneau, redevient lon<ntudinal , se dirige en arrière et constitue ainsi les muscles droits et obliques du second anneau (3). Dans le point où le muscle transversal commence à remonter du côté externe du muscle central , il donne attache à un faisceau charnu assez gros, qui se porte en arrière et en dedans , se confond avec le muscle central du premier anneau , puis se réunit avec l'une des portions terminales du muscle oblique du même anneau, dont il a déjà été question , et constitue ainsi le muscle central du second anneau (4), qui est embrassé à son tour par le muscle transversal de ce segment , et se comporte comme le précédent. Dans le point où la portion supérieure du muscle transversal rencontre la portion inférieure du même muscle, après avoir formé de chaque côté un
(1) PL i3, fig. 3, c.
{1) PL i3, %. 3, t, etfig. 4, t.
(3) PL i3, %. 3, d\ o', et fig. 4.
Cj) PI i3, fig. 4, C'.
I Go HISTOIRE NATURELLE
anneau autour du muscle central, et où elle plonge sous elle pour foi merles muscles droits et obliques du second segment , elle donne naissance à quelques faisceaux charnus qui se portent directement en arrière en passant au-dessus de la bandelette transversale, et vont se confondre avec les muscles droits et obliques du segment suivant (i). Enfin, les muscles droits et obliques formées par la terminaison de la bande charnue transversale vont se fixer au second anneau , et présentent exactement la même disposition que ceux de l'anneau précédent.
Ainsi , les muscles fléchisseurs profonds du premier anneau de l'abdomen prennent leur point d'appui sur le thorax ; mais la charpente osseuse n'en fournit pas à ceux du second segment ; les deux extrémités de ces muscles sont fixées à la partie qu'ils sont destinés à mouvoir , et c'est le double anneau qu'ils forment autour du muscle central du segment précédent qui leur en tient lieu.
Les muscles fléchisseurs profonds du troisième et du quatrième anneaux ne diffèrent pas de ceux du second (2) : la partie moyenne du ruban charnu qu'ils forment, constitue le muscle transversal de l'anneau précédent , et présente une espèce d'anse pour recevoir le muscle central fourni parles muscles transversal et oblique de l'anneau précédent. La disposition du muscle transversal du quatrième anneau est encore la même ; mais le mode de terminaison des muscles obliques qui en proviennent n'est pas exactement semblable à ce que nous avons vu jusqu'ici : en effet,
Cl) PI. l3, fig. 4, a.
(2) PI. i3,%./f.
DES CRUSTACÉS. l6l
après avoir envoyé des fibres et des expansions aponévro tiques à la partie latérale et inférieure du cinquième anneau, ils se recourbent en haut comme d'ordinaire ; mais , au lieu de se fixer sur le muscle transversal suivant , ils donnent naissance à des faisceaux charnus qui se portent en arrière pour s'insérer à la partie dorsale du cinquième anneau , puis ils gagnent la ligne médiane , et s'y réunissent entre eux à l'aide d'une intersection aponévrotique (i).
Les muscles centraux fournis par le muscle transversal du quatrième anneau présentent également des anomalies ; car , au lieu de s'enfoncer dans des anses formés par le muscle transversal de l'anneau suivant , ils viennent seulement le fortifier ; ils se recourbent en dedans , et se réunissent ainsi avec la bande transversale du cinquième anneau. Enfin ce dernier muscle se recourbe seulement sur lui-même.
Dans les Décapodes Brachyures , et dans les Edriophthalmes , on ne retrouve pas cette disposition curieuse des muscles fléchisseurs profonds ; la couche superficielle est même la seule qui paraisse exister.
Les membres des Crustacés sont en général destinés à exécuter des mouvemens beaucoup plus variés que le tronc de ces animaux , aussi y remarque- t-on des différences beaucoup plus grandes dans la direction des points articulaires. Souvent il existe une série de six jointures en charnières , ayant chacune un usage spécial; celles qui servent à changer la direction de l'ensemble du membre en occupent la base , et celles qui sont principalement destinées à déterminer son
(i) PI. i3, fig. 4.
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raccourcissement ou son allongement sont placées vers sa partie moyenne.
Les muscles servant à mouvoir l'un des articles d'un membre s'y fixent presque toujours à son bord supérieur, et se logent dans l'article précédent , à moins que celui-ci ne soit très-court , et alors on les trouve ordinairement dans la pièce précédente (i). Les plus forts, et par conséquent les plus gros de ces muscles , sont en général ceux qui servent à changer la direction totale du membre, et qui appartiennent à ses deux premiers articles ; ils sont logés dans les parties latérales du tronc , et prennent leur point d'appui, soit aux anneaux correspondans , soit aux apodèmes dont l'intérieur de ceux-ci peut être hérissé. Dans le thorax des Crustacés Décapodes, par exemple , ces muscles remplissent la double rangée de cellules située de chaque côté du thorax (a). Leur disposition , du reste , ne présente rien d'assez remarquable pour mériter de nous arrêter ici.
Les Crustacés vivent presque tous clans l'eau , adssi est-ce principalement au moyen de la natation qu'ils changent de place ; mais la plupart d'entre eux peuvent aussi marcher, et présentent un certain nombre d'organes affectés spécialement à cet usage. Il en est même dont la course est si rapide qu'un homme peut à peine les suivre, et on en connaît qui font à certaines époques des voyages terrestres de plusieurs lieues.
La natation a lieu tantôt par les mouvemens des membres , tantôt par ceux de l'extrémité postérieure du corps ; à l'aide des premiers, l'animal se porte en
(i) PI. i3, fig. 5.
(2} PI. i3, fig. 6
avant ou de côté , et par le moyen des seconds il recule avec une rapidité extrême. Ces deux manières de nager se voient souvent lorsqu'on observe les Paiémons, connues sur nos côtes sous les noms de Crevettes , de Salicoques, de Bouquets, etc. ; mais, quand ces animaux cherchent à échapper à quelque danger, c'est toujours en recourbant brusquement leur queue qu'ils s'en éloignent. Les Ecrevisses nagent presque toujours en arrière de la même manière; mais les Crabes, dont l'abdomen est rudimentaire , sont en général privés 'de ce moyen de progression , et nagent seulement à l'aide de leurs pâtes.
Chez les Crustacés, dont l'extrémité postérieure du corps sert comme organe de natation, l'abdomen se
compose toujours d'un certain nombre de segmens mobiles les uns sur les autres , et se termine par une espèce de nageoire formée du dernier anneau devenu lamelleux et des membres du segment précédent, qui prennent alors un grand développement (i).
Le nombre des membres affectés à la locomotion varie beaucoup , et est , en général , plus considérable chez les Crustacés nageurs que chez les Crustacés marcheurs. Tous les membres qui suivent les appendices de la bouche peuvent constituer des organes de natation ; mais il n'y a jamais que ceux delà partie moyenne du corps qui affectent la forme de pâtes ambulatoires. Les membres abdominaux sont souvent employés à la respiration, d'autresfois ils peuvent être considérés comme des dépendances de l'appareil respiratoire , et quelquesfois aussi un certain nombre d'entre eux deviennent des organes du saut. Dans ce dernier
(0 PI. a3, %. ï, etc.
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cas, les pièces terminales, que supporte leur article basilaire, sontraides, courtes , et en général styliformes (i) ; mais, lorsque ces membres servent à la natation, les pièces dont nous venons de parler prennentla forme de longues lames ciliées sur les bords, et paraissent en général composées d'une série d'articles plus ou moins nombreux (2).
Dans les Crustacés essentiellement nageurs, les pâtes tlioraciques sont souvent flabelliformes (3) ; mais d'autres fois elles se terminent par un article lamelleux et plus ou moins large (4) ; cette dernière disposition se rencontre surtout aux pales postérieures et se voit chez les Crustacés fouisseurs aussi bien que chez les espèces pélagiques. Lorsque ces membres sont destinés a servir à la marche , ils sont à peu près cylindriques , et se terminent par un article styliforme dont l'extrémité est souvent armée d'une sorte d'ongle pointu (5). Enfin , les membres tlioraciques des Crustacés peuvent aussi être transformés en organes de préhension , et pour cela il leur suffit d'une modification très-légère ; tantôt c'est le dernier article qui se reploie sur l'article précédent , d'autres fois c'est celui-ci qui se prolonge au-dessous du suivant , de façon à former avec lui une véritable pince. Dans les deux cas, le pénultième article est plus ou moins élargi et porte alors le nom de main. Lorsque ces organes de préhension doivent servir à l'alimentation ou à la défense , ils sont formés par les pâtes tlioraciques des premières paires ; mais ,
(1) PI. 1, fig. 2.
(2) PI. a3, fig. 2, d, 5, 7 et 8.
(4) PI- 17, fig. 1, 7 et i3.
(5) PI. 3, fig. 1, etc.
lorsqu'ils sont destinés à maintenir l'animal dans l'intérieur de quelque cavité , ou a fixer sur son dos des corps étrangers, ils appartienent aux derniers segmens du thorax.