‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux; (volume 5)Chapitre 244 sur 265 · Phyllosome de Duperrey. — P. Duperrej'i · texte numérisé non relu

Phyllosome de Duperrey. — P. Duperrej'i

' Carapace presque circulaire , échancrée en arrière , et dépassant de beaucoup la base des pâtes de la quatrième paire. Antennes externes très-larges, ayant leur lobe externe presque aussi grand que la portion terminale de leur lame interne. Pâtes de la seconde, de la troisième et de la quatrième paires à peu près de même longueur ; celles de ta septième paire dépassant l'ab^lcmen. Lame médiane de la nageoire caudale plus large que longue , quadrilatère ^ et a^ant ses angles latéro -postérieurs moins saillans que le milieu de son bord postérieur. Lames externes plus longues que la médiane. Longueur, iC lignes.

Trouvé au port Jackson par M. Lesson.

i5. Phyllosome de Aetnaud. — P. Re^naudii (3). Espèce très-voisine du P. épineux, mais dont les pâtes de la

(i) Chrysoma Mediterranea^ Risso,Hist. nat. de FËarope méridien, t. V , p. 88, PI. 3, lig. 9. — Phyllosoma Mediterrama, Guérin, Magazin zoologique , cl. VII , PI. i3, fig. a. — Roux, Crustacés de la Méditerranée, PI. 25.

(a) Guérin , Voyage de la Coquille , Crust. PI. 5, fig. 3^ et Mag. zool. cl. VII, PI. 12.

(3) Guérin, Mag. zool. cl. VII , PI. i3 , fig. i.

seconde paire sont si courtes , qu elles dépassent à peine le bord de la carapace, et dont l'abdomen est beaucoup plus étroit. Peutêtre n'en est-ce qu'une variété d'âge ou de sexe.

Tronré sur les cdtes de l'Inde par M. Reynaud.

Le Phyllosome ponctue (i) de Lesson devra former le type d'un sous-genre , ou même d*un genre distinct , si la figure qui en a été publiée est exacte ; ce qui , au reste , nous paraît peu probable.

Genre AMPHIOU. ~ ^imphion (2).

Les Crustacés que j*aî désignés sous le nom d^Jniphion , se rapprochent des Phyllosomes plus que 'tous les autres Stomapodes ; mais , sous certains rapports , ils ressemblent aussi aux Alimes et aux Mysis , et ils établissent naturellement le passage entre ces animaux. Leur bouclier cépbalique ou carapace est foliacé comme celui des Phyllosom^es» mais est étroit , alongé et bombé comme chez les Alimes ; les divers appendices de la portion céphalo-thoracique du corps différent à peine de ceux des Phyllosomes ; enfin la forme de l'abdomen et de la nageoire caudale est celle des Mysis.

Le bouclier céphalique (3) est très-développé et tout-à-i^it lamelleux ; il s'étend jusqu^à l'origine de l'abdomen et cache la base des pâtes ; son diamèti*e longitudinal est plus du double de son diamètre transversal , et de chaque côté il se recourbe un peu en bas ; son bord antérieur est presque di'oit, et laisse à découvert l'anneau qui porte les yeux. Il n'y a pas de trace de rostre ; mais de chaque côté l'angle, fbrmé par la réunion de ce bord avec le bord latéral , se prolonge en avant en manière d'épine. Enfin le bord postérieur de la carapace « ^ui est court et presque droit , se continue avec les bords latéraux sans former d'angles bien marqués.

(I) Gaérin , Mag. iool. cl. VII, PI. xi, û^ a.

(3) Edwards , Annales de U société entomologiqae, t. I, p. 336.

(3; Pl. 28, fig. 8.

DES cnvstAcÊs. 4^y

L^ yevLt sont très-gï^os 5 leUi* portion tei^mîhale a la inéftitt forme que celle des Phyllosomies : taais la tige étroite qui les supporte > au Iku d'étne très-longue cottini^ chez ces CniS^â- Clés, éslextr^êteeifteiit courte. L^s quatre ûnï€iine5 (1) s^insèreht sur la même ligne , immédiatement au-dessous et en arrièrè des pédoncules oculâiïiés. Celles de la première paire ont la même forôie générale que chei les Phylïosomes ; leur poi^tioh bâ»llalre »e cotApose de ti*ois atticlés grêles fet cyliWl-iqUes ^ dont le premier fet le dernier sont liés plus longs , et elles se terminent chacune par deuk petites tiges filiformes , dôril riftteme est trèsncourté , et rexterne à peu près de la longueur de la portion basilaire. Les antennes externes soilt beaucoup plUs dévteloppées ^ et ne ressembléht pas du tout à cellfes des Phylïosomes ; elles s6 rapprochtéiit beaucoup , par leur forme générale, de èelles des Alimes', mais^ aii lieu d'être dirigées en bas et en dehors , elles se portiettt directement et en avant. Leur premier article , qui n'est pas blfeti distinct -, dt)nne insertion en dedans à une tige Cylindrique , et ert dehors à un grand appendice lamelleut cette lame, à peu près ôvalaire , dépasse de beaucoup le niveau de la portion bastliaire des antennes internes ; ses bords interne et ahtérieur sont ciliés , et son boi-d externe se termine par Une épine. La tige est composée de deux pfctits articles basilaires très-courts , et d'un long article terminal légèrement renflé vers le bout $ sa longueur est d^environ le double de celle die la lame qui en recouvre la base*

La disposition de la bouche est à peu près la même que chez les Phylïosomes ; elle est très-éloignéé des antennes ^ et forme, vers le tiers antérieur dd bouclier céphalique, un petit tubercule arrondi ^ de la partie postérieure de laquelle naît le thorat. Les parties qui entrent datis sa compdsltioh sont : un labre , deux mandibules , Une languette ^ deux paires de mâchoires et deux paires de pates-UiâehoireSi Le labre est transversal et peu développée Les fnandibuléi ne

l'-'ttt^ firtltlllinm

(l)PLà8, fig.g.

488 HISTOIRE HATUREliLE

portent pas de palpe, et sont en grande partie cachées pai^ la languette, qui est bilobée. heSi' mâchoires de la premi^ie paire sont presque rudimentaires , et ne m ont paru consis* ter que dans une petite lame cornée , dont le bord est cilié; Celles de la seconde paire se composent de deux articles,', dont le premier présente en dedans un prolongement garni d'épines. Les pâtes mâchoires de la première et de la seconde paire, qui chez les Phyllosomes n'existent qu'à l'état de Ves» tiges, et n'entrent pas dans la composition de l'appareil buccal, sont au contraire ici très-développées et appliquées sur les mâchoires. Celles de la première paire présentent au dedans plusieurs languettes garnies de poils à leurs extrémités et au coté externe de leur base un grand appendice foliacé et ovalaire. IjCs pates-mâchoires de la seconde paire sont beaucoup plus développées que les précédentes ; leur article basilaire est lamelleux , et porte à sa partie antérieure, 1<> une tige cylindrique composée de trois articles ; 2o un appendice flabelliforme , ou une espèce de palpe qui s'avance au côté externe de la tige , et la dépasse. Le thorax est aplati comme chez les Phyllosomes, mais plus étroit et complètement caché sous la carapace. Il donne attache à six paires de pâtes ayant absolument la même disposition que chez ces derniers Crustacés : toutes sont grêles et cylindriques , et à l'extrémité de leur deuxième article naît un appendice palpiforme, composé d'un article cylindrique terminé par une soie mu 1ti-articulée et ciliée. Les pâtes de la première paire , celles qui correspondent aux pates-mâchoires externes des Décapodes , s'insèrent très-loin de la bouche, et sont beaucoup plus courtes que les autres; leur deuxième article se termine en avant par une épine aiguë. Les pâtes des trois paires suivantes deviennent do plus en plus longues, et ont au bord leur troisième article, une, deux ou trois épines semblables à celle qui existe à l'extrémité du second article. Les pâtes de la cinquième paire, qui sont un peu moins longues que celles de la quatrième paire , présentent la même disposition ; enfin celles de la dernière sont beaucoup plus courtes que les

précédentes, et ne présentent pas d'épines bien distinctes. L'abdomen est presque aussi long que la portion céphalothoracique du corps , et se compose de sept segmens. Sa forme est la même que celle de Tabdomen des Salicoques, et il se termine par une nageoire en éventail , dont la pièce médiane (formée par le septième anneau) est lancéolée, et dont les pièces latérales sont ovalaires. Quant aux appendices fixés sous les cinq premiers anneaux de l'abdomen , ils sont presque rudimentaires.

On ne connaît qu'une seule espèce appartenant à cette division générique.

l^Amphiom de Reyiiaui). — jd. Rejrnaudii (i). (PI. i8,fîg.8.)

Sa longueur est d'environ i pouce ; et ses tégumens , à Vexception de ceux de rabdomen , sont diaphanes. Ce crustacé a été recueilli eh haute mer, dans FOcéan indien , par M. Reynaud , chirurgien de la marine. (G. M.)

FAMILLE DES UNICUIRASSÉS.

Les Crustacés de cette famille sont pourvus d'une carapace assez grande , mais néanmoins ils se rapprochent des Edriophthalmes par la conformation de leur thorax , car la plupart des anneaux de cette portion moyenne du corps sont complets, mobiles et nus, ou simplement recouverts par le bouclier dorsal sans contracter avec lui aucune adhérence. L'indépendance des premiers segmens du corps est même portée plus loin chez ces Crustacés que chez aucun autre,

(I) Edwards, Annales de la société entomogique , t. I , p. 336, PI. la, A, &%. 1-10.

490 ItlSTOinE IVATlin£LL£

car cbez la plupart d'entre eux , non-seulement IW neau ophtalmique , mais aussi l'anneau antennulaire , restent libres (i), et dans quelques-uns on voit à la base des antennes de la seconde paire une pièce transversale qui semble devoir être le représentant de larceau inférieur du troisième anneau céphalique , et qui ne serait pas soudée comme d'ordinaire avec l'anneau suivant, dont la carapace est une dépendance. Sovh vent tous les anneaux thoraciques et oéphaliques situés en arrière de ce dernier sont également distincts efiite eux et plus ou moins mobiles, mais, à l'exception des quatre derniers , ils sont incomplète en dessus, et représentés seulement piir leur arceau sternal. L'abdomen est toujours très-développé , et se compose de sept segmeas mobiles , dont le dernier constitue une lame caudale très-grande, hesyeux sont gros et renûés vers le bout (2) ; les antennes de la première paire (3) s'insèrent au-dessous et en arrière de leur pédoncule, et se composent d'un pédoncule cylindrique formé de trois articles , et terminé par trois fîlamens ordinairement multi-articulés. Les antennes de la seconde paire s'insèreot en arrière et en dehors des précédetites ^ et sont pourvues d'un grand appendice lamelleux fixé sur un article gros et cylindrique, à l'extrémité du premier article de leur pédoncule , qui porte auSsi en avant un filament ordinairement multi -articulé (4)* La bouche est asseai éloignée des antennes et portée sur uneéminence à peu près triangulaire, dont la base

(i)Pl. i.fig. i.«, A,fig. icta; PI. 26,fig. 11; PI. 117, fig.

(5) PI. I , fig. I ; PI. a^, ng. t èt(); PI. US, fi§. id.

(S) PI. 27, iig. a et 10.

(4) PI. 27, lig. aet 10: PI. 28, lig. 11. etc.

DES CRUSTACÉS. ^Qt

correspond à l'insertion des pâtes préhensiles (i). La lèvre supérieure est grande , saillante et semi-circulaire. Les mandibules (2) sont dirigées en bas et se terminent par deux branches dentées , dont Tune remonte dans rarrière-bouche vers Testomac; la tige palpiforme que porte ces organes est toujours petite, et quelquefois rudimentaire ou nulle. La lè\^re inférieure est grosse, et recouvre en partie l'extrémité des mandibules. Les mâchoires sont très -petites et appliquées exactement contre la bouche (3) ; celles de la première paire se terminent par une espèce de crochet dirigé en dedans , et sont armées d'épines le long du bord interne de leur second article ; on v remarque aussi un petit appendice palpiforme rudimentaire. Les mâchoires de la seconde paire sont lamèlleuses, à peu près triangulaires, et composées de quatre ou cinq articles placés bout à bout ; on n'y voit rien quiressemble à un appendice flabellifornie. Les membres qui appartiennent au septième anneau céphalique , et qui. cOfisViiuent d'n^Minaire les pates-mâchaires antérieures; ne paraissent pas appartenir à l'appareil buccal (4); ils sont très-îilongés , et constituent une paire de pâtes grêles, et généralement élargies vers le bout , .dont les usages ne sont pas connus. Les membres tboraciques de la première paire, qui sont les analogues des secondes pated- mâchoires des Décapodes et des pate^ antérieures des Edriophthalraes , présentent un très-grand développement, et constituent de grandes pales dites rai^isseuses , dont le der-

(i) PI. 27, %. 2 et 10.

. (2) PI. 27, fig. 3 et 11; PL a6, Eg. la.

(3) PI. 27, fig. 10,7, kf fig. 5, 6, etc.

(4) FI. 27, fig. 2, g.

nier article se reploie comme une griffe le long du bord interne de l'article précédent (i), et forme de la sorte une espèce de pince dont lanimal se sert , tant pour sa défense que pour saisir sa proie. Les potes des trois paires suivantes sont beaucoup plus petites, et en quelque sorte refoulées en avant, de façon à occuper d ordinaire une ligne courbe transversale , et à se placer entre la basedes pâtes ravisseuses (2); en général elles sont appliquées sur la boucbe , et ne paraissent servir qu'à la préhension des alimens ; elles se terminent toutes par une espèce de main ovalaire , armée d'une griSe mobile , disposée de manière à se reployer contre son bord interne. Ces cinq paires de membres portent à leur base , du côté externe , un appendice membraneux , vésiculaire , aplati en forme de disque et pédicule , qui est l'analojgue du fouet , et qui , d'après quelques auteurs , serait un organe de respiration. Les pâtes thoraciques des trois dernières paires sont assez éloignées entre elles et dirigées en bas (3) ; elles sont grêles , cylindriques , - et poresque toujours garnies d'un appendice* styliforme qui naît à l'extrémité <ie leur second article. Les membres abdominaux sont au noinbre de six paires ; ceux descinq premières paires sont conformés à peu près comme chez les Décapodes Macroures , si ce n'est que leur pédoncule est beaucoup plus large , et qu'en gé« néral ils donnent insertion à des branchies(4)* Lesap* pendices du sixième anneau abdominal concourent à former la nageoire caudale ; elles sont dirigées en

(I) PI. 27, fig. 2, k,

(a) PI. 37 , fig. 2, ij, &^. i3, 14, etc.

(3) PI. 26, fig. 1 ; PI. 27, fig. 9et fig. 2,7.

(4) PI. 26, fig. 11, et P). 27, fig. 7.

dehors, et terminées par deux lames ciliées, entre lesquelles on remarque un grand prolongement lamelleux de l'article basilaire ; la branche externe de ces fausses pâtes est ordinairement composée de deux articles (i). Enfin il existe quelquefois sur le bord postérieur du dernier segment de Tabdomen une paire d'épines mobiles, qui peuvent être considérées comme des vestiges d'une septième paire de membres abdominaux.

Les branchies sont rameuses , et composées d^un grand nombre de petits cylindres , portés sur des tigelles 5 qui à leur tour naissent d'une tige plus grosse (2) ; quelquefois ces organes manquent complètement ou n'existent qu'à l'état de vestiges , mais en général ils sont très -développés. Ils sont suspendus sous l'abdomen , à la base de la lame externe des fausses pâtes des cinq premières paires, et flottent librement dans l'eau.

On n'a encore examiné la structure interne que d'un seul genre appartenant à ce groupe , par conséquent nous ne pouvons rien dire de général relativement à leur anatomie.

Cette famille, quoique peu nombreuse , peut être divisée en deux petites tribus reconnaissables aux caractères suivants :

/Ayant la carapace sans divisions et ] [ armée d'an rostre styliforme ; point f j»

STOMAPODES Vde plaque rostrale mobile et des p*^^'^""^** ] branchies en général radimentaires. 1

UmCUIRASSÉS \ . . , .

f Ayant la carapace divisée en trois ^ f looes , une plaqae rostrale mobile [Sqijiuiens. Vet des branchies très-développécs. J

(I) PI. 27, %. 8 et 9, etc.

(a) PI. 10,%. 4. etPl. Q^, fig.7.

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