‹ Histoire naturelle des crustacés, comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux; (volume 5)Chapitre 245 sur 265 · HISTOIRE IIAT17REI.LS · texte numérisé non relu

HISTOIRE IIAT17REI.LS

TRIBU DESERICHTHIENS.

La tribu des Erichthiens se compose d'un certain nombre de petits Crustacés assez voisins des Squilles, mais qui n'ont en général que des branchies rudimentaires , et qui en sont souvent complètement privés. On les reconnaît facilement à la conformation de leur carapace , qui est grande, lamellense j en général transparente, sans sillons longitudinaux ni lobes distincts et toujours armés d un rostre styliforme qui s'avance au-dessus des anneaux opbthalmique et antennulaire (i). Ces deux premiers anneaux de la tête sont moins distincts entre eux que cbe^ les Squilles , mais conformés à peu près de même, et mobiles sur le segment cépbalique suivant. Les antennes internes s'insèrent au-dessous et en arrière de& pédoncules oculaires; elles sont assez écartées entre elles, et leur pédoncule, grêle et cylindrique , se compose de trois articles , et porte à son extrémité trois filets multiarticulés (2). Les antennes externes sont insérées à quelque distance en arrière fies précédentes et se dirigeât en debors ; leur pédoncule est gros et formé de deux articles^ dont le premier donne naissance, par le bord autérieur de son extrémité, à une tige grêle et courte, composée de deux articles pédonculaires et d'un filet multirarticulé , et dont le second porte à son extrémité une grande lame ovalaire à bords ciliés (3). Uépistome n'est pas saillant et renflé comme

(1) PI. %>) , iig. 1 , et PI. s8 , %. 10 et xi.

(2) PI. 27 , Hg. 2 d.

(3) PI. 27, Hç. 2 ; e% PL a8, Eg. u,

«es CRVStACES. 49^

i^be4 h9 SquUles , «t la boucbe ressemble k un tubei> cille pyrifotrme situé rers le milieu ou vers le tiers postérieur de la face inférieure de la carapace. La lèvre supérieure a la forme d'un triangle dont la base serait arrondie et dirigée en arrière. Les mandibu" les (i) soQt yertiealeSf renflées à leur base, et armées de deux Ipiranches à bords dentelées, dont la supé*rieure s'élèy<> dan» Fintérieiir du pharynx ; leur tii^e palpiibrime est rudimentaire ou nulle. La levure inférieure (a) est grosse et composée de deux lobes ren« fiés. Les mâchoires (3) sont petites et conformées de la m^me manière que chez les Squilles , si ce n'est que celles de la seconde paire sont plus étroites. Les membres qui représentent les pates-mâchoires antérieures , les pâtes ravisseuses , les trois paires de pales subchéliformes appliquées contre la bouche, et les trois paires de paies natatoires qui terminent la série des membres thoraciques, sont conformés et disposées de la même manière que chez les Squilles (4) , et ont déjà été suffisamment décrits dans les généralités sur cette famille ; il est seulement à noter que souvent les trois paires de pâtes subeUéliformes sont moins rapprochées de la bouche que chez les Squilles, et que celles des trois dernières paires sont quelquefois rudimentaires. La carapace (5) se prolonge plus ou moins loin au-dessus des derniers anneaux du thorax, ou même au-dessus des pre«(kiers segmens de Tabdomen , mais sans y adhérer.. Uahdomefi est alongé ; son der-

(1) PI 27, fig. 3.

(2) PL 27, fig. 4.

(3) PI. 27, fig. Set 6.

(4) PI. 27, fig. 2.

(5) PI. 37, liç. I €t 2 ; PI. a8, fîg. 10 et 12.

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nier segment est très-grand , et recouvre en entier les appendices de lanneau précédent, qui sont courts, mais conformés de la même manière que chez les Squilliens (1). Enfin les fausses pâtes suspendues aoi cinq premiers anneaux de l'abdomen sonLplus grêles et plus allongées que dans l'autre division de cette famille, et, comme nous l'avons déjà dit, ne présentent en général que des vestiges de branchies.

Les Erichthiens ne se rencontrent guère que dans la haute mer, et n'ont été trouvés jusqu'ici que dans les régions tropicales. On peut reconnaître aux caractères suivans les trois genres dans lesquels nous les répartissons :

ERICTHIENS

Genres.

ayant la griffe des paies rayi$seiises\

coai'be et armée de dents sur son f c^„„,.,^„„^-

bord préhensile; [très -développées.

/ayant la griffe

des pâtes rayis-

i sensés droite et

Carapace recoa- 1

yrant lanneau 1

ophthalmiqae etl I la base des yeux,! p.,,^^„^

et s'étendant eni^*'^»™ I arrière pins ont I moins loin an- 1

sans dents; les Idessas de TabdobranchiesnnllesC men.

ou rudimentai-' res.

Carapace ne re-1 'couvrant pas Tan- 1 neau ophthalmi-J que ni la base des \ âlihk.

Îeaxetnes*éten-I ant pas au-des-| sus del'abdomeu.

(I) PI. 27^ fig. 8.

Digiti?ed by VjOOQ iC

DES CRUSTACÉS»: /^gy

Genre SQUILLERIGHTHE^ — SquUlerichthus.

Nous proposerons de désigner sous le nom générique de Squillerichthe certains Stomapodesqui établissent le passage entre les Squilles et lesErichthes, et se lient d'une manière très-étroite à ces deux genres.

De même que chez les Erichthes , la carapace est armée deprolongemens spiniformes et recouvre la base des antennes internes, mais en arrière , elle ne dépasse pas (les épines non comprises] le dernier anneau du thorax (PI. 27, fig. 1). Le rostre est stilifprme et très-long. Les yeux sont gros , pyriformes et articulés, à angle droit , sur un pédoncule cylindrique très-gréle et assez long. L'anneau ophthalmique n'est pas distinct de l'anneau antenâulaire comme chez les Squiiiiens, mais le mode d'insertion des antennes est le même que chez ces animaux et chez les Erichthes (Pl.|27, fig. 2). Les antermes de la première paire sont dirigées en avant et ne présentent rien de remarquable. Les antennes externes sont dirigées en dehors , comme chez les Erichthes, et présentent aussi un gros pédoncule portant à son extrémité une grande lame ovalaire , ciliée tout autour et donnant insertion , par son bord antérieur, à une tigelle très-courte , et composée de deux articles pédonculaires et d'un filet tei*mi~ nal. La bouche est peu éloignée, de la base des antennes, et située vers le milieu de la carapace. La Ihifre supérieure est grande, demi-circulaire et saillante. Les mandibules sont dirigées en bas. comme chez les Squilles; on y remarque aussi une grosse dent denticulée , et un prolongement également dentelé sur le bord, qui remonte vers l'estomac (fig. 3); mais la tige palpiforme est nulle ou rudimentaire. En arrière des mandibules on trouve une grosse lèvre inférieure bilobée (fig. 4) ; puis deux paires de mâchoires, dont la forme est la même que chez les Squiiiiens (fig. 5et6). Les appendices qui correspondent aux pates-mdchoires de la première paire ne présentent rien de remarquable, ils ont la forme d'une tige

49^ HISTOIRB VâTUKBLLE

longue et grêle, et, de même qoe les autres Crustacés de cette famille, ne pumiaMiit pas fiiire partie de l'appareil buccal ( fig. 2 ) . Lies membres delà paire suivante sont très-grands, et Qonatitoent des paUs iWvisêmsêM exactement semblAMes à oellet deiSquilkti leBrpénnltièflM article est Aargl et épineni ven k beae I leur (piiie terminale est coorto et armëe de dents spilliformes sur le bord préhenàie. Les pâtes des trois paires fuivantea s'inaèrmt sur vne ligne transversale <sonrbe, immédiatement en arriéra des pâtes ravissemes , et sont liai>ituellement appliquées ooutra la bouehe , eiactement comme ohex les SquiUieos (fig. 8) } chacune d'elles p<Mte k sa base une véûcole aplatie en fiarmt de disque, et se termine peoune mein chélifitv ovalaire. Les trois derniers anneaux tboraeiquea sont complets et libres au-dessous de la carapace, qui en recouvre les deux premiers. Las trob paires de /r^/^j correapgndantes sont de grandeur médiocre, et conformées comme chez les Squilliens, seulement leur d«*nier article n'est pas sétiftra. L'abdomen est grand , et peêsemble beaucoup à celui des Squilles, si ce n'est «[ue son dernier segment est beaucoup plus grand et recouvre habituellement les membras du pénultième anneau (fig. 1). Ces der« niers oi^genes se composent , comme chet les Squilles, d'un article pédoaculaira qui se prolonge inférieurement en une grande lame » et porte deux appendiœs insérés sur ses bords près de sa base ( Pi. fiT» fig. 8) 9 rappendioe interne consiste en une grande lame ciliée , l'externe se compose de deux articles , dont le dernier est ovalaire, et le pénultième armé d'épines sur le bord externe. Les /atusts pâtes suspendues aux cinq premiers anneaux de Tabdomen , sont grandes et formées d*un article pédoneulairo presque carré , et de deux grandes lames ovalaires , à bords ciliés } la lame interne porte sur son bord interne un petit appendice rudimentaire, et l'externe donne insertion près de sa base à ui^e grande bfw^kië rameuse (fig. 7).

Ces GrusUoés sont de petite tailie, et n'ont été encore trouvés que dans les mei*s d'Asie,

0S8 cnusTAcis. 499

(H, «7» fig.i-80

Rostre dëpaisant le pédoncule des antenne» intenses ; une grande épine horizontale sur le milieu du bord postérieur de U carapace ; et de cbacpie côté un autre prolongement spiniforme plus long , naissant de l'angle de la oarapAce } enfin une pointe assez forte yers le milieu du bord latéral de la carapace , et nu autre au-dessus de la base des antennes escternei. Grifles des pâte» ravisseuses, armées de quatre dents (y compris la pointe terminale). Le dernier anneau thoracique ne«t pt9 recouvert par lu carapace y et Tabdomen est très-grand. Son dernier segment est beaucoup plus long que large ; et armé de trois paires de dent» marginales. Longueur, environ i$ lignes.

Trouvé dans lea mers d'Asie. (C. M.)

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