Anchylomère de Hunter. — A. Hunterii (i). PI. 3o, fig
Le corps beaucoup plus renflé que dans l'espèce précédente ; les antennes guère plus longues que la tête et n'ayant leur tige terminale composée que d'environ quinze articles. Les pâtes des deux premières paires presque de la même longueur. La main de celles de la cinquième paire présente à l'angle inférieur une grosse dent conique beaucoup plus saillante que celles situées audessus ; l'ongle qui termine la griffe mobile est très-court.
Un peu plus grand que l'espèce précédente.
Se trouve à l'île Bourbon.
Le genre Hieraconyx de M. Guérin (2) ne nous paraît pas différer notablement de nos Anchylomères, et a été probablement établi d'après un individu dont la croissance n'était pas achevée. Il se distingue seulement par un peu plus de longueur dans les antennes , par un moindre développement du premier article des pâtes des trois dernières paires , et par l'existence d'un article mobile à l'extrémité de la griffe préhensile des pâtes de la cinquième paire.
L'espèce unique qui a servi à l'établissement de ce genre,
espèce à M. de Blosse ville , officier de marine , qui saisit avec empressement toutes les occasions pour se rendre utile à la science, et qui parait avoir péri dans les glaces du Nord.
(i) Edw. loc. cit.
(2) Guérin , Magasin zool.
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et qui a reçu In nom de Hieraconyk raccourci (1), est longue d'environ 3 lignes, et a été trouvée par M. Gaudicliaud pendant une traversée des îles Malouines au Port-Jackson.
Genre PHROSIJNE. — Phrodna (2).
Ce genre a été établi par M. Risso, mais est resté pendant longtemps si imparfaitement connu, qu'il était impossible de le reconnaître avec certitude , et que le Crustacé d'après lequel il avait été caractérisé a été pris par Latreille pour type de son genre Dactylocere. Dans une précédente publication, nous l'avons décrit aussi sous ce dernier nom; mais ayant eu récemment l'occasion d'examiner des Phrosines étiquetées de la main de M. Risso, nous avons pu constater l'identité de ces deux divisions, et pour éviter la confusion qui existe maintenant dans la synonymie du mot Dactylocere , nous adopterons ici de préférence le nom de Phrosùie.
Le corps des Phrosines (PI. 30 , fîg. 21 ) est moins élargi que celui des Hypéries, et la tête extrêmement grande est placée plus obliquement, de façon quesa partie supérieure est beaucoup plus saillante que la partie inférieure. Le front est armé de deux prolongemens coniques qui ressemblent à des cornes, et qui paraissent représenter les antennes de la première paire, dont on ne voit pas d'autre vestige. Les antennes , au nombre de deux seulement , s'insèrent à quelque distance de la ligue médiane, un peu au-dessous des cornes
(i) Hieraconyx abbieviatus , Guérin, îoc. cit. class. VII , PI. 17 , fig. 2.
(2) Pisïtooë? Fiafîinesque , Précis de découvertes somiol. p. 25. — Phrosina , Piisso , Hist. nat. de l'Eur. mérid. t. 5, ]>• 91. — Daclylocera , Latreille , Iîègn. anim. de Cuv. t. L\ , p. 117. — Edw. Ami. des Se. nat. t. 20, p. 393. — Pkrosine , Costa, Fauna del regno di JNapoli.
Le genre Pkrosine , tel que Latreille l'a caractérisé dans le Règne animal (t. 3, p. 117), ne paraît pas différer notablement des Hypéries (voyez aussi le Cours d'Entomologie, p. 4°°)-
frontales; elles sont très-courtes, sty li formes , et composées seulement de trois articles , dont les deux premiers presque rudimentaires. L'espace compris entre l'insertion des antennes et la bouche est très -grand. L'appareil buccal ne présente rien de remarquable, si ce n'est que les mandibules manquent de branches palpiformes (1). Le thorax n'est divisé qu'en six articles ; les pièces épimériennes sont bien distinctes , et tous les segmens ont à peu près la même longueur. Les pales des deux premières paires sont petites, et s'insèrent au premier anneau thoracique, de chaque côté de la bouche ; elles sont un peu comprimées , et diminuent graduellement de largeur vers le bout qui est pointu. Les pâtes des quatre paires suivantes se terminent par une main subchéliforme , dont le bord préhensile est fortement dentelé , et dont la griffe formée par le sixième article seulement est très -longue 5 le premier article des pâtes de la troisième et quatrième paire est étroit , comme celui des pâtes précédentes ; mais aux pâtes de la cinquième et sixième paire cet article est lamelleux et très-large ; enfin de toutes ces pâtes ce sont celles de la cinquième paire qui sont les plus longues. Quant aux pâtes de la septième paire, elles ne sont représentées que par un seul article lamelleux , assez semblable à la hanche des deux paires précédentes. Enfin l'abdomen se termine par une sorte de nageoire composée du quatrième anneau, des cinquième et sixième segmens soudés ensemble , d'une lame caudale impaire , et de trois paires de grandes lames ovalaires, semi-membraneuses.
(i) Dans l'espèce que j'ai examinée , il n'existait aucun vestige d'appendice palpiforme inséré aux mandibules ; mais dans la figure que M. Costa a donnée de ce genre , on voit de chaque côté de la bouche un petit appendice sétacé qui paraîtrait être un palpe mandibuîaire, et qui est considéré par ce naturaliste comme une seconde paire d'antennes ; il serait possible que ces appendices ne fussent autre chose que les pièces terminales des pates-mâchohes devenues plus saillantes que d'ordinaire.
DES CRUSTACÉS. Ç)l
Phiôcikb de Nice. — P. Nicetensis (i).
(PI. 3o, fig. 2 1.)
Angle antéro-inférieur du pénultième article des pâtes des deux premières paires spiniforme et s' avançant beaucoup au delà des dentelures du bord situé au-dessus. Six dents, dont deux plus fortes que les autres sur le bord inférieur du pénultième article des pâtes de la cinquième paire. Troisième anneau de l'abdomen obscurément tricaréné en dessus. Appendices abdominaux des trois dernières paires arrondis postérieurement.
Longueur : environ i Douce.
Habite la Méditerranée. (G. M.)
La Phrosiwï semi-lunaire (2) , à en juger par la figure très-détaillée qu'en a donnée AI. Costa, diffi-re de l'espèce précédente par l'absence d'une grosse dent à l'angle antéro-inférieur du pénultième article des pâtes antérieures, par la forme plus acuminée des lames natatoires que représentent les trois dernières paires de fausses pâtes, et par quelques autres caractères.
Genre PHRONIME. — Phronima (3).
Latreille a établi ce genre pour recevoir un Amphipode trèscurieux , et dont on trouve une description sommaire dans l'ouvrage de Forskal. Sous beaucoup de rapports, lesPhronimes ressemblent au genre Anchylomère , mais leur corps est mou, semi-transparent et beaucoup plus allongé. La tête est très-grosse, verticale, et ne porte que deux petites antennes insérées très -loin de la ligne médiane. Les mandibules n'ont point de grand palpe articulé comme chez les
(1) Dactylocera Nicetensis , Ed\v. Ann. des Se. nat. t. 20, p. 2û3, et Atlas du Règn. anim. de Cuvier, Crust. PL 58, fi?-. 2.
(2) Pisïtooe bispinosa? Raffinesque, Précis de décôuv. Soraiol. p. 25. — Phrosine semilunata ? Risso, Journal de Physique, 1822 , p. 240 ; etHist. nat. de l'Eur. mérid. t. 5 , PL 3, fig. 10-12.— Desmarest, Consid. p. uSq. — Costa, Fnuna , Crust. PL 4- fig- 1*5.
(3) Cancer, Forskal, Descript. anim. — Phronima, Latreille, Ge. ncra Crust» ete» «- Laraatck , L«ach( Desnuircaî. etr
Cj9, HISTOIRE NATURELLE
Hypéries, raiis les antres appendices de Ja bouche sont essentiellement les mêmes que chez ces animaux. Le thorax est très -large antérieurement, et se termine presque en pointe; on y compte sept anneaux , dont le premier est trèsétroit. Les putes sont tontes longues, grêles et faibles; celles des deux premières paires ont, en général, l'antépénultième article aplati et élargi antérieurement : celles des deux paires suivantes sont grêles et cylindriques dans toute leur longueur. Les pâtes de la cinquième paire sont les plus longues ; elles sont dirigées en arrière et terminées par une main forte , renflée et didactyle. Les pâtes des deux dernières paires sont faibles, subulées et reployées sur ellesmêmes. Enfin, entre les deux rangées formées par ces organes , on trouve comme chez les autres Amphipodes une série d'appendices membraneux, très-longs, vésiculeux et de forme ovalaire, disposés par paires sur chacun des segmens liioraciques , excepté le premier et le septième ; le nombre total de ces appendices est par conséquent de dix , et non de six comme on le croit communément , et s'ils remplissent les fonctions d'organes respiratoires ils servent aussi à retenir sous le corps les œufs et les jeunes qui viennent d'éclore. V abdomen est presque aussi long que le thorax : les trois premiers anneaux sont étroits et allongés; les fausses pâtes qui y correspondent sont remarquables par la grandeur de leur pédoncule, lequel est plus long que les deux lames natatoires qui les terminent. Le quatrième segment de l'abdomen est beaucoup plus court que les précédens ; le sixième est confondu avec le cinquième , et se continue postérieurement avec une petite lame horizontale; enfin les fausses pâtes des trois dernières paires sont formées par un pédoncule long, grêle et cylindrique, portant à son extrémité deux petites lames pointues.
Ces Crustacés singuliers habitent l'intérieur d'une espèce de coque cylindrique, ouverte aux deux bouts, d'une texture gélatineuse absolument semblable à celle des Méduses les plus simples, et formée probablement par le corps dequelque t>eroe .
i. Phronime sédentaire. — Phronima sedenlaria (i).
Corps presque transparent. Les antennes courtes et forme'es de deux articles dont le premier est fort petit. Les pâtes des deux premières paires , comprimées; leur antépénultième article se prolongeant au-dessous de la griffe , qui est cylindrique et paraît bifide à cause de la petitesse de l'ongle terminal et de l'existence d'une épine à l'extrémité du dernier article. Les pâtes de la quatrième paire plus longues que es précédentes ; les deux doigts qui terminent celles de la cinquième sont gros, courbés, et armés d'une dent sur le bord interne. Enfin les dernières pâtes sont plus petites et plus faibles que celles de la sixième paire.
RI. Risso a observé que La Phronime sédentaire, à l'état vivant , est nacrée et ponctuée de rouge.
Elle se trouve dans la Méditerranée , et on l'a rencontrée aussi près de Barray, en Zetland.