XXVIII. HIPPE, Hippa, Fabricius
Quatre antennes inégales, ciliées; les intérieures plus courtes et bifides ; les deux extérieures plus longues, roulées en dehors. Les yeux écartés, portés sur des pédoncules menus. Test ovaleoblong , convexe , un peu rétréci en devant , où il est tronqué, écbancré, à deux ou trois dents» Abdomen court , muni à sa base d’un appendice, à lobe terminal oblong. Dix pâtes toutes dépourvues de pinces ; les antérieures terminées par une main lamelliforme adactyle.
Si les hippes sont voisines des albunées par les caractères génériques, comme il a été dit à Farticle de ces dernières, elles le sont encore plus par leurs rapports généraux ; c’est principalement par le défaut de pinces aux pâtes antérieures, et par leurs antennes bifides qu’ils en diffèrent; ce genre était plus nombreux dans les anciennes édi-
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tiens du Système entomologique de Fabriciiis ; mais ce célèbre naturaliste ayant formé à ses dépens , dans son dernier supplément , les genres syméthis et albunée , genres qui ont été adoptés par M. de Lamarck , il s’est trouvé réduit à trois espèces. Enfin M. Latreille a depuis pris sa première espèce pour faire le genre émérite , qui n’a pas été admis.
Les antennes extérieures des hippes sont grosses , de la longueur de la moitié du corps, composées de cinq articles, dont le dernier est subdivisé en un grand nombre d’autres qui diminuent graduellement; elles sont carénées et très velues à l’extérieur ; leur base est cachée par une longue et large pièce, terminée par deux épines, dont l’inférieure est la plus longue; les antennes in térieures sont placées en dessus des yeux , du quart plus courtes que les autres, filiformes et bifides ; les yeux sont portés sur de longs pédicules mobiles ; les deux pièces extérieures , qui recouvrent la bouche ou les mâchoires, sont démesurément longues et larges, relativement à la grosseur de l’ani-
mal; elles cachent deux autres paires de mâchoires, trois paires de palpes, des mandibules et une lèvre.
Le corselet est presque cylindrique ou ovale-allongé , sinué en avant , et terminé par trois pointes , dont les deux latérales sont les plus saillantes ; il forme postérieurement en dessous une grande cavité; sa surface extérieure est sillonnée en travers par des stries irrégulières , dentées , de meme nature que celles qu’on remarque sur la galathée, mais non velues ; elle a, de plus, deux véritables fentes sinueuses à la partie antérieure du dos, dont la partie postérieure est en recouvrement sur l’antérieure ; ces fentes ne peuvent point être regardées comme une articulation , servir à la courbure du corps, puisqu’elles ne s’étendent point jusque sur les côtés; on n’en devine pas l’usage ; les réflexions qui ont été émises à l’occasion de la conformation de la galathée peuvent être également appliquées ici.
L’abdomen est composé de cinq articulations ; la première, aussi large que le cor-
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seîet et fort courte ; la seconde et la troi sième de même largeur , mais se proîongéant en saillie en leur milieu ; la quatrième , presque carrée ; et enfin la cinquième, demicylindrique , deux fois plus longue que toutes les autres ensemble, et des deux tiers de leur largeur, ayant à ses angles antérieurs de chaque côté une nageoire de deux articles ciliés.
Les pâtes sont au nombre de dix ; les deux antérieures ont les cuisses aplaties , presque rondes , et très larges ; les jambes allongées et composées de deux articles , dont le second est terminé en pointe à son angle intérieur ; la main est une pièce ovale , pointue , très mince , ciliée en ses bords ; c’est une véritable rame. Ces pâtes sont très courtes, et cachées sous l’animal lorsqu’il est en repos ; les deux paires de paies suivantes sont encore plus courtes, et composées de trois articles, dont le dernier est un ongle très large et mince ; enfin , les deux dernières sont semblables aux précédentes à leur base, mais terminées par une nageoire de deux pièces , un peu plus
petites que celle de la première paire ; toutes ces pâtes sont fortement ciliées, et composées d’écailles en recouvrement.
On voit par cette description que l’hippe est un crustacé éminemment nageur, à qui la nature a donné d’énormes mâchoires pour lui tenir lieu des pinces dont il est privé , et qu’elle a peut-être pourvu , comme la galathée, de la faculté de croître sans changer de peau , par la dislocation annuelle des nombreuses pièces dont la surface de toutes ses parties est composée.
Il est à désirer que quelque zoologiste instruit soit mis à portée d’étudier les espèces de ce genre dans leur pays natal , afin de nous faire connaître leurs mœurs.
Hippe émérite, Hippa emeritus.
La queue droite; la dernière articulation allongée, pointue ; le corselet allongé.
Herbst , tab. 22. fig. 3.
Hippa adactjla. Fab.
Hippa emeritus. Fab., Latr. — Lamarck , Anim. sans vert. t. A. p. 222.
Voyez pl. 10, fig. 1, où elle est représentée très peu réduite.
Se trouve dans la mer du Sud, et, selon M. La-^ treille, sur les côtes du Brésil.
ors h i ppr s.