‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 169 sur 487 · TRIBU DES SPHÉROMIENS ONGUICULÉS · texte numérisé non relu

TRIBU DES SPHÉROMIENS ONGUICULÉS

Les crustacés dont se compose ce groupe naturel ont le corps épais, bombé en dessus , et peu rétréci vers ses extrémités (PI. 31, fig. 11 et 16; PI. 32, fig. 1 et10). La tête est large et porte les antennes à son bord antérieur ; les yeux sont circulaires et sont en général reçus dans une échancrure située de chaque côté du bord antérieur du premier anneau thoracique. Les antennes internes sont courtes mais très-grosses à leur base, et s’insèrent de chaque côté d’un petit prolongement du front; presque toujours ces organes sont complétement à découvert lorsqu'ils seredressent, mais ilssont d'ordinaire reployés sous les côtés de la tête. Les antennes de la seconde paire s’'insèrent tout auprès des précédentes et ne présentent rien de remarquable. Les mandibules sont courtes, armées d’une denture très-compliquée, et pourvues d’une tige palpiforme grèle , allongée et composée de trois ou quatre articles (PI. 31, fig. 15; PI. 31, fig. 3 et13). Les mächoires dela première paire sont pourvues de deux lames terminales assez longues, et les mâchoires de la seconde paire portent trois articles foliacés qui se recouvrent et sont ciliées sur les bords (PL. 31, fig. 13 et1#). Enfin les pates-méchoires sont grandes, allongées et palpiformes (PI. 31, fig. 12; PI. 32, fig. k et 14); leur portion basilaire est assez large et se prolonge en forme de lame assez loin au delà de l'insertion dusecond article, qui est au contraire étroit, et forme avec les quatre ar-

ticles suivans un grand appendice palpiforme recourbé en dehors de chaque côté de la bouche et fortement cilié. Les anneaux thoraciques sont bombés en dessus et lamelleux sur les côtés, maïs, ainsi que nous l'avons déjà dit, n'y présentent pas de pièces épimériennes distinctes des pièces tergales, comme cela se voit dans les groupes suivans. Les pates sont toutes grèles et ambulatoires ; l’ongle qui les termine est très-court et en général bifide (PI. 32, fig. 6 et 15), et il n'existe pas à leur base d’appendice lamelleux. L'abdomen se composeseulement de deux ou trois articles mobiles ; quelquefois le premier anneau est distinct des suivans, mais presque toujours il y est soudé , ettous ceux-ci, à l'exception du dernier , sont également soudés ensemble de facon à former une seule pièce sur les côtés de laquelle on distingue seulement quelques fissures ; le dernier segment de l'abdomen est grand et scutiforme ; sa face inférieure est creusée de façon à loger dans une cavité assez profonde les fausses pates des cinq premières paires dont les lames terminales se reploient obliquement les unes sur les autres (PI. 32, fig. 7 ). Enfin les dernières fausses pates, situées de chaque côté du dernier segment, se composent d’un article basilaire terminé par deux lames dirigées horizontalement en arrière; de ces deux lames l’interne est soudée à l’article basilaire et peut être considérée comme un prolongement de son angle postérieur et interne ; l’autre est au contraire mobile (PI. 32, fig. 16).

Les Sphéromiens onguiculés dont on connaît les mœurs vivent près des côtes , sur les rochers, et pour la plupart se contractent plus ou moins complétement en boule lorsqu'on les saisit. Tous sont de petite taille. On peut distinguer, à l’aide des caractères suivans , les différens genres dont ce groupe se compose.

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GENRE SPHÉROME, Sphæroma (1).

Le genre Sphérome, comme nous l'avons déjà dit, a été établi par Latreille; mais a été beaucoup circonscrit par Leach, et ne comprend plus aujourd'hui que les Sphéromiens, dont le corps peut se rouler complétement en boule, et dont les dernières fausses pates ne restent pas saillantes lorsque l’animal est contracté de la sorte,

Le corps de ces Crustacés ( PI, 31, fig. 11) est large, très - bombé, et arrondi à ses deux extrémités, mais ne se rétrécissant pas graduellement vers la tête et vers l’extrémité postérieure comme chez les Cymothoadiens. La tête est très-large, courte, bombée en avant, plutôt verticale que horizontale, et terminée antérieurement par un rebord saillant qui se continue latéralement avecle bord du premier segment thoracique. Les yeux, situés près des angles postéricurs de sa surface supérieure, sont à peu près circulaires, et recus dans une échancrure du bord antérieur du premier anneau thoracique. Les antennes s’insèrent à la face antérieure de la tête, de chaque côté d’un petit prolongement frontal qui se recourbe en bas et en arrière pour se joindre à l’épistome, et elles se reploient dans un sillon creusé sous le bord latéral de la tête et du premier anneau thoracique, de façon à s’y cacher complétement. Celles de la première paire sont très-grosses à leur base, et y recouvrent celles de la seconde pâire; leur premier article est trèsgrand, simple, et presque carré; le secondest court et gros ; mais le troisième est cylindrique et alongé, et est suivi d’une tigelle multi-articulée, divisée en une douzaine de — oo ————__ "|

(1) Oniscus, Linn. Pallas, Fabricius. — Asellus , Olivier, Encyclop. méthod. t. 4, p. 256.—Sphæroma, Latreille, Genera Crustaceorum, t. 1, p. 65; Hist. nat. des Crust. et Ins. t. 7, p. 11 ; Règne anim. de Cuvier, 2e édit. t. 4, p.137; et Cours d'Entomol. p. 409.— Bosc, Hist. des Crust. t. 2, p.182.—Leach, Dict. des Sc. nat.t 12, p. 345—Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t. 5,p. 161.— Desmarest, Gonsil. p. 299. — Guérin. Encyclop. méthod. t. 10, p. 458.

petits articles. Les antennes de la seconde paire sont beaucoup moins longues que les précédentes ; et leur portion basilaire, composée de quatre articles cylindriques, est beaucoup plus grêle.

L'épistome, qu'on peut souvent distinguer facilement du labre, est très-saillant, triangulaire antérieurement, et en forme de fer à cheval postérieurement. En avant il s’avance entre les antennes internes , serecourbe un peu en haut, de facon à se montrer à la face antérieure de la tête, et à atteindre au niveau du front. Le labre est triangulaire et logé presque entièrement dans l’échancrure de l'épistome. Les mandibules (PI. 31, fig. 15), sont courtes, grosses, armées de plusieurs dents à leur extrémité, et garnies d’un appendice palpiforme composé de trois ou quatre articles qui, d’ordipaire, se cache sous l’antenne externe. Les rr7dchoires de la première paire (fig. 14) se composent d’un article basilaire portant deux lames presque d’égale longueur, dont l'interne est ciliée, et dont l’externe est armée d'épines à son extrémité. Les mâchoires de la seconde paire (fig. 13) se composent aussi d’une pièce basilaire portant trois articles lamelleux qui se superposent et' se terminent à peu près au même niveau. Les pates-mächoires (fig. 12) sont grandes , palpiformes, et composées de deux parties assez distinctes; l’une basilaire et très-rapprochée de sa congénère, se termine antérieurement par une petite lame triangulaire qui recouvre les mâchoires ; l’autre terminale, alongée et très-mobile, se recourbe en dehors puis en avant, se compose d’une série de quatre articles et ressemble à un palpe. Les anneaux du thorax ont tous la même forme et à peu près les mêmes dimensions ; le premier, cependant, est plus long que les autres, et on y remarque de chaque côté un petit sillon longitudinal et droit, qui indique la limite entre la pièce tergale et les pièces épimériennes, lesquelles sont triangulaires , de facon que chaque anneau se termine latéralement par un angle assez aigu. L’abdormen est grand, trèsbombé, et composé de deux portions, dont l’une ressemble

assez aux anneaux thoraciques, mais présente de chaque côté des lignes indiquant sa division primitive en quatre segmens, et dont l’autre, en forme de bouclier, termine postérieurement le corps. Les pates sont courtes, grêles et encaissées entre les lames épimériennes; elles ont toutes à peu près la même forme et se terminent par un ongle qui est en général bifurqué. Les fausses pates abdominales des cinq premières paires sont reployées obliquement les unes sur les autres, et recues dans une excavation profonde du dernier articie de l’abdomen. Enfin les fausses pates de la dernière paire se terminent par deux lames ovalaires assez sen:blables entre elles, et toutes les deux à découvert; mais dont linterne est soudée avec l’article basilaire qui la porte, de facon à ne pas pouvoir se porter en dehors, et dont l'externe glisse sous l’interne , ce qui permet à l’animal de se reployer complétement en boule.

Leach a distingué, sous le nom générique de Zuzare (1), les espèces qui peuvent se contracter en boule comme les Sphéromes ordinaires, mais qui ont la petite lame externe des dernières fausses pates plus grande que l’interne et concave en dessus ; tandis que chez les Sphéromes cette lameest plate et de même forme que l'interne. Cette division repose, comme on le voit, sur des caractères de très-peu d'importance, et ne nous semble pas devoir être adoptée.

Tous ces crustacés sont de très-petite taille , et vivent sur les rochers seus-marins, parmi les polypiers et les plantes marines.

(1) Zuzara, Leach, Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 344. — Desmarest, Consid. p. 298.— Latreille, Règne anim. de Cuvier, 2eédit. t. 4, p.139; Encyclop. t. 10,.p. 823.

DES CRUSTAEËS. : 205

$ 1. Espèces dont les deux derniers segmens du thorax sont de méme forme que les autres anneaux et ne se prolongent ni l'un ni l'autre postérieurement en forme de dent ou de tubercule médian.

A. Bord postérieur du dernier segment abdominal n'offrant ni dentelure ni échancrure.

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