‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 229 sur 487 · OLENGIRE DE Lamanck. — O. Lamarckii · texte numérisé non relu

OLENGIRE DE Lamanck. — O. Lamarckii

Pates de la première paire plus grande que celles de la seconde, et les septièmes plus grandes que les précédentes. Lames terminales des dernières fausses pates ne dépassant guère Ja moitié de la longeuur du dernier segment abdominal qui se rétrécit graduellement et se termine par une pointe obtuse.

Patrie inconnue. (Collection du Musée britannique.)

L'Oniscus pragustator de Latrobe (2) a beaucoup de ressemblance avec l'espèce précédente.

Genre CYMOTHOË. — Cymothoa (3).

Le genre Cymothoé, fondé par Fabricius, et généralement adopté par les carcinologistes, a été néanmoins considérablement réduit, et ne comprend plus maintenant qu'un petit nombre d’Isopodes essentiellement parasites, qui se font remarquer par leur forme trapue, la largeur de leur abdomen et la manière dont leurs pates sont reployées en dedans sans pouvoir s'étendre complétement.

La téte de ces Crustacés est petite , plus large que longue, et plus ou moins profondément enfoncée dans une échancrure du premier anneau thoracique. Les yeux, situés latéralement sur sa face supérieure, sont bien distincts chez les jeunes individus , mais tendent à s’effacer par les progrès de

(1) Leach , Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 350. — Desmarest, op. ct. p. 307.—Edw. Atlas du Règne animal de Cuvier , Crust. PI.65, fig. 3.

(2) Oniscus prægustator, Latrobe, Trans. of the American philosoph. society , vol. 5, p. 99, PL. 1. — Cymothoa præœgustator , Say, Journal of the Acad. of Philadelphia, vol. 1, p. 395.

(3) Oniscus, Linnæus, Fauna Suec.; Syst. nat., etc. — Pallas, Spicil. Zool. — Fabricius, Mant.1, p.241. — Asellus, Olivier, Encyclop. méthod. t. 2, p. 246.—Cymothoa, Fabricius , Ent. Syst. IT, et Supplém. p. 304. — Latreille, Hist. nat. des Crust. et Ins. t. 7, p.18; Règne anim. de Cuvier, t. 4, p. 133, etc. — Leach, Dict. des Sc. nat. t. 12, p. 352. — Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t. 5. — Desmarest , Consid. sur les Crust. p. 308.

DES CRUSTACÉS. 265 l’âge, ce qui paraît dépendre de l’épaississement et de Paugmentation de l’opacité de la portion des tégumens qui les recouvre et qui constitue une cornée commune presque lisse. Les antennes s’insèrent sous le front et sont dirigées horizontalement en dehors; elles sont très-courtes, un peu aplaties, et se composent d’un petit nombre d’articles dont le volume diminue assez régulièrement de la base au sommet de ces appendices. Celles de la première paire se composent de sept à huit articles, dont le second et le troisième sont les plus gros; tantôt elles se touchent par leur base ; d’autres fois, elles sont séparées par un espace assez considérable occupé par un prolongement du front, qui se recourbe en bas et en arrière pour se joindre à l’épistome. Les antennes de la seconde paire s’insèrent tout près de la base des précédentes, et sont à peu près de la même longueur ; on y compte aussi six à huit articles. La lèvre supérieure est grosse , saillante, arrondie et semi-circulaire. Les m#andibules sont fortes, mais d’une structure peu compliquée à leur extrémité libre, et portent un gros palpe composé de trois articles , lequel s’avance de chaque côté du bord externe du labre (1). La lèvre inférieure se termine par deux lobes arrondis assez grands , qui recouvrent l’extrémité libre des mandibules , et qui sont à leur tour recouverts par les mâchoires. Les méchoires de la première paire sont grèles , allongées, simples et terminées par quelques dentelures ; celles de la seconde paire sont au contraire larges et operculiformes ; elles sont à peu près ovalaires et sont divisées à leur extrémité en deux petits lobes, dont l’externe est un peu épineux, et dont l’interne paraît être le vestige d’un second article. Enfin les pates-mächotres, qui sont très-larges et qui recouvrent la presque totalité du reste de l'appareil buccal, sont également operculiformes et formées presque

(1) Voyez pour la représentation des pièces de la bouche des Cymothoés, les figures que nous en avons données dans l'Atlas du Règne animal de Cuvier, Crustacés, PI. 65, fig. 14, 2b, 2c, 2d, 2e, 2f et 2g.

entièrement aux dépens de leurs deux premiers articles qui sont aplatis et très-grands; chez la femelle, le second article surtout prend un très-grand développement et se prolonge extérieurement en forme de disque ovalaire ; les deux derniers articles sont au contraire très-petits et forment au sommet de ces organes un petit appendice mobile gros et coart.

Le thorax est très-développé et dune forme générale plus ou moins carrée ; son premier segment est ordinairement deux ou trois fois aussi large que la tête, et présente de chaque côté un prolongement aplati et de forme arrondie, qui s’avance du côté externe de celle-ci et qui dépasse quelquefois le niveau du front, ce qui fait paraître l'extrémité antérieure du corps comme tronquée. Les anneaux thoraciques suivans augmentent un peu de largeur transversalement, et ont tous, à l’exception du dernier, le bord postérieur à peu près droit ; mais le septième segment, très-étroit vers le milieu du dos et assez long vers les côtés, se termine postérieurement par une échancrure plus ou moins profonde qui en occupe toute la largeur et qui recoit la base de l'abdomen, Il est aussi à noter que tous ces anneaux, à l’exception du premier, portent latéralement une pièce épimérienne bien distincte qui surmonte l'articulation de la pate correspondante ; ces épimères sont longs et étroits; mais quoique grands, ne se touchent pas entre eux, et se terminent en avant et en arrière par un bord arrondi. Les pates sont courtes, grosses , dirigées en dedans et recourbées sous la face ventrale du corps; elles sont reployées sur ellesmêmes, et, comme nous l’avons déjà dit, ne peuvent pas être redressées ; la hanche est courte, large et creusée d'un sillon longitudinal qui sert à loger en partie la portion terminale du membre, et qui occupe, aux trois premières paires de pates , le bord antérieur et inférieur de la cuisse, tandis qu'aux pates des quatre dernières paires, il est situé au bord postérieur et supérieur ; il est aussi à noter qu'aux quatre dernières paires de pates, le bord postérieur et inférieur de la cuisse se prolonge plus ou moins en forme de crète ou

même de lobe arrondi. Les articles suivans , surtout le troisième et le quatrième, sont très-petits, et tous sont presque cylindriques ; enfin le dernier a la forme d’une forte griffe très-courbée et très-acérée, qui, en général , peut se reployer, de façon à appliquer sa pointe contre la base de l’antépénultième article, et qui sert à l’animal pour s’accrocher aux poissons sur lesquels il vit. Les pates augmentent un peu en longueur d’avant eu arrière, mais ne diffèrent beaucoup entre elles, ni sous ce rapport, ni par leur forme. Chez le mâle, ils ne portent point d’appendices à leur base ; mais chez la femelle, il naît, au-dessus et en dedans de l'insertion de chacune des pates des six premières paires, une grande lame ovalaire qui se porte horizontalement en dedans, et qui, s’imbriquant avec ses voisines , concourt à former sous la face inférieure du thorax une grande poche incubaltoire.

L’abdomen est court, large, et rétréci antérieurement ; il se compose de six anneaux mobiles et parfaitement distincts ; les cinq premiers segmens sont très-courts et augmentent progressivement de longueur du premier au cinquième, qui est en général au moins aussi grand transversalement que le dernier anneau thoracique , tandis que le premier n’a guère plus de la moitié de cette largeur ; chacun de ces anneaux se termine latéralement par une petite pointe recourbée en arrière, pointe qui est peu distincte sur le premier segment, mais qui est très-aiguë sur les suivans. Enfin, le sixième segment abdominal est très-srand, lamelleux , et beaucoup plus large que long. Les fausses pates abdominales des cinq premières paires sont dirigées en arrière, les unes au-dessus des autres contre la face inférieure du dernier segment de l'abdomen (ou la queue), et conformées toutes à peu près de la même manière; leur article basilaire est très-court et porte deux grandes lames ovalaires dont linterne , insérée du côté externe, est un peu plus large et plus carrée que l’autre. Il est seulement à remarquer que les appendices de la première paire sont assez grands pour

cacher presque en entier tous les autres, et que ceuxci ont une texture de plus en plus molle et membraneuse à mesure qu'ils sont placés plus loin en arrière. Enfin, les membres du sixième segment abdominal représentent , comme d’ordinaire dans cette famille, avec la grande lame médiane qui les porte, une sorte de nageoire caudale, et se composent chacun d’un article basilaire aplati dont l'angle postérieur et interne se prolonge en forme de dent, et de deux articles terminaux courts et styliformes.

Dans le jeune âge, les Gymothoés diffèrent beaucoup de ce qu’ils sont à l’âge adulte (1) : ils ont alors la tête grosse et bien dégagée du thorax ; les yeux sont très-grands et trèsdistinctement granulés; les pates sont extensibles et au nombre de six paires seulement; le septième anneau du thorax est rudimentaire, et n’encaisse pas l’abdomen, qui est très-grand et allongé; les fausses pates antérieures sont garnies de longs cils plumeux, et se rapprochent, par leur forme, des fausses pates natatoires des Amphipodes ; enfin , l’abdomen est terminé par une nageoire bien conformée dont la pièce médiane est garnie de longs poils sur le bord, et dont les deux paires de lames latérales, au lieu d’être styliformes, sont foliacées, ovalaires et à bords ciliés.

Les modifications que les Cymothoés subissent tous par les progrès de l’âge sont surtout remarquables chez les femelles , et rendent souvent la détermination des espèces très-difficile. Ces Crustacés atteignent quelquefois une longueur de près de trois pouces, et varient beaucoup entre eux par le degré de convexité et la largeur de leur corps ; quelquefois ils sont un peu déjetés de côté, et montrent bien évidemment une tendance à se déformer par les progrès de l’âge, tendance que nous rencontrerons bien plus marquée chez quelques autres Isopodes plus complétement parasites.

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(1) Voyez Ann. des Sciences naturelles, 2° série , t. 3, p. 323, PI. 14, fig. 3.

Ces Crustacés vivent , comme nous l'avons déjà dit, cramponnés sur le corps de divers poissons ; mais leurs mœurs nous sont presque entièrement inconnues. On en à trouvé dans toutes les régions du globe, et les limites géographiques des espèces ne paraissent pas être aussi bien circonscrites que pour les Crustacés non parasites. Les pêcheurs les désignent souvent sous le nom de Poux de mer, et on les a appelés aussi Estres de mer ou Asiles de poissons.

$ A. Espèces dont le front se reploie entre la base des antennes internes qui s'insérent assez loin l'une de l'autre.

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