‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 2)Chapitre 239 sur 487 · Cymornoë n'Aupouix. — C. Audouini · texte numérisé non relu

Cymornoë n'Aupouix. — C. Audouini

Corps tres-aplati. Tête tres-petite, globulaire, beaucoup plus large que longue, arrondie en avant et n'avançant pas du tout au-dessus de la base des antennes internes ; celles-ci dépassant le bord postérieur de la tête, et ayant leur premier article trés-gros. Premier anneau thoracique petit, mais encaissant tout à fait la tête, et tronqué à l'extrémité de ses prolongemens latéraux qui atteignent le niveau de la base des antennes externes. Les anneaux suivans augmentant de largeur et de longueur jusqu'au cinquième

(1) Hist. nat. des Crust.t. 2, p. 212, PI. 16, fix. 1.

DES CRUSTACÉS. 255 inclusivement ; le septième trés-petit. Cuisses des quatre dernières paires excessivement courtes, pluslarges que longueset globulenses. Abdomen très-petit, mais conformé de même que dans les espèces précédentes, si ce n’est que le bord postérieur du cinquième anneau est droit, et que le sixième segment se rétrécit beaucoup postérieurement, et se termine par un bord droit, moinssaillant

que les lames terminales de ses appendices latéraux. Longueur, environ 10 lignes.

Habite la Méditerranée. (C. M.)

Le Pediculus marinus Groenlandiæ de Séba (1) appartient évidemment à ce genre , mais n'a pas été figuré avec assez de précision pour que l’on puisse le rapporter avec certitude à aucune des espèces connues ; il est seulement à noter que ce Crustacé ne doit pas être considéré comme le Cymothoé æstre, ainsi que le vou-

laient les anciens carcinologistes, et se rapproche davantage du C. trigonocéphale.

GExre OUROZEUKTE. — Ourozeuktes.

Nous avons établi ce genre nouveau d’après un Crustacé qui a beaucoup d’aflinité avec les Cymothoés, mais qui en diffère, ainsi que de tous les autres Isopodes de la même

famille, par la soudure de tous les segmens de l'abdomen en une seule pièce.

Le corps est large, déprimé et assez régulièrement ova= laire (PI. 33, fig. 8), à peu près comme chez les Livonèces. La tête est très-petite, presque globuleuse et profondément enfoncée entre deux prolongemens du premier anneau thoracique. Le front est moins saillant que le labre. Les antennes sont courtes et coniques ; celles de la première paire s’insèreut sur le front de chaque côté du labre; celles de la seconde paire s’insèrent immédiatement derrière les précédentes et sont plus grêles qu’elles. La bouche est très-avancée et dirigée en avant plutôt qu’en dessous, mais est conformée, du reste, comme chez les Cymothoés. Le thorax est très-large, et présente de chaque côté une bordure for

(1) Thesaurus, t.1, Pl. 90, fig. 6, px.

mée par les pièces épimériennes, qui sont allongées, mais se prolongent moins, loin en arrière que l'angle de la pièce tergale correspondante ; le dernier anneau est en forme de fer à cheval, et loge la moitié de l'abdomen dans l’échancrure de son bord postérieur. Les pates sont courtes et disposées comme chez les Cymothoés, seulement l’ongle qui les termine est beaucoup plus petit (fig. 9) ; àleur basese trouvent aussi de grandes lames foliacées qui constituent sous le thorax une poche ovifère. L’abdomen est à peu près de même forme que chez les Livonèces, mais tous les anneaux dont ilse compose sont soudés ensemble et ne se distinguent entre eux que par de légers sillons transversaux. Les fausses pates de la première paire sont très-grandes, et leur lame externe recouvre non-seulement toutes les fausses pates suivantes, mais se recourbe sur la partie latérale et supérieure de l'abdomen. Les fausses pates des quatre paires suivantes ne présentent rien de remarquable ; enfin , celles de la dernière pairesont conformées comme chez les Cymothoés, mais cachées sous la lame terminale de l’abdomen.

Ces Crustacés, dont nous ne connaissons que la femelle à l'état adulte, subissent des modifications considérables par les progrès de l’âge. Quand ils viennent de naître et sont encore renfermés dans la poche ovifère de leur mère, ils ressemblent beaucoup à de jeunes Anilocres; leur tête est grosse; lethorax ne porte que six paires de pates; l’abdomen est divisé en six anneaux mobiles; les fausses pates des cinq premières paires sont semblables entre elles, et garnies de deux lames ovalaires à bords ciliés; enfin, les dernieres fausses pates sont grandes, et forment, avec le dernier article de l’abdomen , une large nageoire à cinq lames ciliées.

OurozEuxTE D'OwEx. — O. Owen, (PI. 33, fig. 8.)

Tête tres-petite ; front trilobé; yeux circulaires et latéraux; thorax très-large (le quatrième anneau ayant plus de six fois la largeur de la tête); abdomen terminé par une grande lame fo-

DES CRUSTACÉS. by

liacée arrondie postérieurement. Pates des quatre premières paires grêles ; celles des trois dernières paires trés-larges, ayant la cuisse aplatie et très-dilatée, et le bord antérieur de l'article suivant prolongé en forme de lame ovalaire. Longueur, près de 2 pouces.

Patrie inconnue. Ce Crustacé curieux m'a été donné par le savant à qui je le dédie.

SECTION

DES ISOPODES SÉDENTAIRES (ou ÉPICARIDES , Latr. ).

Cette division , de l’ordre des Isopodes, ne comprend qu'un très-petit nombre de Crustacés, mais se distingue des groupes précédens par des caractères importans, et semble établir le passage entre les Edriophthalmes et les Crustacés suceurs. Elle se compose d'animaux complétement parasites, qui vivent fixés sur le corps d'autres Crustacés. Les individus femelles grandissent beaucoup et semblent se déformer par les progrès de l’âge, tandis que les mâles restent très-petits et se rapprochent beaucoup plus, par leur structure, des Isopodes ordinaires (1). Chez les uns et les autres les antennes sont plus ou moins rudimentaires; les pates sont très-courtes et ancreuses; Pabdomen est peu développé, et se rétrécit graduellement jusqu’à son extrémité; son sixième segment est très-petit et dé-

(1) PL 33, fig. 14 et 15.

pourvu d'appendices ou garni seulement de deux filamens membraneux non articulés ; enfin la bouche estgarnie de pates-mâchoires lamelleuses et de mandibules non palpifères ; mais les mâchoires sont peu ou point distinctes, et toutes ces parties paraissent conformées pour la succion aussi bien que pour la division des alimens solides. Chez le male, .le corps se compose de treize ou quatorze articles bien distincts, dont un pour la tête, sept pour le thorax et cinq ou six pour l'abdomen; le thorax est étroit et les yeux distincts. Chez la femelle, au contraire, les anneaux de l'abdomen , ou même ceux de tout le corps, sont plus ou moins confondus entre eux ; le thorax s’élargit beaucoup, et les yeux cessent d’être visibles.

On ne connaît encore que deux genres qui offrent ce mode d'organisation; mais ces deux petites divisions diffèrent assez entre elles pour qu'on ne puisse les réunir dans une même famille naturelle, et nous les distinguerons de la manière suivante :

Famrrce pes BoPpyrtens.

Appendices abdominaux lamelleux et cachés sous l’abdomen. Famizze Des Îontens.

Appendices abdominaux filiformes et entourant l'abdomen.

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