GÉbie deltuka. — G. dellura (i
Cette espèce ne paraît différer que fort peu do la précédente. MM. Leach et Desmarest lui ont assigné les caractères suivons : abdomen ayant sa partie supérieure membraneuse terminée par des lames extérieures, arrondies et presque dilatées au bout, et par une lame intermédiaire deltoïde, tronquée, mais couverte de petites lignes de poils. Longueur, 2 pouces et demi.
Des côtes de l’Angleterre. \
La Gebia affinis de M. Say (2) ne paraît guère différer du G. lutoralis que par l’alongement des mains j elle habite les côtes de l’Amérique.
MM. Risso et Desmarest ont décrit sous le nom de Gêbie de Davis (.3) un petit Macroure des côtes de IVice, qui paraît appartenir plutôt au genre Tbalassine , car ses « pieds de la deuxième paiie sont terminés , comme les premières , par de longues pinces courbées , dont le doigt inférieur est à peine ébauché. »
C’est à ce genre qu’appartient le Crustacé figuré par Aldrovande sous le nom de cruslaceum quod medium çidetur inter crangonem squillnm et canccllum , sive Bernardum eremitam {/j). Mais il serait difficile de le déterminer spécifiquement.
Le Crustacé figuré par M. Savigny (5), et rapporté, mais avec un point de doute à la Cébic étoilée par M. Audouin , diffère essentiellement des Cébies proprement dites par la forme des pâtes de
(1) Leaeh, Malac. Pod. Prit. PL 3i. — Desm. loc. cit.
(2) Journ. oi the Acad, of Philadelphia, vol. I, p.
(3) Gebia Daviana, Risso, Journ. de Physique, 1822. — Desrn. Consid sur les Crust. p. 204. — Gebios JDavyannus , Ilist. nat. é® l’Eur. niérid. t- V, p. 02.
(4) De Crustatis, p. i5o.
(5) Descript. de LEgypte, Crust. PI. 9, fig. 3.
DES CRUSTACES.
la première paire , qui se terminent par des pinces didaclyles, dont les deux doigts sont d’égale longueur. Il faudra probablement en former un genre particulier.
Genre TlIALASSINE. — Thalassina (1).
Le genre Tlialassine établi par Latrcille ne se compose encore que d’une seule espèce remarquable par la Ibrme de l’abdomen , qui rappelle un peu celle du corps d’une Scolopendre. La carapace de ce Crustacé est courte , étroite et très-élevée ; la région stomacale est petite et limitée en arrière par un sillon profond ; les réglons cordiale et intestinale sont également séparées des régions branchiales , et représentent par leur réunion un triangle dont le sommet est dirigé eu arrière ; le front est armé d’un petit rostre triangulaire. Les ^eux sont petits et cylindriques. .Les antennes internes s’insèrent au-dessous de ces organes ; leur pédoncule est de grandeur médiocre , et leurs lilamens terminaux grêles et inégaux; le plus long a environ trois fois la longueur du pédoncule. Les antennes externes sont trèspetites ; leur pédoncule est cylindrique, et dépasse à peine le rostre , et ne présente en dessus aucun vestige d’appendices. Les pates-mâchoires externes sont médiocres et pédilbrmes ; leur deuxième article est armé de dents spiniformes sur sa face interne, et est à peu près de même forme que les suivans. Les pâtes de la première paire sont étroites et médiocrement alongées , mais assez robustes ; elles sont très-inégales entre elles ; la main qui les termine présente à sou angle antérieur et inférieur une dent plus ou moins forte qui représente un doigt immobile , contre laquelle se replie la base du’ doigt mobile, lequel est très-grand. Les pâtes de la seconde paire sont très -comprimées et assez larges ; leur pé-
(l) Cancer, Herbst Thalassina, Latreillc, Généra, t. I; Kègnc
anim. de Cuvier, t. IV, etc. — Lamarck, Hist. des anim. sans Vert. t. V. — Leach, Zool. Miscel. — Desmarest , Coiisid. sur les Crust.
3l6 IIISÏÜIUE NATURELLE
nulticme cTrticIe surtout est grand et cilié en dessous. Les pâtes suivantes ont à peu près la même forme , mais sont plus étroites et de moins en moins comprimées. abdomen est très-long, étroit, demi-cylindrique, et à peu près de même grosseur dans toute sa longueur. Sa nageoire terminale est petite ; les deux paires de lames latérales formées par les membres du sixième anneau étant presque linéaires. Enfin, les fausses pâtes fixées aux quatre anneaux mitoyens de l’abdomen sont très-grêles, et se composent d’un pédoncule cylindrique et alongé, portant deux lilamens multi-articulés, plus ou moins cilié.s.
Thahssine sconpiOMOT;. — T. scorpionules (i).
Carapace garnie de petits faisceaux de poils très-comTs , armée d'une petite deut en dehors de la base des pédoncules oculaires, de deux lignes do dentelures disposées eu ]>- sur les régions bran • chiales , et d'une forte dent médiane , située sur le bord postérieur et reçue dans une dépression du premier anneau de l’abdomen. Pâtes antérieures presque cylindriques ; uue rangée de dentelures sur le bord supérieur du carpe et de la main; quatre autres rangées semblables , mais moins fortes , sur la face externe et le boi'd inférieur de celle-ci. Bords latéraux de l’abdomen un peu renflés et garnis de longs poils. Longueur, environ G pouces. Couleur, brunâtre.
Habite les côtes du Chili. ( C. M. )
(i) Cancer attomalus^ Herbst. t. III, PI. Ga. — T'hnlnsstna scorpiO' nuides, Latreille, Généra Crust. et lus. t. I, p. 5?. : Eucycl. PI. Siç, fig. I. — Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t. V, p. 217. — Leacli, Zool. Mise. t. III, PI. i3o. — De.srnarest , Consid. sur les Crust. P 2o3, PI. 35, hg. I. — Guérin, Encyc. t. X. p. 6i3, et Icouogr. Crust. PI. 18, lig. 4- —Edwards, Atlas du Règne anitn. de Cuvier, Crustacés, PL 48, fig- -i
DES CnUStACÊS.
TRIBU DES GASTEROBRANCHIDES.
Cette petite division de la l'amille des TBalassiniens est trôs-j'emarquaBle , car elle établit le passage entre les Callianasses et les Squillcs. Parla forme générale du corps (i), les Crustacés cjue nous y rangeons ne diffèrent en effet que fort peu des premiers, et la conformation de leurs branchies thoraciques ne permet pas de les séparer des Décapodes macroures, ni de les éloigner des Thalassiniens ; mais on leur trouve des appendices respiratoires fixés aux fausses pâtes abdominales , et ayant la plus grande analogie avec les branchies rameuses des Storaapodes (2).
Le type de ce groupe est un petit Crustacé auquel nous avons donné le nom générique de Callianide; mais nous rangerons dans la même division le genre Isée de M. Guérin , car nous^ croyons y reconnaître un mode d’organisation analogue. Si les caractères que M. Guérin y assigne étaient exacts , il serait difficile déplacer ici ce genre nouveau, et il faudrait le rapprocher des Paguriens ; mais il nous paraît bien probable qu’il y a eu quelque erreur d’observation, et que dans la réalité les Isées et les Callianides ne diffèrent que fort peu.
Ces Crustacés (3) ont tous le thorax très-petit, ovalaire et comprimé latéralement; leur abdomen, au contraire, est extrêmement long et grêle. La disposition des yeux et des antennes est à peu près la même que chez les Callianasses. Les pates-niâchoires externes
(l) PI. 2.5 bis, fig. 8.
(a) PI. 25 bis, fig.
(3) PI. 25 bis, fig. 8.
HISTOIKE NATURELLE
sont pécli formes et portent en dehors un palpe grêle et multi-articulé. Les pâtes des deux premières paires sont didactyles ; celles de la paire antérieure sont longues, très-inégales et terminées par une grosse main comprimée; les secondes sont petites et très-minces. Les pâtes de la troisième paire sont élargies vers le hout à peu près comme chez les Callianasses , et terminées par un tarse très-court , formant , avec un tubercule de l’article précédent , une pince imparfaite. Les pâtes de la quatrième paire sont grêles et monodactyles ; enfin celles de la cinquième paire sont rejetées en arrière, et de petites dimensions. De même que chez les Thalassiniens de la tribu précédente, l’abdomen est très-long, assez mou, et composé d’anneaux à peu près égaux, dont l’arceau dorsal ne se prolonge pas inférieurement, de manière à encaisser la hase des fausses pâtes. Lanageoire caudale qui le terminen’offre rien de remarquable; mais les fausses pâtes, insérées à sa face inférieure, sont garnies d’une multitude de fdamens rameux , qui offrent une structure très-analogue à celle des branchies, et qui, bien certainement, doivent être destinés à concourir au travail de la respiration (i).
Ainsi que nous l’avons déjà dit, cette tribu comprend deux genres, dont l’un nous paraît être trop imparfaitement connu pour pouvoir être convenablement caractérisé.
(i) PI. 25 Ws, fig. ï3 et i-p'
3ig
Genre CALLIANIDE. — CalUanidea.
Les Crustacés, d’apres lesquels nous avons établi ce genre, ressemblent beaucoup aux Callianasscs par leur forme générale; leur corps est très-mince, grêle et fort alongé ( PI. 25 bis , lig. 8). La carapace n’a guère plus du tiers de la longueur de l’abdomen , et ne re(^ouvre pas le dernier anneau thoracique ; elle est compi’imée et assez éle- X'ee; enfin son bord inférieur s’applique exactement contre la base des 23ates des quatre premières paires. Il n’y a point de rostre ,et le bord antérieur de la carapace est échancré de chaque cû té de laligne médiane pour rcccvoirla base desyeux, dont lespédonculcs sont très-courts, et conformés de la même maniéré que chez les Callianasscs ; c’est-à-dire portant la cornée transparen te , non pas à leur extrémité comme d’ordinaire, mais sur leur face supérieure. Les quatre antennes sont grcles , et s’insèrent à peu près sur la môme ligne transversale ; celles de la première paire se terminent par deux filets à peu près égaux en longueur ; mais dont l’un est plus gros et légèrement renflé X'crs le bout [Jig. 9). Les appendices de la bouche sont petits , et occupent peu de place ; les mandibules difierent à peine de celles des Callianasscs ; l’appendice valvulaire des mâchoires de la seconde paire est très-petit; enfin les pales-mâchoires [fig. 10) externes sont grêles et pédiformes ; leur second article est garni en dedans d’une rangée de tubercules dentiformes , lecouverts par des poils, et leurs trois derniers articles sont très-alongés. Le sternum est linéaire dans toute son étendue. Les pales de la première paire sont longues , et l’une d’elles est très-grosse ; la main flui termine celle-ci est très-grande, et à peu près de même forme que chez les Callianasscs, si ce n’est que le carpe est plus petit. Les pâtes des deux paires suivantes sont petites aplaties; celles de la quatrième paire sont presque cylin- ‘Iricjucs, et leur article basilaire est très-élargi. Les pâtes de cinquième paire sont presque aussi grandes que ces der.