AO
nicres , et se terminent par une pince imparfaite et rudimentaire [fig- 11) - H abdomen , composé comme d’ordinaire de sept sefçniens, est à peu près de même largeur partout, et porte en dessous cinq paires de fausses pâtes ; celles de la première paire sont réduites à une simple lame étroite , légèrement ciliée au Iiout ; mais celles des quati’e paires suiantes olfrent un mode de conformation très-remarquable. On y distingue un pédoncule et trois lames terminales (PI. 27 bis, lig. 13), dont deux très-grandes et une trèspetite sur le bord de l’une des précédentes ; enfin tout autour du bord de ces grandes lames se trouve une espèce de frange touffue, composée d’une rangée de cyliudi'es, dont chacun donne naissance à deux lilamens plus petits, lesquels se bifurquent à leur tour (fig. 14 ), à peu près de la même manière que se divisent les filamens branchiaux des Squilles.Les cinq lames dont se compose la nageoire caudale sont larges et arrondies. Enfin les branchies thoraciques sont renfermées comme d’ordinaire sous la carapace , et sont composées chacune de cylindres rangés parallèlement sur une tige , à peu près comme chez les Homards , seulement ces organes et ces filamens sont peu nombreux, et les branchies elles-mêmes sont très-petites. On n’en compte qu’une dizaine de chaque côté du corps.
G,\.llianide TypE. — C. ij'pa.
(PI. 35 his , fig. 8-14- )
Antennes externes médiocres , leur pe'doncule coudé, et ayant son troisième article plus long que le second ou le quatrième. Petite pâte antérieure très-alongée , et ciliée sur les bords supérieur et inférieur. La grosse main beaucoup plus grande que le thorax , bombée en dehors et ciliée sm- ses deux bords ; sa pince garnie de dents tuberculeuses. Pâtes de la seconde paire garnies de poils très-longs sur son bord inférieur. Dernier segment de l'abdomen ( ou lame médiane de la nageoire caudale ) , arrondi au bout ; lames latérales ovalaires. Longueur, environ 20 lignes.
Trouvé sur les côtes de la Nouvelle-Irlande, par MM. Quoy et Gaimard. (C. M.)
IlES CRUSTACÉS.
Gesue CALLI ANISE. — Callicinîsea (1),
Ce genre a évidemment beaucoup d’analogie avec les Crustacés dont nous venons de nous occuper. La forme générale du corps est la même , et les fausses pâtes abdominales portent également des appendices rameux disposés en manière de grappes, qui nous paraissent devoir être des organes respiratoires accessoires. 11 est vrai que M. Guérin assigne pour cai-actèrc à ces anijiiaux de n’avoir qu’un seul rang de ces fausses pâtes , ce qui les rapprocherait des Paguriens ; mais l’individu qu’il a examiné était , comme il nous l’apprend lui-même , dans un très-mauvais état de conservation ; et il nous paraît bien probable que l’absence de ces organes , du côté opposé de l’abdomen , était purement accidentelle. Cela nous semble d’autant plus présumable , que les trois fausses pâtes , observées par ce naturaliste , ne se trouvent pas sur des anneaux qui se suivent , et que la premièi-o est située à gauche et les deux autres à droite. Nous serions même porté à ixrgarder ces Macroures comme ne devant pas être séparés génériquement de nos Iséides , si M. Guérin ne mentionnait plusieurs particularités de structure qui , en les supposant bien observées , établiraient des différences Importantes entre ces animaux. Le nombre des anneaux de l’abdomen , le grand développement du segment du thorax , et l’état rudimentaire des pâtes de la cinquième paire, par exemple. Du reste, pour mettre nos lecteurs à même de juger le mieux possible de ce genre, nous reproduirons textuellement la description que M. Guérin en a donnée.
(i) /sert, Guérin, Annales de la société entomologique de France, t. I , p. ugS. Le nom d'/sea ayant été employé antérieurement pour désigner l'une des divisions génériques de la famille des Crevettines , ne peut être conservé ici ; nous proposons d'y substituer le nom de Calliauisc, dont la racine principale indique l’analogie générale qui existe entre ces Crustacés et les Callianasses.
CRUSTACÉS , TOME H
IIISTOIHE naturelle
3aa
I! Le corps de cet animal est de consistance dcmi-mem- Ijraneuse, alongc et comprimé sur les côtés; sa carapace est très-petit(3 , et couvre ù peine la base des cpatre premières paires de pieds. On voit, à la suite de cette carapace , un segment thoracique entièrement découvert, cjui donne attache à la cincjnièmc paire de pâtes, et qui ne dillère presque point des segmens suivans appartenant à la queue. Le bord antérieur de la carapace est échancré pour recevoir Ica yeux et les antennes internes ; ces yeux sont portés sur des pédoncules très-courts ; ils sont peu apparens et presque contigus à leur insertion. Les antennes internes sont insérées un peu plus haut que les externes ; leur pédoncule est d’une longueur égale au tiers de celle de la carapace , composé de trois articles , dont le premier plus court et les deux sui^ ans égaux. Le troisième article donne insertion à deux filets , égaux en longueur, midti-articulés, placés au-dessus l’un de l’autre , et dont le supérieur est renfié vers son extrémité, et terminé ensuite en pointe; ces deux filets ont presque trois fois la longueur du pédoncule ; ils sont garnis d’assez, [longs poils. Les antennes exteincs présentent aussi un pédoncule de trois articles , mais il est plus long f[ue celui des precedentes. Leur premier article est plus épais que les suivans, dirigé en dedans comme dans les Pagures ; le second est le plus long deltous , il atteint l’extrémité du pédoncule des antennes internes ; le troisième est de moitié moins long que le précéileut , et terminé par un long filet multi-articulé', ayant au moins la moitié de la longueur du corps de l’animai. Les deuxième et troisième pieds-màclioires diffèrent un peu de ceux des Pagures , et présentent plus d’affinité avec ceux des Gébics. Le premier article des pieds-mâchoires de la seconde paire est très-court , ainsi que le second ; le troisième est alongé, aplati fortement, cilié en dedans ; le quatrième est court , triangulaire , et forme l’angle droit avec le précédent ; le cinquième est un peu pins grand, également aplati, et le dernier est conique et plus court; ils sont tous garnis de longs poils. Le palpe flagelli-
forme est inséré sur le côté externe du premier article ; il est court , a peu près organisé comme chez les Gébies ; il atteint à peine la longueur des deux prciniei's articles des piedsmâchoires, et se termine par un flagre multi-articulé et garni de longs poils ; tandis que , chez les Pagures , ce paljje est au moins deux lois plus grand que le pied-mâchoire. Les pieds-machoires externes sont beaueoup plus grands , pédiformes ; leur premier article est court, presque carré ; les deux suivans sont presque égaux , et forment ensemble la moitié de la longueur de cet organe ; le second de ces articles est courbé et garni en dedans de petites dents ; les trois articles suivans sont presque égaux, et le dernier est terminé un peu en pointe. Tous ces articles sont garnis de très-longs poils. Le palpe est inséré sur le côté externe du premier article ; il est à peine de la longueur des deux suivaus , et il est entièrement semblable à celui des pieds-mâchoires précédens. Les pieds ambulatoires de la quatrième paire manquant à notre individu, nous ne pouvons connaître leur proportion relativement aux autres ; cepeiulant la hanche qui l’este étant presque de même force que celle des pieds précédens , nous montre qu’ils doivent être à peu près de la même grandeur; et, en adoptant cette induction, il en résulte que les pieds de notre Crustacé vont en diminuant insensiblement depuis les premiers jusqu’auxquatrièmes, et que les derniers pieds sont démesurément les plus petits. Les premiers et les secon ds sont terminés en pince ; les premiers sont au moins deux fois aussi longs que la carapace , grêles , composés d articles presque égaux, à main peu renflée, plus longue que les doigts ou pinces qui la terminent. Les seconds pieds sont un peu plus courts, très-aplatis , relevés et appliqués contre les côtés du céphalothorax. Leurs premier et second articles sont très-courts ; le troisième le plus grand ; le quatrième de moitié plus court, un peu renflé à l’extrémité; la main beaucoup plus courte que les doigts, élargie au poignet , avec le doigt mobile un peu plus long que celui lui est opposé. Les pâtes de la troisième paire sont en-
324 iiisroiRi; naturelle
core un peu pluri comtes, composées de même jusqu’au poignet ; mais celui-ci est arrondi , large, point dilaté inférieurement, en forme de doigt, et terminé par un article courbé et plus court. Ces trois paires de pâtes sont garnies de longs cils ; elles ont leur insertion i-ecouverte par les côtés de la carapace ; tandis que les deux paires suivantes prennent attache sur uu segment postéi’ieur, qui semble divisé eu deux et qui tlépend du thorax. Les pâtes de la quatrième paire sont pendantes : cependant leurs hanches semblent indiquer, comme nous l’avons déjà dit, qu’elles ne différaient pas des précédentes. Enfin, celles de la cinquième paire sont excessivement petites ; leurs deux premiers articles sont très-courts, letroisièmeestleplusgrandde tous; les trois sui\ ans sont presque égaux en longueur, mais le quatrième est un peu renflé. Ces pâtes sont garnies de longs poils , et leur longueur est à peu près égale au tiers de celle de la carapace. L’abdomen est composé de cinq segmens égaux (1) , plus longs que larges , comprimés sur les côtés , d’une consistance semi-membraneuse comme chez les Callianasses.
(1) Nous soupçonnons que le mauvais état de conservation du Crustacé examiné par M. Guérin, ne lui a pas permis d'arriver à des notions exactes , relativement à la structure de la partie moyenne du corps. Le nombre d'anneaux abdominaux qu'il indique serait lout-i-fait anormal, et nous sommes porté à croire que le segment, considéré par cet entomologiste comme faisant partie du thorax et donnant insertion aux pâtes de la cinquième paire, appartient réellement à l'abdotnen : les appendices qui s’y insèrent nou.s semblent au.ssi être des fau.sscs pâtes analogues à celles que nousavons trouvées cliex nos Callianides plutôt que des patesambulatüires, et nous croyons que non-seulement les quatrièmes pâtes thoraciques laanquaient , mais aussi les cinquièmes ; une circonstance qui vient à 1 appui de cette opinion , c’est que dans la figure dont le mémoire de M. Guérin est accompagné , on voit, dans l’espace considérable compris entre la base de la troisième pâte , et la hanche considérée par lui comme appartenant à la quatrième pâte , un tubercule qui peut bien être le point d’insertion d’une pâte perdue. Si ces suppositions , que nous présentons avec réserve, sont exactes, les principales différences , 'qui séparent les deux gemes de cette tribu disparaîtront.
Aous avons observé au bord postérieur gauobe du premier, et à la muine place, mais à droite, dans le second et le quatrième, un appendice ovil'ère, composé d’une tige courte, garnie d un grand nombre de l’amuscules en forme de grappe (1). Le troisième segment ne nous a pas présenté d’organe semblable ; mais il est probable qu’il était tombé , car il est impossible qu’il soit venu à manquer dans cette place, et qu il se retrouve à l’anneau qui suit. Ces appendices placés ainsi, l’un à gauche et les autres à droite, et n étant pas par paires, niais uniques aux anneaux où on les observe, présentent un fiiit très - extraordinaire qu’on ne peut comparer qu’à ce que l’on voit chez les Pagures. Le dernier segment , ou la lame impaire tle la nageoire terminale , est arrondie postérieurement en forme de demi-ovale ; il y a de chaque côté deux lames oi aies, à peine plus longues, et insérées sur un article commun très-court. »
Callianise alongÉe. — C. elongata (2).
« Cette espèce est longue d'environ trois centimètres ; sa couleur nous est inconnue ; mais dans l’alcool elle est brunâtre, avec quelques portions transparentes. Sa carapace forme un peu plus du cinquième de la longueur totale de l’animal. »
Trouvée aux îles Mariannes.
(1) Il paraîtrait, d’après cette phrase et d'après la ligure déjà citée , que les ramuscules s insèrent directement art pédoncule des fausses pâtes, et ne naissent pas, comme chez les Calliairides , des bords de deux lames terminales suspendues à ces pédoncules , difl’érence importante à signaler.
(3) /sea elongata, Guérin, Ann. de la Soc. Entomol. t. I, p. 3oo, PI. 10, A, iig. 1- 7.
HI5T0IUE NATURELLE