I. Doto sillonné. — D. sulcatus
Carapace presque carrée , et sillonnée en dessus ; le bord
(J) Cancer, Forskæl. - itfjcUm, Aud. Egypte. — ,
Edw. Coll. duMuséum. — Doto, Dehaan, Fauna Japonioa. i‘'e. Hvr.
(2) Cancer sulcatus , Forskæl, Uescriptiones animalium qua in itinere Orientalis observavit, p. 92. — Savigny, Egypte, Crustacés, PI. I, fig. 3. — Myctiris sulcatus , Audouin, Explication des planclies de l’Egypte. — Guérin, Iconogr. Crust. PI. IV, lig. 4.
DES CRUSTACÉS. 3q
fronto -orbitaire occupant presque toute sa largeur. Régions pte'rygostomiennes et pâtes -mâchoires externes également sillonnées. Pâtes assez longues et un peu comprimées. Longueur, environ 6 lignes.
Habite la mer Rouge.
TRIBU DES OCYPODIENS.
Les Ocypodiens ont toujours la carapace rhomboïdale, ou trapézoïde, très-élevée enavant et déprimée en arrière (PI. i8,fig. lo et 19, fig. i3); le bord frontoorbitaire en occupe toute la largeur, et \e front, qui est lamelleuxet qui se reploie en bas jusqu’à l’épistome , est extrêmement étroit ; sa largeur n’égale pas le tiers de la longueur des yeux, ni la moitié de la largeur du cadre buccal, bien que celui-ci soit lui-même très-étroit (PI. 18, üg. 1 1, et PI. 19,%. i4)lues yeux sont fort longs, et la cornée est en général très-grande. L’article basilaire des antennes internes est ovalaire , assez gros , et placé verticalement dans l’angle intérieur de l’orbite ; la tige mobile de ces appendices est extrêmement petite et cachée sous le front; enfin, les deux filets qui la terminent sont très-courts, gros et à peine annelés, disposition qui ne s’est rencontrée dans aucun des Crustacés dont nous ayons déjà traité, si ce n’est dans les Dotos. Les antennes externes sont rudimentaires, et situées, comme d’ordinaire, dans un hiatus de 1 angle interne de l’orbite; leur premier article est moins grand que le second , et le troisième n’arrive pas jusqu’au niveau du bord antérieur de l’article basilaire de l’antenne interne. Uépistome se continue avec le bord inférieur de l’orbite , et le cadre buccal
4o HISTOIRE NATURELLE
est notablement plus étroit en avant qu’en arrière. Enfin , les pates-mâchoires externes ferment complètement la bouche; le bord intérieur de leur portion lamelleuse est droit; leur troisième article est trèsallongé , et leur quatrième article s’insère à l’angle externe du précédent. Le plastron sternal a la forme d un trapézoïde dont la base serait dirigée en arrière ; il est fortement courbé dans le sens de sa longueur et livre passage aux organes mâles à une distance considérable de son bord extérieur. Les pâtes antérieures sont en général comprimées et de grandeur très-inégale; les suivantes sont toujours trèslongues et ne présentent pas entre elles une très-grande différence; l’article qui les termine est souvent déprimé , mais n’a jamais la forme d’une rame natatoire. Enfin Y abdomen, qui se compose ordinairement de sept articles distincts dans les deux sexes, est très-étroit; en général il ne recouvre pas plus du tiers de la largeur de la portion postérieure du plastron sternal du male , et chez la femelle même il laisse presque toujours à découvert la partie de ce plastron qui avoisine la base de toutes les pâtes. Il est aussi à noter que dans la plupart des cas, sinon toujours, il n’existe de chaque coté du thorax que sept branchies, dont cinq seulement couchées sur la voûte des ûancs, et deux réduites a 1 état de vestiges et fixées aux patesmâchoires.
La plupart des Ocypodiens vivent presque toujours sur la plage et s’y creusent des terriers; ils sont en général remarquables par la vitesse extrême avec laquelle ils courent.
Ce petit groupe est très-naturel , mais se lie d’une manière assez étroite aux genres Doto et Mictyre,
<jue nous avons rangé dans la triLu des Pinnothériens. Il ne se compose que de deux genres, faciles à distinguer entre eux à l’aide des caractères suivans :
Thibu
DES
OCyPODIENS.
^ Cornée transparente trés-graude , \ ovalaire , occupant au moins la moitié | de la longueur des pédoncules ocu- J G*. Ocypode. laires , et commençant très-près dej la base de ces tiges. J
j Cornée transparente très-petite,!
I arrondie , n’occupant pas le quart de |
} la longueur du pédoncule oculaire, et > G®. GÉlasime. l ne commençant que tout auprès de son \
\ extrémité. J
Gehre ocypode. — Ocypoda (i).
Le genre Ocypode, établi par Fabricius, se compose de Crustacés faciles à reconnaître au premier coup d’œil , tellement leur aspect est particulier. Leur carapace (PI. 19 , fig. i3) , est rhomboïdale ou même presque carrée, et à peu près aussi large en arrière qu’en avant; sa face supérieure, toujours légèrement granuleuse, est presque horuontale transversalement , mais un peu courbée dans le sens longitudinal et fortement inclinée en bas et en arrière ; enfin ses faces antérieures et latérales sont très-élevées et à peu près verticales , et ces dernières sont divisées en deux portions par une ligne saillante verticale qui vient se terminer entre la base des pâtes de la troisième et quatrième paire. Le front est beaucoup plus long que large ; il ne recouvre pas l’articulation des pédon-
(i) Cancer, Lin. , Pallas , Fonsk. , Herb., etc. — Ocypode, Fabr. Suppl, p. 3^^. — Latr. Hist. nat. des Crust. t. VI, p. 37.-— Leach, Trans. Linn. Soc. vol. XI, p. 822. — Lamk. Hist. des Anim. sans vert. t. V, p. sSi. — Desm. Consid. p. iig. — Latr. Reg. Anim. v. éd. t. IV, p. 46.
cules oculaires , et n’égale en largeur que la moitié de l’épistome, au bord antérieur duquel il s’unit (PI. ig, fig. !4].bes orbites sont très-grandes , peu profondes et divisées en deux portions distinctes : l’ime interne ou foraminaire , qui donne insertion au pédoncule oculaire, et qui ,’ dans les Cyclomètopes et les Oxyrhinques , est toujours cachée sous le front ; l’autre externe servant à loger la majeure partie de l’œil et de son pédoncule. Le bord supérieur de ces cavités, qui est beaucoup moins avancé que l’inférieur, présente une disposition qui est en rapport avec cette div ision , car il décrit deux lignes courbes qui se réunissent en formant un angle dont le sommet est dirigé en avant. La forme des yeux est également tres-remarquable ; la cornée est ovalaire , très-grande . et s’étend en dessous jusqu’à une très-petite distance de la base du pédoncule ; mais en général celui-ci se prolonge au delà de son extrémité , de façon que les yeux se terminent par une espèce de corne dont la longueur paraît augmenter avec 1 âge. Les antennes internes sont disposées comme nous l’avons déjà dit (page 3g ) ; les externes sont rudimentaires ; leur troisième article n’est pas moitié aussi long que le second, et leur tigelle terminale n’est guère plus longue que leur pédoncule. Hépistome est fort petit et présente à sa partie moyenne un petit prolongement quadrilatère qui se soude au front. Le troisième article des pates-mâchoires externes est quadrilatère et beaucoup plus petit que le précédent ; enfin il ne cache jamais l’espèce d’appendice formé par les trois articles suivans , et le palpe qui occupe le bord externe de ces membres est styliforme et dépourvu de filet terminal multi-articulé. Les pâtes antérieures sont en général moins longues que les suivantes , et la main qui les termine est fortement comprimée et très-grande comparativement au bras ; la différence entre celles des deux côtés est souvent très-grande , surtout chcï le mâle. Les pâtes suivantes sont également très-comprimées, et elles augmentent de longueur jusqu’à la quatrième paire inclusivement; celles-ci ont environ trois fois la longueur de la portion post-frontale de la carapace ,
et les pâtes postérieures sont beaucoup plus courtes ; enfin les tarses sont toujours déprimés et presque en forme de petite spatule, et il existe à l’article basilaire des pâtes de la troisième et quatrième paire une espèce de surface articulaire entourée de poils , qui parait destinee a diminuer le frottenient de ces deux membres l’un contre l’autre, \lahdomen est beaucoup plus étroit à sa base que la pai'tie postérieure du thorax , et dans l’un et l’autre sexe il laisse à découvert Une portion considérable des derniers segmens de cette partie du corps; dans le mâle il a la forme cfun triangle allongé , et s’avance jusqu’à l’extrémitc anterieure du plastron sternal ; chez, la femelle son dernier segment n’est pas le quart aussi large que le précédent, et est ordinairement reçu dans une échancrure de son bord antérieur. Enfin les appendices abdominaux de la première paire , chez le mâle , sont très-développés , cylindriques et un peu crochus vers le bout, et ceux de la seconde paire sont en général rudimentaires.
La braiichie qui existe d’ordinaire sur l’antipénultième article des flancs manque chez les ücypodes ; les autres sont dirigées très-obliquement en arrière, et la cavité branchiale s’élève de manière à laisser au-dessus d’elles un grand espace vide que tapisse une membrane plus ou moins spongieuse.
Les Ocypodes , comme leur nom l’indique , sont remarquables par la vélocité de leurs courses : les voyageurs assurent qu’un homme peut à peine les suivre. Ils se creusent des trous dans le sable du rivage , et demeurent renfermés dans leur terrier pendant tout l’hiver.
Ils habitent les parties chaudes des deux hémisphères.
La distinction des espèces présente quelques difficultés à cause des changemens que l’âge apporte dans les formes de ces animaux.
A. Espece dont la cornée transparente occupe l’extrémité du pédoncule oculaire , et n’est pas dépassée par un prolongement styliforme ou un tubercule terminal.