Mysis frontal. — M. frontalis
Rostre grand et dépassant nolabloinent les pédoncules oculaires : pédoncules des antennes exterjies grêles et très-longs ; appendice lamelleux des antennes externes arrondi et un peu élargi au bout, et sans cils sur le bord externe . Lames de la nageoire caudale conformées comme dans l’espèce précédente , mais plus alongées. Longueur, environ i pouce.
Habite les côtes de Nice.
(I) Thompson, op. cit. p. 3o, PI. 4, fig. 1-12.
4^0 mSTOIRE NATURELLE
Le Mvsis ENTIER (i), décrit par Leach, n’est que très-imparfaitement connu ; tout ce que nous en savons c’est que la lame médiane de la nageoire caudale est sans échancrure comme dans les espèces précédentes , que sa longueur n’est que de 4 lignes, et que sa couleur est grisâtre, avec des pointes brunes et rousses.
11 habite les côtes de l’Écosse.
Le Cancer oculatiis d Othon Fabricins (s) appartient à ce genre ; mais il nous parait impossible de décider à quelle espèce il doit se rapporter.
Le Mysis plumosus de M. Risso (3) ne peut appartenir à ce groupe ; mais il serait difficile de deviner à quel genre il appartient.
Genre GYJVTHIE. —Cynlhia (4).
M. Thompson a donné le nom générique de Cynthia a des Crustacés qui ont la plus grande analogie avec les Mysis, mais qui s’en distinguent par l’existence d’appendices branchiaux fixés aux fausses pâtes abdominales, par la structure de ces derniers organes , et par quelques autres caractères.
Le corps des Cynthies est grêle, et de même| forme que chez les Mysis; la carapace est plus petite que chez ces derniers Crustacés, et se termine antérieurement par un petit prolongement rostral. En arrière elle laisse à découvert un certain nombre des anneaux thoraciques. Lcrs^eujr sont gros et courts, de longueur médiocre. Les antennes de la
(1) Mysis integer, Leach , Transs. of the Linn. soc. vol. XI, p. 35o. - Desmarest, loc. cit -Mysis scotius , Thompson, op. cit. p. 3o.
(2) Fauna Groenlandica , p. a.^5, fig, i , A, B— TIerbst, PL 24 , lig. 5 et 6. (D après Oth. Fabricins.) — Mysis oculatus , Latreille , Hist. des Crust. t. VI, p.285, PL 56, fig. 2 et 3 (d'après Fabricins). — Lamarck, Hist. des anim. sans vert. t. V, p. 200.
(3) Crustacés de Nice , p. 116.
(4) Thompson, Zoological researches.
première paire sont excavées à leur liase pour faire de la place aux yeux ; leur pédoncule est gros, et leui-s filets terminaux au Tiombre de deux. Les antennes de la seconde paire s iiiseient au-dessous des précédentes comme chez les Mysis , mais sont beaucoup plus petites; rappeudice lamelleux qui en recouvre la base est moins long que le pédoncule des antennes supérieures. La conformation de l’appareil buccal est à peu près la même que chez les Mysis ; la tige palpiforme des mandibules est très-grande, et les mâchoires de la seconde paire sont lamellenses , et divisées du côté interne en plusieurs lobes. Suivant M. Thompson les huit paires de membres qui font suite aux mâchoires doivent toutes être considérées comme des pâtes natatoires ; mais nous ne partageons pas cette opinion, et nous croyons que la première paire de ces organes appartient encore à l’appareil buccal, et constitue des pâtes - mâchoires ; en effet, ces appendices , quoique plus alongés que chez les Mysis , sont de même reployés en dedans au-dessous des mâchoires, et leur branche interne se termine par un article élargi qui est propre à retenir les alimens pendant la mastication, tandis que les pâtes se terminent par un petit ongle crochu ; la branche moyenne ou palpe de ces pates-mâchoires est conformée comme chez les Mysis , mais le fouet ou branche externe qui, chez ces derniers, constitue une grande lame membraneuse , ])arait manquer complètement. Les membres thoraciques de la première paire diffèrent aussi un peu des six dernières paires de pâtes; ils sont plus élargis et se terminent par un article lamelleux dont les bords sont ciliés ; mais néanmoins, a raison de leur longueur et de leur position , ils doivent être considérés comme servant à la locomotion , et ils nous fournissent un nouvel exemple de la manière graduelle dont le passage se fait entre des animaux chez lesquels les mêiries organes se modifient dans leur structure pour servir à des usages différents. Chez les Cynthies le nombre des pâtes thoraciques s’élève donc à sept paires ; du reste, par leur structure et par leurs fonctions, ces organes
462 HISTOIRE MATURELLE
ne diffèrent pas notablement de ceux des Mysis ; leurs deux branches sont également très-développées , seulement le pénultième article de la tige interne est plus fort, ne se rétrécit pas vers le bout, et n’est pas annelé de façon à paraître multi-articulé , et l’ongle terminal est plus gros. Nous ne connaissons pas la conformation des appendices , qui existent probablement aux pâtes postérieures chez les femelles, et qui, selon toute apparence, doivent remplir les mêmes fonctions que clicz les Mysis ; chez les mâles on remarque à la base des pâtes postérieures une petite lame qui représente l’appendice llabciliforme. JJ abdomen est conformé comme chez les Mysis, si ce n’est que les fausses pâtes, fixées aux cinq premiers anneaux, sont très - développées , et de meme forme que chez les Salicoques ; chacun de ces membres se compose d’un article pédonculaire très - gros , et de deux longues lames multi-articulées et ciliées sur les bords. Enfin, il existe aussi des appendices branchiaux d’une forme particulière , attachés à l’extrémité des pédoncules de ces fausses pâtes en arrière des lames terminales ; ces appendices consistent en un cylindre membraneux bifurqué près de sa base , et dont chacune de ses branches s’enroule sur elle-même (i).
Ces Crustacés sont tous de très-petite taille , et paraissent avoir les mêmes mœurs que les Mysis , car on les trouve souvent ensemble. On n’a observé encore que des mâles, et il serait bien possible que , lorsqu’on connaîtra les deux sexes, on soit obligé de modifier les caractères assignés à ce genre.