‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 3)Chapitre 269 sur 310 · CïNTHiE DE Thompson. — C. Thompsonii · texte numérisé non relu

CïNTHiE DE Thompson. — C. Thompsonii

Rostre très-court; carapace s’étendant jusqu’au dernier anneau du thorax , et peu rétréci en avant ; pédoncule des antennes in-

(i) Voyez PI. 10, fig. 5.

(i) Cynthia, Thompson, Zool. res- p.57, PI. 6.

ternes de la longueur de l’appendice lamelleux des antennes externes , et ayant le dernier article garni en dedans d’une petite écaille pilifère. Lame médiane de la nageoire caudale longue , tronquée au bout . et garnie latéralement d'épines ; lames externes moins longues que les lames mitoyennes , et n'ayant de poils ou d’épines que sur leur bord interne et à leur extrémité; lames mitoyennes garnies d'épines sur leur bord interne. Longueur, environ 4 lignes.

Trouvé dans l’Océan atlantique, entre Madère et les Antilles.

2, Ctnthie armée. — C. armata.

Thorax très-grêle antérieurement. Rostre pointu et plus long que les pédoncules oculaires. Antennes internes très-longues : le troisième article de leur pédoncule fort grand , et portant du côté interne un gi-and lobe arrondi sur le bord, et garni d’un grand nombre de poils disposés en brosse ; appendice lamelleux des antennes externes n’atteignant que le milieu du troisième article pédonculaire des antennes internes. Les trois derniers anneaux du thorax presque entièrement a découvert. Lame médiane de la nageoire caudale étroite et arrondie au bout , et garnie d’épines tout autour ; lames externes beaucoup plus longues que les lames mitoyennes, et ayant leur bord externe garni de petites épines dans toute sa longuem- ; bord interne des lames mitoyennes garni de longs poils. Longueur, environ 8 lignes.

Trouvée près de Noirmoutiers.

Genre THYSANOPODE. — Thysariopoda {\) .

Les Crustacés, dont nous avons fourni le genre Thysanopode , ressemblent beaucoup aux Salicoques par la forme generale de leur coi’ps ; mais se distinguent des Décapodes , ainsi que des autres Stomapodes , par la disposition de leur

(i) M. Edwards, Ann. des Sciences nat. t. XIX.— Latreille, Cours d’Entomologie, p. 386.

appareil respiratoire. Les branches sont composées chacune d’une espèce de tige d’où naissent, à angle droit , un certain nombre de branchies latérales , dont le bord inférieur est garni à son tour d’une série de longs fîlamens cylindriques (1) ; ce mode d’organisation est très-analogue à ce que nous verrons plus loin chez les Squilles ; mais les branchies , au lieu de s’insérer dans l’abdomen comme chez ces derniers Crustacés , occupent la partie thoracique du corps comme chez les Décapodes. Néanmoins elles ne sont pas renfermées dans des cavités particulières comme chez ceuxci , elles sont situées à l’extérieur du corps , et flottent librement dans leau qui baigne l’animal. Elles sont fixées à la base des huit paires de pâtes thoraciques , et leur longueur augmente d’avant en arrière.

Les Thysanopodes ressemblent, par leur forme extérieure, aux Mysis (2). Leur corps pi’ésente les mêmes divisions que chez les Décapodes IVIacroures. La ccirctpctcc qui recouvre la tête cache aussi tout le thorax ; et l’abdomen, dont la longueur excède beaucoup celle du céphalo-thorax , est etendu en arrière , et se compose de sept segmens, dont les trois médians présentent, à leurs bords postérieur et supérieur, une petite épine dirigée en arrière. Antérieurement, la carapace est terminée par un petit rostre pointu, qui n’at teint pas le niveau de l’extrémité des yeux, dont les pédoncules sont gros et courts. Les antennes , au nombi’e de quatre , s’insèi’cnt sur deux lignes , et leur longueur est à peu près égale ; les supérieures ont un pédoncule recourbé à sa base pour recevoir les yeux , et composé de trois articles cylindroïdes ; enfin elles se terminent par deux tiges filiformes assez longues. La base des antennes inferieures est lecouveite par une longue écaille lamelleuse, dont 1 extrémité et le bord interne sont ciliés ; leur tige terminale ne présente rien de remarquable. La bouche, située

(1) PI. 10, fig. 3.

(2) PI. a6, lig. I.

à peu de distance du point d’insertion des antennes inférieures, est entourée, comme d’ordinaire, d’un labre assez gros, d une languette bifide, et d’une paire de mandibules. Ces derniers organes sont armés, sur leur lîord interne , de quelques dents aiguës, et portent un palpe court, aplati, et divisé en trois ai’tieles (1). Deux paires de /Mac/iotVes entrent également dans la composition de l’appareil buccal, et sont appliquées sur les mandibules et la languette. Celles de la pi emiei c pan e n offi’cnt rien de remarquable . JLes secondes sont composées de trois articles lamelleux , dont les deux premiers sont Jjilobés du côté interne (2) ; on n y voit aucune trace de ce grand appendice foliacé qui existe toujours au côté externe de ces organes chez les Décapodes, et qui sert au mécanisme de la respiration ; leur forme et leur structure sont absolument les mêmes que chez les Squilles , les Alimes , etc. Les huit paires de membres qui suivent les mâchoires , et qui correspondent à la fois aux pieds-mâchoire.s et aux pieds ambiüatoires des Crustacés Décapodes, ont ici tous la môme forme et les mêmes usages ; aucun d’eux n’entre dans la composition de l’appereil buccal ; mais tous servent à la locomotion. Cesjoates, à l’exception de celles de la dernière paire, sont longues, grêles et bifides comme chez les Mysis. Leur article basilaire, gros et court, porte en dedans une longue tige , garnie de poils nombreux , et en dehors un palpe ou branche moyenne, composé de deux pièces, dont la dernière est mince, lamellaire, et ciliée sur les bords (3). La longueur de ces pâtes natatoires augmente un peu depuis la première jusqu’à la cinquième paire, puis diminue; enfin, celles de la huitième et dernière paires manquent de tige interne , et ne consistent que dans la branche extei’ne ou palpe (4) . Les cinq premiers seg-

(0 PI. 26, lig. 2.

(2) PI. a6 , lig. 5.

(4) PI. 10, fig. 3.

CRUSTACÉS, TOME II

HISTOIRE KATURELLE

mens de ïabdomen supportent aussi de petites pâtes natatoires, formées d’un pédoncule cylindrique portant deux lames alongées et ciliées sur les bords , dont l’interne, moins longue que l’externe, porte à son tour un petit appendice cylindi-ique. Enfin les membres du sixième anneau de l’abdomen, et le septième segment devenu lamelleux, constituent une nageoire en éventail , dont la pièce médiane , étroite et pointue , se termine par trois épines acérées ; et les latérales, également étroites, sont garnies sur les bords de longs poils.

Nous ne connaissons encore qu’une seule espèce de ce genre, savoir, le

TaysANOPODE thicusmpe. — T. iricuspida.

Ce petit animal , long d’environ i5 lignes , a été trouvé eu haute mer, dans l’Océan atlantique , par M. Reynaud.

Le genre Podopsis (1) de M. Thompson paraît devoir appartenir à cette famille, mais il est trop imparfaitement connu pour qu’il soit possible d’y assigner des caractères précis. Le petit Crustacé, qui a reçu ce nom, ressemble assez aux Mysis par la forme générale du corps, mais se fait remarquer par la longueur extrême des pédoncules oculaires qui sont renflés en boule vers le bout. Les antennes s’insèrent sous les yeux ; et, suivant M. Thompson, celles de la première paire ne seraient i-eprésentées que par deux petits appendices ru<hmentaircs ; celles de la seconde paire présentent, au-dessus de leur base, une grande lame ciliée en dedans comme chez les Mysis et les Salicoques. Deux des pâtes sont très-longues , et terminées par un article trèsgrêle et annelé. Les autres paraissent être courtes ; mais ni leur conformation ni leur nombre ne sont connus. L’abdo-

(i) iîoologjcal rese-irclies, t. I,p, Sg, PL 7, fig. 1,

DES CliUSTACÉS.

meii est long , et porte einq paires de fausses pâtes grêles , mais très-dé veloppées. Enfin la nageoire caudale est conformée comme chez les Mysis, si ce n’est que la lame médiane, formée par le septième segment abdominal, est extiemement courte , taudis que les quatre lames latérales sont grandes. Ce Crustacé a été trouvé en haute mer, dans l’Ocean atlantique , et paraît être phosphorescent.

TRIBU DES LEUCIFÉRIENS.

Le genre Leucifer , établi par M. Thompson , est un des plus singuliers que l’on connaisse , et ne se laisserait que difficilement ranger dans aucune des tribus déjà établies; aussi, quoique son histoire soit encore très-incomplète , croyons-nous devoir le prendre pour type d’une tribu particulière.

G est à cette tribu que paraissent devoir se rapporter quelques-uns des Crustacés figurés d’une manière grossière dans latlas du Voyage de Krusenstern (i).

Genre LEUCIFER. — Leucifer (2).

Lun des traits les plus remarquables de rorganisation de ce Crustacé est la longueur excessive di: la portion antérieure de la tête, la brièveté extrême de la partie du corps occupée par la bouche et constituant le thorax , et le grand développement de l’abdomen (3). La !brme générale du corps est prescpie linéaire; les yeux et les antennes sont portés à extrémité d’un long prolongement grêle et cylindrique, qui est beaucoup plus Joug que tout le reste de la portion céphaio-thoiaeique du corps, et qui paraît être formé prin-

(1) Voyage autour du nioude (en tangue russe), PI. 22, Jig.

(2) Ihompsou, zoological researclies . t. I, 0. — La Cours d’entoinoligie , p. 'iSG.

(3) PL a6 , fig, 10,

f> etii.

treille ,

do.

cipalemeiit par l’anneau antennaire; une petite carapace recouvre toute la portion postérieure du céphalo-thorax , et présente à peu près lu meme forme ([ue chez les Mysis. Les yeux sont gros , et portés à l’extrémité de pédoncules cylindriques extrêmement longs. Les antennes de la pi’emière paire sont grêles , courtes , et terminées par une tigelle multi-articulée , rudimentaire ; celles de la seconde paire s’insèrent au-dessous, tout près des précédentes, et sont également grêles ; on voit près de leur base un petit appendice lamelleux, mais on ne connaît pas leur mode de terminaison. La bouche est saillante , et située en arrière de la hase du prolongement qui porte les yeux, etc. On y trouve des mandibules fortes et dentées , mais dépourvues de tige palpiforme ; deux paires de mâchoires portant chacune deux lames; deux paires de pâtes - mâchoires courtes et lamelleuses, et une paire de pates-mâchoires externes, qui sont longues, pédiformeset reployées contre la bouche. A la suite de ces organes on voit quatre paires de pâtes natatoires longues et grêles , qui s’amincissent graduellement vers le bout, et sont garnies de poils épars. Nous n’avons pu trouver aucun vestige de palpe ni de fouet à la hase de ces pâtes , et nous n’avons aperçu aucune trace de l’existence de la dernière paire de inembi-es qui manquent ici pour compléter le nombre normal des pâtes thoraciques ; mais dans la ligure que M. Thompson a donnée on voit à la partie postérieure du thorax un tubercule qui est peut-être un vestige de ces appendices. AJ abdomen est très -étroit, et se compose, comme d’ordinaire , de sept anneaux , mais acquiert un développement toiit-à-fait anormal , car chacun de ces segmens est au moins aussi long que toute la portion céphalo-thoracique du corps , où sont situées la bouche et les pâtes. Les cinq premiers anneaux sont à peu près égaux entre eux , et portent chacun une paire de fausses pâtes très - longues , composées d’un article basilaire cylindrique , et d’une ou deux lames natatoires alongées, multi-articulécs et ciliées ; chez les individus que nous présumons être des mâles , les

DES CRUSTACES.

fausses pâtes de la premièi-e paire présentent A'ers le milieu de leur article basilaire un appendice charnu d’une formebizarre. Le sixième anneau est comprimé, très-long, et denté en dessous. Enfin l’abdomen est terminé par une nageoire caudale, composée, comme d’ordinaire, de cinq lames disposées en éventail. Nous n’avons trouvé aucun vestige de bj-anchies thoraciques.

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