‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 3)Chapitre 284 sur 310 · Phylloso.me de Reynacd. — P. Rep-naudii · texte numérisé non relu

Phylloso.me de Reynacd. — P. Rep-naudii

Espèce très-voisine du P. épineux , mais dont les pâtes de la

(1) Chrysoma Mediterranea, Risso , Hist. nat. de l’Europe raéridion. t. Y , p. 88, PI. 3, fig. g. — PhyUosoma Medilerrama, Guérin, Magazin zoologique , cl. VII, PI. i3, fig- a- — Roux, Crustacés de la Méditerranée, PI. aâ.

(2) Guérin , Voyage de la Coquille, Crust. PI. 5, fig. 2, et Mag, zool. cl. VU , PL 13.

(3) Guérin, Mag. zool. cl. VII , PI. i3 , fig. 1.

seconde paire sont si courtes , quelles dépassent à peine le bord de la carapace, et dont l’abdomen est beaucoup plus étroit. Peutetre n’en est-ce qu’une variété d’âge ou de sexe.

Trouvé sur les côtes de l’Inde par M. Reynaud.

Le Phyllosome ponctué (i) 8e Lesson devra former le type d’un sous-genre , ou même d’un genre distinct , si la figure qui en a été publiée est exacte ; ce qui , au reste , nous paraît peu probable.

Genre AMPHION. — Amphioii (2).

Les Crustacés que j’ai désignés sous le nom à’ Amphion , se rapprochent des Phyllosomcs plus que tous les auti’es Stoinapodes ; mais , sous certains rapports , ils ressemblent aussi aux Alimes et aux Mysis , et ils établissent naturellement le passage entre ces animaux. Leur bouclier céphalique ou carapace est foliacé comme celui des Pbyllosomes, mais est étroit, alongé et bombé comme chez les Alimes; les divers appendices de la portion céphalo-Ütoracique du corps diffèrent à peine de ceux des Pbyllosomes ; enfin la forme de l’abdomen et de la nageoire caudale est celle des IVIysis.

Le bouclier céphalique (3) est très-développé et tout-à-f'ait lamelleux ; il s’étend jusqu’à l’origine de l’abdomen et cache la base des pâtes ; son diamètre longitudinal est plus du double de son diamètre transversal , et de chaque côté il se recourbe un peu en bas ; son bord antérieur est presque droit, et laisse à découvert l’anneau qui porte les yeux. Il n’y a pas de trace do rostre ; mais de chaque côté l’angle , formé par la réunion de ce bord avec le bord latéral , se prolonge en avant en maniéré d opine. Enfin le bord postéiieur de la carapace, -qui est court et presque droit, se continue avec les bords latéraux sans former d’angles bien marqués.

(i) Gaérin , Mag. zool. cl. VU, PI. n, fig a.

(a) Edwards, Annales de la société entomologique, t. I, p. 336. (3) PI. a8, fig. 8.

i>Es cnrSTACÉs. ^8^

Les yeux sont très-gros ; leur portion terminale a la même forme que celle des Phyllosomes : mais la tige étroite qui les supporte , au lieu d’être très-longue comme chez ces Crustacés, est extrêmementcourte. Les qualrc antennes {\) s’insèrent sur la même ligne, immédiatement au-dessous et en arrière des pédoncules oculaires. Celles de la première paire ont la même forme générale que elle/, les Phyllosomes ; leur portion basilaire se compose de trois articles grêles et cylindriques , dont le premier et le dernier sont les plus longs, et elles se terminent chacune par deux petites tiges fiiiibrmcs , dont rinterue est trè.s-courtc , et l’externe à peu près de la longueur de la portion basilaire. Les antennes externes sont beaucoup plus développées, et ne ressemblent pas du tout à celles des Phyllosomes ; elles se rapproclicnt beaucoup , par leur forme générale, de cellesdesAlimcs; mais, au lieud’être dirigées en bas et en dehors , elles se portent directement et en avant. Leur premier article, qui n’est pas bien distinct, donne insertion en dedans à une tige cylindrique, et en dehors à un grand appendice lamelleux cette lame, ii peu près ovalaire , dépasse de beaucoup le ni\ eau de la portion basiliaire des antennes internes ; ses bords interneet antérieur sont ciliés, et son bord externe se termine par une epine. La tige est composée de deux petits articles basilaires très-courts , et d’nii long article tenuhial légèrement renflé vers le bout; sa longiu'ur est d’environ le double de celle de la lame qui en recouvre la l/ase.

La disposition de la bouche est à peu près la même que chez les Phyllosomes j elle est très-éloignée des aiitcnues , et forme, vers le tiers antérieur du bouclier céphalique, un petit tubercule arrondi , de la partie postérieure de laquelle naît le thorax. Les parties qui entrent dans sa composition sont: un labre, deux mandibules, une languette, deux paires de mâchoires et deux paires de pates-mâchoires. Le labre est transversal et peu développé. Les mandibules ne

(i) PI. a 8, üg. g.

portent pas de palpe, et sont eu grande partie cachées par la languette, qui est bilobée. Les mâchoires de la première paire sont presque rudimentaires, et ne m’ont paru consister que dans une petite lame cornée , dont le bord est cilié. Celles de la seconde paii'c se composent de deux articles, dont le premier présente en dedans un prolongement garni d’épines. Les pâtes mâchoires de la première et de la seconde paire, qui chez les Pbyllosomes n’existent qu’à l’état de vestiges, et n’entrent pas dans la composition de l’appai-eil buccal, sont au conti'aire ici très-développécs et appliquées sur les mâchoires. Celles de la première paire présentent au dedans plusieiu's languettes garnies de poils à leurs extrémités et au côté externe de leur base un grand appendice foliacé et ovalaire. Les pates-mâchoires de la seconde paire sont beaucoup plus déx eloppées que les précédentes ; leur article basilaire est lamellenx , et porte à sa partie antérieure, 1“ une tige cylindrique composée de trois articles ; 2o un appendice flabclliforrae , ou une espece de palpe qui s’axance au côté externe de la tige, et la dépasse. Le thorax est aplati comme chez les Phyllosomes, mais plus étroit et complètement caché sous la carapace. Il donne attache à six paires de pâtes ayant absolument la même disposition que chez ces derniers Crustacés ; toutes sont grêles et cylindriques , et à l’extrémité de leur deuxième article naît un appendice palpilbrme, composé d’un article cylindrique terminé par une soie multi-ai'ticulée et ciliée. Les pâtes de la première paire , celles qui correspondent aux pates-mâchoircs externes des Décapodes , s’insèrent très-loin de la bouche, et sont beaucoup plus courtes que les autres ; leur deuxième article se termine en avant par une épine aiguë. Les pâtes des trois paires suivantes deviennent de plus en plus longues, et ont au bord leur troisième article, une, deux ou trois épines semblables à celle qui existe à l’extrémité du second article. Les pâtes de la cinquième paire, qui sont un peu moins longues que celles de la quatrième paire , présentent la même disposition ; enfin celles de la dernière sont beaucoup plus courtes que les

DES CRUSTACES.

précédentes, et ne présentent pas d’épines bien distinctes. L’ abdomen est presque aussi long que la portion céphalothoracique du corps, et se compose de sept segmens. Sa forme est la même que celle de l’abdomen des Salicoques, et il se termine par une nageoire en éventail , dont la pièce médiane (formée par le septième anneau) est lancéolée, et dont les pièces latérales sont ovalaires. Quant aux appendices fixés sous les cinq premiers anneaux de l’abdomen , ils sont presque rudimentaires.

On ne connaît qu’une seule espèce appartenant à cette division générique.

l’Amphion de Reymabd. — A. Refnaudii (i).

(Pl.^t8,fig.8.)

Sa longueur est d’environ i pouce ; et ses tégumens , à l’exception de ceux de l’abdomen , sont diaphanes. Ce crustacé a été recueilli en haute mer, dans l’Océan indien , par M. Reynaud , chirurgien de la marine. (G. M.)

FAMILLE DES UNICUIRASSÉS.

Les Crustacés de cette famille sont pourvus d’une carapace assez grande , mais néanmoins ils se rapprochent des Edriophthalmes par la conformation de leur thorax , car la plupart des anneaux de cette portion moyenne du corps sont complets, mobiles et nus, ou simplement recouverts par le bouclier dorsal sans contracter avec lui aucune adhérence. L’indépendance des premiers segmens du corps est même portée plus loin chez ces Crustacés c[ue chez aucun autre.

(I) Edwards , Annales de la société entomogique , t. I , p. 336 , PI. 13, A, fig. i-io.

ItlSTOinE KATUHELLE

car chez la plupart d’entre eux , non-seulement l’anneau ophtalmique, mais aussi l’anneau anlennulaire , restent libres (i), et dans quelques-uns on voit à la base des antennes de la seconde paire une pièce transversale qui semble devoir être le représentant de l’arceau inférieur du troisième anneau céphalique , et qui ne serait pas soudée comme d’ordinaire avec l’anneau suivant, dont la cnra pace est une dépendance. Souvent tous les anneaux thoraciques et céphaliques situés en arrière de ce dernier sont également distincts entre eux et plus ou moins mobiles, mais, à l’exception des quatre derniers , ils sont incomplets en dessus , et représentés seulement par leur arceau sternal. L’abdomen est toujours très-développé , et se compose de sept segmens mobiles, dont le dernier constitue une lame caudale très-grande, hesyeux sontgros et renflés vers le bout (2) ; les antennes de la première paire (3) s’insèrent au-dessous et en arrière de leur iiédoncule, et se composent d’un pédoncule cylindrique formé de trois articles, et terminé par trois filamens ordinairement miilti-articulés. Les antennes de la seconde paire s’insèrent en arrière et en dehors des précédentes, et sont pourvues d’un grand appendice laraelleux fixé sur un article gros et cylindrique, à l’extrémité du premier article de leur pédoncule , qui porte aussi en avant un filament ordinairement multi -articulé (4). La bouche est assez éloignée des antennes et portée sur une éminence à peu près triangulaire, dont la base

(1) PI. I, fig. 1 1 a, b , fig. 1 et 2; PI. 26 , fig. 11; PI. 27 , tig.

(2) PI. 1 , fig. I : PI. 27, fig. I et 9: PI 28, fig. 10.

(3) PI. 27, fig. 2 et lü.

(4) Pi- 2;^ , iig. 2 et 10 ; PI. 28, fig. li, etc.

correspond à l’insertion des pâtes préhensiles ( i ). La lèvre supérieure est grande , saillante et semi-circulaire. Les mandibules (a) sont dirigées en bas et se terminent par deux branches dentées, dont l’une remonte dans 1 arrière-bouche vers l’estomac; la tige palpiforme que porte ces organes est toujours petite, et quelquefois rudimentaire ou nulle. La lèvre inférieure est grosse, et recouvre en partie l’extrémité des mandibules. Les mâchoires sont très -petites et appliquées exactement contre la bouche (3) ; celles de la première paire se terminent par une espèce de crochet dirige en dedans, et sont armées d’épines le long’ du bord interne de leur second article ; on v remarque aussi un ]>elit appendice palpiforme rudimentaire. Les mâchoires de la seconde paire sont lamelleuses,àpeu jnès triangulaires, et composées de quatre ou cinq articles placés bout à bout; on n’y voit rien qui ressemble à un appendice llahelliforme. Les membres qui appartiennent au septième anneau céphalique, et (|ui constituent d’ordinaire \es pates-mâchoires anterieures, ne paraissent pasappartenir àl’appareil buccal (4); ils sont trè.s-:dongés , et constituent une paire de pâtes grêles, et généralement élaraies vers le bout , dont les usages ne sont pas connus. Les membres thoraciques de la première paire, qui sont les analogues des secondes pâtes -mâchoires des DécapOiles et des pâtes antérieures des Edriopbtbalmes , présentent un très-grand développement, et constituent de grandes pales dites ravisseuses , dont le der-

(1) PI. 27, fig. 2 et 10.

(2) PI. 27, fig. 3 et !i; PI. 26, fig, jj.

(3) PI. 27, fig. JO,./, k; fig. 5, (i, etc.

(4) Fl. 27, fig. 2, g.

49^ IIISTOUIE NATURKtLE

nier article se reploie comme une grille le long du bord interne de l’article précédent (i), et forme de la sorte une espèce de pince dont l’animal se sert , tant pour sa défense que ptour saisir sa proie. Les pâtes des trois paires suivantes sont beaucoup plus petites, et en quelque sorte refoulées en avant, de façon à occuper d’ordinaire une ligne courbe transversale , et à se placer entre la base des pâtes ravisseuses (2); en général elles sont appliquées sur la bouche , et ne paraissent servir qu’à la préhension des alimens ; elles se terminent toutes par une espèce de main ovalaire , armée d’une grille mobile , disposée de manière à se reployer contre son bord interne. Ces cinq paires de membres portent à leur base , du côté externe , un appendice membraneux , vésiculaire , aplati en forme de disque et pédiculé, qui est l’analogue du fouet, et qui, d’après quelques auteurs , serait un organe de respiration. Les pâtes thoraciques des trois dernières paires sont assez éloignées entre elles et dirigées en bas (3) ; elles soxit grêles , cylindriques , et pxresque toujours garnies d’un appendice styliforme qui naît à l’extrémité de leur secoird article. Les membres abdominaux sont au nombre de six paires ; ceux des cinq premières paires sont conformés à peu près comme chez les Décapodes Macroures, si ce n’est que leur pédoncule est beaucoup plus large, et qu’en général ils donnent insertion à des branchies (4). Les appendices du sixième anneau abdominal concourent à former la nageoire caudale ; elles sont dirigées en

(1) PI. 27, fig. 2, h.

(2) PI. 27 , fig. 2, i,j, fig. l3, 14, etc.

(3) PI. 26, fig. I ; PI. 27, fig. 9 et fig. 2,7.

(4) Pt. 26, fig. n , et PI . 27, fig. 7.

B ES CnUSTACÉS. ^9^

deliors, et terminées par deux lames ciliées, entre lesquelles on remarque un grand prolongement lamelleux de l’article basilaire; la branche externe de ces fausses pâtes est ordinairement com|)osée de deux articles (i). Enfin il existe quelcjuefois sur le bord postérieur du dernier segment de l’abdomen une paire d’épines mobiles, qui peuvent être considérées comme des vestiges d’une septième paire de membres abdominaux.

Les è/’nnc/n'ex sont rameuses , et composées d’un grand nombre de petits cylindres, portés sur des tigelles , qui à leur tour naissent d’une tige plus grosse (2) ; quelquefois ces organes manquent complètement ou n’existent qu’à l’état de vestiges , mais en général ils sont très-développés. Ils sont suspendus sous l’abdomen , à la base de la lame externe des fausses pâtes des cinq ])remières paires, et flottent librement dans l’eau.

On n’a encore examiné la structure interne que d’un seul genre appartenant à ce groupe , par conséquent nous ne pouvons rien dire de général relativement à leur anatomie.

Cette famille , quoique peu nombreuse , peut être divisée en deux petites tribus reconnaissables aux caractères suivants :

'Ayant la carapace sans divisions etj armée d'un rostre stvliforme ; point f r. STOMAPODES Lie plaque rostrale mobile et des (

) lirancliics en général rudimentaires. 1 UNICÜIRASSÉS \ ^ J

f Ayant lu carapace divisée en trois'!

[lobes, une plaque rostrale mobile ISquilhens. \et des brancbie.s très-développées. J

(1) PI. 27, lig. 8 et 9, etc.

(2) PI. 10, fig. .'j, et PI. 27, lig. 7.

494 HISTOIRE NATUREELK

TRIBU DESERIGHTHIENS.

La tribu des EriclitLiens se compose d’un certain nombre de petits Crustacés assez voisins des Squilles, mais qui n’ont en général que des branchies rudimentaires, et qui en sont souvent complètement privés. On les reconnaît facilement à la conformation de leur carapace , qui est grande, lumelleuse , en général trans|jarenle , sans sillons longitudinaux ni lobes distincts et toujours armés d’un rostre styliforme qui s avance au-dessus des anneaux ophlhalmique et antennulaire (i). Ces deux premiers anneaux de la tête sont moins distincts entre eux que chez les Squilles , mais coniormés à peu près de même, et mobiles sur le segment céphalique suivant. Les antennes internes s’insèrent au-dessous et en arrière des pédoncules oculaires; elles sont assez écartées entre elles, et leur pédoncule, grêle et cylindrique , se compose de trois articles, et porte à son extrémité trois filets multiarliculés (2). Les antennes externes sont insérées à quelque distance en arrière des précédentes et se dirigent en dehors ; leur pédoncule est gros et formé de deux articles^ dont le premier donne naissance, par le bord antérieur de son extrémité, à une tige grêle et courte, composée de deux articles pédonculaires et d’un filet multi-articulé , et dont le second porte à son extrémité une grande lame ovalaire à bords ciliés (3). L épistome nest pas saillant et renflé comme

(i) PI. 27 , fig. 1 , et PI. a8 , lig. 10 et n. (2; PI. 27 , Kg. 2 d.

(3; PI. 27, Kg. 2 J et PI. ‘28, fig. n.

DES CRUSTACÉS. 4g5

chez les Squilles , et la bouche ressemble à un tubercule pyriforme situé vers le milieu ou vers le tiers postérieur de la face inférieure de la carapace. La lèvre supérieure a la forme d’un triangle dont la base serait arrondie et dirigée en arrière. Les mandibules (() sont verticales, renflées à leur base, et armées de deux branches à bords dentelées, dont la supérieure s’élève dans l’intérieur du pharynx; leur tige palpiforme est rudimentaire ou nulle. La lèvre inférieure (2) est grosse et composée de deux lobes renflés. Les mâchoires (3) sont petites et conformées de la même manière que chez les Squilles, si ce n’est que celles de la seconde paire sont plus étroites. Les membres qui représentent les pates-màchoires antérieures, les pales ravisseuses, les trois paires de pâtes subchéliformes appliquées contre la bouche , et les trois paires de pâtes natatoires qui terminent la série des membres thoraciques, sont conformés et disposées de la même manière que chez les Squilles (4) , et ont déjà été sulEsamment décrits dans les généralités sur cette famille ; il est seulement à noter que souvent les trois paires de jiates subchéliformes sont moins rapprochées de la Louche que chez les Squilles, et que celles des trois dernières paires sont quelquefois rudimentcaires. La carapace (5) se prolonge plus ou moins loin au-dessus des derniers anneaux du thorax, ou même au-dessus des premiers segmens de l’abdomen , mais sans y adhérer. \J abdomen est alongé ; son der-

(1) PI 27, fig. 3.

(2) PI. 27, tig. 4.

(3) PI. 27, fig. 3 et 6.

(4) P*- 27, fig. 2.

(5) Pl. 27, fig. I et 2 ; PI. 28, fig. 10 et 12.

nier segment est très-grand , et recouvre en entier les appendices de l’anneau précédent, qui sont courts, mais conformés de la même manière que chez les Squilliens (i). Enfin les fausses pâtes suspendues aux cinq premiers anneaux de l’abdomen sont plus grêles et plus allongées que dans l’autre division de cette famille, et, comme nous l’avons déjà dit, ne présentent en général que des vestiges de branchies.

Les Ericbtbiens ne se rencontrent guère que dans la haute mer, et n’ont été trouvés jusqu’ici que dans les régions tropicales. On peut reconnaître aux caractères suivans les trois genres dans lesquels nous les répartissons :

Genres.

ayant la grille et s’étendant en des pâtes ravis- arrière plus ou senses droite et moins loin ausans dents ; les dessus de l’abdobranchiesnuUes men.

ayant la grille des pâtes ravisseuses droite et sans dents; les branchiesnuUes on rudimentaires.

Carapace recou- i vrant l’anneau 1 ophthalmique etj

la base des yeux, \j;„.caTHE.

Erichthe.

ERICTHIENS

Carapace ne recouvrant pas Vanneau oplithalrai-

que ni la base des) Alime.

yeux et ne s’étendant pas au-dessus de l’abdomen.

(0 PI. 27, lig. 8.

Genre SQUILLERIGHTHE. — Squillerichthus .

Nous proposerons de désigner sous le nom générique de Squillerichthe certains Stomapodes qui établissent le passage entre les Squilles et les Érichtlies, et se lient d’une manière très-étroite à ces deux genres.

De meme que che* les Erichtlics , la carapace est armée deprolongcmcns spinilbrmeset recouvre la base des an tenues internes, mais eu arrière , elle ne dépasse pas (les épines non comprises) le dernier anneau du thorax (PI. 27, fig. j). Le rostre est stiliforme et très-long. Les yeux sont gros , pyriformes et articulés, à angle droit , sur un pédoncule cylindrique tres-grclc et assez long. L anneau oplithalmique n’est pas distinct de l’anneau autennulaire comme chez les Squilliens, mais le mode d’insertion des antennes est le même que chez ces animaux et chez les Erichthes (PI. >27, fîg. 2). Les antennes de la première paire sont dirigées en avant et ne présentent rien de remarquable. Les antennes externes sont dirigées en dehors , comme chez les Erichthes, et présentent aussi un gros pédoncule portant à son extrémité une grande lame ovalaire , ciliée tout autour et donnant insertion , par SOI. bord antérieur, à une tigelle très-eourte , et composée de deux articles pédonculaires et d’un filet terminal. La bouche est peu éloignée de la base des antennes, et situee vers le milieu de la cai'apace. La l'ei>re supérieure est grande, demi-circulaire et saillante. Les mandibules sont dirigées en bas comme chez les Squilles ; on y remarque aussi une grosse dent dentieulée , et un prolongement également dentelé sur le bord, qui remonte vers l’estomac (fig. Il) ; mais la tige palpiforme est nidle ou rudimentaire. En arrière des mandibules on trouve une grosse lèvTe inférieure bilobce (fig. 4) ; puis deux paires de mâchoires, dont la forme est la même que chez IcsSquilliens (fig. 5et6). Les apjiendices qui correspondent aux pates-mâchoires de la première paire ne présentent rien de remarquable, ils ont la forme d’une tige CRUSTACÉS, TOME H. 32

longue et gi’êle, et, de même que les autres Crustacés de cette famille j ne pavaissent pas faire partie de l’appareil buccal ( fig. 2 ) . Les membres de la paire suivante sont très-grands, et constituent des pâtes t'avisseitses exactement semblables à celles des Squilles j leur pénultième article est élargi et épineux vers la base j leur grillé terminale est courte et armée de dents spiniformes sur le bord préhensile. Les pâtes des trois paires suivantes s’insèrent sur Une ligne transversale coui’be , immédiatement en arrière des pâtes ravisseuses , et sont habituellement appliquées contre la bouche , exactement comme chez les Squilliens (fig. 2) ; chacune d’elles porte à sa base une vésicule aplatie en forme de disque, et se termine par une main chélifère ovalaire. Les trois derniers anneaux thoraciques sont complets et libres au-de.ssous de la carapace, qui en recouvre les deux premiers. Les trois paires de pate.s correspondantes sont de grandeur médiocre, et conformées comme chez les Squilliens, scidement leur dernier article n’est pas sétifère. l! abdomen est grand , et ressendile beaucoup à celui des Squilles, si ce n’est que son dernier segment est beaucoup plus gi-nnd et recouvre habituellement les membres du pénultième anneau (fig. 1). Ges derniers organes se composent , comme chez les Squilles , d’un article pédoneulaire qui se prolonge inférieurement eu une grande lame , et porte deux appendices insérés sur scs boi-ds près dosa base (PI. 27, fig. 8) ( l’appendice interne consiste en une grande lame ciliée , l’externe se compose de deux articles , dont le dernier est ovalaire, et le pénultième armé d’épines sur le bord externe. Les yuitsses pâtes suspendues aux cinq premiers anneaux de l’abdomen , sont grandes et formées d'un article pédoneulaire presque carre , et de deux grandes lames ovalaires , à bords ciliés ; la lame interne porte sur son boi’d interne un petit appendice rudimentaire, et l’externe donne insertion près de sa base à une grande bmnehie mineuse (fig- 7).

Ces Crustacés sont de petite taille , et n’ont été encore trouvés que dans les mers d’Asie,

J. Squillebichthe type. s. Ij'pus.

(PI. 37, fig. 1-8. )

Rostre dépassant le pédoncule des antennes internes ; une grande épine horizontale sur le milieu du bord postérieur de la carapace ; et de chaque côté un autre prolongement spiniformo plus long , naissant de l’angle de la carapace j enfin une pointe assez forte vers le milieu du bord latéral de la carapace , et un autre au-dessus de la base des antennes externes. Griffes des pâtes ravisseuses, armées de quatre dents (y compris la pointe terminale). Le dernier anneau thoracique n’est pas recouvert par la carapace, et l’abdomen est très-grand. Son dernier segment est beaucoup plus long que large , et armé de trois paires de dents marginales. Longueur, environ 16 lignes.

Trouvé dans les mers d’Asie. (G. M.)

Page 1