‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 245 sur 354 · ORDRE DES CY PROÏDES · texte numérisé non relu

ORDRE DES CY PROÏDES

ou DES OSTRACODES.

L’ordre des Cyproïdes , désigné sous le nom d’Ostrapodes par M. Straus etd ’Ostracodes par Latreille, se compose d’un petit nombre deCrustacés presquemicroscopiques, dont le corps n’est pas divisé en anneaux distincts , et se trouve renfermé en entier entre les deux valves d’une carapace conchiforme (PI. 36 ). Ce test bivalve est garni d’une charnière dorsale , et peut se fermer complètement ; mais, en s’ouvrant, laisse passer f extrémité des antennes et des pieds. Les antennes sont •tu nombre de quatre, et s’insèrent au bord antérieur du corps ; celles de la première paire sont grêles et en général sétacées; celles delà seconde paire sont assez f'rges , coudées , dirigées en bas , et conformées de façon à constituer des rames natatoires (l).La£o«cAen’est Pas saillante , et se trouve vers le milieu de la face inférieuredu corps; elle estgarnie d’un labre, d’une paire de mandibules palpigères, d’une lèvre inférieure et de deux paires de mâchoires , dont les postérieures portant un grand appendice flabellil'orme , considéré par 'linéiques auteurs comme étant une branchie. Les mem-

(i) La plupart dos auteurs considèrent ccs organes comme étant des ^le^s ; mais leur posilion en avant de la bouche et leur ressemblance nVec les antennes inférieures, chez les Monocles, nous a décidé à adop- Ier la détermination nouvelle indiquée dans Ictexle.

3q4 histoire naturelle

bres qui s’insèrent en arrière de la bouche , et qui doivent être considérés comme étant de véritables pâtes thoraciques, ne sont qu’au nombre de deux ou trois paires. Enfin, le corps se termine par une queue bifide, et les œufs se logent entre le tronc et la partie dorsale de la carapace.

Cet ordre ne se compose que d’une seule famille , renfermant trois genres reconnaissables aux caractères suivants :

Famjet.e

des

CYPROIDES.

IDeux paires de pâtes propre- \ ment dites, non compris les «an- > tennes inférieures pédiformes. )

Trois paires de pâtes, outre \ les antennes inférieures pédi- > formes )

Deux yeux distincts.

Cypris.

CYTnÉRÉE.

Cypridîne*

Genre CYPRIS. — Cypris (1).

Cette division générique, qui a été établie par Muller , se compose de Crustacés presque microscopiques , dont la carapace est formée de deux valves oblongues, de consistance cornéo-crétacée, mobiles et réunies sur leur bord dorsal par une articulation ligamenteuse. Le corps proprement dit de l’animal n’occupe que les deux tiers moyens de l’intérieur de ces valves, et ne présente aucune trace de segmentation , même à l’abdomen ; supérieurement, il est contigu à l'articulé'

(l) Monoculus , Linnée, Fauna Suec. ci Syst. nal. — Geoffroy’ Itist. îles Ins. — Degéer, Mém. pour servir à l'hist. des Ins. — Fabricius> Ent. Sysl. t. 2. — Manuel, Encyclop. méthod. — Cypris, Muller, I1'11' lomostraccs. — Latreille , ilist. des Crust. et lus. t. 4 > Généra, I* Règne animal, t. 4, elc. — Lamarck , Hist. des anini. sans vert. t.

— Monoculus , Jurine , Histoire des Monocles. — Cypris , Straus Durkheim, Mém. du Muséum, t. - . — Desm. Consid. p. 38o.' — b:i'r * Magazine of Zoology and Botany , vol. I, p. 5i4-

DES CRUSTACÉS. 3gh

f i°n du test, et sur la partie latérale et antérieure du dos il es>t uni à la face intérieure des valves par une expansion musculaire ; enfin , son extrémité antérieure est tronquée verticalement , tandis qu'en arrière , il se prolonge pour constituer un abdomen conique, dont l’extrémité seule est libre et se termine par deux stylets cornés. A la partie supérieure <lc la face antérieure du corps , on aperçoit un gros œil Unique qui est immobile , et a la forme d’un tubercule noir et sessile. Les antennes de la première paire s’insèrent immédiatement au-dessous de cet organe , et se dirigent en avant ; elles sont grêles , sétacées , composées d’un petit nombre d’articles (en général sept) , et terminées par un fai- Ceau de soies. Les antennes de la seconde paire (ou pâtes antérieures , suivant la plupart des auteurs) , s’insèrent immédiatement au-dessous des précédentes , et constituent des l 'Unes natatoires; on y distingue une première portion bas,laire qui se compose de deux articles et qui se porte directement en bas , puis un troisième article qui se porte en avant en formant un angle droit avec le précédent, et qui est ^uivi d’une troisième portion dirigée de nouveau en bas et Cotoposée de deux articles , dont le premier porte à l’extrémué de son bord antérieur un faisceau de longues soies, et

rl O 7

°»t le second aplati et obtus est armé de quelques soies spimformes. La bouche, située vers la partie antérieure de la ^'cc inférieure du corps , est saillante; elle s’avance entre la ’ase des antennes inférieures, et elle est garnie d’un labre, ^ Une lèvre inférieure , d’une paire de mandibules et de eux paires de mâchoires. Le labre , qui en occupe le de- Vatlt> est une grande pièce écailleuse en forme de capuchon 'tui occupe l’angle antéro-inférieur du corps. La lèvre injure est un peu triangulaire, et s’étend sur le milieu

e la face inférieure du corps. Les mandibules sont grandes

du cor

et s’étendent obliquement depuis le milieu du côté rps jusque dans la bouche; elles se composent: 1“ d’une I’0t tion basilaire, dont l'extrémité inférieure est recourbée en ec‘ans et fortement dentée, et 2° d’une branche palpiforme

insérée vers le milieu du bord externe de la portion basilane, composée de trois articles , et portant près de sa base un appendice lamelleux et digité, que M. Straus considère comme une première branchie. Les mâchoires de la première pauÇ se composent d’un article basilaire quadrilatère, dont le bon antérieur porte quatre appendices digitiformes , ciliés a11 bout, et appliqués contre la bouche, et dont le bord ex terne donne insertion à une grande lame semi-membraneuse, allongée, et divisée en dents de peigne sur son bord antériei» qui sc relève librement sur les flancs de l’animal , et qui est considéré comme remplissant l’ ollice d’une branchie. Les mâchoires de la seconde paire sont beaucoup plus petites et ne portent pas d’appendices. En arrière de l’appareil buccal, on trouve deux paires de pâtes. Celles de la premier® paire (ou de la seconde paire , pour les auteurs qui regardent les antennes inférieures comme étant des pâtes anterieures ) sont grêles , cylindriques et dirigées d’abord ci' arrière, puis en bas et ensuite en avant; on y disting«e six articles, dont le dernier est long et styliforme. Le5 pâtes de la seconde paire sont plus grêles que les précédentes, et ne servent en aucune manière à la locomotion ; mais se recourbent en haut et en arrière pour embrasser la partie postérieure du corps et soutenir les ovaires qui son1très-developpés et saillants sur les côtes de la partie poste rieure du tronc. Enfin Y abdomen, court et conique, se termine, comme nons i’avonsdéjà dit, par deux petites brancbeS styliformes, et l’extrémité de ces deux appendices, des pat®* de la première paire, et des deux paires d antennes, soi' les seules parties qui dépassent les bords des valves.

LesCypris habitent les eaux douces et tranquilles, naaent à l’aide de leurs deux paires d’antennes, et se serve1'1'

xJ 1 J Ici

pour marcher des antennes inférieures et des pâtes de première paire. Ils se nourrissent de substances animaleS’ et au lieu de porter leurs œufs sur le dos ou sous le vent'e > comme la plupart des Entomostracés , des Branchiopodfs ’ et même des Edriophth aimes, ils les déposent de suite sUl

des crustacés. 397

quelque corps étranger, et les y fixent à l’aide d’une substance filamenteuse verdâtre. Ledermuller dit avoir vu l’accouplement des Gypris; mais J urine , M. Straus et les autres naturistes qui se sont le plus occupés de l’étude de ces animaux, n’ont jamais été témoins de ce phénomène, et n’ont pu même jamais trouver d’individus mâles. Les œufs pondus par Un individu ne sont ordinairement qu’au nombre de vingt à trente ; mais les petits amas qu’ils forment sur la surface des plantes aquatiques ou de la vase en renferment souvent plusieurs centaines. L’incubation dure quatre ou cinq jours ; mais quand ils sont incomplètement desséchés, ces œufs peuvent se conserver très-longtemps sans se développer. Enfin, les petits qui en naissent ne subissent pas de métamorphoses.

§ i .Esp'cces dont les valves sont à peu près semblables à leurs deux extrémités , et offrent le plus d’élévation vers le milieu du dos.

A. Bord inférieur des valves argué à peu près comme le bord dorsal.

i. Cypris religieuse. — C. monacha (i).

V alves presque circulaires, ayant leur bord inférieur et supérieur arqués , et leur extrémité antérieure presque aussi large que la Postérieure. Couleur blanchâtre en dessus , un peu noirâtre en dessous. Longueur, un peu plus d’une demi-ligne.

(I) Cypris monacha ? Muller , Entomosl. p. Go, PI. 5 , %. 6-8. — treille, Hist. des Crust. t. 4 , p. -3.\q. — Monoculus monachus , Jur!o<î , p. 17S , PI. 18 , %. i3-i4- — Desm. op. cit. p. 384, PI. 55 , 7 (d’après Jurine).— -Baird , Mag. of Zool. and Bot. vol. 2, p. X 33 5 '• 5 , %. 2,

AA. Bord inférieur des valves concave.

AA a. Bord dorsal régulièrement arqué , n'offrant pas de sinuosites ,

a*. Valves plus renflées en arrière qu'en avant.

Page 1