‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 3 sur 354 · TRIBU DES CREVETTINES SAUTEUSES · texte numérisé non relu

TRIBU DES CREVETTINES SAUTEUSES

Dans cette division de la famille des Crevettines, tout le corps est très-comprimé latéralement ; les epimeres ou pièces latérales de 1 arceau supérieur des quatre premiers segmens thoraciques , très-grandes et clypéi formes, descendent en dehors de la base des pâtes , et les encaissent pour ainsi dire (PL 29, fig. 1, 4 et 11); sur les trois segmens suivans ces pièces sont au contraire assez petites ; mais le premier article des pâtes correspondantes acquiert un développement tres-considérable,et en tient pour ainsi dire lieu. Les antennes ne sont jamais pédilormes , et se terminent par une tige multi-arliculée et flexible , qui est toujours au moins au moins aussi longue que l’article précédent. Les pâtes des deux dernières paires sont très-longues , et sont habituellement recourbées en arrière sur les

(1) PI. 29, fig- 1 . 4 > **•

(a) PI. 29, fig. 1 , 2 , 16 , 17.

TRIBU DES SA.UîëIJR-s •

Corps très-compripié ; 'es pièces épimériennest,ès-graI1' des , écailleuses , et encaissallt ia base des pâtes d5s quatre/ premièrcspaires.Extré,nitépos’^ térieure du corps constituant un organe de saut.

Genres.

. , , . Pales de la seconde paire terminées par une ) n

Antennes supérieures beaucoup plus courtes que le pédoncule des i nde ma;n sub.ctléliforme. ) °ucnESTIE'

antennes intérieures , et guère plus longues que la tête. Mandibules <

dépounues de tiges palpiformes. y Pâtes de la seconde paire non préhensiles. . . Tumu.

I Antennes supérieures r Antennes supérieures très-courtes et grosses à leur base. Lvsianasse. pourvues d'un tlletter- J

minai accessoire. V Antennes supérieures longues et grêles Alibrote.

Antennes supérieures presque toujours plus longues que le pédoncule des inférieures et touj ours beaucoup p’ius

longues que la tête

Mandibules portai, tune

longue tige palpiforme.

Toint de pâtes préhensiles*

famille

des

CREVETTINES.

P«ites de la seseconde paire et presque toujours aussi celles de la première paire terminées par une main préhensile subchéliforme.

f Antennes supérieures très-courtes , et grosses à leur | pHLIAS# Antennes supérieures! base ; les inférieures extrêmement petites. j

terminées par un seul < ^

filet multi-arliculé. I Antennes supérieures assez longues et grêles ; Ies ) Acanthoisote \ inférieures aussi grandes que les supérieures. )

Tâtes des cinq dernières paires pré- ( Antennes supérieures pourvues d'un ) ,sæa hensiles ; leur pénultième article étant l filet terminal accessoire. > “ *

élargi, et le dernier en forme de<

griffe mobile comme aux pâtes des/ Antennes supérieures dépourvues de 1 Akisope deux premières paires. \filet accessoire. *

Antennes supérieures dépourvues de | Amphitoé filet accessoire. ^

/ Griffe des pâtes | I de la première ! paire formée par ; [ le dernier article \ seulement.

Pâtes des cinq dernières paires non préhensiles.

Antennes supérieures pourvues d’un filet mulli - articulé accessoire.

Antennes supérieures \

au - dessus des ( n

> Lrevettb.

inserees inférieures sur la même ligne. J

Antennes supérieures insérées à l’extrémité J d’un prolongement fron tal qui s’avance beau-^tscHVROcÈuE.

coup au-dessus del’inser !

tion des antennes infé-1

Griffe des pâtes de la première paire formée par les deux) Lbucothoé \ derniers articles de ces membres. j

i p.u.d.„,,.na.( ~* *’•*“*" i*”*-** ; ;

paire non préheiKll» < „ , , / Antennes inférieures terminées par un filet flexible , multi-arliculé. . . Dexamiue.

i r «utiiti, i Pâtes de la première l

^paire non préhensiles. ^ Antennes inférieures pédiformes

Griffe des pales de la seconde paire simple

Pâtes de la seconde I Gr>ffe des ( Antennes inférieures pédiformes

Corps peu ou point comprimé ; pièces cpim.tieIines

iis

pâtes. Fausses pâtes trois dernières paires terminé par de petites laines natatoires f't

Idc" sa°ut.titUaDt ^ Un »>-Sane\ paire préhensiles.

Seconde nairc < / Des pâtes à tous les anneaux du thorax Ericthooie.

• a 1 Antennes inferieures I

f composée de i , ,.r Uoui articles, V 11011 l,edlformcs

\ Pas de pâtes au milieu du thorax, CÉRAPonm».

CRUSTACÉS , TOME tll , page ! j ,

cotés de 1 abdomen. Enfin, les quatre derniers anneaux du corps sont peu mobiles, et forment, avec les trois paires de membres qu’ils supportent , une espèce de queue stylifère qui se replie sous le thorax , et qui , en se redressant brusquement, à la manière d’un ressorL qui se détend , agit comme un organe de saut et lance 1 animal au loin.

Les mœurs de ces petits Amphipodes sont en rapport avec leur organisation ; lorsqu’ils nagent, ce n’est pas dans la position verticale comme les autres Crustacés , mais couchés sur le flanc ; lorsqu’ils sont hors de l’eau , leur mode de locomotion est également caractéristique, ils ne marchent que difficilement, mais sautent et bondissent avec une force et une agilité extrêmes.

On peut distinguer dans cette tribu deux races dont les caractères sont assez tranchés. Les uns, essentiellement arénicoles, ne présentent au- plus que des vestiges d’une tige palpiforme aux mandibules, tandis que les autres, qui vivent habituellement dans l’eau et ne viennent guère sur la plage, ont les mandibules garnies d’une tige palpiforme très-longue.

Le premier de ces groupes se compose des genres Talitre et Orchestie; le second, des genres Crevette, Amphitoe, lsæa, Anisope, Lysianasse, Alibrote, Phlias, Acanthonote , ischyrocère et Leucothoé , divisions qu il est facile de distinguer à l’aide des caractères indiqués dans le tableau ci-joint.

Genre TALITRE.— Talitrus (1).

Le genre Talitre a été établi par Latreille pour recevoir non-seulement les Grevettines auxquelles on donne aujour-

' , ‘ ^a'*ccri Linn. Syst. nat. — Gammarus , Fabricius. Entomo . V Oniscus, Pallas, Spicilegia zoulogica , tasc. g. —

d’hui ce nom, mais aussi Jes Orchesties qui en ont été séparées par Leach.

Le corps de ces petits Crustacés (PI. 29, fig. 1) est moins svelte que celui de la plupart des Crevettines. Les antennes supérieures ne dépassent qu’à peine l’avant-dernier article du pédoncule des antennes inférieures et ne sont guère plus longues que la tête ; elles sont subulées et formées d’un pédoncule de trois articles dont le premier est le plus court et d’une petite tigelle terminale multi-articulée. Les antennes inférieures sont au contraire remarquables par leur longueur, qui excède quelquefois celle du corps ; le dernier article du pédoncule de ces organes est beaucoup plus grand que les articles précédents , et leur tige terminale est assez grosse jusque vers le bout. Les mandibules (fig. 3) ne présentent que des vestiges d’un appendice palpiforme , ou en manquent même complètement. Les mâchoires de la première paire se terminent par deux lames, dont l’interne est plus ou moins styliforme , et dont l’externe , assez large , porte sur son bord antérieur une rangée d’épines. Les mâchoires de la seconde paire portent sur le bord interne de la lame terminale interne un petit appendice filiforme qui n’existe pas chez les Crevettes. Les pates-mâchoires sont larges à leur dernier article au lieu d’être terminées par un ongle aigu et obtus. Le thorax ne présente rien de remarquable, si ce n’est que les lames épimériennes du cinquième anneau sont presqu’aussi développées que celles situées plus antérieurement , tandis que chez les Crevettes et tous les autres Sauteurs excepté les Orchestiens, ces pièces sont trèsétroites et semblables aux lames épimériennes des deux der-

Othon Fabricius , Fauna Groenland. — Talitrus , Latreille , Généra Crust. vol. 1, p. 57: Hist. des Crust. et Ins. t. 6, p. 294; Règn. anim. de Cnv. 2® édit. t. 4. p. 119; Cours d'Entom. p. 396, etc.

Bosc, Hist. des Crust. t. 4, P- — Leach, Art. Crust., Edinb.

Eucyclop. et Trans. of the Linn. Loc. vol. XI, p. 359. — Risso , Crustacés de Nice , etc. — Say , Crust. of the United States. Jour, of the Acad, of Philad. vol. 1 , p. 384- — Desmarest, Consid. sur les Crustacés , p. 260. — Edwards , Ann. des Sc. nat. t. 20.

DES CRUSTACÉS. j-J

mers anneaux thoraciques. Les pâtes antérieures sontgrêles et non préhensiles; celles cle la première paire sont terminées par une griffe immobile, dont la conformation varie; celles de la seconde paire sont tantôt faibles et repliées sous le thorax tantôt fortes et terminées par une griffé non préhensile ; dans ce dernier cas elles paraissent devoir agir comme des organes fouisseurs. Les pâtes suivantes ne présentent rien de remarquable ; toutes sont terminées par une griffe légèrement recourbée et non préhensile. Enfin , les appendices des trois derniers anneaux de l’abdomen sont courts et épineux , et les rudimens du segment caudal affectent la forme d’un petit tubercule médian épais et triangulaire.

Les Talitres habitent les plages sablonneuses ; elles aiment à se cacher sous les débris de plantes marines amoncelées sur le rivage, et sautent avec tant d’agilité qu’on leur a donné le nom populaire de Puces de mer ; c’est aussi à cause de la manière dont elles bondissent sur le sol que les natulalistes les ont appelées Talitres (1). Elles vivent réunies en troupes très-nombreuses, et dévorent rapidement les cadavres des petits animaux rejetés par la mer : il paraît probable que c’est le besoin de chercher un lieu humide qui les rassemble sous les débris de fucus, et lorsqu’on les en chasse on les voit bientôt s’enfouir dans le sol qu’elles creusent avec leurs pâtes de devant, en même temps quelles rejettent derrière elles , avec leurs pâtes postérieures , le sable qu’elles ont ainsi détaché.

i. T autre sauteuse. — T. saltator (2).

Antennes inférieures très-longues (chez le mâle plus longues que le corps et chez la femelle atteignant le niveau du quatrième anneau de l’abdomen). Yeux circulaires. Pâtes de la première

(O De T al it ru ni , qui signifie une chiquenaude.

K,ein’ ^“arques «w les Crustacés; fie nllr r °'“SCUS locusla ’ Pallas , Spicil. zool. fasc. 9, tab.

(Le“e fSurc est reproduite dans Herbst, PI. 36, fig. 1, et

dans 1 Encyclopédie, PI. 3*8, fig. 9). Cancer locusia, Linné.

paire grandes et épineuses; leur pénultième article cylindrique et beaucoup moins grand que l’article précédent ; enfin , leur ongle gros et conique. Paies de la seconde paire plus petites, faibles et habituellement reployées sous le corps; leur premier article ( ou hanche) large et lamelleux , le cinquième article moins grand que le quatrième , aplati, arrondi au bout et armé à l'extrémité de son bord supérieur d'une petite pointe qui ne dépasse pas son bord antérieur et qui représente l’ongle terminal. Les pâtes suivantes épineuses. Sixième segment abdominal rudimentaire et les fausses pâtes qui y correspondent beaucoup plus courtes que celles des deux anneaux précédens. Longueur, environ 2 lignes.

Très-commune sur nos cotes du Nord et de l’Ouest. (G. M.)

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