‹ Histoire naturelle des crustacés (volume 4)Chapitre 90 sur 354 · TRIBU DES GLOPORTIDES TERRESTRES · texte numérisé non relu

TRIBU DES GLOPORTIDES TERRESTRES

Les Cloportides terrestres se reconnaissent à la disposition des dernières fausses pâtes, dont les deux appen-

(i) Oniscus , Cuvier , Journal d’IIist. nat. t. 2. — Fabricius, Supplcm. — Ligia , Latreille , Ilist. des Crust. t. 7 ■ Desmarest, Consid. p. n8. — Lygidiurn, Brandt, Monograpliiw Crustaceorum Oniscodorum , p. 1 1 .

(■2) Oniscas agilis , Persoon. Panzer ïauna Germ. lasc. 9, fig. il\*

— Lygidiurn Persoonii , Brandt , Coiispectus, p. 12.

(3) Ouiscus hypnoruni , Cuvier, Journal d Ilist. liât. t. 2, p. 21, PL afi . %• 3,/|,5. — Fabricius, Supplem. p. 3oo. — Lygia hypnorum , Bosc, Ilist. des Crust t. 2 , p. 190. — Latreille , Généra Crust. et Iris. t. 1, p 68: et Ilist. nat. des Crust. , etc. t. 7, p- 3i-

— Desmarest, Consid sur les Crust. p. 118.

'lices terminaux 11e sont jamais à découvert (1). Mais le caractère le plus important qui les sépare des autres Crustacés de la meme famille , et qui les distingue en même temps de tous les autres Ednophthalm.es connus, est fourni par le mode de conformation des fausses pâtes abdominales des deux ou quatre premières paires. Ces appendices servent à la respiration comme chez tous les autres Isopodes ; mais au lieu de constituer des •branchies , ils remplissent les fonctions de poumons , car ils renferment des organes creux dans 1 intérieur desquels l’air atmosphérique pénètre directement a travers des ouvertures diversement disposées (2). Aussi les Cloportides vivent-elles toujours sur la terre, et périssent-elles par l’asphyxie lorsqu’on les plonge dans l’eau. Il est aussi à noter que le filet terminal de leurs antennes externes est court et composé seulement de deux ou de trois articles.

On a subdivisé ces animaux en un assez grand nombre de genres , mais ils ne présentent dans leur organisation que trois types principaux ; aussi les distribuerons-nous en trois groupes reconnaissables aux caractères indiqués dans le tableau placé en regard de la page.

DIVISION DES PORCELLIONIDES.

Les Cloportes, les Porcellions et quelques autres petits genres voisins , constituent un petit groupe parfaitement naturel qui se distingue des autres Isopodes de la même famille par la conformation des antennes

(0 Pl. 32 , iig. 21.

(2) V oy ez pour plus de détails à ce sujet les planclies c|ue nous Ri'ous insérées dans la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier (m-ust. Pt. 7i bis).

et les appendices abdominaux de la dernière paire, et qui ne se laisse subdiviser que d’après des caractères d’une très-faible importance , tirés du nombre des articles des grandes antennes.

Les Porcellionides ont le corps ovalaire et médiocrement voûté. La tète est transversale, et terminée antérieurement par une surface verticale , surmontée par un bord frontal arqué, et plus ou moins saillant au milieu, et par deux lobes ou prolongemens latéraux qui s’avancent horizontalement en forme de lames au-dessus et en dehors de la base des antennes externes. Les antennes internes sont rudimentaires , et consistent en un petit stylet composé de trois articles ; les externes sont au contraire grandes et s’insèrent en dehors des précédentes à la face antérieure de la tète ; on y compte sept ou huit articles , dont le second est très-dilaté en dedans, dont le quatrième et surtout le cinquième sont très-allongés, et dont les deux ou trois derniers forment un peliL filet terminal assez gros. La bouche est très-saillante. Les mandibules sont courtes , fortement années de dents , et garnies aussi , dans leur bord préhensile, d’une petite pièce mobile. Les mâchoires de la première paire se composent de deux branches, dont l’externe est assez large et armée de grosses épines à son exlrémilé , et dont l’interne est grêle et porte près du bout un petit appendice mobile. Les mâchoires delà seconde paire ne consistent qu’en une lame semi-membraneuse arrondie antérieurement ; enfin les pates-mâchoires sont très-dévcloppées, et consistent en un grand article valvulaire, terminé par une peliLe branche mobile de deux articles, et garni à sa base d’un appendice styliforme qui seloge sous le bord externe. Le thorax se prolonge de chaque côté sous la forme de lames minces.

et enchâsse profondément la tête et la base de l’abdomen ; mais on n’y distingue pas de pièces épimériennes, a moins qu’on ne considère comme telles de petites écailles rudimentaires fixées à la face inférieure des six derniers anneaux au-devant et en dehors de 1 insertion des pâtes. Ces derniers organes sont de longueur médiocre, etnaissent très-loin desbords latéraux du corps ; ils sont grêles, extensibles, et terminés par un petit ongle , dontle bord inférieur présente, près de son extrémité , un petit tubercule. Les deux premiers anneaux de Y abdomen sont beaucoup moins larges q ue le dernier anneau thoracique et le troisième anneau abdominal qui se rencontrent de chaque côté , et de façon à entourer de toutes parts les deux segmens dont nous venons de parler. Les troisième , quatrième et cinquième anneaux sont larges et de même forme que les anneaux thoraciques ; enfin , le sixième est petit et triangulaire. Les fausses pâtes des cinq premières paires sont reployées sous l’abdomen et ne présentent, dans leur forme, rien de bien particulier; mais la grande lame terminale de celles des deux premières paires, au lieu d’être branchiale comme d’ordinaire, présente sous leur bord postérieur une cavité dont le fond est percé de plusieurs trous, par lesquels l’air pénètre dans une sorte d arbuscule respiratoire logée dans l’épaisseur de ces appendices. Chez le mâle, l’article basilaire de ces fausses pâtes donne aussi attache à un appendice styliforme très-allongé; les stylets de la première paire sont réunis sur la région médiane parleur base, et servent de game à l’espèce de verge membraneuse par laquelle se termine l’appareil générateur (1). Chez la femelle, ces

P* oyex la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier, Crust. et 71 bis.

stylets sont remplacés par de petits lobes semi -membraneux. Les lames terminales des trois paires de fausses pâtes suivantes sont simplement membraneuses. Enfin, les dernières fausses pâtes consistent en un article basilaire qui est logé dans l’angle rentrant , laissé entre le cinquième et le sixième anneau, et qui porte deux appendices, l’un externe et terminal plus ou moins styliforme , l’autre interne et logé sous l’abdomen.

Les Porcellionides habitent les jardins , les vieux murs, etc. , et recherchent les endroits frais ou humides. La femelle porte ses œufs et même ses petits sous son thorax , et ceux-ci ne sont pourvus d’abord que de six anneaux thoraciques bien développés et de six paires de pâtes ambulatoires ; le septième anneau est rudimentaire , et lorsque la dernière paire de pâtes commence à se former, elle est reployée sous le thorax. Ces Crustacés paraissent se nourrir iudilléremment de matières végétales et animales.

Ce groupe a été divisé en six genres ; il aurait peutêtre mieux valu n’en former qu’un genre unique, mais la marche contraire étant adoptée par tous les zoologistes de nos jours, nous avons cru devoir nous y conformer ici. ( Voyez le tableau, p. 120.)

genre CLOPORTE. — Oniscus (1).

Cette petite division comprend les Porcellionides dont les antennes externes s’insèrent sous le bord antérieur de la tête, de façon à en être recouvertes à leur base, et sont composées de huit articles dont les trois derniers constituent une sorte de tigelle terminale (PI. 32, fig. 22).

(1; Oniscus, Linn,, Fabricius, Latrcillc, etc.

DES C RU STACES.

i. Cloporte ces murs. — O. murarius (i).

Corps lisse. Front arqué au milieu et peu saillant ; ses lobes latéraux étroits et très-saillans. Angles antérieurs du premier anneau thoracique atteignant presque le niveau de l’extrémité des lobes latéraux du front. Les angles postérieurs du dernier anneau thoracique atteignant le niveau du cinquième anneau abdominal ; les angles latéro-postérieurs de celui-ci atteignant presque le niveau de l'extrémité du dernier article abdominal, lequel est tres-allongé , légèrement caréné en dessus et styliforme dans scs deux tiers postérieurs. Longueur, environ 8 lignes. Couleur, cris noirâtre en dessus, avec deux rangées de taches jaunes sur le dos et do chaque côté deux rangées de taches blanchâtres sur les flancs ; dessous du corps blanchâtre.

Très-commun en France , en Allemagne et dans les pays vois‘ns. (C. M.)

i. Cloporte voisin. — O. affinis (2).

Corps ovalaire ; tête et thorax scalaires ; abdomen glabre, sou dernier article presque subulé et atteignant le milieu des stylets externes des derniers appendices , mais ne dépassant pas les stylets internes. Longueur, un demi-pouce.

Habite les environs de Philadelphie.

Genre PHILOSCIE. — Philoscia (3).

Latreille a établi ce genre pour les Porcellionides dont les antennes sont composées de huit articles comme chez les

(1) Oniscus aseUus , Linn. Syst. nat. — Degéer, Mém. t. 7, p. 547, pl. 35, %. 1. Geoffroy, Ins. t. 2, p. 670, PL 22, iig. 1. Oniscus ,llurariits , Cuvier, Journal d’Hist. nat. t. 2 , p. 22, PL 26, lig- n* ~~ Fabricus, Supplcm. Eut. Syst. p. 3oo. — Oniscus aseUus , Latreille, Hist. des Crust. et Ins. t. 7 , P • 4 2 ■ — O. mnrnnus , lirandt et Ratzeburg Arzneilhicre , t. 3, p. 80, PL XII, fig.7- — lirandt, Conspectus , p. 20.

(2) Say , Journal 0 1 llie Acad, ot Pliilad. vol- 1 , p- 43°*

(3) Oniscus , Fabricius, Eut. Syst. t. 2. — Cuvier, Journ. d Hist. '•«t. I. 2.— Philoscia , Latreille, llist. des Crust., etc., t. 7, p. 43 , cto- —Lamarck, llist. desaniui. sans vert. t. 5. — Desmarcst, Consul P- 38i . — Bruudt , Conspectus mouograpbiœ Crust. Oniscodoruiu , p. 20. — Edw. Règne arum, de Cuv. Crust. PL 71 bis , lig- 3

Cloportes , mais s’insèrent à découvert , et dont le corps se termine brusquement en pointe vers son extrémité postérieure. M. Brandt, en adoptant ce groupe, ajoute à ce caractère que la partie inférieure du cinquième anneau du corps ne se prolonge pas en pointe comme chez les Cloportes ; mais 011 n’a signalé aucune autre particularité d’organisation, et il nous paraît assez probable qu’on pourrait, sans inconvénient, réunir ces deux genres. Jusqu’en ces derniers temps, on ne connaissait qu’une espèce de Philoscie, mais M. Brandt en a décrit récemment quatre espèces nouvelles, dont les caractères nous semblent être du reste peu tranchées.

Page 1