CHAPITRE IV
FAMILLE DES CYCLOMÉTOPES.
La famille des Cyclométopes correspond à peu près à la section des Arqués telle que M. Latreille l'avait établie dans ses Familles naturelles ; mais les limites de cegroupe ne sontpas tout-à-fait les mêmes ; ét, afin de ne pas augmenter la confusion qui règne déjà dans la science, nous n'avons pas cru devoir y conserver le même nom.
Les Crustacés qui s’y rapportent nous paraissent occuper un degré moins élevé dans l'échelle des êtres que les Oxirhynques, car la centralisation de leur système nerveux ganglionnaire est porté moins loin, et la disposition de cet appareil se rapproche davantage de ce qui existe chez les Macroures et chez l’embryon des Crustacés en général. En eflet, les divers ganglions thoraciques, au lieu d’être soudés en une seule masse solide, comme chez le Maïa, ne forment plus qu'une sorte d’anneau circulaire dont il est souvent facile de distinguer les élémens constituans. Ici les deux moitiés du foie restent distincts et il n'existe pas à ce viscère de lobe médiane; il s'étend beaucoup en longueur, el recouvre une grande partie de la voûte de la cavité branchiale, mais ne se prolonge pas autant vers l’ablomen que dans la famille précédente. La disposition de l'appareil respiratoire est la même que chez les Oxirhynques; on compte toujours de chaque côté sept branchies thoraciques et deux maxil-
laires réduites à l’état rudimentaire. Enfin, le système générateur ne s'éloigne, sous aucun rapport important, de ce qui existe chez ces derniers Crustacés. La carapace est presque toujours beaucoup plus large que longue ; quelquefois elle est à peu près circulaire(1), mais en général elle est beaucoup plus large en avant qu’en arrière, régulièrement arquée dans la moitié antérieure de son contour, et fortement tronquée de chaque côté dans sa portion postérieure (2). La région stomacale est de grandeur médiocre, et en arrière elle est ordinairement divisée en deux parties latérales par un prolongement presque linéaire de Ja région génitale, qui s’avance très-loin vers le front. Les régions hépatiques sont au contraire très-développées et s’étendent au loin de chaque côté dela stomacale ; elles occupent presque toujours au moins la moitié de la portion latérale de la carapace, etne sont pas dépassées par les régions branchiales, dont la grandeur est médiocre. Le front est transversal et ne s’avance jamais en forme de rostre; en général il est assez large, lamelleux et horizontal. Les bords latéro-antérieurs de la carapace se dirigent très-obliquement en dehors et en arrière, de manière à former avec le front un arc de cercle, et en général ils sont minces et tranchans. Les bords latéro-postérieurs de la carapace forment presque toujours un angle bien marqué avec le bord latéro-antérieur et avec le bord postérieur, et il en résulte que la forme générale du bouclier céphalo-thoracique peut, le plus ordinairement, être rapportée à un hexagone dont la moitié antérieure serait arrondie, et dont le
ÉD
(1) PL 14 bis, fig. 7, et PI. 177, fig. 7
(2) PL 16, fig: 1, 6,9, 16, et PL. 17, fig. 1 et 15.
diamètre transversal excéderait en longueur le diamètre antéro-postérieur. Les orbites sont profondes et dirigées en avant et en haut, leur bord supérieur étant presque toujours moins saillant que l’inférieur. Les yeux sont toujours parfaitement mobiles et se reploient en arrière dans une portion post-foraminaire de l'orbite qui est assez profonde. Les antennes internes sont toujours logées dans des fossettes creusées sous le front (1); leur article basilaire s'étend presque toujours au moins autant en largeur qu'en longueur ou en hauteur, et ne se montre pas sur les côtés du front, mais reste toujours bien visible au-dessous de son bord inférieur ; enfin , leur tige mobile est toute aussi longue que chez les Oxirhynques. La disposition des antennes externes varie; leur article basilaire sépare toujours la fossette antennaire de lorbite, mais queluefois reste complétement libre, tandis que d’autres fois il sesoude au front. L’épistome, comme nous l'avons déjà dit, est très-étroit ; l’espace qu’il occupe conjointement avec les fossettes antennaires (ou région antenaire) n’a pas plus de la moitié de la longueur du cadre buccal, et son bord antérieur n’atteint pas, à beaucoup près, leniveau dubordorbitaire inférieur.Lecadreb ccal est au moins aussi large en avant qu'en arrière, et est complétement fermé par les pates-mächoires externes, qui ne dépassent pas notablement son bord antérieur. Les régions ptérygostomiennes de la carapace sont très-développées; il n’y a point de division bien distincte entre la portion qui correspond au conduit aflérent de la cavité respiratoire et celle qui est située