‹ Histoire naturelle des crustacésChapitre 17 sur 258 · RS D A D CP · texte numérisé non relu

RS D A D CP

(1) PL. », fig. 11, e3 et PI. 8, fig. 3.

(2) PLo, fig. 0, k; PI. 3, fig. 3, bb.

(3) PL à, fig. 11, e,

apodèmes. Les unes ont leur origine sur le point de réunion des épimères entre elles , et peuvent être désignées sous le nom d’apodèmes épimeriens ; les autres appartiennent à l’arceau inférieur et s'élèvent des soudures des sternums ; nous les appellerons par conséquent des apodèmes sternaux.

C'est entre le dernier et l’avant-dernier ou quatrième anneau du thorax que la disposition de ces cloisons est la plus simple. L’apodème sternal se porte directement en haut, pour se réunir à l’apodème épimérien correspondant (1); son extrémité supérieure et externe (2) se joint à l’angle externe de l’épimère située au-dessus (c), de manière à compléter dans ce point les cadres articulaires où s’insèrent les deux dernières pates (2) ; enfin son bord supérieur est libre vers l’angle externe (1), mais dans le reste de son étendue il est soudé au bord inférieur de l’apodème épimerien placé au-dessus (e). Cette dernière lame osseuse présente à peu près la même disposition ; seulement elle ne concourt pas à la formation du cadre articulaire, et ne descend pas audessous du niveau du bord inférieur de la voûte des

(1) PI. 3, fig. 9. — a, cloison qui sépare le dernier anneau thoracique de l'avant-dernier dans le Maïa squinado ; de ce côté, la paroi postérieure de la cellule de la dernière pate a été enlevée pour montrer la disposition de cette cloison. — b, sternum; — cj, flanc ; — d, selle turcique postérieure ; — e , apodème épimérienne allant se souder à la selle turcique et à l’apodème sternale correspondante; — f, apodème sternale; — g, trou intercloisonnuire,

(2) PL 2, fig. 11. Vue latérale du thorax du Maïa.— a” - a#, pièces sternales dont la réunion constitue le plastron ; — b-b, pièces épisternales ; — c, épimères dont la réunion forme la voûte des flancs, — d°, apodème sternale s'élevant entre le dernier et l’avantdernier anneau thoracique; — e, cadre articulaire destiné à l’insertion des pates.

flancs ; son extrémité externe vient se joindre à l’apodème sternal dans le point où celle-ci s’unit à l’épimère ; sa partie moyenne est également soudée à cette apodème ; mais, entre cette partie de son bord et son angle externe, il reste libre de toute adhérence, et donne ainsi naissance à un trou (g) qu'on a nommé intércloisonnaire (1); enfin l'extrémité interne de cette apodème s’unit à la selle turcique postérieure (d).

Les cloisons qui séparent entre eux les autres anneaux thoraciques ne présentent pas exactement la même disposition.

L’apodème sternal qui naît du bord postérieur du dernier segment du thorax (3) s'élève comme celle dont nous venons de parler, et va se confondre avec l’épimère correspondant ; mais, au lieu de se porter transversalement en dedans et de s'arrêter à une certaine distance de la ligne médiane, ellese dirige obliquement en dedans et en avant, se réunit à celle du côtéopposé, devient ensuitehorizontale, et constitue une petite voûte transversale qui a recu le nom de selle turcique postérieure (2) ; la portion externe du bord supérieur de cette lame est toujours en partie libre, et forme, en se réunissant avec l’'épimère, un trou triangulaire (fig. 09, k); son exirémilé antérieure et externe se soude au bord interne des cloisons des anneaux précédens, et à sa face inférieure est unie, sur la ligne médiane, à une apodème impair qui naît de laligne de soudure des deux moià sa ae vor le D SI S

.(® Voyez les Recherches sur la circulation dans les Crustacés , déjà citees.

PE en et Edwards, op. cit. ( Voyez PI. 2, fig, 9, d; PL. 3,

GAP TS" fig. 97.

tiés du sternum du dernier segment thoracique (1). 11 n'existe point sur cet anneau d'apodèmes épimériens distincts , et, comme nous l’avons déjà dit, l’apodème sternal se réunit immédiatement à l’épimère ellemême. Enfin l’espace compris, d'une part, entre les deux cloisons dont nous venons de parler, et, de l’autre , entre le sternum et les flancs du dernier segment du thorax, ne constitue de chaque côté du corps qu'une seule cellule (m).

Dans les autres anneaux thoraciques, il existe au contraire de chaque côté deux cellules superposées et bien distinctes; voici d'où dépend cette disposition. Les apodèmes épimériens (2), au lieu d'aller se souder aux apodèmes sternaux correspondans , se portent un peu obliquement en arrière et vont s’unir à la partie moyenne de la cloison suivante, tandis que l’apodème sternal se soude à Fapodème épimérien de l'anneau précédent (0): enfin, de chacun de ces points de soudure , naît un petit prolongement horizontal qui unit entre elles ces diverses cloisons. Il en résulte que, dans chacun des espaces compris entre ces lames verticales, il y a deux cellules qui sont séparées entre elles du côté interne par le prolongement lamelleux dont nous venons de parler, tandis qu’en dehors elles communiquent ensemble par le trou intercloisonnaire. Cescellules, commenousl’avons déjà dit, sont superpo-

RS HE. 047, et PL. 3,05, 3.

(2) PL. 2, fig. 10 : —n. apodème épimérien naissant entre le pénultième et l’antépénultième anneau du thorax, et allant se souder à la partie moyenne du bord supérieur de l'apodème sternal suivant (f), dont la partie externe a été ici enlevée, mais se voit dans la fig. 9. — 0, ligne de soudure de cette apodème sternal avec l’'apodème épimérien correspondant.

sées, mais elles ne sont pas situées exactement l’une au-dessus de l’autre (1); et en dehors les supérieures manquent de plancher, et les inférieures de voute, de facon que dans ce point chacune d'elles communique avec deux de celles de l’autre rangée.

Cette disposition, qui est commune aux apodèmes qui séparent entre eux les quatre premiers anneaux thoraciques (c’est-à-dire les quatre segmens qui précèdent le dernier, et portent les huit premières pates ambulatoires), se retrouve aussi en partie dans les trois derniers anneaux céphaliques; mais ici les cloisons deviennent de plus en plus petites et ne présentent plus de prolongement horizontal qui les unisse entre elles; l’apodème épimérien se comporte exactement comme dans les anneaux thoraciques; l’'apodème sternal, au contraire, ne se soude pas au plastron dans toute la longueur de son bord inférieur ; ilne s’y fixe que par son angle externe et inférieur , tandis que son angle externe et supérieur se soude comme d'ordinaire à l’épimère placée audessus; après cette jonction, il se porte directement en haut, recoit l'insertion de l’apodème épimérien , et va se fixer par son angle supérieur et externe à la voûte des flancs ; enfin son angle interne et inférieur , ainsi que les deux côtes qui viennent y aboutir, sont libres.

Quant au second anneau post-buccal, il est rudimentaire, refoulé sur les côtes et ne consiste, pour ainsi dire, que dans les deux cadres articulaires, où viennent s’insérer les mâchoires externes : la portion sternale en est linéaire et confondue avec l’anneau sui-

qe G) PL 2, fig. 11.

vant ; et celle qui répond à l'épimère est horizontale, et se prolonge en manière d’ailerons (1). Enfin , à l’extrémité antérieure du plastron, on voit une espèce de fourche osseuse qui constitue le bord postérieur de la bouche et qu'on a nommée la selle turcique antérieure (2) ; elle est soudée au premier anneau thoracique ét nous paraît être le premier segment post-buccal réduit à l’état de vestige.

Tels sont les principaux caractères de l'organisation compliquée du thorax du Crabe commun. On retrouve la même disvosition , à quelques légères différences près, dans la plupart des autres Décapodes brachyures; mais chez les Macroures cette partie du corps présente d'autres modifications qu'il importe également de signaler.

Dans la Langouste, par exemple, on retrouve encore un plastron sternal , mais il a perdu beaucoup de sa largeur , et les flancs , au lieu d’être fortement inclinés et de former des espèces de voûtes au-dessus de ce bouclier, deviennent à peu près horizontaux (3). I en résulte que les deux rangées de cellules qu'on y voit de chaque côté, au lieu d’être superposées, sont placées l’une à côté del’autre sur le même plan. La disposition des apodèmes est aussi un peu différente de ce que nous avons vu chezles Crabes. Les apodèmes sternaux se fixent au bord inférieur des flancs par leur angle supérieur et externe qui est très-allongé, puis reçoivent l'insertion de l’apodème épimérien de l'anneau précédent et donnent souvent naissance dans ce point

GYEl. 3e. 324.

(2) PL 3, fig. 3, e.

(3) Pl. 23, fig. 2 D et 3; et PL. 1, fig. 7-

à une petite lame qui se recourbe en haut et en arrière pour se souder à la cloison suivante ; enfin , ieur angle supérieur et interne se recourbe en avant et s’allonge au point d’aller rejoindre la cloison précédente , et on voit vers la ligne médiane un petit prolongement qui se soude à celui du côté opposé de manière à former la voûte d’une espèce de canal longitudinal. Ge conduit osseux s'étend dans presque toute la longueur du thorax entre les lames montantes des deux rangées d’apodèmes sternaux , et a pour paroi inférieure le plastron : aussi l'a-t-on nommé le canal sternal (1) ; entre le penultième et l’antépénultième segment il est interrompu par un petit apodème qui s'élève de la ligne médiane du sternum, et au delà de ce point on n’en voit plus de trace. Une autre particularité remarquable dans le thorax de la Langouste, est l'absence d’une selle turcique postérieure; les cellules des derniers anneaux sont éloignées de la ligne médiane et séparées par un espace vide au lieu d’une cloison verticale, Enfin la disposition des derniers anneaux céphaliques est exactement la même que celle des animaux thoraciques.

La structure du thorax est essentiellement la même chez la plupart des autres Macroures; mais quelquefois , comme dans l'Ecrevisse, les sternuüms ne forment point de plastron et sont réduits à une espèce de carène linéaire. Cette disposition se rencontre aussi chez les Palémons et plusieurs autres Salicoques ; mais chez ces derniers Crustacés on ne trouve pas d’apodèmes solides à l’intérieur du thorax, tandis que chez tous

GPL x, be. ",'cs, et PUS Ge Se, d-

les autres Décapodes l'existence de ces lames clo:sonnaires est constante. IL est aussi à noter que chez un certain nombre de Macroures, et chez beaucoup de Décapodes anomoures , le dernier anneau thoracique ne se soude pas an précédent, et conserve un peude mobilité, Chez ces derniers Crustacés, il existe aussi assez fréquemment un canal sternal.

Chez certains Crustacés des autres ordres, le thorax présente aussi quelques modifications remarquables. Dans les parasites du genre Pandarus, parexemple, l'avant-dernier anneau de cette partie du Corps présente deux lames dorsales qui sont dirigées en arrière, recouvrent une grande partie du segment suivant, et ressemblent beaucoup aux élytres des Insectes coléoptères. Ges lames cornées paraissent au premier abord ne pouvoir être rapportées à aucune des parties du squelette tégumentaire chez les autres Crustacés ; mais, comme elles occupent la place des épimères , on peut les regarder comme résultant d’un développement excessif et anomal de ces pièces qui se prolongeraient au-dessus des anneaux suivans, de même que nous avons déjà vu tout l’'arceau supérieur du tronçon antenno-maxiliaire des Décapodes et des Stomapodes se prolonger au-dessus du thorax pour former la carapace. Cette disposition anomale peut donc encore s’appliquer d’après les lois de l’analogie.

Il en est de même pour celle qu’on rencontre dans un Crustacé des plus singuliers qu'on a désigné sous le nom d’Anthostome ; la partie antérieure de son corps est recouverte d’une carapace, et en arrière de ce bouclier dorsal on voit une espèce de cornet ou d’entonnoir du milieu duquel sort l'extrémité postérieure du corps. Cette modification des formes du squelette té-

gumentaire dépend aussi du développement excessif de deux ou trois des anneaux thoraciques qui ont chevauché sur les segmens suivans à la manière de la carapace des Décapodes ; mais seulement ici ce développement à eu lieu dans l’arceau inférieur aussi bien que dans l’arceau supérieur, et il en est résulté une espèce de gaine au lieu d’un simple bouclier.

Quant à l'abdomen des Crustacés dont le thorax présente une structure très-compliquée , comme chez les Décapodes , il est en général peu développé, on n’y voit jamais d'apodèmes ; et tantôt ilest composé de sept anneaux semblables à ceux des Amphipodes, tandis que d'autrefois plusieurs de ces pièces se soudent entre elles et ne forment plus qu'une espèce de queue aplatie.

6 V. De la portion appendiculaire du squelette

extérieur, ou membres.

Ayant passé en revue les principales modifications de la portion du squelette tégumentaire des Crustacés qui enveloppe le corps de ces animaux, nous devons maintenant nous occuper des membres ou des appendices qui y sont fixés. La forme et les usages de ces organes varient suivant la partie du corps à laquelle ils appartiennent , suivant les espèces et même suivant l’âge de ces animaux ; mais ils ont toujours certains caractères communs : ils sont unis au corps à l’aide d’une articulation, et, à quelques exceptions près, ils sont mobiles et formés eux-mêmes de plusieurs

pièces (1).

(1) M. Audouin emploie le mot d'appendice pour désigner tous les organes qui sont, pour ainsi dire, ajoutés aux divers anneaux

Les membres des animaux articulés peuvent appartenir, ainsi que l’a démontré M. Audouin, soit à l'arceau supérieur, soit à l’arceau inférieur de chacun des anneaux du corps; les premiers constituent les ailes des Insectes, les seconds les pates de ces animaux, ainsi que celles des Arachnides et des Crustacés. Les uns et les autres sont disposés par paires sur les côtés de la ligne médiane, et chacune de ces paires correspond à l’un des arceaux dont nous venons de parler ; de sorte qu’un seul anneau ne porte jamais plus de quatre de ces organes. Au premier abord, on pourrait croire que, dans quelque cas, le même arceau donne attache à deux paires de membres, ou même un plus grand nombre de ces organes ; mais il est en général facile de prouver que cette anomalie apparente tient à l’union de deux ou de plusieurs anneaux entre eux.

Les membres de l’arceau inférieur sont les plus importans, sinon les seuls qui existent chez les Crustacés. Si on les examine au moment de leur première apparition dans l'embryon d’une Écrevisse, par exemple, on voit qu'ils ont tous la même forme; mais bientôt après ils deviennent dissemblables entre eux, et ces différences augmentent de plus en plus, jusqu'à ce

du corps des animaux articulés, et il range, sous cette dénomination, non-seulement les pates, les ailes, les mâchoires, en un mot, tout ce que j'appelle les membres, mais aussi les branchies. (Voyez l'article Appendice du Dictionnaire classique d'histoire naturelle.) Ces deux modes d'appendice paraissent être régis par des lois tout-à-fait différentes , et il nous semble nécessaire de les distinguer complétement : les branchies proprement dites sont des prolongemens dermoïdes, semblables par leur nature à ceux qui constituent les poils des Crustacés, etc., et leur position n'offre rien de constant ; tandis que les membres conservent toujours les mêmes rapports relativement aux divers élémens constituans des anneaux dont ils dépendent.

que l'animal ait atteint l’état parfait. En jetant les yeux sur la série des Crustacés, depuis les Branchipes et les Limnadies jusqu'aux Crabes, on apercoit dans les membres des divers anneaux du corps des modifications semblables; dans les espèces où ces organes présentent entre eux le plus de similitude , tous , à l'exception de trois ou quatre paires situées à l'extrémité antérieure du corps et de celle que supporte le dernier anneau, ont essentiellement la même forme et la même composition. Dans d’autres Crustacés , les membres thoraciques commencent à différer de ceux de labdomen , puis un nombre de plus en plus grand des premiers éprouve des modifications particulières ; il en est de même pour ceux de l'abdomen, et, en changeant ainsi de forme, ces organes changent aussi de fonctions.

Le nombre de ces membres est quelquefois trèsconsidérable ; il est des Crustacés où l’on en compte plus de soixante paires, tandis que dans d’autres espèces il n’en existe que quatre ou cinq; mais, dans l’immense majorité des cas, on entrouve une série de vingt paires.

Les membres de la première paire n'existent que chez les Crustacés des ordres élevés, tels que les Crabes et les Écrevisses, et ont la forme de tiges mobiles et articulées qui s'insèrent à la partie antérieure de la tête, et portent à leur extrémité libre les yeux. Lorsqu'ils commencent à se former, ils ne diffèrent en rien des membres suivans, mais leur développement s'arrête plus tôt, et leur structure est toujours très-simple (1).

(Pl e, OR, Ad 5, Pl cs he aeté.

DES CRUSTACÉS, 43 Les membres de la seconde et de la troisième paire ont recu le nom d'antennes (1), et paraissent faire encore partie de l'appareil spécial des sens. En les étudiant seulement chez les Crustacés ou les Insectes adultes, où la tête, qui les porte, ne présente point de divisions, on pouvait être porté à croire que ces organes , ainsi que les tiges oculaires , étaient des appendices de larceau supérieur des trois premiers anneaux céphaliques , et que les membres suivans représentaient les appendices de l'arceau inférieur des mêmes segmens. C'est en eflet l'opinion adoptée par M. Audouin (2) ; mais l'examen de la tête des Squilles, ainsi que les observations récentes de M. Rathke, sur le développement de l'œuf des Écrevisses , prouvent le contraire. En efiet, chez les Squilles, chaque paire de cesorganes s’insère à un anneau distinct à la manière des autres membres, et chez les Écrevisses, lorsqu'ils commencent à se former, ils se présentent exactement de la même manière que les membres suivans (c’est-à-dire les mandibules, les mâchoires, les pates , etc.), et occupent comme eux la face inférieure de l'embryon. Enfin , nous ajouterons encore que les nerfs qu'ils reçoivent mue de ganglions qui leur sont propres ; tandis que, s'ils Hu de aux mêmes anneaux que les trois paires d’appendices suivans, leurs nerfs auraient une origine commune.

Chezles Crustacés , les plus inférieurs dans l’échelle de ces êtres, et notamment dansla plupart de ceux qui vivent en parasites, il arrive souvent que les antennes

Qi) PL 1, fig. 2, p , antennes de la première paire ; g , antennes de la seconde paire.

: (2) Article AxTENNE du Diction. classique d'histoire nÉrébne.

de la première paire, et même Jes suivantes, manquent complétement ou n'existent qu'à l’état de vestiges. Quant à leur forme et leur structure, nous aurons l’occasion d’en parler par la suite.

Les membres de la quatrième paire sont toujours placés sur les côtés de l'ouverture buccale et constituent ordinairement les organes de mastication appelés mandibules (1).

Les membres des deux paires suivantes, qu'on à nommés mâchoires , sont également presque toujours affectés à l'appareil dela mastication (2). Les huit paires qui y succèdent sont moins constantes d:ns leursusages et dans leurs formes. Chez les Nébalies, par exemple, elles sont fixées chacune à un segment distinct du thorax, et constituent autant de pates natatoires. Chez presque tous les Edriopthalmes, la première paire de ces appendices entre, comme les trois précédentes, dans la composition de l'appareil buccal , et l'anneau qui la supporte fait partie constituante de la tête; aussi, dans cet ordre, la portion thoracique du corps n'est-elle formée que de sept anneaux, et le nombre des pates ambulatoires est de quatorze. Enfin, chez trois ou quatre Crustacés de l’ordre des Décapodes, on rencontre une disposition assez semblable ; mais, chez presque tous ces animaux, les trois premières paires de membres qui suivent les mâchoires appartiennent toutes à l'appareil masticateur , et le nombre des membres thoraciques qui servent à la locomotion est réduit à dix.

Les membres de la quinzième paire, et des paires

G) PL. 3, fig. 13, mandibules du Maïa squinoda. (2) PL. 3, fig. 11 et 12, mâchoires du même animal.

suivantes, appartiennent presque toujours à l'abdomen et sont ordinairement au nombre de douze. On les désigne communément sous le nom de fausses pates, car, en général, ils servent à la locomotion et sont bien moins développés que les pates thoraciques; mais quelquefois , comme chez l’Apus et la Limnadie , tous ces organes ont la même forme et à peu près les mêmes dimensions.

Ce serait nous éloigner de notre sujet , que de parler des diverses modifications que les membres des Crustacés subissent suivant qu'ils sont destinés à remplir telle ou telle fonction; ces détails trouveront leur place ailleurs ; mais nous devons dire ici quelques mots de leur composition.

Lorsqu'un de ces organes a atteint son maximum de développement, il présente trois parties qu'il importe de distinguer (1). La première, que nous désignerons sous le nom de tige, constitue la partie essentielle du membre, supporte les deux autres et se compose presque toujours de plusieurs articles placés bout à bout (2). La seconde partie constituante du membre, ou le palpe(h), est un appendice dela tige sur le côté externe de laquelle il naît presque toujours; dans la plupart des cas, cette espèce de branche a son origine à Particle basilaire de la tige; mais quelquefois il ne s’en sépare qu'à l'extrémité du second ou du troisième article. Enfin , la troisième, qu'on désigne au commencement sous le nom de fouet (j),a également son origine sur la tige , et s’en sépare toujours au-dessus et du côté externe du palpe.

(1) Voyez PI. 3, fig. 9, etc.

(2) PL 3, fig. 9, «—g.

Ces diverses parties constituantes des membres ne se rencontrent pas toujours; tantôt le fouet n'existe pas, tantôt c'est le palpe qui manque, et d’autres fois la tige est réduite à un état rudimentaire ; leur forme et leur grandeur varient aussi beaucoup ; et, de toutes ces diflérences , résultent les modifications nombreuses que l'on observe dans les membres des divers Crustacés. Pour en donner une preuve, il sufhra de passer en revue ces organes dans quelques-unes des espèces où ils paraissent être le plus dissemblables.

Dans le groupe des Décapodes brachyures, les membres qui constituent les trois paires de patesmächoires sont Îes seuls qui présentent en même temps une tige, un palpe et un fouet (1). Ce dernier appendice a la forme d’une lame cornée, longue et étroite, qui remonte dans la cavité branchiale; le pape est allongé et composé de plusieurs pièces articulées bout à bout, enfin la tige, qui constitue fa partie principale du membre, est simple et formée de six articles placés à la suite les uns des autres, ou bien présente du côté externe un prolongement qui la fait paraître comme divisée en deux branches (2). Les mâchoires proprement dites de la seconde paire (3) ne présentent plus de fouet, et leur palpe prend la forme d’une grande lame ovalaire, tandis que leur tige se racourcit et présente diverses modifications qu'il serait trop long d’énumérer ici.

(D PL 3, fig. 8, 9 et 10: — a-g, tige; — k, palpe; —j, fouet.

(2) C'est ce qui a lieu pour la pate mâchoire de la première paire, (PL 5, fig. 10), tandis que celles des deux paires suivantes ont la tige simple ( fig. 8 et 9 ).

(G)ELS, fe. 11.

Les mâchoires de la première paire (1) n’ont plus ni fouet, ni palpe, et les mandibules peuvent être considérées comme formées seulement d’une tige dont l’article basilaire serait très-développé , et dont les autres pièces seraient plus ou moins rudimentaires, et constitueraient un prolongement palpiforme (2j. Les dix pates ambulatoires de ces Crustacés se composent chacune seulement ’une tige simple divisée en six articles, comme a1x pates-mâchoires. Enfin, les membres abdominaux varient dans leur composition et présentent, tantôt une tige rudimentaire, tantôt une Lige et un palpe (3). Quant aux antennes, elles sont aussi presque toujours réduites à une tige, et lorsqu'elles présentent un palpe, cet appendice ne se présente qu'à l’état de vestige (4).

Dans le groupe des Décapodes macroures, nous trouvons, au contraire, des exempies de l'existence simultanée des trois parties constituantes des membres, non-seulement aux pates-mâchoires, mais aussi à tous les pieds ambulatoires. Les Pénées sont dans ce cas (5), mais, en sénéral , les pieds proprement dits manquent de palpe, et souvent ils sont également dépourvus de fouet. Ge dernier appendice devient de plus en plus membraneux, et chez les Crangons, ainsi que chez plusieurs autres Salicoques, il ne forme plus

(Gi) PL 3, fig. 12.

(2) PL 3, fig. 13, c. La plupart des naturalistes appellent cet appendice palpe de la mardibule ; mais il ne nous paraît ressembler au palpe des autres membres que par sa forme ; on pourrait tout aussi bien donner le nom de palpe à la partie terminale de la tige des pates-machiores externes des LEURS brachyures (fig. 8, efe).

(3) PIS3, frs 14, 15 vt 16.

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