ORDRE DES STOMAPODES
Pates thoraciques, vergiformes, et ordinairement au nombre de sept à huit paires ; en général des branchies proprement dites; rameuses et extérieures, ou des palpes thoraciques branchiales, yeux pédonculés et mobiles ; thorax caché en totalité ou en partie sous un grand bouclier céphalique ou carapace.
OrprE pes DÉcAPODEs.
Des branchies proprement dites et non rameuses , fixées
aux flancs thoraciques et renfermées dans des cavités respiratoires spéciales ; pates thoraciques , vergiformes et en général au nombre de cinq paires; carapace recouvrant la tête et la totalité ou la majeure partie du thorax; yeux pédonculés et mobiles.
Dans la seconde édition du Règne animal de M. Cuvier, publiée peu de temps après la lecture du travail dont il vient d’être question , M. Latreille modifia la classification qu'il avait employée dans la première édition de cet ouvrage, de manière à la rapprocher davantage de celle proposée dans ses Familles naturelles. Enfin, peu de temps avant sa mort , ce savant et habile entomologiste s’est encore occupé du même sujet, eta introduit dans sa méthode de classifications plusieurs modifications qui la rapprochent beaucoup de celle déjà proposée par nous (1).
En effet, il a admis dans la classe des Crustacés douze ordres, savoir : 1°. les Décapodes, 2°. les Stomapodes, 3o- les Læmipodes, 4°. les Amphipodes, 5°. les Iso po: des, 6°. les Dicladopes, 7°. les Lophyropes, 80. les Ostrapodes, 9°. les Phyllopodes, 10°. les Trilobites, 1 1°. les Xyphosures, et 12°. les Siphonostomes. Les Dicladopes correspondent à peu près à notre ordre des Copépodes.
On remarque aussi, dans la dernière classification de ce grand entomologiste, plusieurs modifications dans les coupes secondaires et dans la manière de distribuer les genres ; mais ces détails, dont nous aurons
(1) Voyez Cours d'Entomologie, par M, Latreille; in-8, Paris,
D-£S 4 CRUSTACÉS. 225 l'occasion de parler par la suite, sont inutiles à indiquer ICI.
D'après ce coup d'œil sur les principales méthodes employées pour la classification des Crustacés, on voit que certaines divisions n’ont subi que peu de changemens , et qu'une fois établies elles ont été adoptées par tous les entomologistes ; ce sont les groupes dont les caractères sont les plus tranchés et la composition la plus naturelle; mais d’autres n'ont pas joui de la même stabilité, et en voyant chaque auteur y porter quelques modifications on doit en conclure qu’elles sont peu naturelles , et ne répondent pas aux besoins de la science. On peut donc s'attendre à voir cette partie des classifications varier encore avant que d'être établie sur des bases solides. La découverte des nouveaux types d'organisation, et l’investigation plus approfondie de la structure de certaines espèces déjà connues, peuvent également amener des modifications dans la distribution méthodique des Crustacés. Ces motifs nous ont effectivement engagés à en proposer; mais dans la révision que nous avons été conduits à faire de la classification de ces animaux, nous avons toujours cherché à être autant que possible sobre d'innovations, car l'instabilité des systèmes est un obstacle puissant aux progrès de la science. L’anatomie nous a constamment servi de guide dans ce travail, et nous avons cherché autant que possible à prendre l’organisation intérieure aussi bien qu’extérieure des Crustacés comme base de la division de ces animaux, en ordres , en familles et en genres.
CRUSTACÉS, TOME i. 15
& II. Des limites naturelles et de la classe des Crustacés.
Dans la classification naturelle du règne animal, on a cherché, avons-nous dit, à représenter par des divisions et des subdivisions successives les différences plus ou moins nombreuses et plus où moins importantes que nous présente l’organisation des animaux et à distribuer ces êtres de telle sorte, que ceux dont se compose chaque groupe se ressemblent entre eux d'autant plus que ce groupe lui-même est d’un rang moins élevé dans la hiérarchie méthodologique. Souvent les coupes à établir sont clairement indiquées par la nature: cela à lieu, lorsque les modifications de structures qui les motivent se sont opérées brusquement; mais quand la transition d’un mode d'organisation à un autre s’est fait par degrés presque insensibles, et a lieu en même temps par plusieurs séries différentes de modifications successives, il en est tout autrement ; les types des divers groupes naturels peuvent être encore faciles à distinguer, mais il peut régner une grande diversité d'opinion sur les limites qu'il convient de leur assigner.
On peut alorssuivre,dans la distribution méthodique des animaux , deux marches très-différentes, qui chacuné ont leurs avantages el leurs inconvéniens : on peut, en prenant pour guide le principe de la subordination des caractères, si bien développé par un de nos plus grands naturalistes, établir les divisions successives, d'abord sur Îles modifications que présentent les grands appareils de l’organisation, puis sur les difiérences qui existent entre des parties dont le
rôle est ordinairement d’une importance plus minime; ou bien on peut chercher à ranger ces êtres en autant de groupes qu'il y a de séries bien reconnaissables, formées par la dégradation ou la simplification de plus en plus grande de chaque type d'organisation.
Les limites à assigner à la classe des Crustacés varient suivant que l’on adopte l’une ou l’autre de ces méthodes. En suivantla première, que l'on pourrait appelerune méthode naturelle physiologique, il ne faudra grouper autour des Crabes et des Écrevisses, qui peuvent être considérés comme le type de ce groupe, que les êtres ayant une structure intérieure essentielement semblable à la leur, et il faudra rejeter dans une classe inférieure , dans la division des zoophytes, par exemple, tous les animaux qui n’ont point, comme les premiers , un cœur, des branchies, un système ganglionnaire longitudinal bien distinct, etc. En adoptant la seconde méthode, qui nous paraît être éminemment zoologique , on ne s'arrêtera pas à ces différences de structure, et on rattachera au groupe des Crustacés tousles aniwraux dont l’organisation générale, bien qu’elle soit moins compliquée, se lie à celle des types de la classe, et dont la conformation rappelle les états transitoires par lesquels les êtres les plus parfaits de la série ont passé pendant la durée de leur vie embryonnaire.
Au premier abord on pourrait croire cette marche contraire aux principes fondamentaux des méthodes naturelles, et l’on pourrait s'étonner de voir rassemblés dans une même classe des animaux qui respirent par des branchies, et d’autres qui n’ont pour l'exercice de cette fonction importante aucun organe spécial et sont réduits à respirer par la peau ; des êtres