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qui ontun cœur et un système vésiculaire très-compliqué, et d'autres qui n'ont point de vaisseaux distincts, elc.; maisces difficultés disparaissent lorsqu'on voitcomment cesorganes, si importanschezlesanimaux supérieurs, sont modifiés avant que de disparaître complétement chez les êtres moins parfaits; avant que d'être éliminés ces parties deviennent peu à peu rudimentaires , et dès lors leur perte est peu sentie , et n'entraine aucun changement essentiel dans l’ensemble de l’organisation. Des branchies , par exemple, deviennent rudimentaires et disparaissent pour être remplacées par les tégumens communs chez des Crustacés, presque entièrement semblables, du reste, à d’autres espèces qui sont pouvues de ces organes très-développés, et cela,sans que les autres grands appareiïlsaient subi aucune modification notable. Les vaisseaux sanguins cessent d'avoirdes parois distinctes, et ne consistent plus quedans de simples lacunes, chez des Crustacés, qu'il est impossible d’éloigner des autres animaux de la même classe, ayant un système vasculaire bien complet, et le cœur devient rudimentaire et paraît même disparaître complétement sans que, dans les autres parties du corps , rien ne révèle son absence.
Il en résulte que non-seulement la méthode , que nous avons appelée zoologique, ne mérite pas les reproches qu'on pourrait lui adresser ; mais que, dans la pratique, la méthode physiologique est réellement impraticable et se trouve violée même dans Îes classifications dont elle forme la base.
Ces motifs nous ont conduits à placer dans la classe des Crustacés, non-seulement les animaux articulés, à pieds articulés, ayant une circulation complète et des branchies, caractère que l’on assigne généralement
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à cette division, mais aussi tous ceux qui, étant formés d’après le même plan général, sont plus ou moins imparfaits, et en quelque sorte dégradés. Le groupe formé par ces êtres sera plus difficile à bien définir; mais au moins il ne sera pas limité arbitrairement.
Plusieurs de ces animaux sont d’une structure trèssimple ; les uns ont encore des membres articulés plus ou moins rudimentaires, et le corps divisé en anneaux bien dictincts ; mais il en est dont les membres se déforment tellement, qu'on ne peut que difficilement les reconnaitre, et dont la peau conserve partout la même texture ; il paraîtrait aussi que, dans cette famille, le cœur disparaît également, et que le système nerveux devient rudimentaire ou nul ; aussi, dans une méthode physiologique, telle que celle de M. Cuvier, prendront-ils place parmi les zoophytes; mais, du reste, ils ne ressemblent en rien à des animaux rayonnés,et desliens si étroits les unissent aux Crustacés inférieurs, qu'on ne peut les en distinguer que par des limites purement conventionnelles.
Pour nous, les Lernées et les Condrocanthesseront donc des Crustacés aussi bien que les Argules et les Cypris; et en effet, c’est par des nuances presque insensibles que la näture à établi le passage entre ces parasytes et d’autres animaux , que tous les naturalistes s’accordent à ranger dans cette classe; dans le jeune âge, il est même difficile de distinguer les Lernéens des Cyclopes et de quelques autres Crustacés, car c'est en vieillissant seulement que leurs formes extérieures deviennent essentiellement différentes. M. Desmarest avait déjà appelé l'attention des zoologistes sur l’analogie qui existe entre ces êtres; mais jus-
qu'ici les auteurs systématiques ont relégué les Lernies parmi les Zoophytes, ou en ont fait une classe distincte.
Les Pycrogonides nous paraissent avoir beaucoup plus d’analogie avec les Crustacés qu'avec les Arachnides , parmi lesquels on les range aujourd'hui ; aussi croyons-nous devoir les ranger dans la classe dont nous faisons ici l’histoire, bien que l’opinion que l’on a généralement sur la nature des organes respiratoires de ces animaux devrait peut-être nous faire laisser encore la question en litige.
Par la suiteil faudra peut-être réunir aussi aux Crustacés les Anatifs et les autres animaux singuliers dont se compose la classe des Cirripèdes; mais, dans l’état actuel de la science, on ne possède pas les données nécessaires pour se prononcer à cet égard.
La classe des Crustacés, étendue comme nous venons de le dire, se compose essentiellement des animaux sans squelette intérieur semblable à celui des animaux vertébrés, dont le corps est articulé {c'est-àdire , formé d'une série de tronçons ou d'anneaux plus ou moins distincts); dont le système nerveux est ganglionnaire et longitudinal; dont le système respiratoire est aquatique , et les organes respiratoires consistent en branchies ou sont remplacés par la peau ; dont le sang est mis en mouvement par un cœur aortique ; dont les sexes sont distincis et les organes générateurs doubles ; enfin, dont les membres sont articulés et constituent une ou deux paires d'antennes, plusieurs mächoires ou autres organes servant à la préhension ‘des alimens , et plusieurs paires de pates natatoires ou ambulatoires, (en général cinq ou sept paires); mais nous y rangeons aussi les êtres qui,
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semblables du reste au type dont nous venons de parler, ont l’organisation moins compliquée, de sorte que pour donner à ce groupe naturel une définition applicable à tous les animaux dont il se compose, il faut rendre cette phrase caractéristique moins absolue et la modifier de la manière suivante:
Crusracés. Animaux ayant le corps divisé en anneaux,en général très-distincts, mobiles'et d'uneconsistance assez grande (cornés ou calcaires), sans squelette intérieur proprement dit, et portant uue double série de membres, presque toujours bien distinctement articulés,etconstituant des antennes, des mächoires, etc., et des pates dont lenombre est, le plus ordinairement, de cinq ou de sept paires ; le système nerveux, en général bien distinct, ganglionnaire et longitudinal ; la respu'ation en général aquatique, et se fuisant toujours à l'aide de branchies ou de la peau : la circulation , en général bien distincte ; presque toujours un cœur aortique et des vaisseaux sanguins propres ; Les sexes séparés.
ÇIIT. De la division de la classse des Crustacés en légions et en ordres.
Les différences les plus grandes qui se remarquent lorsqu'on compare entre eux les divers Crustacés, dépendent des modifications de leur appareil digestif, de leur appareil respiratoire, deleurs organes locomoteurs, et du degré plus ou moins avancé de leur développement au moment de leur naissance.
Dans l'immense majorité des cas, plusieurs des membres de la portion antérieure du corps sont aflectés d’une manière spéciale à la fonction de la préhersion des alimens, et constituent soit desmâchoires ou
des mandibules , soit des organes de succion, tandis que la locomotion est confiée à d’autres instrumens. Mais il est des Crustacés dans l’organisation desquels la nature n’a pas encore introduit une pareille division de travail, et dont les organes masticateurs sont les mêmes que les organes de la locomotion.
Ces derniers, dont on a formé l’ordre des XyrHosu- RES, diffèrent aussi des Crustacés ordinaires par plusieurs particularités de leur organisation, que nous indiquerons ailleurs, et ils doivent évidemment former un groupe bien distinct. Un anatomiste distingué, M. Strauss, à même proposé de les séparer des Crustacés afin de les réunir au x Arachnides ; mais cette Opinion ne nous paraît pas devoir être adoptée.
La longue série des Crustacés , pourvusd’un appareil spécial pour la préhension des alimens, se divise d’abord en deux groupes naturels, les maxillés et les suceurs , suivant que leur bouche est organisée pour la mastication , et que leurs alimens consistent en substances solides , ou bien que cette ouverture se prolonge en un sucoir disposé de facon à ne donner passage qu'à des liquides.
La légion peu nombreuse des Grusracés sucEuRS, qui se compose presque uniquement d'animaux parasytes. peut être subdivisée en trois ordres : les AranËirormes, dont les pates sont longues, vergiformes et ambulatoires, les Simonosromes dont le corps est pourvu de membres articulés bien distincts, mais non de pates ambulatoires, et les Lenwéens dont les membres sont rudimentaires ou tellement déformés, qu'on ne peut que difficilement les reconnaître.
La grande division des Crusracés MaxiLrés, déjà établie par M. Latreille , se compose d’élémens moins
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homogènes. On y trouve d'abord plusieurs séries d’animaux qui tiennent aux Siphonostomes par des liens plus ou moins étroits, et qui conduisent vers les groupes formés par les espèces dont la structure est la plus compliquée.
L'une de ces séries se compose des Crusracés Maxi - LAIRES “ABRANCHES ou Enromosrracis, chez lesquels il n'existe point de branchies proprement dites, ni d’organe modifié de façon à paraître en tenir lieu ; chez lesquels les pates sont vergiformes , mais essentiellement natatoires, et les yeux sessiles à cornée simple et ordinairement réunis en une seule masse oculaire, et chez lesquels la naissance à en général lieu long-temps avant que l'animal ait acquis les formes et les organes qu'il aura à l’âge adulte. Elle se compose de deux ordres, peu nombreux en espèces : celle des Osrrapo»es, dont le corps ne présente pas de divisions annulaires bien distinctes, et se trouve renfermé en entier sous un grand bouciier dorsal ayant la forme d’une coquille bivalve et dont les membres sont en très-petit nombre ; et celui des Corérores, dont le corps est divisé en un certain nombre d’anneaux bien distincts, et ne présente ni carapace, ni enveloppe valvulaire, et dont les membres sont en nombre assez considérable.
Une série à peu près parallèle à celle des Entomostracés, ainsi circonscrite , se compose des animaux de la même classe, qui, également privés de branchies proprement dites, ont les pates thoraciques lamelleuses, membraneuses et conformées defaçon à pouvoir servir évidemment d'organes respiratoires. Nous y conservons le nom de Branciopones, déjà employé par Latreille , pour une division renfermant la plupart
de ces animaux, qui, du reste, doivent constituer deux ordres distincts ; celui des CLanocëres, qui correspond à peu près à la première division des Entomostracés (les Ostrapodes), et se distingue par le petit nombre des pates thoraciques et par l'existence d’une carapace ayant la forme d’une coquille bivalve ; et celui des PayzLopopss, qui conduit évidemment vers les Crustacés supérieurs , et se distingue des précédens par un nombre plus considérable de pates thoraciques , par l’absence d’un test bivalve et par plusieurs autres caractères plus ou moins importans. Une troisième série, qui semble aussi se lier par son extrémité inférieure à la grande division des Crustacés suceurs, mais dont le sommet s'élève davantage dans la série des Crustacés , est celui des EnrropxrHarmes. De même que dans les légions précédentes, les branchies proprement dites manquent , sinon toujours, du moins dans l'immense majorité des cas, et sont remplacées par d'autres appendices modifiés dans leur structure, de telle sorte qu’ils peuvent évidemment servir à la respiration ; mais quelles que soient les parties destinées à remplacer ainsi les branchies, la tige des membres thoraciques prend ici la forme d’une pate ambulatoire ; les yeux sont en même temps sessiles , et il n'existe jamais de carapace quelconque. Les Edriophthalmes forment trois ordres ; savoir : les Læmipodes, les Isopodes et les Amphipodes. Dans l’ordre des Læmiropes, l'abdomen n'existe qu’à l'état de vestige, et c’est le palpe des membres thoraciques qui devient vésiculaire pour servir à la respiration. Dans l’ordre des Isoponss, l'abdomen est au contraire bien développé, et ce sont les membres de cette por-
tion du corps qui se modifient de façon à pouvoir remplir les fonctions de branchies.
Dans l’ordre des Ampniporrs, l’abdomen se développe encore davantage et sert à la locomotion , tandis que la respiration s'effectue à l’aide des palpes thoraciques devenues vésiculaires.
Enfin, la dernière série, celle des Ponrorxraar- MIENS, se compose de tous les Crustacés supérieurs, dont la plupart sont pourvus de branchies proprement dites , dont les yeux sont pédonculés et mobiles, dont les pates thoraciques sont toujours vergiformes, et en général en partie ambulatoires et en partie préhensiles, et dont le thorax est recouvert par une carapace. È
Cette division se compose de deux ordres :
Les Sromarorss, chez lesquels les branchies, n'ayant pas encore acquis toute l'importance qu'elles auront par la suite, sont encore extérieures et manquent quelquefois, et chez lesquels l'appareil buccal ne se compose en général que de trois paires de membres ;
Les Décaronss, dont les branchies sont fixées sur les côtés du thorax et renfermées dans des cavités respiratoires spéciales, et dont l'appareil buccal se compose de six paires de membres, de facon que le nombre des pates thoraciques se trouve réduit à cinq paires.
Quant aux Taivosrres, ils prennent évidemment place auprès des Edriophthalmes; mais jusqu'à ce qu'on connaisse le mode de conformation de leurs membres, on ne pourra leur assigner une place définitive dans la classification naturelle des Crustacés.
Le tableau synoptique suivant présente l’ensemble de la classification dont nous venons d'indiquer les principales bases.