ZOOLOGIE
CARACTÈRES DES ANIMAUX
Les végétaux ont des organes nutritifs extérieurs, se reproduisent par génération, et vivent où ils sont nés.
Les animaux ont en général une organisation beaucoup plus compliquée; ont des organes nutritifs intérieurs; peuvent se mouvoir et chercher leur nourriture; exécutent leurs mouvements selon leur volonté; enfin ont des sens dont les végétaux sont dépourvus.
Pendant longtemps on a partagé les animaux en deux grandes divisions fondées sur la présence ou sur l’absence d’un corps central osseux, nommé colonne épinière ou vertébrale. Les animaux qui offraient celte colonne étaient nommés vertébrés, et les autres invertébrés. Les premiers renfermaient les mammifères , les oiseaux, les reptiles et les poissons ; les seconds les mollusques , les vers, les crustacés, les insectes et les zoophytes. Mais, comme l’a observé G. Cuvier, cette classification, qui semble établir une égale distance entre les mammifères et les oiseaux, par exemple, qu’entre les mollusques, les vers ou les insectes, est loin d’ôtre satisfaisante; il convient d’en chercher une qui fa^se mieux ressortir le plus ou moins de différence qui existe entre ces classes.
Si donc « on considère le règne animal (t) en se débarrassant des préjugés établis sur les divisions anciennement admises, et n’avant égard qu’à l’organisation et à la nature des animaux, et non pas à leur grandeur, à leur utilité, au plus ou moins de connaissance que nous en avons, ni à toutes les autres circonstances accessoires, on trouvera qu’il existe quatre formes principales, quatre plans généraux, si l’on peut s’exprimer ainsi, d’après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés, et dont les divisions ultérieures, de quelque titre que les naturalistes les aient décorées, ne sont que des modifications assez légères, fondées sur le développement ou l’addition de quelques parties qui ne changent rien à l’essence du plan.
(1) G. Cuvier, Le règne animal distribué d'après son organisation. Paris, 1817 et 18Vÿ.
CARACTÈRES DES ANIMAUX
« I. Dans la première de ces formes, qui est celle de l’homme et des animaux qui lui ressemblent le plus, le cerveau et le tronc principal du système nerveux sont renfermés dans une enveloppe osseuse qui se compose du crâne et des vertèbres ; aux côtés de cette colonne mitoyenne s'attachent les côtes et les os des membres, qui forment la charpente du corps; les muscles recouvrent en général les os qui les supportent, et les viscères sont renfermés dans la tète et dans le tronc.
« Nous appellerons les animaux de cette forme les animaux vertébrés.
« Ils ont tous le sang rouge, un cœur musculaire; une bouche à deux mâchoires placées l’une au-dessus et au-devant de l’autre; des organes distincts de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût, placés dans les cavités de la face; jamais plus de quatre membres, des sexes toujours séparés, et une distribution à peu près la même des masses médullaires et des principales branches du système nerveux.
«En examinant de plus près chacune des parties de celte grande série, on y trouve toujours quelque analogie, même dans les espèces les plus éloignées l'une de l’autre, et l’on peut suivre les dégradations d’un même plan, depuis l'homme jusqu’au dernier des poissons.
« II. Dans la deuxième forme, il n’y a point de squelette; les muscles sont attachés seulement à la peau, qui forme une enveloppe molle, contractile en divers sens, dans laquelle s’engendrent, en beaucoup d’espèces, des plaques pierreuses, appelées coquilles, dont la position et la production sont analogues à celles du corps muqueux ; le système nerveux est avec les viscères dans cette enveloppe générale, et se compose de plusieuis masses éparses, réunies par des filets nerveux, dont les principales, placées sur l’œsophage, portent le nom de cerveau. Des quatre sens propres on ne distingue plus que les organes de celui du goût et de celui de la vue ; encore ces derniers manquent-ils souvent. Une seule famille montre des organes de l’ouïe. Du reste, il y a toujours un système complet de circulation, et des organes particuliers pour la respiration. Ceux de la digestion et des sécrétions sont à peu près aussi compliqués que dans les animaux vertébrés.
« Nous appellerons ces animaux, animaux mollusques.
« Quoique le plan général de leur organisation ne soit pas aussi uniforme, quant à la configuration extérieure des parties, que celui des animaux vertébrés, il y a toujours entre ces parties une ressemblance au moins du même degré dans la structure et dans les fonctions.
« III. La troisième forme est celle qu’on observe dans les insectes, les vers, etc. Leur système nerveux consiste en de longs cordons régnant le long du ventre, renflés d’espace en espace en nœuds ou glanglions. Le premier de ces nœuds, placé au-dessus de l’œsophage et nommé cerveau , n’est guère plus grand que les autres. L’enveloppe de leur tronc est divisée par des plis transverses en un certain nombre d’anneaux, dont les téguments sont tantôt durs, tantôt mous, mais où les muscles sont toujours attachés à l’intérieur. Le tronc porte souvent à ses côtés des membres articulés; mais souvent aussi il en est dépourvu.
« Nous donnerons à ces animaux le non d 'animaux annelés.
« C’est parmi eux que s’observe le passage de la circulation dans des vaisseaux fermés à la nutrition par imbibition, et le passage correspon-
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dant de la respiration dans des organes circonscrits à celle qui se fait par des trachées ou vaisseaux aériens répandus dans tout le corps.
« Les organes du goût et de la vue sont les plus distincts chez eux : une seule famille en montre pour l’ouïe. Leurs mâchoires, quand ils en ont, sont toujours latérales.
« IV. La quatrième forme, qui embrasse les animaux connus sous le nom de zoophytes, peut aussi porter le nom à' animaux rayonnés.
« Dans tous les précédents, les organes du mouvement et des sens étaient disposés symétriquement aux deux côtés d’un.axe : il y a une face postérieure et une face antérieure dissemblables. Dans ceux-ci, ils le sont comme des rayons autour d’un centre, et cela est vrai même lorsqu’il n’y a que deux séries,, car alors les deux faces sont semblables.
« Ils approchent de l’homogénéité des plantes; on ne leur voit ni système nerveux bien distinct, ni organes de sens particuliers ; à peine aperçoit-on dans quelques-uns des vestiges de circulation; leurs organes respiratoires sont toujours à la surface de leur corps; le plus grand nombre n’a qu’un sac sans issue pour tout intestin, et les dernières familles ne présentent qu’une sorte de pulpe homogène, mobile et sensible. »
Yoici le tableau de ces quatre divisions avec les classesqu’on y a admises.