‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 100 sur 162 · HÉMIPTÈRES. — CIRE DE CHINE · texte numérisé non relu

HÉMIPTÈRES. — CIRE DE CHINE

Le kermès est peu employé en pharmacie actuellement. Son plus grand usage est encore clans la teinture, où il peut, dans plusieurs cas, être substitué à la cochenille. Sa couleur n’est pas aussi belle.

On connaît en Pologne une espèce de cochenille, nommée Coccus polonicus , qui était pour ce pays l’objet d’un commerce assez considérable avant l’introduction de celle du Mexique en Europe. La femelle de cet insecte a la forme d’un grain rougeâtre et se fixe sur les racines du Scleranthus pere.nn.is , et sur celles de plusieurs Poltjgonum. On dit qu’elle produit une aussi belle teinture que la cochenille; on en fait encore usage en Allemagne, en Pologne et en Russie.

Cire «le Chine OU Pe-la.

[Sous le nom de cire de Chine , on connaît en France un produit naturel, ayant la blancheur et l’éclat du blanc de baleine, mais qui ne fond qu’à la température de 83°. Celte substance est aussi connue en Angleterre sous le nom de cire blanche , cire d'insecte et de spermaceti végétal. Son origine a été longtemps douteuse. On l’a attribuée à des insectes de la famille des fulgoridées, le Flota limbata entre autres : mais la matière cériforme fournie par ces insectes est facilement soluble dans l’eau et n’est point fusible par la chaleur, caractères qui suffisent à la distinguer nettement de la cire deChine.On sait maintenant, grâce auxefforts de WilliamLockart, qu’elle est produite par une espèce de coccus. Les échantillons de cire qu’il a envoyés renfermaient encore l’insecte, etM. Westwood a pu l’étudier et reconnaître.que c’était une espèce nouvelle, à laquelle il a appliqué le nom de Coccus sinensis. Le squelette desséché de l’insecte forme, d’après le savant naturaliste, une masse à peu près sphérique, creuse, souvent quelque peu ridée, brillante à l’intérieur, et d'une couleur foncée brune rougeâtre. Le diamètre varie de 3 à 4 dixièmes de pouce. Le point d’attache à la branche est marqué par une ligne linéaire. En oulre, il se trouve dans la cire une quantité d’insectes plus petits et plus jeunes, ressemblant assez à de petits cloportes.

Les Chinois cultivent l’arbre sur lesquels vivent ces Coccus et les y élèvent de manière à recueillir la cire. On sait maintenant que cette plante est le Fraxinus chinensis de Roxburg.

Au mois de marsou d’avril, onchercheles coquesquirenfermenl les petits, on les roule dans des feuilles de gingembre et on les suspend aux branches du frêne. Les œufs éclosent, se répandent

ciel et pharmaceutique . Thèse de l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier, 1804.

LES INSECTES

sur les branches, et s’y fixent. Il se produit alors autour d’eux une production cireuse, blanche, qui augmente peu à peu, de manière à envahir toutes les branches. On gratte alors le bois, et on détache la cire, qui se présente en morceaux plats, légers, tordus ou arrondis, irréguliers, d’un demi-pouce au plus de longueur.

M. Brodie l’a étudiée au point de vue chimique, et lui assigne les caractères suivants. Lorsqu’elle est complètement pure, elle fond à 81°, 5. Elle est très-peu soluble dans l’alcool et dans l’éther, mais se dissout très-facilement dans l’huile de naphte bouillante, et cristallise par le refroidissement. Elle peut être considérée comme un cérolate d’oxyde de cérotyle. Sa formule est C108H108O4. Traitée par l’hydrate de potasse fondu, elle donne de l’acide cérolique et de la cérotine.

La production annuelle est en Chine de 400,000 livres, ayant une valeur d’environ 600,000 francs. C’est dans ce pays surtout qu’elle se consomme. Elle y sert à la fabrication des bougies. Elle y est aussi employée extérieurement et intérieurement dans un assez grand nombre de maladies (1).

On extrait aussi d’une espèce de coccus du Mexique ( Coccus axine), une substance grasse siccative, nommée, par la Pharmacopée mexicaine de 1846, âge ou axine , qui, d’abord onctueuse, durcit par son exposition à l’air. Cette propriété l’a fait employer dans la chirurgie indienne comme notre collodion : on l’emploie aussi comme vernis pour protéger les instruments en acier contre la rouille. Elle se saponifie aisément et donne de l’acide laurostéanque, un peu d'acide stéarique ou d'acide palmitique, et enfin un acide gras spécial, Yacicle axinique (2).

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