‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 102 sur 162 · DIPTÈRES. — COUSINS · texte numérisé non relu

DIPTÈRES. — COUSINS

Le nombre des diptères est très-considérable ; on peut se faire une idée assez exacte de leur forme générale, par celle de la mouche domestique. Leurs pieds sont en général longs, grêles et terminés par un tarse de cinq articles, dont le dernier est souvent garni de pelotes vésiculeuses. Leur abdomen est souvent pédiculé

Fig. 900. — Diptère. — Tipule îles prés.

et, chez la femelle, il est souvent terminé en une pointe qui peut s’allonger comme un tuyau de lunette, et constitue une sorte de tarière. Tous ces insectes subissent des métamorphoses complètes; leurs larves sont, dépourvues de pattes, ont la tête molle et la bouche munie de deux crochets. Tantôt elles changent plusieurs fois de peau et se filent une coque pour se transformer; tantôt elles ne muent pas, et leur peau, durcie et racornie, devient pour la nymphe une coque solide, ayant l’apparence d’une gaine.

Un assez grand nombre de diptères nous sont fort incommodes par leurs piqûres, ou nous portent préjudice, soit en piquant la peau des animaux domestiques pour vivre de leur sang ou pour y déposer leurs œufs, soit en infectant, pour les mêmes motifs, les viandes que nous conservons. Ceux qui nous tourmentent le plus, personnellement, sont les cousins ( Culex , L.) (fig. 901), qui sont répandus depuis la zone équatoriale, où on leur donne les noms de moustiques et de maringouins, jusque

LES INSECTES

sous le cercle polaire. Ils habitent principalement le voisinage des eaux, à la surface desquelles les femelles déposent leurs œufs, et où leurs larves vivent et éprouvent toutes leurs métamorphoses. Les insectes parfaits ont le corps et les pieds fort allongés et velus; les antennes très-garnies de poils et formant un panache chez les mâles; les palpes avancés, filiformes, velus, delà longueur de la trompe et composés de cinq articles chez les mâles, plus courts et moins articulés chez les femelles; la trompe composée d’un tube membraneux, terminé par deux lèvres formant un petit renflement, et d’un suçoir de cinq filets écailleux produisant l'effet d’un aiguillon.

On sait combien ces insectes sont importuns et fâcheux; avides de notre sang, ils nous poursuivent partout, entrent dans nos habitations, particulièrement le soir, s’annoncent par un bourdonnement aigu, et percent notre peau, que nos vêtements ne garantissent pas toujours. Ils distillent dans la plaie une liqueur venimeuse qui y détermine une vive irritation et de l’enflure. Dans les pays chauds, on se préserve de leurs atteintes en enveloppant sa couche d’une gaze ; dans les pays froids, on les éloigne par le feu.

Les taons ( Tabanus , L.) ressemblent à de grosses mouches un peu velues, et sont connus par les tourments qu’ils font éprouver aux chevaux et aux bœufs, dont ils percent la peau et sucent le sang. Ils ont la tête aussi large que le thorax, presque hémisphérique et presque entièrement couverte par deux yeux d’un vert doré, avec des taches pourpres. Les ailes sont étendues horizontalement de chaque côté du corps ; les cuillerons recouvrent presque entièrement les balanciers ; l’abdomen est triangulaire et déprimé ; les tarses ont trois pelotes. Ces insectes commencent à paraître vers la fin du printemps et volent en bourdonnanL. Ils poursuivent même l’homme; mais les bêtes de somme, n’ayant pas les moyens de les repousser, sont plus exposées à leurs attaques.

[Dans diverses régions de l’Afrique centrale, les voyageurs ont signalé un diptère du genre Glossine (G. m or si tans, Westw.), qui est connu sous le nom de Tsetsé. C’est un insecte plus grand que la mouche commune (fig. 902), d’un jaune blanchâtre, dont la trompe ressemble â une soie cornée, à laquelle les palpes servent de gaines (fig . 903). Il est redoutable pour les bestiaux sur lesquels il s’élance avec la rapidité d’une flèche, et qui, une fois piqués, maigrissent à vue d’œil et meurent au bout de quelques jours.]

Les œstre» (. Æstrus , L.) ont le port d’une grosse mouche trèsvelue, et leurs poils sont souvent colorés par zones, comme ceux

ŒSTRES.

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