ARACHNIDES PULMONAIRES. — TARENTULE
que près de leurs œufs; et en araignées vagabondes , qui ne font pas de toile, saisissent leur proie à la course ou en sautant sur elle. A la première section appartiennent les araignées proprement dites, qui construisent dans l’intérieur de nos habitations, aux angles des murs, sur les plantes, etc., une toile grande, à peu près horizontale, à la partie supérieure de laquelle est un tube de soie, où elles se tiennent en embuscade, sans faire aucun mouvement. Au nombre des araignées vagabondes se trouvent les îyeoses de Latreille, dont une espèce a reçu le nom de tarentule, de celui de la ville de Tarente, en Italie, aux environs de laquelle elle est commune. Cette espèce jouit d’une grande célébrité. On a répandu l’opinion que sa morsure était mortelle pour l’homme; mais qu’on s’en guérissait en dansant longtemps au son de la musique. [Tout en tenant compte des exagérations, on ne peut guère se refuser à admettre que la piqûre de cette araignée ne puisse produire des accidents nerveux, augmentés pro-
Fig. 914. — Tarentule.
bablement par l’imagination surexcitée du malade (I). Ces accidents se produisent surtout dans la Fouille, mais il paraît qu’on en a observé quelques cas en Espagne, où existe une espèce de tarentule (fig. .914 et 915) (2). En Abyssinie, on attribue à la piqûre
(1) Voir sur ce sujet Ozannm, Étude sur le venin des arachnides et son emploi thérapeutique, suivie d'une dissertation sur te tarentisme et le tigreltier. Paris,
(2) Nunez, Étude médicale sur le venin de la tarentule. Paris, 1800.
261 LES ARACHNIDES
d’une tarentule la maladie nerveuse connue sous le nom de tigrettier.
Lne autre araignée très-redoutée en Corse est le malmignatte (Latrodectus Malmignathus , Walk, fig. 916), auquel certains auteurs attribuent uue piqûre aussi dangereuse que celle de la vipère (1).
Fig. 915. — Tarentule.
D'après M. Sanli, cité par M. Cauvet (2), la piqûre, d’abord faible, s’exaspère au bout de trois heures, et le malade ressent un froid général très-vif, des sueurs froides, de l’angoisse, parfois du délire. Le pouls est agité ; si le traitement par l’opium est incomplet, il reste une coloration ictérique, des douleurs névralgiques, et un affaiblissement général, contre lequel les eaux thermales sont employées avec succès.
Les pédipalpes diffèrent beaucoup des aranéides, non-seulement à cause de leurs palpes très-grands et terminés par une pince ou une griffe, mais encore par leur abdomen à segments très-distincts et sans filières au bout. Les uns ont l’abdomen plus ou moins pédiculé, sans lames ni aiguillon à son extrémité; leurs stigmates, au nombre de quatre, sont situés près de l’origine du ventre et recouverts d’une plaque cornée; leurs palpes sont terminés seulement par un crochet mobile : on en fait deux
(I) Cauro, Thèse inaugurale à la Faculté de médecine de Paris, 1833.
(2; Cauvet, Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale. Paris, I8G9, t. I, p. 207.