ORDRE DES ARACHNIDES PULMONAIRES
Les arachnides pulmonaires forment deux familles :
1° Les aranéides, dont les palpes sont petits, en forme de pieds, et non terminés par une pince; on les nomme aussi pulmonaires pieuses. On y trouve les mygales et les araignées.
2° Les pédipalpes, dont les palpes sont très-grands, et terminés par une pince ou une griffe qui en fait un puissant organe de préhension. Cette famille comprend les phrines et les scorpions.
Les mygales sont remarquables par la force de leurs mandibules et de leurs pattes; leurs yeux, au nombre de huit, sont situés à l’extrémité antérieure du céphalothorax (1); leurs palpes
(l) On désigne ainsi le lobe antérieur du corps des arachnides, formé par la réunion de' la tête et du thorax.
262 LES ARACHNIDES
partent de l’extrémité des mâchoires et ressemblent à des pattes composées de six articles, dont la mâchoire serait le premier. Chacun de ces palpes est terminé par un fort crochet replié en dessous; on admet aussi que, chez les mâles, ces palpes portent à l’extrémité leurs organes générateurs. Leurs serres frontales, ou mandibules, sont terminées par un crochet mobile, replié inférieurement et offrant à son extrémité , toujours très-pointue, une petite fente pour la sortie du venin contenu dans une glande renfermée dans la mandibule. L’abdomen est suspendu au thorax par un court pédicule ; il renferme le canal intestinal et ses annexes, quatre poches pulmonaires communiquant avec l’extérieur par autant de petites ouvertures placées à la face inférieure, et, dans les femelles, deux ovaires conduisant à deux oviductes qui débouchent dans une môme vulve placée assez près du pédicule. L’anus est à l’extrémité du ventre, entouré de quatre mamelons par lesquels s’échappe la soie élaborée dans des vaisseaux intérieurs très-compliqués.
C’est à ce genre qu’appartiennent les plus grandes aranéides.
Dans l’Amérique méridionale, on en trouve une espèce, la mygale aviculaire {fi g. 913), qui atteint quelquefois 53 millimètres de longueur et qui, lorsque ses pattes sont étendues, occupe un espace circulaire de 22 à 24 centimètres. On assure que ces énormes araignées sont assez fortes pour s’emparer des colibris et des oiseaux-mouches. Leur corps est entièrement velu et d’un brun noirâtre.
Elles établissent leur domicile dans les gerçures de l’écorce des arbres ou entre des pierres, et se construisent, pour de- Fig. 9i3. — Mygale aviculaire. meure , un tube d’un tissu très-fin et
serré. Elles passent pour venimeuses. On en trouve d’autres espèces plus petites, dans le midi de l’Europe, qui se creusent, dans les lieux secs et montueux, des galeries souterraines dont elles tapissent l’intérieur d’un tissu soyeux, et dont elles ferment l’entrée à l’aide d’un couvercle à charnière, formé de fils de soie mélangés de terre gâchée.
Les araignées diffèrent des mygales parce qu’elles n’ont qu’une paire de sacs pulmonaires et de stigmales, par leurs palpes insérés sur le côté extérieur et près de la base des mâchoires, et par le nombre de leurs filières, qui est de six. On les divise en araignées sédentaires , qui font des toiles, ou jettent au moins des fils pour surprendre leur proie, et se tiennent tout auprès, ainsi