ARACHNIDES TRACHÉENNES. — MITE DE LA GALE
plusieurs articulations, ayant des poils dont quelques-uns sont assez longs. Elles portent à l’extrémité une longue partie déliée, droite et cylindrique, terminée par une petite vessie arrondie que la mite appuie sur la place où elle marche. Cette partie déliée est mobile sur le reste de la jambe avec laquelle elle fait des angles différents, à la volonté de l’animal. Les quatre pattes postérieures sont placées à une certaine distance des premières, et sont encore plus courtes ; mais elles sont terminées par une partie déliée, fort longue et de couleur brune, qui m’a paru être un peu courbée, et à l’extrémité de laquelle je n’ai pu distinguer de boule vésiculeuse. » (De Geer.)
Nous avons vu plus haut comment Galès, oubliant les instructions de ses devanciers, n’avait pas su trouver l’acarus de la gale et en avait pris un autre pour lui. Pendant vingt-deux ans, les
médecins français, égarés par les conseils de Galès, ne furent pas plus heureux, et en vinrent à penser que l’acarus de la gale n’existait pas. Mais, en 1834, M. Renucci, élève en médecine, natif de Corse, où la gale est commune, ayant fait connaître la manière de trouver VAcarus scabiei , il fut alors facile de l'étudier. M. Raspailen apublié uneautre figure {fïg. 923) (1) eten a donné une description plus complète, mais identique, dansses parties essentielles,aveccelle de de Geer. Enfin M. le docteur Bourguignon a vu, en 1830, ses recherches sur la gale humaine honorées d’une récompense par l’Académie des sciences. 11 s’est surtout livré à l’examen microscopique le plus complet de VA curus scabiei , et en a dessiné
(I) Raspail, Nouveau système de chimie organique. Paria, 1838, 2e édition, pl. XV, flg. I, 2, 3.
Fig. 925. — Sarcopte de la gale, d’après Raspail.
Fig. 926. — Sarcopte mâle (face ventrale).
LES ARACHNIDES
un très-grand nombre de figures (1). M. Carn et (2) a résumé les dernières données de Iasciencesurl’histoire naturelle du sarcopte delà galc,d aprèsles travaux de Ch. Robin (3), Bourguignon, Lanquetin (4), etc. Nous nous contentons de reproduire les figures ( fig . 927 et 928), qu’il en a données et de renvoyer aux détails dans lesquels il est entré.
On a observé des acarus sur divers animaux attaqués de gale, tels que le cheval, le chameau, le mouton, le chai, les oiseaux de basse-cour (5), le chien et le renard. Chacun de ces acarus pa-
Fig. 927. — Sarcopte femelle (face dorsale).
Fig. 928. — Sarcopte femelle (face ventrale).
raît propre à l’espèce qui le porte, et est très-probablement la cause de la maladie et celle de sa transmission. Des expériences faites notamment par Walz, sur les acarus du mouton et du renard, paraissent prouver, de plus, que ces insectes ne sont pas transmissibles d’une espèce de quadrupède à l’autre, ni du quadrupède à l’homme; ou plutôt qu’ils ne s’y propagent pas, et
(1) Bourguignon, Traité entomo 'ogique et pathologique de, la gale chez l'homme ( Collection des mémoires présentés à l’Académie des sciences par des savants étrangers , t. XII) .
(2) Cauvet, Nouveaux éléments d’hist. natur. médicale. Paris, 1869, t. I, p. 214.
(3) Robin, in Dictiomiaire de médecine, 12e édition, par Littré et Robin. Paris, 1865, p 1343, art. Sarcopte.
(4> Lanquetin, Notice sur lagaleet l'animalcule qui la produit. Paris, 1859,in-8.
(5) Voyez Reynalet Lanquetin, de la Maladie parant aire des oiseaux de bassecour, transmissible à l'homme et au cheval ( Mém . de T Acad, de médec. Paris, 1863, t. XXVI, p. 215).
qu ils j meurent bientôt après. D un autre côté, un très-grand nombre de faits établissent que le contact d’un cheval, d’un chien, d’un chat, d’un chameau galeux, peut développer dans l’homme une maladie de la peau qui a beaucoup d’analogie avec celle qui lui a donné naissance.
QUATRIÈME CLASSE
La classe des crustacés comprend Ions les animaux articulés et à pattes articulées, qui sont pourvus d’un cœur et de branchies, pour respirer dans l’eau. Les crabes et les écrevisses forment le type de ce groupe; mais on y range un grand nombre d’animaux dont la structure est beaucoup moins compliquée et dont la forme extérieure est différente. Les derniers crustacés sont même si imparfaits qu’ils ne peuvent vivre que fixés en parasites sur d’autres animaux, et que beaucoup de naturalistes les ont rangés parmi les vers intestinaux.
Le squelette tégumentaire des crustacés offre en général une consistance considérable et une dureté pierreuse dues à la présence d’une grande proportion de carbonate calcaire. On peut considérer cette enveloppe solide comme une espèce d’épiderme qui se détache et tombe à certaines époques. On comprend, en effet, la nécessité de cette mue, chez des animaux dont tout le corps est enfermé dans une gaine solide qui, ne pouvant croître comme les organes intérieurs, opposerait à leur développement un obstacle invincible, si elle ne tombait au moment où elle est devenue trop petite pour les loger commodément. En général, les crustacés sortent de leur ancien test sans y occasionner la moindre déformation, et, lorsqu ils le quittent, toute la surface de leur corps est déjà revêtue de sa nouvelle gaine; mais celle-ci est très-molle et n’acquiert la solidité qu elle doit avoir qu’au bout de quelques jours.
Les crustacés sont tous ovipares, (.es femelles se distinguent en général des mâles par la forme plus élargie de leur abdomen. Après avoir pondu leurs œufs, elles les portent pendant un certain temps, suspendus sous celte partie du corps, ou même renfermés dans une espèce de poche formée par des appendices appartenant aux pattes. Quelquefois les petits naissent dans cette poche et y restent jusqu’à ce qu'ils aient subi leur première mue. En général, les jeunes n’éprouvent pas de véritable métamorphose, et acquièrent seulement quelquefois un plus grand nombre de pattes.
M. Mil ne Edwards divise les crustacés en trois groupes naturels d’après la conformation de leur bouche, savoir :
t° Les crustacés masticateurs, dont la bouche est munie de mâchoires et de mandibules propres à la mastication.
Cuibourt, Drogues, Ce édition. T. IV. — 18
2° Les crustacés suceurs, dont la bouche est composée d’un bec tubuleux armé de suçoirs.
3° Les crustacés xiprosures, dont la bouche ne présente pas d’appendices qui lui appai tiennent en propre, mais qui est entourée de pattes dont la base fait l’office de mâchoires.
Les crustacés masticateurs comprennent le plus grand nombre de ces animaux et ceux dont l’organisation est la plus compliquée, M. Milne Edwards les a divisés en neuf ordres d’après les caractères suivants.