DÉCAPODES. — LANGOUSTES
percées dans le bouclier inférieur. Ils ont cinq paires de pattes, don! celles de la première paire se terminent par une forte pince trè^-solide, en forme de main. Les crabes les plus communs sur nos côtes sont le crabe commun ( Cancer mœnas, L.), et le tourteau ou voupart (Cancer pagurus, L.), dont la chair est assez estimée; il pèse quelquefois 2 kilog. 500 gram.
La deuxième tribu, celle des décapodes anomoures, tient le milieu entre les brachyures et les macroures , par leur abdomen qui, sans être un organe puissant de natation, comme cela a lieu dans la dernière tribu, n’est cependant pas réduit à un état aussi rudimentaire que chez les brachyures. On y trouve des animaux fortsinguliers, du genre des pagures , généralementconnussousles noms de bernard- 1 ermite , de soldat , etc. Ils ont l’abdomen gros, contourné sur lui-même et tout à fait membraneux, tandis que le reste de leur corps est revêtu d’un tégument crustacé, comme à 1 ordinaire. Cette conformation, qui rend leur abdomen trèssensible et facile à blesser, les détermine à se loger dans la coquille vide de divers mollusques gastéropodes; ils s’y cramponnent à l’aide de leurs pattes postérieures qui sont courtes, et traînent partout avec eux cette demeure, dans laquelle ils peuvent à volonté se retirer en entier.
Les décapodes macroures qui forment la troisième tribu, se reconnaissent au grand développement de leur abdomen qui se termine toujours par une grande nageoire composée de cinq lames disposées en éventail. Ils sont essentiellement nageurs, et en frappant l’eau avec leur puissante queue ils se lancent en arrière avec une grande vitesse. Leur corps est allongé et presque toujours comprimé latéralement. Ils ont des antennes très-longues, et le dessous de leur abdomen est garni de fausses pattes natatoires. Nous y trouvons le genre des langoustes et celui des écrevisses.
Les langoustes sont de très-gros crustacés macroures, caractérisés par deux antennes extérieures très-fortes, beaucoup plus longues que le corps tout entier, sétacées, hérissées de poils et de piquants, et portées chacune sur un grand et gros pédoncule formé de trois articles épineux. Elles ont en outre deux antennes intérieures beaucoup plus faibles, mais cependant encore assez longues, formées de trois articles, et terminées par deux petites branches multi-articulécs. Toutes leurs pattes sont monodactyles ; seulement celles de la première paire sont plus grosses et' plus courtes que les autres. La carapace est hérissée de pointes; les jeux sont ronds et portés sur des pédoncules étroits, transversaux, qui semblent partir du même point au milieu du front.
Ces animaux se tiennent dans les profondeurs de la mer,
et se rapprochent des rivages rocailleux dans les mois de mai, juin, juillet, pour s'accoupler et déposer leurs œufs. L espèce la plus connue sur nos côtes est la langouste commune ( Pahnurus locusta, Oliv.), qui atteint jusqu’à 50 centimètres de longueur avec un poids de 3 à 6 kilogrammes, lorsqu’elle est chargée d’œufs. Son test est épineux, garni de duvet, avec deux fortes dents dentelées au-devant des yeux. Le dessus du corps est d un brun verdâtre ou rougeâtre, et la queue est tachetee de jaunâtre; sa chah est très-eslimée.
Les écrevisses ont les antennes extérieures aussi longues que le corps, sétacées, portées sur un pédoncule formé de Lois gros articles, et les antennes intérieures beaucoup plus courtes, bifides et sétacées. Leur bouche est garnie de six paires de membres non développés ou atrophiés, dont ceux de la première paire portent le nom de mandibules et ceux de la dernière le nom de pieds-mâchoires , à cause de leur conformation plus rapprochée de celle des autres pieds, et de leur dentelure intérieure, qui en fait de véritables organes masticateurs. Les pieds thoraciques sont au nombre de dix, dont ceux de la première paire sont beaucoup plus forts que les autres, inégaux, terminés par une forte pince osseuse, en forme de tenailles dentelées, dont le mordant extérieur est fixe et l’intérieur plus petit et mobile. Ces pieds étant très-lourds et beaucoup plus gros à l’extrémité qu à leur point d’attache, sont très-sujets à se rompre, principalement un peu audessus de la seconde articulation, et ils peuvent se reproduiie, surtout lorsqu’ils sont rompus en cet endroit. On a même cru remarquer que, lorsque les pattes sont coupées plus pi ès de 1 extrémité, la partie qui excède le point où doit se faire la reproduction tombe avant que celle-ci commence à s’opérer. Les quatre dernières paires de pieds sont plus minces et à peu pies égales, cependant la seconde et la troisième sont encore terminées pai de petites pinces dont le doigt extérieur est mobile. La quai! ièine et la cinquième paire ne portent qu un ongle simple, pointu et crochu; la carapace est allongée, demi-cylindrique, atténuée en avant en un rostre pointu, tronquée en arrière et marquée au milieu d’un sillon transversal. L’abdomen est grand, formé de six articles, recourbé en dessous, muni de cinq paires de fausses pattes servant à la natation, et terminé par cinq grandes lames ciliées, dont les deux latérales sont formées chacune de deux pièces distinctes, transversales. Leurs yeux sont demi-sphériques, et d’un diamètre qui ne dépasse pas celui de leur pédoncule.
L’écrevisse de mer, ou homard ( Astacus mannus, Fabr. ; Cancet qammarus , L.), acquiert jusqu’à 50 centimètres delongueur. 11 se tient sur les côtes de l’Océan, de la Manche etde la Méditerranée,